samedi 6 février 2010

Anne ma soeur Anne...

Regardez 10 minutes en fixant les yeux en clignant le moins possible les vôtres,
Tentez de ne penser à rien, ou à pas grand chose,
Et vous aurez fait l'expérience de ce qui se passe dans la tête de certains lorsqu'ils apprennent que leur vie ne tient pas à grand chose finalement...
Autant le dire tout de suite, avez vous vu un épisode de "la ferme célébrités" ? (au passage si on ponctuait comme ça "la ferme ! Célébrités" ? Ce serait plus juste non ?. Il y a en a des débats de fond en Afrique du Sud avec ces quelques survivants des vagues de vedettes éphémères ! Qui va ramasser le crottin des chèvres ? Et les autruches qui va les maintenir loin de la maison ? Et la vaisselle ?
Pour palier à tout ça, il faut une bonne vieille organisation pyramidale dont on a le secret. Quatre chefs sont désignés pour répartir ce que doit faire chacun. Pour cela, ils expliquent leur "pédagogie", leur "philosophie" sans sourire parce que c'est sérieux et que c'est mal de ne pas faire comme il faut ce que la communauté nous confie (la petite maison en Afrique... Où est Laura Ingalls ? L'affaire s'est brutalement corsée lorsqu'Aldo Maccione (souvenez vous "la classe Mama mia" en roulant des biscotos) lassé par l'aventure décida d'abandonner la ferme et du coup abandonna son poste de "chef", désigna Michael Vendetta pour lui succéder sur ce pinacle. Emeute, horreur et tout et tout !
Petit ennui collatéral : avec cela il n'est plus possible d'éviter le constat suivant - que les plus candides me pardonnent ! : La médiocrité constatée chez l'un est aussi chez tous les autres ! Et si on rajoute le fait que tous sont placés dans des conditions optimales pour que l'aventure s'achève par un pugilat, nous avons là l'archétype bête et méchant des programmes de "divertissement" de nos chaînes de TV.
Alors, faites comme moi, ignorez les chèvres, les autruches et les dindes de la ferme et relisez comme moi "Le Prince des marées" de Pat Conroy, là au moins on rencontre une humanité dont on peut être fier, une humanité qui nous élève en venant nous cueillir là où nous sommes sans hypocrisie.
J'espère que les autruches deviendront cannibales !
Belle journée !

jboing !!!

Casqué, prêt à partir où à faire feu...
Regard tourné vers l'horizon
Disponible et déterminé
Pour annoncer la Parole
le messager...
Il faut un partenaire pour couper la corde néanmoins...

vendredi 5 février 2010

Jésus appelle et envoie...

Le jeudi de la 4e semaine du temps ordinaire : Mc 6,7-13
Commentaire du jour
Concile Vatican II
Décret sur l'activité missionnaire de l'Église
« Ad Gentes », § 10-11

« Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie »

L'Église, envoyée par le Christ pour manifester et communiquer la charité de Dieu à tous les hommes et à toutes les nations, comprend qu'elle a à faire une oeuvre missionnaire encore énorme… L'Église, afin de pouvoir présenter à tous le mystère du salut et la vie apportée par Dieu, doit s'insérer dans tous les groupes humains du même mouvement dont le Christ lui-même, par son incarnation, s'est lié aux conditions sociales et culturelles déterminées des hommes avec lesquels il a vécu…

Tous les chrétiens, partout où ils vivent, sont tenus de manifester par l'exemple de leur vie et le témoignage de leur parole l'homme nouveau qu'ils ont revêtu par le baptême, et la force du Saint Esprit qui les a fortifiés lors de leur confirmation, afin que les autres, réfléchissant à leurs bonnes oeuvres, glorifient le Père et perçoivent plus pleinement le sens authentique de la vie humaine et le lien universel de communion des hommes (cf Col 3,10; Mt 5,16).

Pour qu'ils puissent donner avec fruit ce témoignage du Christ, ils doivent se joindre à ces hommes par l'estime et la charité, se reconnaître comme des membres du groupement humain dans lequel ils vivent, avoir une part dans sa vie culturelle et sociale…, découvrir avec joie et respect les semences du Verbe qui s'y trouvent cachées. Ils doivent en même temps faire attention à la transformation profonde qui s'opère parmi les nations, et travailler à ce que les hommes de notre temps, trop attentifs à la science et à la technique du monde moderne, ne soient pas détournés des choses divines mais qu'ils soient éveillés à un désir plus ardent de la vérité et de la charité révélées par Dieu. Le Christ lui-même a scruté le coeur des hommes, et les a amenés par un dialogue vraiment humain à la lumière divine. De même ses disciples, profondément pénétrés de l'Esprit du Christ, doivent connaître les hommes au milieu desquels ils vivent, engager conversation avec eux, afin qu'eux aussi apprennent dans un dialogue sincère et patient, quelles richesses Dieu, dans sa munificence, a dispensées aux nations ; ils doivent en même temps s'efforcer d'éclairer ces richesses de la lumière de l'Évangile, de les libérer, de les ramener sous l'autorité du Dieu Sauveur.

mercredi 3 février 2010

Vas y cash !

Un commentaire est il nécessaire ?..

Demandez à Dieu la joie...

Voici la suite - et la fin - du beau texte de Dostoïevski (in les frères Karamazov) tiré des Entretiens du starets Zozime sur la prière. Belle lecture.

"Mes amis, demandez à Dieu la joie. Soyez gais comme les enfants, comme les oiseaux des cieux. Ne vous laissez pas troubler dans votre apostolat par le péché ; ne craignez pas qu'il ternisse votre oeuvre et vous empêche de l'accomplir ; ne dites pas : "le péché, l'impiété, le mauvais exemple sont puissants, tandis que nous sommes faibles, isolés ; le mal triomphera, étouffera le bien." Ne vous laissez pas abattre ainsi mes enfants ! Il n'y a qu'un moyen de salut : prends à ta charge tous les péchés des hommes.
En effet, mon ami, dès que tu répondras sincèrement pour tous et pour tout, tu verras aussitôt qu'il en est vraiment ainsi, que tu es coupable pour tous et pour tout. Mais en rejetant ta paresse et ta faiblesse sur les autres, tu deviendras finalement d'un orgueil satanique, et tu murmureras contre Dieu. Voici ce que je pense de cet orgueil ; il nous est difficile de le comprendre ici-bas, c'est pourquoi on tombe si facilement dans l'erreur, on s'y abandonne, en s'imaginant accomplir quelque chose de grand, de noble. Parmi les sentiments et les mouvements les plus violents de notre nature, il y en a beaucoup que nous ne pouvons pas encore comprendre ici-bas ; ne te laisse pas séduire, ne pense pas que cela puisse te servir en quoi que ce soit de justification, car le souverain Juge te demanderas compte de ce que tu pouvais comprendre, et non du reste ; tu t'en convaincras toi même, car tu discerneras tout exactement et ne feras pas d'objections. Sur la terre, nous sommes errants, et si nous n'avions pas la précieuse image du Christ pour nous guider, nous succomberions et nous égarerions tout à fait, comme le genre humain avant le déluge. Bien des choses nous sont cachées en ce monde ; en revanche, nous avons la sensation mystérieuse du lien vivant qui nous rattache au monde céleste ; les racines de nos sentiments et de nos idées ne sont pas ici, mais ailleurs. Voilà pourquoi les philosophes disent qu'il est impossible sur la terre de comprendre l'essence des choses. Dieu a emprunté le semences aux autres mondes pour les semer ici-bas et a cultivé son jardin. Tout ce qui pouvait pousser l'a fait, mais les plantes que nous sommes vivent seulement par le sentiment de leur contact avec ces mondes mystérieux ; lorsque ce sentiment s'affaiblit ou disparaît, ce qui avait poussé en nous périt. Nous devenons indifférents à l'égard de la vie, nous la prenons même en aversion. C'est du moins mon idée."
Dostoïevski
in Les frères Karamazov

dimanche 31 janvier 2010

Pour ceux qui souffrent...

... et qui ne sauraient être oubliés.

"Simplement m’asseoir dans l’herbe, écouter brouter les vaches, regarder le ciel étoilé, répondre à un sourire ou l’offrir, manger, boire, dormir, lire et écrire ce qui me fait plaisir au-dedans de moi-même, m’occuper de mon jardin qui n’est qu’un lopin de terre. Il me faut si peu. Je me contente de si peu. Il arrive que cette pensée m’attriste, ou que m’angoisse l’idée de ce que j’ignore, de ce que je délaisse. Mais c’est un sentiment presque malhonnête car très vite m’enflamme à nouveau la certitude de la chance que j’ai à savoir goûter d’être vivante dans ce monde-là, dans précisément les limites de ce monde-là. Et ce, sans avoir besoin de la moindre raison. […]
Le bonheur est d’autant plus troublant, bouleversant, puissant, que le désastre existe. Dans les peines intenses que la vie nous inflige, des plaisirs infimes comme la survenue d’une odeur dans la rue, ou le visage avenant d’un inconnu – qu’on aurait ignoré si on allait bien, si on n’avait pas le cœur noyé de souffrances - peuvent suffire à vous ramener à la vie. Comme si le malheur nous ouvrait davantage les yeux à la gratitude. Comme s’il y avait malgré tout quelque chose à quoi il faille dire merci, même à l’hôpital, même dans un asile, même dans une prison. Il y a des gens capables d’éprouver la joie dans le plus grand désastre. Germaine Tillion dit que sa mère était de ceux-là à Ravensbrück. À Ravensbrück, elle offrait sa joie. Elle n’était certainement pas de résignation."
Pascal Roze
in Un homme sans larmes

For Haïti...

La terre s'est secouée comme un animal féroce,
les montagnes ont tremblé et la mer s'est déchaînée,
les sols se sont ouverts et les bâtiments détruits,
un peuple fatigué de tant souffrir souffre de nouveau,
Nous avons vu leurs visages et entendu leurs pleurs,
les images sursautaient et frappaient.
Les êtres humains déambulaient, corps écrasés,
destruction et mort, douleur et angoisse
à travers le tremblement de terre cruel et dévastateur.

Mais Dieu n'était pas dans le tremblement de terre...

Enfants sans mère, mère sans enfants,
Frères sans frères, amis sans amis,
Des milliers de vies écrasées à la seconde,
histoires, espérances, rêves, illusions,
disparues en un clin d'œil.
L'horreur a laissé sa marque indélébile
dans les regards perdus, dans les visages désolés,
dans les morts, les blessés, les mutilés,
dans chaque vie blessée par l'inattendu.

Mais Dieu n'était pas dans le tremblement de terre...

Quelqu'un a crié sa frayeur, d'autres voix se sont élevées,
quelqu'un a élevé une prière, d'autres ont suivi,
quelqu'un a chanté, beaucoup ont chanté
quelqu'un a écarté les décombres,
et d'autres ont commencé à soulever des pierres
quelqu'un a embrassé un blessé
et d'autres l'ont chargé dans leurs bras,
quelqu'un a tendu une main
et des milliers de mains se sont unies

et Dieu était avec eux !

D'après le pasteur Gerardo Oberman

Comme les rois mages...

Dans une Italie où la ligue du Nord, parti xénophobe d'Umberto Bossi et allié de Silvio Berlusconi dans sa coalition de centre droit prospère à coup de petites phrases, la Cathédrale de la ville d’Agrigent a abrité cette année une crèche dépourvue de cadeaux pour l’enfant Jésus.

La raison ? Les trois fameux rois mages trafiquants d’imports-exports, Gaspard, Melchior et Balthazar sont resté coincés à la frontière.
C'est en effet ce qu'il est possible de lire sur le panneau d'explication devant la crèche :

Si avvisa che quest'anno Gesù Bambino resterà senza regali : i Magi non arriveranno perché sono stati respinti alla frontiera insieme agli altri immigrati

Cette année, l’enfant Jésus ne recevra pas de cadeaux, parce que les rois mages ont été arrêtés à la frontière en meme temps que les autres immigrés.

L’initiative du directeur de Caritas, Valerio Landri, soutenue par Mgr Francesco Monténégro, Archevêque d'Agrigente, a pour objectif d’ouvrir le débat sur la régulation et les nécessités de l’accueil des étrangers en Italie.

Pour les galettes et les rois mages c’est maintenant et pour la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, c’est le 17 janvier avec comme thème cette année : « Les migrants et les réfugiés mineurs »

Politique culturelle ?

Les préfets de Sarkozy vont pouvoir vendre les cathédrales
par Marie Lavin

Les journaux («Journal des arts», «Le Monde», «la Tribune de l’Art») qui évoquent l’affaire sont rares et semblent hélas inaudibles, puisque les réactions sont fort peu nombreuses et pourtant l’heure est grave et le péril imminent.
Au détour de l’article 52 de la loi de finances 2010 se profile clairement la destruction par l’état sarkozyste de plus de deux siècles de protection du patrimoine national. C’est en effet en 1794 que l’abbé Grégoire, s’en prenant au vandalisme révolutionnaire (« Je créai le mot pour tuer la chose » disait-t-il), affirme l’existence d’un patrimoine collectif que la Nation a pour mission de protéger : « le respect public doit entourer particulièrement les objets nationaux qui, n’étant à personne sont la propriété de tous ». La Convention décide dans la foulée de protéger « les objets qui intéressent les arts, l’histoire et l’instruction ». Guizot en 1830 crée le premier poste d’inspecteur des monuments historiques, poste que Mérimée occupera avec passion de 1834 à 1853, jetant les fondements de la protection par l’Etat des monuments importants et instituant à cette fin le classement des édifices. Les régimes politiques successifs ont tous depuis poursuivi ce processus de sauvegarde par l’Etat des œuvres patrimoniales dont la définition s’est étendue de façon exponentielle au XXème siècle : aux bâtiments anciens sont venus s’ajouter des créations contemporaines, des témoins de la mémoire industrielle, des jardins et, plus récemment encore, des « lieux de mémoire » (mur des fédérés, Oradour sur Glane…). Le succès, qui ne se dément pas depuis leur création en 1984, des journées du patrimoine, témoigne de l’adhésion des Français à l’idée d’un patrimoine commun à protéger.
Déjà en 2003 Jean-Jacques Aillagon avait autorisé la cession de certains monuments aux collectivités territoriales mais, outre que peu d’entre elles s’étaient empressées d’acheter des édifices d’un entretien souvent coûteux, le ministre de la culture avait alors limité très précisément les possibilités pour l’Etat de se défaire de son patrimoine. Or l’article 52 de la loi de finances élargit le périmètre des monuments et sites transférables, qui ne sera plus limité à une liste fixée par décret et couvrira dès 2010 la totalité des monuments appartenant à l'Etat et à l'ensemble de ses établissements publics, en outre l’Etat pourra maintenant se défaire aussi des objets mobiliers classés. On peut à première lecture se dire que, si l’Etat cède son patrimoine aux collectivités territoriale il n’ y a que moindre mal, sauf que, la loi étant muette, rien n’interdira aux dites collectivités de pratiquer un nouveau transfert au profit d’une entreprise culturelle à visée commerciale ou même d’un particulier. Enfin il est essentiel de signaler que seul le préfet aura à se prononcer sur les cessions, le ministère de la culture, pourtant concerné au premier chef, n’ayant pas à être consulté. Une partie de l’UMP s’en réjouit ouvertement et le rapporteur spécial de la commission des finances du sénat, Yann Gaillard, a ces mots qui dévoilent la logique à l’œuvre : ce processus « s'inscrit dans la droite ligne de la « désétatisation » du patrimoine monumental …préconisée dans [un] rapport de 2002 sur le patrimoine monumental. De fait, c'est à la société tout entière qu'il appartient de conserver et d'entretenir le patrimoine, l'Etat ne pouvant se prévaloir d'aucun monopole en la matière. » Cette distinction entre Etat et société toute entière, signe tout simplement l’arrêt de mort de la politique patrimoniale nationale. L’extrême gravité de cette décision explique la réaction inquiète de quelques députés de droite comme Nicolas Perruchot, rapporteur spécial de la commission des finances de l’Assemblée Nationale qui, ne voulant pas s’opposer à la logique libérale en action, propose d’au moins « recenser, au sein d’une « liste négative » les éléments du patrimoine national non transférables ». Ainsi l’Arc de Triomphe, Versailles, les Invalides ou le Louvre (ce sont les exemples cités par Nicolas Perruchot) seraient déclarés « non transférables « mais on pourrait très bien imaginer qu’un préfet accepte de se défaire de la cathédrale de Chartres, de la colonne Vendôme ou du pont du Gard, voire du Mont Saint Michel si cher au cœur de Nicolas Sarkozy.
A l’heure où le président se gargarise de l’identité nationale, évoque le lien charnel des Français avec la terre et les morts, exige un musée consacré à l’Histoire nationale, on voit clairement que la logique libérale l’emporte, chez lui comme dans son parti, sur l’attachement de la Nation à son patrimoine, qu’il fait fi de toute la tradition française dans ce domaine et qu’en réalité son soi-disant attachement à notre passé ne constitue qu’un fonds de commerce électoral.
source : Médiapart

lundi 25 janvier 2010

Réponse...


"La vérité vous rendra libres" Jn 8, 32

vendredi 22 janvier 2010

Les oiseaux...

Voici la suite du beau texte de Dostoïevski (in les frères Karamazov) tiré des Entretiens du starets Zozime sur la prière. Belle lecture. La suite bientôt...

On se demande parfois, surtout en présence du péché : "Faut il recourir à la force ou à l'humble amour ?" N'employez jamais que cet amour, vous pourrez ainsi soumettre le monde entier. L'humanité pleine d'amour est une force redoutable, à nulle autre pareille.
Chaque jour, à chaque instant, surveillez vous, gardez une attitude digne. Vous avez passé à côté d'un petit enfant en blasphémant, sous l'empire de la colère, sans le remarquer ; mais lui vous a vu, et il garde peut être dans son coeur innocent votre image avilissante. Sans le savoir vous avez peut être semé dans son âme un mauvais germe qui risque de se développer, et cela parce que vous vous êtes oublié devant cet enfant, parce que vous n'avez pas cultivé en vous l'amour actif, réfléchi. Mes frères, l'amour est un maître, mais il faut savoir l'acquérir, car il s'acquiert difficilement, au prix d'un effort prolongé ; il faut aimer, en effet, non pour un instant, mais jusqu'au bout. N'importe qui, même un scélérat, est capable d'un amour fortuit. Mon frère demandait pardon aux oiseaux ; cela semble absurde, mais c'est juste, car tout ressemble à l'Océan, où tout s'écoule et communique, on touche à une place et cela se répercute à l'autre bout du monde. Admettons que que ce soit une folie de demander pardon aux oiseaux, et l'enfant, et chaque animal qui vous entoure se sentiraient plus à l'aise, si vous même étiez plus digne que vous ne l'êtes maintenant, si peu que ce fût. Alors vous prieriez les oiseaux ; possédé tout entier par l'amour dans une sorte d'extase, vous les prieriez de vous pardonner vos péchés. Chérissez cette extase, si absurde qu'elle paraisse aux hommes.
Dostoïevski
in Les frères Karamazov

mercredi 20 janvier 2010

Ne craignez pas...

Voici la suite du beau texte de Dostoïevski (in les frères Karamazov) tiré des Entretiens du starets Zozime (cf post du 6 janvier 2010).

"Mes frères, ne craignez pas le péché, aimez l'homme même dans le péché, c'est là l'image de l'amour divin, il n'y en a pas de plus grand sur la terre. Aimez toute la création dans son ensemble et dans ses éléments, chaque feuille, chaque rayon, les animaux, les plantes.
En aimant chaque chose, vous comprendrez le mystère divin dans les choses. L'ayant une fois compris, vous le connaîtrez toujours davantage, chaque jour. Et vous finirez par aimer le monde entier d'un amour universel. Aimez les animaux, car Dieu leur a donné le principe de la pensée et une joie paisible. Ne la troublez pas, ne les tourmentez pas en leur ôtant cette joie, ne vous opposez pas au plan de Dieu. Homme, ne te dresse pas au dessus des animaux ; ils sont sans péché, tandis qu'avec ta grandeur tu souilles la terre par ton apparition, laissant après toi une trace de pourriture, c'est le tord de presque chacun de nous, hélas ! Aimez particulièrement les enfants, car eux aussi sont sans péché, comme les anges, ils existent pour toucher nos coeurs, les purifier, ils sont pour nous comme une indication. Malheur à qui offense un de ces petits ! C'est le frère Anthyme qui m'a appris à les aimer ; sans rien dire, avec les kopecks qu'on nous donnait dans nos pérégrinations, il achetait parfois du sucre d'orge et du pain d'épice pour les leur distribuer ; il ne pouvait passer près des enfants sans être ému."
Dostoïevski
in Les frères Karamazov

lundi 18 janvier 2010

Discours de Benoît XVI à la Synagogue de Rome

Voici le texte du discours prononcé par le Pape Benoît XVI à la synagogue de Rome le dimanche 17 janvier. Beau texte à méditer en cette semaine de prière pour l'unité...

« Merveilles que fit pour eux Yahvé ! Merveilles que fit pour nous Yahvé, nous étions dans la joie » (Ps 126)
« Voyez ! Qu'il est bon, qu'il est doux d'habiter en frères tous ensemble ! » (Ps 133)

Monsieur le grand rabbin de la communauté juive de Rome,
Monsieur le président de l'Union des communautés juives italiennes,
Monsieur le président de la communauté juive de Rome,
Messieurs les rabbins,
Eminentes autorités,
Chers amis et frères,

1. Au début de la rencontre dans le Grand Temple des juifs de Rome, les psaumes que nous avons écoutés nous suggèrent l'attitude spirituelle la plus authentique pour vivre ce moment de grâce particulier et joyeux : la louange au Seigneur, qui a fait de grandes choses pour nous, nous a ici rassemblés avec son Hèsed, l'amour miséricordieux, et l'action de grâce pour nous avoir fait le don de nous retrouver ensemble pour rendre plus solides les liens qui nous unissent et continuer à parcourir la route de la réconciliation et de la fraternité. Je désire tout d'abord exprimer ma vive gratitude à vous, M. le grand rabbin Riccardo Di Segni, pour l'invitation que vous m'avez faite et pour les paroles chargées de sens que vous m'avez adressées. Je remercie ensuite les présidents de l'Union des communautés juives italiennes, M. Renzo Gattegna, et de la communauté juive de Rome, M. Riccardo Pacifici, pour les expressions courtoises qu'ils ont bien voulu m'adresser. Ma pensée va aux autorités et à toutes les personnes présentes et elle s'étend, de manière particulière, à la communauté juive romaine et à ceux qui ont collaboré pour rendre possible le moment de rencontre et d'amitié que nous sommes en train de vivre.

En venant pour la première fois parmi vous en tant que chrétien et en tant que Pape, il y a presque vingt-quatre ans, mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, voulut offrir une contribution décisive au renforcement des bonnes relations entre nos communautés, pour surmonter toute incompréhension et préjugé. Ma visite s'inscrit dans le chemin tracé, pour le confirmer et le renforcer. C'est avec des sentiments de vive cordialité que je me trouve parmi vous pour vous manifester l'estime et l'affection que l'évêque de Rome et l'Eglise de Rome, ainsi que toute l'Eglise catholique, nourrissent à l'égard de votre communauté et des communautés juives présentes dans le monde.

2. La doctrine du Concile Vatican II a représenté pour les catholiques un point de référence vers lequel se tourner constamment dans l'attitude et dans les rapports avec le peuple juif, marquant une étape nouvelle et significative. L'événement conciliaire a donné un élan décisif à l'engagement de parcourir un chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d'amitié, un chemin qui s'est approfondi et développé ces quarante dernières années avec des étapes et des gestes importants et significatifs, parmi lesquels je souhaite mentionner à nouveau la visite historique dans ce lieu, de mon vénérable prédécesseur, le 13 avril 1986, les nombreuses rencontres qu'il a eues avec des représentants juifs, notamment au cours des voyages apostoliques internationaux, le pèlerinage jubilaire en Terre Sainte en l'an 2000, les documents du Saint-Siège qui, après la Déclaration Nostra aetate, ont offert de précieuses orientations pour un développement positif dans les rapports entre catholiques et juifs. Moi aussi, pendant ces années de pontificat, j'ai voulu montrer ma proximité et mon affection envers le peuple de l'Alliance. Je conserve bien vivants dans mon cœur tous les moments du pèlerinage que j'ai eu la joie d'accomplir en Terre Sainte, au mois de mai de l'année dernière, ainsi que les nombreuses rencontres avec des communautés et des organisations juives, en particulier dans les synagogues de Cologne et de New York.

En outre, l'Eglise n'a pas manqué de déplorer les fautes de ses fils et de ses filles, en demandant pardon pour tout ce qui a pu favoriser d'une manière ou d'une autre les plaies de l'antisémitisme et de l'antijudaïsme (cf. Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme, Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah, 16 mars 1998). Puissent ces plaies être guéries pour toujours ! Il me revient à l'esprit la prière pleine de tristesse au Mur du Temple à Jérusalem du Pape Jean-Paul II, le 26 mars 2000, qui résonne avec vérité et sincérité au plus profond de notre cœur : « Dieu de nos pères, tu as choisi Abraham et sa descendance pour que ton Nom soit apporté aux peuples : nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui, au cours de l'histoire, les ont fait souffrir, eux qui sont tes fils, et, en te demandant pardon, nous voulons nous engager à vivre une fraternité authentique avec le peuple de l'Alliance ».

3. Le temps qui s'est écoulé nous permet de reconnaître dans le vingtième siècle une époque véritablement tragique pour l'humanité : des guerres sanglantes qui ont semé la destruction, la mort et la douleur comme jamais auparavant ; des idéologies terribles qui ont trouvé leur racine dans l'idolâtrie de l'homme, de la race, de l'Etat qui ont conduit une fois de plus un frère à tuer son frère. Le drame singulier et bouleversant de la Shoah représente en quelque sorte le sommet d'un chemin de haine qui naît lorsque l'homme oublie son Créateur et se met lui-même au centre de l'univers. Comme je l'ai dit lors de ma visite du 28 mai 2006 au camp de concentration d'Auschwitz, encore profondément inscrite dans ma mémoire, « les potentats du Troisième Reich voulaient écraser le peuple juif tout entier » et au fond « au moyen de l'anéantissement de ce peuple, entendaient tuer ce Dieu qui appela Abraham, et qui, parlant sur le Sinaï, établit les critères d'orientation de l'humanité, qui demeurent éternellement valables » (Discours au camp d'Auschwitz-Birkenau : Insegnamenti de Benoît XVI, II, [2006], p. 727).

Comment ne pas rappeler en ce lieu les juifs romains qui furent arrachés de ces maisons, devant ces murs, et dans un horrible massacre furent tués à Auschwitz ? Comment est-il possible d'oublier leurs visages, leurs noms, les larmes, le désespoir des hommes, des femmes et des enfants ? L'extermination du peuple de l'Alliance de Moïse, d'abord annoncée puis systématiquement programmée et mise en œuvre en Europe sous la domination nazie, atteint également Rome en ce jour tragique. Malheureusement, beaucoup demeurèrent indifférents, mais beaucoup, également parmi les catholiques italiens, soutenus par la foi et l'enseignement chrétien, réagirent avec courage, en ouvrant les bras pour secourir les juifs traqués et en fuite, souvent au risque de leur propre vie, et méritant une gratitude éternelle. Le Siège apostolique également mena une action de secours, souvent cachée et discrète.

Le souvenir de ces événements doit nous pousser à renforcer les liens qui nous unissent pour que croissent toujours davantage la compréhension, le respect et l'accueil.

4. Notre proximité et notre fraternité spirituelles trouvent dans la Sainte Bible - en hébreu Sifre Qodesh ou « Livres de Sainteté » - le fondement le plus solide et le plus durable, sur la base duquel nous sommes constamment placés devant nos racines communes, devant l'histoire et le riche patrimoine spirituel que nous partageons. C'est en scrutant son propre mystère que l'Eglise, Peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance, découvre son lien profond avec les juifs, choisis les premiers entre tous par le Seigneur pour accueillir sa parole (cf. Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 839). « A la différence des autres religions non chrétiennes, la foi juive est déjà réponse à la révélation de Dieu dans l'Ancienne Alliance. C'est au peuple juif qu'"appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, lui de qui est né, selon la chair, le Christ" (Rm 9, 4-5) car "les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance" (Rm 11, 29) » (Ibid.).

5. Nombreuses peuvent être les implications qui dérivent de l'héritage commun tiré de la Loi et des Prophètes. Je voudrais en rappeler certaines : tout d'abord, la solidarité qui lie l'Eglise et le peuple juif « au niveau même de leur identité » spirituelle et qui offre aux chrétiens l'opportunité de promouvoir « un respect renouvelé pour l'interprétation juive de l'Ancien Testament » (cf. Commission biblique pontificale, Le peuple juif et ses Saintes Ecritures dans la Bible chrétienne, 2001, pp. 12 et 55) ; la place centrale du Décalogue comme message commun éthique de valeur éternelle pour Israël, l'Eglise, les non-croyants et l'humanité tout entière ; l'engagement pour préparer ou réaliser le Royaume du Très-Haut dans l'« attention pour la création » confiée par Dieu à l'homme pour la cultiver et la protéger de manière responsable (cf. Gn 2, 15).

6. En particulier le Décalogue - les « Dix Paroles » ou Dix Commandements (cf. Ex 20, 1-17 ; Dt 5, 1-21) - qui provient de la Torah de Moïse, constitue le flambeau de l'éthique, de l'espérance et du dialogue, étoile polaire de la foi et de la morale du peuple de Dieu, et il éclaire et guide également le chemin des chrétiens. Il constitue un phare et une norme de vie dans la justice et dans l'amour, un « grand code » éthique pour toute l'humanité. Les « Dix Paroles » jettent une lumière sur le bien et le mal, sur le vrai et le faux, sur le juste et l'injuste, également selon les critères de la conscience juste de toute personne humaine. Jésus lui-même l'a répété plusieurs fois, en soulignant qu'un engagement actif sur le chemin des commandements est nécessaire : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Mt 19, 17). Dans cette perspective, les domaines de collaboration et de témoignage sont divers. Je souhaiterais en rappeler trois particulièrement importants pour notre époque.

Le « Dix Paroles » demandent de reconnaître l'unique Seigneur, contre la tentation de se construire d'autres idoles, se faire des veaux d'or. Dans notre monde, beaucoup ne connaissent pas Dieu ou estiment qu'il est superflu, sans importance pour la vie ; ainsi ont été fabriqués d'autres et de nouveaux dieux devant lesquels l'homme s'incline. Réveiller dans notre société l'ouverture à la dimension transcendante, témoigner de l'unique Dieu est un service précieux que les juifs et les chrétiens peuvent offrir ensemble.

Les « Dix Paroles » demandent le respect, la protection de la vie, contre toute injustice ou tout abus de pouvoir, en reconnaissant la valeur de toute personne humaine, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. Combien de fois, dans toutes les régions de la terre, proches ou lointaines, sont encore piétinés la dignité, la liberté, les droits de l'être humain ! Témoigner ensemble de la valeur suprême de la vie contre tout égoïsme, c'est offrir une contribution importante à un monde où puisse régner la justice et la paix, le « shalom » appelé de leurs vœux par les législateurs, par les prophètes et par les sages d'Israël.

Les « Dix Paroles » exigent de conserver et de promouvoir la sainteté de la famille, où le « oui » personnel et réciproque, fidèle et définitif de l'homme et de la femme, ouvre l'espace pour l'avenir, pour l'authentique humanité de chacun, et s'ouvre, dans le même temps, au don d'une nouvelle vie. Témoigner que la famille continue d'être la cellule essentielle de la société et le contexte de base où l'on apprend et l'on exerce les vertus est un précieux service à offrir pour la construction d'un monde au visage plus humain.

7. Comme l'enseigne Moïse dans le Shemà (cf. Dt 6, 5 ; Lv 19, 34) - et Jésus le réaffirme dans l'Evangile (cf. Mc 12, 19-31), tous les commandements se résument dans l'amour de Dieu et dans la miséricorde envers le prochain. Cette Règle engage les juifs et les chrétiens à faire preuve, à notre époque, d'une générosité particulière envers les pauvres, les femmes, les enfants, les étrangers, les malades, les faibles, les personnes dans le besoin. Il existe dans la tradition juive un admirable dicton des Pères d'Israël : « Simon le Juste avait l'habitude de dire : le monde se fonde sur trois choses : la Torah, le culte et les actes de miséricorde » (Aboth 1, 2). A travers l'exercice de la justice et de la miséricorde, les juifs et les chrétiens sont appelés à annoncer et à témoigner du Royaume du Très-Haut qui vient, et pour lequel nous prions et nous œuvrons chaque jour dans l'espérance.

8. Nous pouvons accomplir des pas ensemble dans cette direction, conscients des différences qui existent entre nous, mais également du fait que si nous réussissons à unir nos cœurs et nos mains pour répondre à l'appel du Seigneur, sa lumière deviendra plus proche pour illuminer tous les peuples de la terre. Les pas accomplis au cours de ces quarante années par le Comité international conjoint catholique-juif et, au cours des années plus récentes, par la Commission mixte du Saint-Siège et du grand rabbinat d'Israël, sont un signe de la volonté commune de poursuivre un dialogue ouvert et sincère. Demain précisément, la Commission mixte tiendra ici à Rome sa IXème rencontre sur : « L'enseignement catholique et juif sur la création et l'environnement » ; nous leur souhaitons un dialogue fructueux sur un thème aussi important et actuel.

9. Les chrétiens et les juifs ont en commun une grande partie de leur patrimoine spirituel, ils prient le même Seigneur, ils ont les mêmes racines, mais ils sont souvent inconnus l'un à l'autre. C'est à nous qu'il revient, en réponse à l'appel de Dieu, de travailler afin que demeure toujours ouvert l'espace du dialogue, du respect réciproque, de la croissance dans l'amitié, du témoignage commun face aux défis de notre temps, qui nous invitent à collaborer pour le bien de l'humanité dans ce monde créé par Dieu, le Tout-Puissant et le Miséricordieux.

10. J'exprime enfin une pensée particulière pour notre Ville de Rome, où, depuis environ deux millénaires, cohabitent, comme le disait le Pape Jean-Paul II, la communauté catholique avec son évêque et la communauté juive avec son grand rabbin. Que cette coexistence puisse être animée par un amour fraternel croissant, s'exprimant également dans une coopération toujours plus étroite pour offrir une contribution valable à la résolution des problèmes et des difficultés à affronter.

J'invoque du Seigneur le don précieux de la paix dans le monde entier, en particulier en Terre Sainte. Au cours de mon pèlerinage à Jérusalem au mois de mai dernier, au Mur du Temple, j'ai demandé à Celui qui peut tout : « Envoie ta paix sur cette Terre Sainte, sur le Moyen Orient, sur la famille humaine tout entière ; éveille le cœur de tous ceux qui invoquent ton nom, afin qu'ils marchent humblement sur le chemin de la justice et de la compassion » (Prière au Mur occidental de Jérusalem, 12 mai 2009).

Je Lui élève à nouveau l'action de grâce et la louange pour notre rencontre, en lui demandant de renforcer notre fraternité et de rendre notre entente plus solide.

[« Louez Yahvé, tous les peuples, fêtez-le tous les pays ! Fort est son amour pour nous, pour toujours sa vérité » (Ps 117)]

Quel célébrant es tu ?

Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

Une fois par année au moins, de nombreux chrétiens prennent conscience qu'il existe des manières très diverses d'adorer Dieu. Les coeurs sont ainsi touchés et les gens constatent que les usages de leurs prochains ne sont pas si étranges.

La manifestation qui déclenche cette prise de conscience porte le nom de Semaine de prière pour l'unité des chrétiens. Célébrée traditionnellement du 18 au 25 janvier (dans l'hémisphère nord) ou à la Pentecôte (dans l'hémisphère sud), la Semaine de prière s'intègre dans la vie des paroisses du monde entier : on procède à des échanges de chaires et on organise des cultes oecuméniques spéciaux.

Les partenaires oecuméniques d'une région donnée sont invités à préparer un texte de base sur un thème biblique. Il est ensuite examiné par un groupe international de participants issus du COE (protestants et orthodoxes) et de l'Eglise catholique romaine pour s'assurer qu'il est en relation avec la quête de l'unité de l'Eglise.

Ce texte est publié conjointement par le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens et le COE, par les soins de sa Commission de Foi et constitution qui participe à tout le processus de son élaboration.

Thème pour 2010
De tout cela, c'est vous qui êtes les témoins.
Luc 24, 48

Le thème pour 2010 a été choisi en Ecosse, où les Eglises préparaient les célébrations pour l'anniversaire de la Conférence mondiale des missions de 1910 - qui a marqué le commencement du mouvement œcuménique moderne - sur le thème "Témoigner du Christ aujourd'hui".

samedi 16 janvier 2010

Invictus

Redécouvert ce beau poème grâce au film du même nom. Il fut le préféré de Nelson Mandela...

Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,

Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu d'opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu'horreur et ombres
Les années s'annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme.

William Ernest Henley

vendredi 15 janvier 2010

Le lieu de la prière : notre cœur

Le livre de la Genèse raconte comment Dieu a créé l’homme en lui insufflant son esprit de vie (Gn 2, 7). L’esprit de vie de Dieu est en nous la source de la prière. Ce lieu c’est le cœur pour reprendre la terminologie biblique. Dans l’Ancien Testament, le cœur désigne l’intérieur de l’homme. Le Nouveau Testament développera et perfectionnera cette notion. C’est avec le cœur qu’on désire : Dieu comble le souhait du cœur (Ps 20,3). Le cœur peut ainsi exprimer toute la personne. Le cœur peut aussi se détourner de Dieu « ce peuple m’honore des lèvres, tandis que leur cœur est loin de moi » Is 29, 13. Dieu suscite des prophètes qui vont exhorter à la conversion du cœur.
« Déchirez votre cœur et non vos vêtements » Jl 2, 12. « Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifié ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles je vous purifierai ; je vous donnerai un cœur nouveau et un esprit nouveau au dedans de vous ; le cœur de pierre, je l’arracherai de votre corps et je vous donnerai un cœur de chair. Mon Esprit, je le mettrai en vous. » Ez 36, 25 – 27.
Dieu nous donne son Esprit pour communiquer, il nous donne la Parole. « Si votre bouche confesse que Jésus est le Seigneur et que votre cœur croit que Dieu l’a relevé des morts, vous serez sauvés. » Rm 10, 9. Il est plus clair à présent que le cœur ne s’identifie pas avec l’intelligence avec laquelle nous raisonnons ; pas plus qu’avec la sensibilité par laquelle nous nous tournons vers l’autre ; ni à l’affectivité superficielle. Le cœur se situe bien plus profondément en nous, il est la racine de notre existence, ou si l’on veut son sommet, ce que les mystiques français nomment « la fine pointe de l’âme » ou « la cime de l’esprit ».
Dans la vie de tous les jours, c’est à peine si notre cœur émerge à notre conscience. Nous vivons presque tout le temps immergés dans nos sens extérieurs, nous nous perdons dans nos impressions et nos sentiments, dans tout ce qui nous attire et s’oppose à nous. Jésus nous l’a souvent reproché : nos cœurs sont endurcis, aveugles et fermés (Mc 8, 17).
Retrouver le chemin vers son cœur est la tâche la plus importante de l’homme. Chacun porte en soi « l’homme caché au fond du cœur » 1P 3, 4. Là Dieu nous rencontre et à partir de là seulement nous pouvons à notre tour rencontrer les hommes. Là Dieu nous parle et nous pouvons à notre tour parler aux hommes.
C’est une route, un chemin.

Surprise..!

video

Je commence demain...

mardi 12 janvier 2010

Courte ou longue ?


Glace à la paille !

lundi 11 janvier 2010

Porté par la vie...

Aucun mot ne peut vous faire connaître une personne, aucun. Il y a des quantités d'hommes et de femmes qui se sont dit : "Je t'aime" mais, quand ce mot est vrai, c'est qu'il est porté par la vie.
Il devient lumière quand il y a une personne dans le mot, quand le mot n'est plus un mot mais une présence et une vie. Une personne ne peut devenir lumière que dans une autre personne, une intimité ne peut s'enraciner que dans une autre intimité, une âme ne peut s'échanger qu'avec une âme et Dieu ne peut s'échanger qu'avec une âme et Dieu ne peut s'échanger que dans ce dialogue de la foi et de l'amour, quand nous nous identifierons avec Lui et que nous nous perdons dans Sa Lumière et dans Sa Joie.
Maurice Zundel
in Silence Parole de Vie

vendredi 8 janvier 2010

Avant qu'elle ne fonde...

Quelques vues du château de Chalusset (près de Limoges)
sous la neige...
Il y a en un qui va être content de ne pas voir
pour une fois, une ruine XIX ème...


Vue d'ensemble


Dissimulé...

Embusqué !

Petite couche supplémentaire...

Il neigeait...
Voici quelques clichés supplémentaires de la neige en Ré...
L'été s'ra chaud !

St Martin...


L'abbaye des Châteliers

Belle journée !

jeudi 7 janvier 2010

Coton...

