mercredi 31 mai 2017

Histoire presque sans paroles...

... Au service de la Parole


jeudi 25 mai 2017

Very much !

C'est là où je me dis que l'anglais, dans le nord de la Haute Vienne, peut encore s'améliorer !


mardi 23 mai 2017

R. I. P.


Adieu à James Bond et à Lord Brett Sinclair...


Chambre avec vue...



Reflets...


My churches are beautiful !



mercredi 17 mai 2017

Anniversaire

Il y a 92 ans, le 17 mai 1925, Pie XI, entouré de 23 cardinaux et de 250 évêques, procèdait à la canonisation de Thérèse.
Parmi les 50 000 fidèles venus à Rome, seulement 5 000 purent entrer dans la Basilique Saint-Pierre de Rome et entendre le pape prononcer la formule solennelle déclarant qu’on pouvait désormais appeler l’humble carmélite de Lisieux : « Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ».

Ne jamais se minorer...


Quelques dessins sur le Pape François...





mardi 16 mai 2017

Perlimpinpin ?

« Je suis le chemin, la vérité, la vie »
Combien de fois avons nous écouté cette parole du Christ ? 
« Je suis le chemin, la vérité, la vie ».
Seulement qu’est-ce que cela veut dire ?

Le Christ nous indiquerait-il une route à suivre, un chemin particulier ? Voudrait-il nous dire quoi croire, à quelle vérité adhérer ? Nous suggèrerait-il un art de vivre ? 
Suffirait-il de suivre une direction comme si le Christ n’était qu’un panneau indicateur ? Suffirait-il d’apprendre par cœur le « je crois en Dieu » sans investir son intelligence pour avoir part à la Vérité dont parle Jésus ? Serait-il suffisant de vivre une morale personnelle qui ne déraperait pas trop ?
Non bien sûr ! La réponse était contenue dans les questions ! Tout ceci à côté de ce que propose le Christ ça n’est que « de la poudre de perlimpinpin » si vous me permettez la citation !
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit néanmoins : Bien sûr qu’il est important de donner une direction à notre vie, bien sûr qu’il est important de connaître le contenu de la foi et de se donner une éthique de vie. Mais cela n’est pas suffisant !
Vous l’avez remarqué, le Christ ne dit pas, je vous montre le chemin mais « je suis le Chemin » ; il ne dit pas « je vous dis ce qui est vrai », il dit « je suis la Vérité » ; il ne dit pas je vous dis comment vivre mais « je suis la Vie ». Et c’est très différent.
C’est par une rencontre personnelle et communautaire du Christ Jésus que nous entrerons dans ce chemin, cette Vérité et cette Vie qui sont son l’identité.

Les disciples paraissent disposés à suivre Jésus, puisqu’ils demandent à connaître le chemin. Mais en fait, le chemin, ils le connaissent déjà. Depuis qu’ils se sont mis à suivre le Christ, ce qu’ils suivent en réalité, c’est le chemin en personne. Je suis le chemin : en suivant Jésus, ils vont vers le Père. Plus on entre dans l’intimité de Jésus, plus on se rapproche du Père.

jeudi 11 mai 2017

Le gardien de nos âmes...

«Il les appelle chacune par son nom, et elles connaissent sa voix.»
À ce propos, le cardinal John-Henry Newman alors qu'il était encore curé anglican de l'église Saint-Mary, à Oxford, prêcha à ses paroissiens sur cet évangile du bon Pasteur, le 30 avril 1843. Voilà ce qu'il disait au sujet de ce verset : « Ayons le désir d'entendre sa voix ; prions afin qu'il nous soit donné d'avoir des oreilles attentives et un cœur bien disposé. Il n'appelle pas tous les hommes de la même façon ; Il nous appelle chacun à sa manière... Il n'est pas toujours aisé de reconnaître sa voix... Mais quelque difficile qu'il soit de savoir quand le Christ appelle, et où il nous appelle, du moins tenons-nous prêts à guetter sa voix. »

Comment le Christ nous manifeste qu'il est notre bon pasteur, « le berger qui veille sur nous », disait l’Apôtre Pierre dans la deuxième lecture ? Il nous le déclare lui-même dans cet évangile : « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. » C'est en donnant sa vie pour nous que le Christ nous montre son amour. Son amour l'a poussé au milieu des hommes, il a partagé notre faiblesse, il a accepté la mort pour que nous ayons la vie en abondance : dès ici-bas, dans une relation de foi et d'amour avec lui, et plus tard, là-haut, où nous le verrons face à face. Ainsi, cet évangile du Bon Pasteur nous ramène au cœur du Mystère pascal. Et il marque par là la différence radicale entre le Christ, qui donne sa vie pour ses brebis, et tous les prétendus bergers qui pullulent dans notre monde : leaders, gourous, chefs de secte, qui dérobent la liberté, exploitent les personnes et étouffent la vraie vie.

mercredi 10 mai 2017

Tendre l'oreille...

L’écoute n’est pas seulement une attention aux divers signes de Dieu. Elle est aussi et d’abord une attitude intérieure, par laquelle l’homme se rend disponible pour obéir à Dieu, pour accomplir ce qu’il lui montrera à travers sa parole. « Parle, car ton serviteur écoute ! » (1 Sm 3, 10). Là se comprend l’importance fondamentale de l’intention comme source de la moralité de nos actions. Désirer du fond du cœur faire ce que Dieu veut, telle est l’intention première qui doit être à la racine de toutes nos actions : « Voici, je viens (…) pour faire, ô Dieu, ta volonté » (He 10, 7). Cela nous est constamment rappelé dans l’Écriture par le primat donné à « la crainte de Dieu ». C’est ainsi que Écriture affirme que « la crainte du Seigneur est source de vie » (Pr 14,27) et que « la racine de la sagesse, c’est de craindre le Seigneur » (Si 1,20) : Dieu fait voir sa volonté à ceux qui la cherchent d’un cœur sincère dans la crainte d’offenser son amour. 

D’une certaine manière, nous n’avons pas d’autre intention à avoir que celle d’accomplir la volonté du Père : pour le reste Dieu nous donne de voir ce qu’il attend de nous. Autrement dit, nous n’avons pas à viser tel ou tel bien de nous-mêmes, mais à rester en tout dans la crainte de Dieu, le désir d’accomplir son désir : « Je ne puis rien faire de moi-même, je juge selon ce que j’entends : et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 5,30). Si nous ne cherchons que le pur accomplissement de sa volonté, Dieu nous donnera la lumière et la force pour vouloir ce qu’il veut (au niveau du but poursuivi dans l’action) et opérer comme il veut, dans l’obéissance à sa loi et aux choses. Ne passons pas notre vie à poursuivre des projets mais à écouter Dieu pour nous laisser conduire par lui selon ses desseins en faisant la vérité qu’il nous donne de voir moyennant notre écoute : « car la voie des humains n’est pas en leur pouvoir, et il n’est pas donné à l’homme qui marche de diriger ses pas » (Jr 10, 23). 


dimanche 30 avril 2017

The sounds of silence...

Hello darkness, my old friend
I've come to talk with you again
Because a vision softly creeping
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain
Still remains
Within the sound of silence.


In restless dreams I walked alone
Narrow streets of cobblestone
'Neath the halo of a street lamp
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light
That split the night
And touched the sound of silence.


And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more.
People talking without speaking
People hearing without listening
People writing songs that voices never share
And no one dared
Disturb the sound of silence.


"Fools," said I, "You do not know.
Silence like a cancer grows.
Hear my words that I might teach you.
Take my arms that I might reach you."
But my words like silent raindrops fell
And echoed in the wells of silence


And the people bowed and prayed
To the neon god they made.
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming.
And the sign said, "The words of the prophets are written on
the subway walls
And tenement halls
And whispered in the sounds of silence."

Simon And Garfunkel

lundi 24 avril 2017

Bella ciao...

Bella ciao 

Una mattina mi son svegliata
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Una mattina mi son svegliata
Eo ho trovato l'invasor 


O partigiano porta mi via
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
O partigiano porta mi via
Che mi sento di morir 


E se io muoio da partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E se io muoio da partigiano
Tu mi devi seppellir 


Mi seppellirai lassu in montagna
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Mi seppellirai lassu in montagna
Sotto l'ombra di un bel fior 


Cosi le genti che passeranno
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Cosi le genti che passeranno
Mi diranno che bel fior 


E questo é il fiore del partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E questo é il fiore del partigiano
Morto per la libertà

vendredi 14 avril 2017

« Tout est accompli. »


Chapelle du séminaire de Limoges

samedi 1 avril 2017

Déjà que je ne suis pas super chaud pour le geste...


Viens dehors... Il fait beau !

« A tout ce qui est déjà mort en nous, par suite des endurcissements de notre cœur, Jésus crie :
Lazare, viens dehors.
A tout ce qui est entrain de mourir : foi qui défaille, espérance minée, amour de Dieu et des autres que détruit l’égoïsme, Jésus crie aussi : Lazare, viens dehors.
Mais, sauf miracle, il faut que quelqu’un ait d’abord roulé la pierre… La tâche d’un témoin de l’évangile ne consiste souvent, pendant toute sa vie, qu’à tenter de réussir ce geste, pour que ses frères entendent la voix. »
Père Ambroise Marie Carré

dimanche 26 mars 2017

mercredi 22 mars 2017

Arrivé à destination !


... Et maintenant, je ne bouge plus !

lundi 20 mars 2017

Trois chemins...

Voici trois chemins  de carême pour mieux vivre et respirer : 

- Voici donc d’abord le sentier du recueillement.
Par la porte du silence, entrez dans le jardin de votre cœur, et là, demeurez en présence de Dieu, écoutez la parole de l’Amour et laissez-vous aimer, laissez-vous transfigurer, et devenez Amour et JOIE ! Comme le dit si justement Maître Eckart : « La JOIE de Dieu est en vous…Tout le monde peut trouver cette joie en soi-même et la vivre. »

- Et puis il y a le sentier de la beauté : la beauté naturelle de la Création et cette beauté de re-création que nous offrent les artistes… C’est le ministère des artistes de nous faire découvrir « la flamme des choses », de nous faire voir la Lumière intérieure de la réalité, la Nuée de grâce qui enveloppe le monde, et de nous faire entendre cette Voix silencieuse qui chante Dieu et nous dit son Amour…

- Et bien sûr, il y a le sacrement du frère, le prochain qui porte Dieu caché en lui, Présence de Dieu à côté de moi, « mon frère… ma JOIE ! » « mon frère est là… MON DIEU EST LA ! »
Si je n’ai pas compris cela, je ne sais encore rien de Dieu, je ne sais encore rien de moi… Vite, il faut écouter Jésus,…
« Jésus, le Fils infiniment Frère », Jésus qui va m’apprendre à dire : NOTRE PÈRE… 

 Belle route jusqu'à Pâques !


dimanche 19 mars 2017

Blup, blup...

"L'ennui, qui dévore les autres hommes au milieu même des délices, est inconnu à ceux qui savent s'occuper par quelque lecture. Heureux ceux qui aiment à lire."
Fénelon

mercredi 1 mars 2017

Quelques conseils pour le carême d'un père à ses enfants...

Les chrétiens entrent en Carême. Cet événement ne fait pas de bruit. Nous pourrions nous étonner que les médias n’en parlent pas – ou si peu. Je me rappelle une conversation avec Édouard, petit frère de Jésus, rencontré à l’Assekrem dans le massif du Hoggar, ami des musulmans au milieu desquels il vivait. « Le Carême n’a rien à voir avec le ramadan », me disait-il. « Le Carême, c’est secret. » Nous le vivrons donc en secret, comme nous y invite le Christ : « Que ton aumône, ta prière et ton jeûne restent dans le secret », dit-il à ses disciples.
Carême comme 40, chiffre symbolique de toute la Bible. 40 comme les 40 ans du peuple hébreu dans le désert après la sortie d’Égypte. 40 comme les 40 jours de Jésus au désert où il fut mis à l’épreuve du diable. Le Carême est un passage au désert, un retour sur soi, un cœur à cœur avec Dieu, pour une purification de l’âme, une transformation intérieure et une vie meilleure, par l’aumône, la prière et le jeûne.

Le jeûne
Commençons par le jeûne. Il est personnel et nous unit au Christ Jésus qui veut nous libérer de nos aliénations. À chacun de décider l’ascèse qui libère de ce qui lui fait du mal et fait place à ce qui apporte le bien-être du corps et de l’âme. Voici les deux balises que donne l’Église pour marquer le temps :
1- Jeûner le premier et le dernier jour du carême : le jeûne consiste à se limiter à un seul repas, léger, le mercredi des cendres et le vendredi saint.
2- S’abstenir de viande chaque vendredi : nous nous abstenons de manger de la viande par respect pour la chair crucifiée du Christ. Rappelons que le Christ nous a libérés des interdits alimentaires, l’abstinence de viande n’est donc pas une prescription alimentaire, mais un moyen concret de nous unir à la Passion du Christ.

La prière
Prier, c’est se mettre en présence du feu de l’amour du Christ et à l’écoute de sa Parole. Chaque matin pour recevoir la confiance de se savoir aimé, la force de faire le bien, la lumière pour éclairer nos pensées, nos actes et nos paroles. Chaque soir pour accueillir le pardon, dire merci, demander la paix pour soi, pour nos proches et tous les peuples de la terre. Dans la journée, se laisser habiter par la présence du Christ Vivant.

L’aumône
Parlons enfin de l’aumône. Elle est le fruit de la prière et du jeûne, elle en vérifie la vérité, l’authenticité, la profondeur. Son moteur, c’est l’amour puisé dans le cœur du Christ. Elle nous tourne vers le frère. Rappelons les paroles puissantes du prophète Isaïe : « Voici le jeûne qui plaît à Dieu : partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi le pauvre sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, faire tomber les chaînes injustes… ».

Le Carême est aussi le temps de l’ultime préparation des catéchumènes adultes qui seront baptisés dans la nuit de Pâques. Heureuses les paroisses qui ont la joie de les accompagner, chaque dimanche, par la prière et l’amitié fraternelle !
Je souhaite à chacun une bonne marche vers la lumière du matin de Pâques.
                                                                                                   + Christophe DUFOUR
Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles

Les cendres...

Avec quel prêtre ?

 

lundi 27 février 2017

Vous avez du courrier...

et c'est le Pape François qui écrit pour le carême !

« Chers Frères et Sœurs,

Le Carême est un nouveau commencement, un chemin qui conduit à une destination sûre : la Pâques de la Résurrection, la victoire du Christ sur la mort. Et ce temps nous adresse toujours un appel pressant à la conversion : le chrétien est appelé à revenir à Dieu « de tout son cœur » (Jl 2,12) pour ne pas se contenter d’une vie médiocre, mais grandir dans l’amitié avec le Seigneur. Jésus est l’ami fidèle qui ne nous abandonne jamais, car même lorsque nous péchons, il attend patiemment notre retour à Lui et, par cette attente, il manifeste sa volonté de pardon (cf. Homélie du 8 janvier 2016).
Le Carême est le moment favorable pour intensifier la vie de l’esprit grâce aux moyens sacrés que l’Église nous offre : le jeûne, la prière et l’aumône. A la base de tout il y a la Parole de Dieu, que nous sommes invités à écouter et à méditer avec davantage d’assiduité en cette période. Je voudrais ici m’arrêter en particulier sur la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare (cf. Lc 16,19-31). Laissons-nous inspirer par ce récit si important qui, en nous exhortant à une conversion sincère, nous offre la clé pour comprendre comment agir afin d’atteindre le vrai bonheur et la vie éternelle.

1. L’autre est un don

La parabole commence avec la présentation des deux personnages principaux ; cependant le pauvre y est décrit de façon plus détaillée : il se trouve dans une situation désespérée et n’a pas la force de se relever, il gît devant la porte du riche et mange les miettes qui tombent de sa table, son corps est couvert de plaies que les chiens viennent lécher (cf. vv. 20-21). C’est donc un tableau sombre, et l’homme est avili et humilié.
La scène apparaît encore plus dramatique si l’on considère que le pauvre s’appelle Lazare : un nom chargé de promesses, qui signifie littéralement « Dieu vient en aide ». Ainsi ce personnage ne reste pas anonyme mais il possède des traits bien précis ; il se présente comme un individu avec son histoire personnelle. Bien qu’il soit comme invisible aux yeux du riche, il nous apparaît connu et presque familier, il devient un visage ; et, comme tel, un don, une richesse inestimable, un être voulu, aimé, dont Dieu se souvient, même si sa condition concrète est celle d’un déchet humain (cf. Homélie du 8 janvier 2016).
Lazare nous apprend que l’autre est un don. La relation juste envers les personnes consiste à reconnaître avec gratitude leur valeur. Ainsi le pauvre devant la porte du riche ne représente pas un obstacle gênant mais un appel à nous convertir et à changer de vie. La première invitation que nous adresse cette parabole est celle d’ouvrir la porte de notre cœur à l’autre car toute personne est un don, autant notre voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas. Le Carême est un temps propice pour ouvrir la porte à ceux qui sont dans le besoin et reconnaître en eux le visage du Christ. Chacun de nous en croise sur son propre chemin. Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible. Mais pour pouvoir le faire il est nécessaire de prendre au sérieux également ce que nous révèle l’Évangile au sujet de l’homme riche.

