mercredi 24 septembre 2008

Ecce Homo...

A la faveur d'un déplacement à Poitiers, j'ai eu l'opportunité de retourner visiter la cathédrale St Pierre. C'est un lieu ou j'ai beaucoup de souvenir de déambulations priantes lorsque j'étais au séminaire. Le soleil brillait, la lumière était douce dans les bas côtés, de ci de là quelques cierges brûlaient.
A dire vrai, j'y allais surtout pour contempler le vitrail central (du XII ème siècle s'il vous plaît !). On venait de me dire qu'il venait d'être restauré. Encadré par deux arcades aveugles de pierre, il se présente comme au centre d'un triptyque. Le sujet principal montre la Crucifixion entre l'Ascension et le crucifiement de saint Pierre, patron de l'église. La présence d'un fragment du bois de la croix du Christ au couvent des religieuses de Sainte-Croix, situé au sud- est de la cathédrale explique sans doute le choix iconographique du vitrail. La palette de couleurs est particulièrement riche, le dessin souple et élégant rappelle les silhouettes romanes des fresques de Saint-Savin et du baptistère voisin.
La lumière donne une signification sacrée à la représentation imagée : le vitrail la transforme et la filtre, lui donne un rôle mystique. Les couleurs offrent une grande richesse des coloris : sur fond de bleu, le rouge profond et éclatant de la croix se détache. La couleur royale, celle de la vie, de « l’arbre précieux et éclatant de gloire, paré de la pourpre du Roi » évoque les paroles de l’hymne du Vexilla Regis, que Venance Fortunat composa pour l’arrivée de la relique de la Croix envoyée par l’empereur de Byzance à sainte Radegonde (569).
Je me suis donc rendu toutes affaires cessantes à la cathédrale (sans faire de halte chez les nombreux bouquinistes et libraires du quartier, une performance à noter !).
Ce que j'ai vu dépassa mon attente. J'avais le souvenir de la beauté des bleus et des rouges, souvenir du visage du Christ aussi, paisible et méditatif. La restauration avait ravivé les couleurs et rendu son éclat au verre. Un vrai feu d'artifice si j'ose la comparaison.
Si je me suis vu quelques années en arrière (21 ans pour être précis) ce fut pour me rappeler ces moments de prière devant cette verrière, ces moments de suspension du temps où je découvrais - en même temps que la profondeur de l'appel reçu - la joie qu'il me donnait.


Belle journée !

Aucun commentaire: