mercredi 22 mars 2017

Arrivé à destination !


... Et maintenant, je ne bouge plus !

lundi 20 mars 2017

Trois chemins...

Voici trois chemins  de carême pour mieux vivre et respirer : 

- Voici donc d’abord le sentier du recueillement.
Par la porte du silence, entrez dans le jardin de votre cœur, et là, demeurez en présence de Dieu, écoutez la parole de l’Amour et laissez-vous aimer, laissez-vous transfigurer, et devenez Amour et JOIE ! Comme le dit si justement Maître Eckart : « La JOIE de Dieu est en vous…Tout le monde peut trouver cette joie en soi-même et la vivre. »

- Et puis il y a le sentier de la beauté : la beauté naturelle de la Création et cette beauté de re-création que nous offrent les artistes… C’est le ministère des artistes de nous faire découvrir « la flamme des choses », de nous faire voir la Lumière intérieure de la réalité, la Nuée de grâce qui enveloppe le monde, et de nous faire entendre cette Voix silencieuse qui chante Dieu et nous dit son Amour…

- Et bien sûr, il y a le sacrement du frère, le prochain qui porte Dieu caché en lui, Présence de Dieu à côté de moi, « mon frère… ma JOIE ! » « mon frère est là… MON DIEU EST LA ! »
Si je n’ai pas compris cela, je ne sais encore rien de Dieu, je ne sais encore rien de moi… Vite, il faut écouter Jésus,…
« Jésus, le Fils infiniment Frère », Jésus qui va m’apprendre à dire : NOTRE PÈRE… 

 Belle route jusqu'à Pâques !


dimanche 19 mars 2017

Blup, blup...

"L'ennui, qui dévore les autres hommes au milieu même des délices, est inconnu à ceux qui savent s'occuper par quelque lecture. Heureux ceux qui aiment à lire."
Fénelon

mercredi 1 mars 2017

Quelques conseils pour le carême d'un père à ses enfants...

Les chrétiens entrent en Carême. Cet événement ne fait pas de bruit. Nous pourrions nous étonner que les médias n’en parlent pas – ou si peu. Je me rappelle une conversation avec Édouard, petit frère de Jésus, rencontré à l’Assekrem dans le massif du Hoggar, ami des musulmans au milieu desquels il vivait. « Le Carême n’a rien à voir avec le ramadan », me disait-il. « Le Carême, c’est secret. » Nous le vivrons donc en secret, comme nous y invite le Christ : « Que ton aumône, ta prière et ton jeûne restent dans le secret », dit-il à ses disciples.
Carême comme 40, chiffre symbolique de toute la Bible. 40 comme les 40 ans du peuple hébreu dans le désert après la sortie d’Égypte. 40 comme les 40 jours de Jésus au désert où il fut mis à l’épreuve du diable. Le Carême est un passage au désert, un retour sur soi, un cœur à cœur avec Dieu, pour une purification de l’âme, une transformation intérieure et une vie meilleure, par l’aumône, la prière et le jeûne.

Le jeûne
Commençons par le jeûne. Il est personnel et nous unit au Christ Jésus qui veut nous libérer de nos aliénations. À chacun de décider l’ascèse qui libère de ce qui lui fait du mal et fait place à ce qui apporte le bien-être du corps et de l’âme. Voici les deux balises que donne l’Église pour marquer le temps :
1- Jeûner le premier et le dernier jour du carême : le jeûne consiste à se limiter à un seul repas, léger, le mercredi des cendres et le vendredi saint.
2- S’abstenir de viande chaque vendredi : nous nous abstenons de manger de la viande par respect pour la chair crucifiée du Christ. Rappelons que le Christ nous a libérés des interdits alimentaires, l’abstinence de viande n’est donc pas une prescription alimentaire, mais un moyen concret de nous unir à la Passion du Christ.

La prière
Prier, c’est se mettre en présence du feu de l’amour du Christ et à l’écoute de sa Parole. Chaque matin pour recevoir la confiance de se savoir aimé, la force de faire le bien, la lumière pour éclairer nos pensées, nos actes et nos paroles. Chaque soir pour accueillir le pardon, dire merci, demander la paix pour soi, pour nos proches et tous les peuples de la terre. Dans la journée, se laisser habiter par la présence du Christ Vivant.

L’aumône
Parlons enfin de l’aumône. Elle est le fruit de la prière et du jeûne, elle en vérifie la vérité, l’authenticité, la profondeur. Son moteur, c’est l’amour puisé dans le cœur du Christ. Elle nous tourne vers le frère. Rappelons les paroles puissantes du prophète Isaïe : « Voici le jeûne qui plaît à Dieu : partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi le pauvre sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, faire tomber les chaînes injustes… ».

Le Carême est aussi le temps de l’ultime préparation des catéchumènes adultes qui seront baptisés dans la nuit de Pâques. Heureuses les paroisses qui ont la joie de les accompagner, chaque dimanche, par la prière et l’amitié fraternelle !
Je souhaite à chacun une bonne marche vers la lumière du matin de Pâques.
                                                                                                   + Christophe DUFOUR
Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles

Les cendres...

Avec quel prêtre ?

 

lundi 27 février 2017

Vous avez du courrier...

et c'est le Pape François qui écrit pour le carême !

« Chers Frères et Sœurs,

Le Carême est un nouveau commencement, un chemin qui conduit à une destination sûre : la Pâques de la Résurrection, la victoire du Christ sur la mort. Et ce temps nous adresse toujours un appel pressant à la conversion : le chrétien est appelé à revenir à Dieu « de tout son cœur » (Jl 2,12) pour ne pas se contenter d’une vie médiocre, mais grandir dans l’amitié avec le Seigneur. Jésus est l’ami fidèle qui ne nous abandonne jamais, car même lorsque nous péchons, il attend patiemment notre retour à Lui et, par cette attente, il manifeste sa volonté de pardon (cf. Homélie du 8 janvier 2016).
Le Carême est le moment favorable pour intensifier la vie de l’esprit grâce aux moyens sacrés que l’Église nous offre : le jeûne, la prière et l’aumône. A la base de tout il y a la Parole de Dieu, que nous sommes invités à écouter et à méditer avec davantage d’assiduité en cette période. Je voudrais ici m’arrêter en particulier sur la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare (cf. Lc 16,19-31). Laissons-nous inspirer par ce récit si important qui, en nous exhortant à une conversion sincère, nous offre la clé pour comprendre comment agir afin d’atteindre le vrai bonheur et la vie éternelle.

1. L’autre est un don

La parabole commence avec la présentation des deux personnages principaux ; cependant le pauvre y est décrit de façon plus détaillée : il se trouve dans une situation désespérée et n’a pas la force de se relever, il gît devant la porte du riche et mange les miettes qui tombent de sa table, son corps est couvert de plaies que les chiens viennent lécher (cf. vv. 20-21). C’est donc un tableau sombre, et l’homme est avili et humilié.
La scène apparaît encore plus dramatique si l’on considère que le pauvre s’appelle Lazare : un nom chargé de promesses, qui signifie littéralement « Dieu vient en aide ». Ainsi ce personnage ne reste pas anonyme mais il possède des traits bien précis ; il se présente comme un individu avec son histoire personnelle. Bien qu’il soit comme invisible aux yeux du riche, il nous apparaît connu et presque familier, il devient un visage ; et, comme tel, un don, une richesse inestimable, un être voulu, aimé, dont Dieu se souvient, même si sa condition concrète est celle d’un déchet humain (cf. Homélie du 8 janvier 2016).
Lazare nous apprend que l’autre est un don. La relation juste envers les personnes consiste à reconnaître avec gratitude leur valeur. Ainsi le pauvre devant la porte du riche ne représente pas un obstacle gênant mais un appel à nous convertir et à changer de vie. La première invitation que nous adresse cette parabole est celle d’ouvrir la porte de notre cœur à l’autre car toute personne est un don, autant notre voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas. Le Carême est un temps propice pour ouvrir la porte à ceux qui sont dans le besoin et reconnaître en eux le visage du Christ. Chacun de nous en croise sur son propre chemin. Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible. Mais pour pouvoir le faire il est nécessaire de prendre au sérieux également ce que nous révèle l’Évangile au sujet de l’homme riche.

2. Le péché nous rend aveugles

La parabole met cruellement en évidence les contradictions où se trouve le riche (cf. v. 19). Ce personnage, contrairement au pauvre Lazare, ne possède pas de nom, il est seulement qualifié de “riche”. Son opulence se manifeste dans son habillement qui est exagérément luxueux. La pourpre en effet était très précieuse, plus que l’argent ou l’or, c’est pourquoi elle était réservée aux divinités (cf. Jr 10,9) et aux rois (cf. Jg 8,26). La toile de lin fin contribuait à donner à l’allure un caractère quasi sacré. Bref la richesse de cet homme est excessive d’autant plus qu’elle est exhibée tous les jours, de façon habituelle : « Il faisait chaque jour brillante chère » (v.19). On aperçoit en lui, de manière dramatique, la corruption du péché qui se manifeste en trois moments successifs : l’amour de l’argent, la vanité et l’orgueil (cf. Homélie du 20 septembre 2013).
Selon l’apôtre Paul, « la racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent » (1 Tm 6,10). Il est la cause principale de la corruption et la source de jalousies, litiges et soupçons. L’argent peut réussir à nous dominer et devenir ainsi une idole tyrannique (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 55). Au lieu d’être un instrument à notre service pour réaliser le bien et exercer la solidarité envers les autres, l’argent peut nous rendre esclaves, ainsi que le monde entier, d’une logique égoïste qui ne laisse aucune place à l’amour et fait obstacle à la paix.
La parabole nous montre ensuite que la cupidité rend le riche vaniteux. Sa personnalité se réalise dans les apparences, dans le fait de montrer aux autres ce que lui peut se permettre. Mais l’apparence masque le vide intérieur. Sa vie reste prisonnière de l’extériorité, de la dimension la plus superficielle et éphémère de l’existence (cf. ibid., n. 62).
Le niveau le plus bas de cette déchéance morale est l’orgueil. L’homme riche s’habille comme un roi, il singe l’allure d’un dieu, oubliant d’être simplement un mortel. Pour l’homme corrompu par l’amour des richesses, il n’existe que le propre moi et c’est la raison pour laquelle les personnes qui l’entourent ne sont pas l’objet de son regard. Le fruit de l’attachement à l’argent est donc une sorte de cécité : le riche ne voit pas le pauvre qui est affamé, couvert de plaies et prostré dans son humiliation.
En regardant ce personnage, on comprend pourquoi l’Évangile est aussi ferme dans sa condamnation de l’amour de l’argent : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent » (Mt 6,24).

3. La Parole est un don

L’évangile du riche et du pauvre Lazare nous aide à bien nous préparer à Pâques qui s’approche. La liturgie du Mercredi des Cendres nous invite à vivre une expérience semblable à celle que fait le riche d’une façon extrêmement dramatique. Le prêtre, en imposant les cendres sur la tête, répète ces paroles : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ». Le riche et le pauvre, en effet, meurent tous les deux et la partie la plus longue du récit de la parabole se passe dans l’au-delà. Les deux personnages découvrent subitement que « nous n’avons rien apporté dans ce monde, et nous n’en pourrons rien emporter » (1 Tm 6,7).
Notre regard aussi se tourne vers l’au-delà, où le riche dialogue avec Abraham qu’il appelle « Père » (Lc 16, 24 ; 27) montrant qu’il fait partie du peuple de Dieu. Ce détail rend sa vie encore plus contradictoire car, jusqu’à présent, rien n’avait été dit sur sa relation à Dieu. En effet dans sa vie, il n’y avait pas de place pour Dieu, puisqu’il était lui-même son propre dieu.
Ce n’est que dans les tourments de l’au-delà que le riche reconnaît Lazare et il voudrait bien que le pauvre allège ses souffrances avec un peu d’eau. Les gestes demandés à Lazare sont semblables à ceux que le riche aurait pu accomplir et qu’il n’a jamais réalisés. Abraham néanmoins lui explique que « tu as reçu tes biens pendant ta vie et Lazare pareillement ses maux ; maintenant ici il est consolé et toi tu es tourmenté » (v.25). L’au-delà rétablit une certaine équité et les maux de la vie sont compensés par le bien.
La parabole acquiert une dimension plus large et délivre ainsi un message pour tous les chrétiens. En effet le riche, qui a des frères encore en vie, demande à Abraham d’envoyer Lazare les avertir ; mais Abraham répond : « ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent » (v. 29). Et devant l’objection formulée par le riche, il ajoute : « Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus » (v.31).
Ainsi se manifeste le vrai problème du riche : la racine de ses maux réside dans le fait de ne pas écouter la Parole de Dieu ; ceci l’a amené à ne plus aimer Dieu et donc à mépriser le prochain. La Parole de Dieu est une force vivante, capable de susciter la conversion dans le cœur des hommes et d’orienter à nouveau la personne vers Dieu. Fermer son cœur au don de Dieu qui nous parle a pour conséquence la fermeture de notre cœur au don du frère.
Chers frères et sœurs, le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain. Le Seigneur qui – au cours des quarante jours passés dans le désert a vaincu les pièges du Tentateur – nous montre le chemin à suivre. Que l’Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiés du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin. J’encourage tous les fidèles à manifester ce renouvellement spirituel en participant également aux campagnes de Carême promues par de nombreux organismes ecclésiaux visant à faire grandir la culture de la rencontre au sein de l’unique famille humaine. Prions les uns pour les autres afin que participant à la victoire du Christ nous sachions ouvrir nos portes aux faibles et aux pauvres. Ainsi nous pourrons vivre et témoigner en plénitude de la joie pascale. »

jeudi 23 février 2017

Chut !

“La sagesse humaine apprend beaucoup, si elle apprend à se taire.” 
Bossuet

samedi 4 février 2017

Les 5 remèdes de saint Thomas d’Aquin contre la tristesse

1. Le premier remède est de s’accorder quelque chose qui nous fasse plaisir. C’est comme si ce grand théologien avait eu l’intuition, il y a sept siècles, que « le chocolat est un antidépresseur ». Personne ne niera qu’une mauvaise journée peut s’achever en beauté avec une bonne bière (même si cette remarque peut sembler quelque peu matérialiste). Et ce n’est pas la Bible qui dira le contraire. Le Seigneur lui-même prenait joyeusement part à des fêtes et à des banquets, et a apprécié les belles choses de la vie que ce soit avant ou après sa Résurrection. Un psaume dit même que le vin réjouit le cœur de l’Homme (néanmoins, la Bible condamne fermement l’ivresse).

2. La deuxième solution est de pleurer. D’après saint Thomas d’Aquin, « tout ce qui nuit, si on le garde pour soi, est plus affligeant parce que l’attention de l’âme s’y concentre davantage ; au contraire, lorsqu’on l’extériorise, l’attention de l’âme se trouve en quelque sorte dispersée au-dehors et la douleur intérieure en est diminuée » (I-II q. 38 a. 2). Notre mélancolie est accentuée si nous n’avons pas moyen de laisser libre cours à notre tristesse. Le fait de pleurer permet à l’âme d’évacuer une peine qui pourrait sinon nous paralyser. Jésus a pleuré, lui aussi. Et le pape François a déclaré que « certaines vérités dans la vie ne peuvent être vues qu’avec des yeux lavés par les larmes. J’invite chacun à s’interroger : ai-je appris à pleurer ? »  

3. La troisième solution est de partager sa peine avec un ami. J’ai ici en tête l’ami de Renzo dans le grand roman de Manzoni, Les Fiancés. Alors qu’il se retrouve seul dans sa maison vide ravagée par la peste et qu’il pleure sur le terrible sort de sa famille, il dit à Renzo : « Ce qui s’est passé est épouvantable, c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé voir de mon vivant. Cela suffit à ôter toute joie à une personne pour le restant de ses jours. Mais parler de ces choses à un ami est d’une grande aide. » Il faut en faire l’expérience pour le comprendre. Quand nous sommes tristes, nous avons tendance à voir tout en gris. Dans ces cas-là, ouvrir son cœur à un ami est un vrai remède. Parfois un petit message ou un coup de fil suffisent à nous redonner des perspectives lumineuses.

4. Le quatrième remède contre la tristesse est de contempler la vérité. Contempler la « fulgor veritatis» dont parle saint Augustin, la splendeur de la vérité dans la nature, dans une œuvre d’art ou dans un morceau de musique peut être un vrai baume contre la tristesse. Quelques jours après le décès d’un ami qui lui était cher, un critique littéraire devait tenir une conférence au sujet de « l’aventure dans l’œuvre de Tolkien ». Il commença par dire : « Parler de belles choses à des personnes que cela intéresse est pour moi une vraie consolation… ».

5. Le cinquième remède proposé par saint Thomas d’Aquin peut sembler surprenant de la part d’un penseur de l’époque médiévale. En effet, pour lutter contre la tristesse, le théologien conseille de prendre un bain et de dormir. C’est une perspective profondément chrétienne de considérer que parfois, pour soulager une souffrance morale, on a parfois besoin d’avoir recours à des remèdes corporels. Depuis que Dieu s’est fait Homme et qu’il s’est donc incarné, la séparation entre matière et esprit n’a plus lieu d’être pour la condition humaine.

mardi 24 janvier 2017

Le retour...

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Avec tout ce qu'il faut, là où il faut !

lundi 23 janvier 2017

Larguez les amarres !

Le Christ passe dans notre vie et nous crie : « viens suis-moi » ! Laisser ses filets pour suivre le Christ est synonyme de remettre sa vie entre les mains du Père. Lui déposer dans le creux de ses mains le sens de notre vie, la fécondité de notre action, de nos relations, de ce que nous vivons à chaque instant. Et c’est l’Esprit Saint qui nous fait découvrir qu’il nous est bon de lâcher prise, de ne rien retenir à nous car il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. Oui, chaque baptisé est appelé à laisser ses filets et à quitter les amarres de ses certitudes trop ancrées pour le grand large du don de soi, à la suite du Christ.

lundi 9 janvier 2017

Pour l'année nouvelle... avec Ste Thérèse de l'Enfant Jésus.

Ne pas compter sur nos mérites, mais espérer en Dieu qui est notre soutien.
Ne pas s’étonner des faiblesses des autres, mais s’édifier de leurs qualités.
Ne pas désespérer des échecs, mais supporter nos imperfections.
Ne pas s’appuyer sur nos propres forces, mais prendre l’ascenseur de l’amour.
Ne pas vouloir tout faire avec effort, mais laisser faire Jésus humblement.
Ne pas rechercher ce qui brille, mais rester caché entre les bras de Jésus.
Ne pas privilégier ce qui est extraordinaire, mais prendre les moyens ordinaires.
Ne pas penser aux peurs qui paralysent, mais s’abandonner au Père.
Ne pas comptabiliser les œuvres, mais étancher la soif de Jésus.
Ne pas s’attribuer les progrès, mais reconnaître que tout vient de Dieu.
Ne pas se décourager, mais croire qu’on est digne d’être aimé.

Ne pas se complaire dans la souffrance, mais fixer le regard sur Jésus.

dimanche 8 janvier 2017

Epiphanie


Si ce récit de l’évangéliste Matthieu a eu tant d’impact dans la tradition chrétienne et s’il a si fortement inspiré les artistes et les commentateurs, c’est qu’il exprime quelque chose d’essentiel pour notre foi : la naissance de Jésus Christ ne concerne pas seulement le peuple juif et les chrétiens, mais les hommes de toute race, nation, culture et religion. Elle “concerne” ! Le mot est trop faible ! La naissance de Jésus Christ est essentielle, vitale, pour tout être humain. Jésus n’est pas seulement un chemin pour ceux qui le connaissent, mais, comme il l’affirme lui-même, il est “le Chemin, la Vérité et la Vie.”
Jésus, né de Marie, n’est pas seulement Lumière pour ses disciples – ceux qui accueillent sa Parole et la mettent en pratique – il est aussi Lumière pour tous les peuples, pour l’humanité entière : “Je suis la lumière du monde.”“Nul ne peut aller au Père sans passer par moi.” Voilà la foi de l’Église, voilà notre foi. 

vendredi 23 décembre 2016

Home sweet home...


Pour se préparer à demain...

« L’étoile nous conduit à la crèche, nous y trouvons l’Enfant Dieu qui porte la paix au monde. De multiples images nous reviennent à l’esprit à ces mots de : Noël ! toutes celles par lesquelles l’art chrétien a essayé de traduire ce mystère de douceur.

Cependant le ciel et ta terre restent encore bien distincts. Aujourd’hui comme alors, l’étoile de Bethléem brille dans une nuit obscure. Dès le second jour des fêtes liturgiques l’Église dépose ses vêtements éclatants de blancheur, pour revêtir la couleur sanglante du martyre, et bientôt le violet en signe de deuil (1). Tout proche du Nouveau Né dans sa crèche, nous trouvons Etienne, le premier martyr qui ait suivi le Seigneur dans la mort, et les enfants innocents, odieusement massacrés.
Pourquoi cela, et que sont devenus la joie exultante que nous apportaient les anges du ciel, le bonheur silencieux de la nuit sainte, et cette paix surtout promise sur notre terre aux hommes de bonne volonté ? 
C’est que, hélas ! tous les hommes ne sont pas de bonne volonté. Si le Fils du Père Eternel est descendu des splendeurs du ciel, c’est que le mystère du mal avait couvert la terre de sa nuit.

Car les ténèbres couvraient la terre, et Il est venu comme la lumière qui brille dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas reçu. À tous ceux qui L’ont reçu Il a donné la lumière et la paix – la paix avec notre Père dans le ciel et avec tous ceux qui sont comme nous les enfants de la Lumière : les fils de Dieu. Ceux-là connaissent la paix profonde du cœur. Mais entre eux et les enfants des ténèbres il n’y a pas de paix, car à ceux-ci le Prince de la Paix a porté le glaive et Il est devenu pour eux une pierre d’achoppement. S’ils se jettent contre Lui, ils seront brisés à jamais !

C’est là une dure et grave leçon en vérité que le charme ravissant de l’Enfant de la crèche ne doit pas dérober à notre vue. Car le mystère de l’Incarnation et le mystère du mal sont étroitement liés. Devant cette lumière descendue du ciel, la nuit du péché serait plus noire et plus épaisse encore.
Cependant l’Enfant dans sa crèche étend ses mains vers nous et son sourire semble nous dire comme le feront plus tard ses paroles d’homme : « Venez à Moi vous qui souffrez et ployez sous la charge ».
Les pauvres bergers ont répondu à cet appel. Ils ont vu l’éclat du ciel lumineux, ils ont entendu la voix des anges leur annonçant la bonne nouvelle, ils se sont mis en route avec confiance, se disant les uns aux autres : « Allons à Bethléem et voyons ce qui est arrivé…»

Les mages sont venus du lointain pays d’Orient, ils ont vu l’étoile merveilleuse, ils l’ont suivie, ils ont cru sans réserve, humblement, et des mains de l’Enfant ils ont reçu la rosée de la grâce et ils se sont réjouis « d’une grande joie ».

Ces mains de l’Enfant – elles prennent et donnent en même temps !

Aux sages elles dérobent leur sagesse, et voilà qu’ils deviennent simples comme des enfants ; aux rois, elles ôtent leurs couronnes et leurs trésors, et les voilà prosternés devant le Roi des rois, acceptant sans hésiter de prendre leur part de souffrances et de travaux à son service ; aux enfants trop petits pour rien donner librement, ces mains prennent leur vie fragile, à peine ébauchée, et les voilà offerts en holocauste au Maître de la vie.

Car les mains de l’Enfant et plus tard les lèvres du Seigneur, lancent un même appel : « Viens, suis-moi ».
À ces mots, Jean, le disciple bien-aimé, que nous trouvons aussi près de la crèche, est venu, quittant son père et sa barque, sans demander « pourquoi ? » ni « comment ? », il a donné au Seigneur son cœur pur d’enfant et il L’a suivi jusqu’au bout, jusqu’au Golgotha.
« Suis-moi! » ; c’est la parole qu’entendit Étienne, le jeune disciple, et il suivit le Maître dans le combat contre les puissances des ténèbres, contre l’aveuglement obstiné des endurcis. Il porta témoignage par sa parole, puis scella ce témoignage dans son sang. Du Sauveur il reçut l’Esprit d’amour, cet Esprit qui fait haïr le péché mais aimer les pécheurs, et au seuil de la mort il pria Dieu pour ses assassins.

Ce sont des figures de lumière que nous rencontrons, agenouillées près de la crèche, les petits innocents dans leur tendre enfance, les bergers fidèles, les rois conquérants, Étienne, l’ardent disciple, et Jean, l’apôtre bien-aimé ; tous ont répondu à l’appel du Seigneur.
Contre eux, se dressent dans la nuit d’un endurcissement incroyable et incompréhensible: les « savants », ceux qui auraient pu nous dire exactement les lieux et la date de la naissance du Sauveur du monde, sans déclarer pour autant : « Allons à Bethléem et voyons ce qui est arrivé… » ; le roi Hérode qui voulut tuer le Maître de la vie, et bien d’autres encore.

Car devant l’Enfant de la crèche les esprits sont mis à nu. Il est le Roi des Rois. Il domine sur la vie et sur la mort, Il dit « Viens, suis-moi » et celui qui n’est pas avec Lui est contre Lui. Mais Il le dit pour nous aussi et nous place chacun devant ce choix entre la lumière et les ténèbres. »
Ste Thérèse Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

(1) Note : Avant le code des rubriques de 1962, la fête des Saints Innocents à laquelle Sainte Thérèse-Bénédicte fait ici référence, se célébrait en violet.

lundi 19 décembre 2016

Mémoire...

Le 19 décembre 1964, Jean Moulin entrait au Panthéon durant une cérémonie présidée par le Général de Gaulle. C'était le 20 ème anniversaire de la Libération. 
Voici la conclusion du discours d'André Malraux : 

"Ecoute ce soir, jeunesse de mon pays, les cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a 14 ans, puissent tous cette fois les entendre, elles vont sonner pour toi.» L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le champ qui va s'élever maintenant. Ce chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité. Puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et des bois d'Alsace, mêlé aux cris perdus des moutons des tabors quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Runstedt, lancés de nouveau contre Strasbourg. Ecoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le chant du malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. A côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec Les Misérables, de celle de Jaurès veillées par la justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé. Ce jour là, elle était le visage de la France."

mercredi 14 décembre 2016

Conseil de lecture...

Abreuve-toi d'abord à l'Ancien Testament pour boire ensuite au Nouveau. Si tu ne bois pas au premier, tu ne pourras pas t'abreuver au second. Bois au premier pour atténuer ta soif, au second pour l'étancher complètement. Abreuve-toi à la coupe de l'Ancien Testament et du Nouveau, car dans les deux c'est le Christ que tu bois. Bois le Christ, car il est la vigne (Jn 15,1), il est le rocher qui a fait jaillir l'eau (1Co 10, 3), il est la source de la vie (Ps 36,10). 


Bois le Christ, car il est « le fleuve dont le cours réjouit la cité de Dieu » (Ps 45, 5), il est la paix (Ep 2, 14), et « de son sein jaillissent des fleuves d'eau vive » (Jn 7, 38). Bois le Christ pour t'abreuver du sang de ta rédemption et du Verbe de Dieu. L'Ancien Testament est sa parole, le Nouveau l'est aussi. On boit la Sainte Écriture et on la mange ; alors, dans les veines de l'esprit et dans la vie de l'âme, descend le Verbe éternel. « Ce n'est pas seulement de pain que vit l'homme, mais de toute parole de Dieu » (Dt 8, 3 ; Mt 4, 4). Abreuve-toi donc de ce Verbe, mais selon l'ordre qui convient. Bois-le d'abord dans l'Ancien Testament, et puis, sans tarder, dans le Nouveau. Il dit lui-même, comme s'il avait hâte : « Peuple qui marche dans les ténèbres, regarde cette grande lumière ; toi qui habites un pays de mort, une lumière se lève sur toi » (Is 9, 2). Bois donc sans plus attendre, et une grande lumière t'éclairera ; non pas la lumière quotidienne du jour, du soleil ou de la lune, mais cette lumière
qui repousse l'ombre de la mort.  
St Ambroise, sur le Ps 1

samedi 10 décembre 2016

La vie en rose...

Gaudete, in Domino semper : iterum dico, gaudete. 
Dominus enim prope est.
Soyez dans la joie du Seigneur, soyez dans la joie, le Seigneur est proche

Pas mieux...


vendredi 25 novembre 2016

Apparition...

Alors que je m'apprêtais à faire le plein dans une sympathique station service de province, voilà qu'apparaît sur le portique du lavage automatique des voitures un message étonnant. 
Quand on fait le plein de sa voiture, il n'est pas fréquent de voir apparaître "Christ" devant soi. Croyant avoir la berlue, j'ai patiemment attendu la fin du - long - message publicitaire. Et là, plus de doute possible : il était là devant moi !
En cette fin d'année de la miséricorde, voir que le système de lavage le meilleur est celui du Christ a valeur de signe ! Les plus attentif d'entre vous auront aussi remarqué, au dessus du message lumineux, un autre non moins parlant : "Christ Genius". 
Après on dira qu'il n'y a pas de clin d'oeil...


" Voyez le figuier et tous les autres arbres.
Regardez-les :
dès qu’ils bourgeonnent,
vous savez que l’été est tout proche.
De même, vous aussi,
lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le royaume de Dieu est proche." 
Lc 21, 29 - 31

vendredi 11 novembre 2016

So long Leonard...

Un grand poète, Léonard Cohen, s'en est allé... So long...


So long Marianne 

Come over to the window, my little darling,


I'd like to try to read your palm.
I used to think I was some kind of Gypsy boy
Before I let you take me home.

Now so long, Marianne, it's time that we began
To laugh and cry and cry and laugh about it all again.

Well you know that I love to live with you,
But you make me forget so very much.
I forget to pray for the angels
And then the angels forget to pray for us.

Now so long, Marianne, it's time that we began ...

We met when we were almost young
Deep in the green lilac park.
You held on to me like I was a crucifix,
As we went kneeling through the dark.

Oh so long, Marianne, it's time that we began ...

Your letters they all say that you're beside me now.
Then why do I feel alone?
I'm standing on a ledge and your fine spider web
Is fastening my ankle to a stone.

Now so long, Marianne, it's time that we began ...

For now I need your hidden love.
I'm cold as a new razor blade.
You left when I told you I was curious,
I never said that I was brave.

Oh so long, Marianne, it's time that we began ...

Oh, you are really such a pretty one.
I see you've gone and changed your name again.
And just when I climbed this whole mountainside,
To wash my eyelids in the rain!

Oh so long, Marianne, it's time that we began ...


Viens près de la fenêtre, ma jolie
Je voudrais essayer de lire la paume de ta main
Je pensais que j'étais un genre de gitan
Avant de te laisser m'emmener chez toi

Refrain : Adieu Marianne, c'est l'heure où nous commençons

A rire et à pleurer, et à pleurer et à rire à propos de
tout à nouveau.

Tu sais que j'aime vivre avec toi
Mais tu me fais oublier tellement de choses
J'oublie de prier les anges
Et puis les anges oublient de prier pour nous

Refrain

Quand nous nous sommes rencontrés nous étions presque
jeunes
Au fond du parc aux lilas verts
Tu t'es accrochée à moi comme à un crucifix
Comme nous nous agenouillions dans les ténèbres

Refrain

Tes lettres disent que tu es à mes côtés maintenant
Alors pourquoi je me sens si seul ?
Je me tiens tout au bord et ta jolie toile d'araignée
Retient ma cheville à un rocher

Refrain

J'ai maintenant besoin de ton amour caché
Je suis froid comme une nouvelle lame de rasoir
Tu es partie quand j'ai dit que j'étais curieux
Je n'ai jamais dit que j'étais courageux

Refrain

Oh tu es vraiment si belle
Je vois que tu es partie et que tu as encore changé de nom
Juste quand j'escaladais cette montagne
Pour laver mes paupières sous l'eau de la pluie

Refrain

jeudi 3 novembre 2016

Dame des courants

Peu m’importent vos noms Dame des courants
Seules vos mains comptent
Vos sourires au bord de vos mains
Sont les oiseaux sans lendemains
Que le vent emporte
Fiancés à la dérive
Qui frappez aux portes des rives
Vos écharpes sont d’herbes et de petits papiers.

Louise de Vilmorin

Right...