Même si je n'y vais plus guère,
voici un cliché de l'île de Ré sous la neige.
Sur cette photo, le port du Goisil à La Couarde

mercredi 6 janvier 2010

Prière

"Jeune homme, n'oublie pas la prière. Toute prière, si elle est sincère, exprime un nouveau sentiment, elle est la source d'une idée nouvelle que tu ignorais et qui te réconforteras, et tu comprendras que la prière est une éducation.
Souviens-toi encore de répéter chaque jour, et toutes les fois que tu peux, mentalement : "Seigneur, aie pitié de tous ceux qui comparaissent maintenant devant toi." Car à chaque heure, des milliers d'êtres terminent leur existence terrestre et leurs âmes arrivent devant le Seigneur ; combien parmi eux ont quitté la terre dans l'isolement, ignorés de tous, tristes et angoissés dans l'indifférence générale. Et peut être qu'à l'autre bout du monde, ta prière pour lui montera à Dieu, sans que vous vous soyez connus. L'âme saisie de crainte en présence du Seigneur, il sera touché d'avoir lui aussi sur la terre quelqu'un qui l'aime et qui intercède pour lui. Et Dieu vous regardera tous deux avec plus de miséricorde, car si tu as une telle pitié de cette âme, Il en aura d'autant plus, Lui dont la miséricorde et l'amour sont infinis. Et Il lui pardonnera à cause de toi."
Dostoïevski
in Les frères Karamazov

Fugit...

Le temps passe sans fin et sans borne,
Rien qui le retienne
Rien qui le freine


Sur l'assiette, une meurtrissure
Dans la mémoire un souvenir
Et dans le coeur...

lundi 4 janvier 2010

Sans commentaire !


Il y a du rififi dans l'air
entre le Père Noël et les rennes...
Noël fut rude !

En ces jours de Noël...

"En ces jours de Noël, nos rues sont bondées de personnes croulant sous le poids des cadeaux qu'ils accumulent sans trop regarder à la dépense - le contrecoup financier viendra en janvier. Et pourquoi pas ? Qui d'entre nous n'aime pas recevoir un petit cadeau ? Il n'y a pas de mal à cela. Au contraire, cela entretient l'amour et la convivialité. Dieu nous le dit : "Aimez-vous les uns les autres, comme Je vous ai aimés. C'est d'ailleurs moi qui vous ai offert vos premiers cadeaux : la vie, l'âme, le corps, la nature et la culture. Et je ne le regrette pas. Tout comme je ne regrette pas ces Mages venus d'Orient, qui se sont présentés à moi dans la crèche chargés de cadeaux : l'or, l'encens et la myrrhe. De beaux cadeaux, en vérité. En ce temps de Noël, soyons donc les uns pour les autres comme les Mages de l'Orient".

"Mais je dois tout de même vous le confier : à la crèche, j'ai surtout aimé la venue des bergers. Ceux-là n'avaient rien à me donner. Ils étaient trop pauvres. Et que m'ont-ils offert ? Ils se sont offerts eux-mêmes. Ils se sont agenouillés pour adorer l'Enfant de la crèche".

"Oui", dit Dieu, "le seul présent qui me fasse réellement plaisir est le don d'amour, le don de vos vies". Sans qu'une partie de vous-même ne se dérobe. Il en va d'ailleurs de même entre les hommes : l'or et les diamants sont précieux et permettent un moment de joie. Mais s'ils ne vont pas de pair avec le don de soi-même, cet or est plaqué et ces diamants de fantaisie. Le temps de Noël n'est pas qu'un temps pour s'échanger des cadeaux. C'est le temps du don total à l'autre, comme le fit l'Enfant de la crèche pour l'humanité.

Comme l'Enfant de la crèche continue à le faire, aujourd'hui encore, pour chacun de nous. Cet Enfant n'avait que lui-même - petit et démuni - à donner. Et Il nous en a fait le don. Et ce don de lui-même dans la crèche n'était que le début. Il offrit ensuite sa propre vie pour nous sur la croix. Entre le bois de la crèche et le bois de la croix, il n'y a qu'un pas. Le jour de Noël, Dieu était aussi impuissant que le Vendredi Saint. Il s'agit du même Mystère : celui du don de soi, intégralement et gratuitement, sans rien exiger en échange si ce n'est l'amour. L'amour, en effet, est le seul cadeau qui dure. Si nous pouvions accroître le taux de don de soi désintéressé dans notre société, nous récolterions les fruits d'une écologie intégrale. Car en matière d'amour et d'attention à l'autre, un réchauffement climatique fait du bien à l'humanité.
+ Godfried Cardinal Danneels,
Archevêque de Malines-Bruxelles,
Homélie de la Nuit de Noël

Comment aimer sans blesser ?

"Les autres sont comme nous. Ils sont en route, ils ont à se faire, à s'accomplir, à dépasser leurs limites, à se libérer comme nous de leur moi préfabriqué et passéiste. Et nous ne pouvons pas vivre sans les aimer. Comment les aimer dans la liberté, dans la transparence, sans nous blesser à leurs limites et sans les blesser par les nôtres ?
Là encore, il faut vider nos centres, il faut nous installer à la racine de la vie d'autrui, à la racine de leur personnalité, il faut aller au bout de leur inconscient, en esprit, là où leur vie finit sa source aux yeux. Et quand nous les avons rejoints dans la lumière infinie, quand nous avons créé un espace illimité autour d'eux, alors nous pouvons les aimer sans réserve parce que nous les aimons dans leur devenir, nous les aimons dans leur avenir, nous les aimons dans l'infini pour les atteindre en un jour, comme nous-mêmes, si eux et nous sommes fidèles à notre vocation essentielle.
C'est dans la mesure où nous ne posons pas de limites en nous et les aidons, en nous affranchissant de nous-mêmes de nos frontières, à s'affranchir des leurs, c'est dans cette mesure que la communion entre les hommes, que les amitiés et les amours humaines peuvent se nouer et s'éterniser. Il est totalement impossible de se joindre et de joindre les autres sans passer par ce chemin de lumière et d'amour qui est le Dieu vivant caché au plus intime de nous."
Maurice Zundel
in Vivre Dieu

dimanche 3 janvier 2010

Pie qui chante...

... neige en descente !

Merci à Claude Monet pour son involontaire participation !

Neige place St Pierre...

... ne conduit pas au cimetière !


Belle soirée !