mercredi 2 novembre 2016

Eloge de l’ennui et de la paresse

    A Maubeuge, à Saint-Etienne, en Lozère, en Ardèche, à Saint Chély-d’Apcher, à Loguivy-Plougras, un garçon ou une fille de vingt ans, ou de vingt-cinq, ou peut-être de quarante, vivent, à l’instant où je trace ces mots, une formidable aventure. Ils s’ennuient. Ils ont de la chance. Ils vont écrire un chef d’œuvre.
Je voudrai citer aux jeunes gens dévorés de l’envie de laisser un nom dans ce monde qu’il y a quelques chose de mieux que de voyager : c’est de ne rien faire. Il y a quelque chose de mieux que d’avoir des aventures : c’est d’en inventer. Il y a quelque chose de mieux que de s’agiter : c’est de s’ennuyer. 
       J’écrirai volontiers un éloge de la paresse et de l’ennui. La paresse, rien de plus clair, est la mère des chefs-d’œuvre. Très loin de l’abrutissement qui naît des grands postes et des grandes fonctions, l’ennui est cet état béni où l’esprit désoccupé aspire à faire sortir du néant quelque chose d’informe et déjà d’idéal qui n’existe pas encore. L’ennui est la marque en creux du talent, le tâtonnement du génie. Dieu s’ennuyait avant de créer le monde. Newton était couché dans l’herbe et bayait aux corneilles quand il a vu tomber de l’arbre sous lequel il s’ennuyait la pomme de la gravitation universelle. Les petits esprits s’énervent au milieu de foule de choses, la plupart du temps inutiles. Les grands esprits ne font rien en s’ennuient comme Descartes « enfermé seul dans un poêle en Allemagne » avant de découvrir des cieux. Chateaubriand bâillait sa vie avant d’écrire Atala, et René, et les Mémoires d’outre-tombe.
     L’essentiel est de fuir les occupations subalternes et d’éviter de se disperser dans des plaisirs ou des obligations d’emprunt, et puis de se donner tout entier à ce qui sera l’œuvre d’une vie. Proust renonce aux chroniques du snobisme et aux raouts dans le grand monde pour se claquemurer chez lui, entre ses murs couverts de liège, dans ses souvenirs et dans ses rêves d’où surgiront les miracles du Swann, d’Odette, de Françoise, d’Albertine, de la duchesse de Guermantes et du baron de Charlus. Dans un domaine très différent, Louis de Broglie sort lui aussi d’une banalité quotidienne où il ne faisait presque rien pour entrer d’un seul coup dans un rêve étoilé. Il ne passait pas pour le plus doué des siens qui avaient tous brillé dans la guerre, dans la politique, dans les lettres. Lui, c’était plus modeste : il s’occupait d’histoire, de généalogie, d’une collection de timbres-poste, il brillait au bridge et aux échecs lorsque, un beau jour, à Bruxelles, à l’occasion d’un congrès savant où l’avait entrainé son frère Maurice, il découvre par hasard la grandeur farouche d’une physique mathématique qui le mènera jusqu’à la mécanique ondulatoire. « Monsieur, lui dira plus tard Léon Blum en lui remettant l’ordre le plus élevé dans la Légion d’honneur, vous appartenez à une famille où le talent était héréditaire avant que le génie y entrât. »
      Le génie – ou quelque chose comme ça – descend aussi sur Loguivy-Plougras, sur Saint Chély-d’Apcher, sur la chambre où un garçon – ou une fille -, peut-être venu d’ailleurs, peut-être découragé, se débat contre un destin hostile qui semble ne rien promettre. Voyager n’est pas mal. Le succès, c’est très bien. Etre heureux, qui ne le souhaite ? S’ennuyer est bien mieux. C’est quand vous êtes perdu que vous commencez à être sauvé. La vie la plus banale, allumer le feu dans une cheminée, se promener dans les bois – Rousseau avait besoin de marcher pour aiguiser ses idées -, ronger son frein et son cœur parce qu’on est bon à rien, maudire le monde autour de soi, s’abandonner aux songes, ou, mieux encore ne rien faire du tout, ou, en tous cas le moins possible – avant, bien sûr de se jeter dans le travail à corps perdu -, peut mener autrement loin.    
Jean d’Ormesson

Qu’ai-je donc fait ? pp 112 - 114

lundi 31 octobre 2016

Les bonheurs de la vie

Alors que le jour baisse, je songe, entre le dédale encore sinueux que constituent des cartons de livres non encore déballés, aux petits bonheurs - et pourquoi pas aux grands - de l'existence.
Un inventaire à la Prévert, un bouquet de lueurs inextinguibles. 
Dans le désordre et non par ordre d'importance :
- La lumière sur l'embouchure de la Seudre à la Tremblade,
- Jean d'Ormesson parlant de Chateaubriand,
- Un petit écolier au chocolat au lait,
- Le petit Christ roman de St Michel l'Aiguille,
- Le regard des êtres aimés,
- Le souvenir de leur voix, même éteinte depuis de longues années,
- Le français de Marguerite Yourcenar, parlé ou écrit, magnifique musique,
- Le souvenir des bonheurs immenses,
- L'espérance de ceux à venir,
- Quelques pages de Bossuet ou de Massillon,
- Un certain humour anglais,
- Le souffle d'un vent léger sur un canal, à Venise,
- Un bon gros roman de 600 pages et plus (liste trop longue à reporter ici),
- Le bruit des vagues n'importe où,
- Une gelato Pistache - chocolat blanc orange à Rome, près du Panthéon,
- Une chanson de Souchon, un jour de pluie,
- Malraux,
- L'élévation durant l'eucharistie,
- La poésie,

Et tant d'autres...


dimanche 30 octobre 2016

samedi 22 octobre 2016