2. Le péché nous rend aveugles

La parabole met cruellement en évidence les contradictions où se trouve le riche (cf. v. 19). Ce personnage, contrairement au pauvre Lazare, ne possède pas de nom, il est seulement qualifié de “riche”. Son opulence se manifeste dans son habillement qui est exagérément luxueux. La pourpre en effet était très précieuse, plus que l’argent ou l’or, c’est pourquoi elle était réservée aux divinités (cf. Jr 10,9) et aux rois (cf. Jg 8,26). La toile de lin fin contribuait à donner à l’allure un caractère quasi sacré. Bref la richesse de cet homme est excessive d’autant plus qu’elle est exhibée tous les jours, de façon habituelle : « Il faisait chaque jour brillante chère » (v.19). On aperçoit en lui, de manière dramatique, la corruption du péché qui se manifeste en trois moments successifs : l’amour de l’argent, la vanité et l’orgueil (cf. Homélie du 20 septembre 2013).
Selon l’apôtre Paul, « la racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent » (1 Tm 6,10). Il est la cause principale de la corruption et la source de jalousies, litiges et soupçons. L’argent peut réussir à nous dominer et devenir ainsi une idole tyrannique (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 55). Au lieu d’être un instrument à notre service pour réaliser le bien et exercer la solidarité envers les autres, l’argent peut nous rendre esclaves, ainsi que le monde entier, d’une logique égoïste qui ne laisse aucune place à l’amour et fait obstacle à la paix.
La parabole nous montre ensuite que la cupidité rend le riche vaniteux. Sa personnalité se réalise dans les apparences, dans le fait de montrer aux autres ce que lui peut se permettre. Mais l’apparence masque le vide intérieur. Sa vie reste prisonnière de l’extériorité, de la dimension la plus superficielle et éphémère de l’existence (cf. ibid., n. 62).
Le niveau le plus bas de cette déchéance morale est l’orgueil. L’homme riche s’habille comme un roi, il singe l’allure d’un dieu, oubliant d’être simplement un mortel. Pour l’homme corrompu par l’amour des richesses, il n’existe que le propre moi et c’est la raison pour laquelle les personnes qui l’entourent ne sont pas l’objet de son regard. Le fruit de l’attachement à l’argent est donc une sorte de cécité : le riche ne voit pas le pauvre qui est affamé, couvert de plaies et prostré dans son humiliation.
En regardant ce personnage, on comprend pourquoi l’Évangile est aussi ferme dans sa condamnation de l’amour de l’argent : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent » (Mt 6,24).

3. La Parole est un don

L’évangile du riche et du pauvre Lazare nous aide à bien nous préparer à Pâques qui s’approche. La liturgie du Mercredi des Cendres nous invite à vivre une expérience semblable à celle que fait le riche d’une façon extrêmement dramatique. Le prêtre, en imposant les cendres sur la tête, répète ces paroles : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ». Le riche et le pauvre, en effet, meurent tous les deux et la partie la plus longue du récit de la parabole se passe dans l’au-delà. Les deux personnages découvrent subitement que « nous n’avons rien apporté dans ce monde, et nous n’en pourrons rien emporter » (1 Tm 6,7).
Notre regard aussi se tourne vers l’au-delà, où le riche dialogue avec Abraham qu’il appelle « Père » (Lc 16, 24 ; 27) montrant qu’il fait partie du peuple de Dieu. Ce détail rend sa vie encore plus contradictoire car, jusqu’à présent, rien n’avait été dit sur sa relation à Dieu. En effet dans sa vie, il n’y avait pas de place pour Dieu, puisqu’il était lui-même son propre dieu.
Ce n’est que dans les tourments de l’au-delà que le riche reconnaît Lazare et il voudrait bien que le pauvre allège ses souffrances avec un peu d’eau. Les gestes demandés à Lazare sont semblables à ceux que le riche aurait pu accomplir et qu’il n’a jamais réalisés. Abraham néanmoins lui explique que « tu as reçu tes biens pendant ta vie et Lazare pareillement ses maux ; maintenant ici il est consolé et toi tu es tourmenté » (v.25). L’au-delà rétablit une certaine équité et les maux de la vie sont compensés par le bien.
La parabole acquiert une dimension plus large et délivre ainsi un message pour tous les chrétiens. En effet le riche, qui a des frères encore en vie, demande à Abraham d’envoyer Lazare les avertir ; mais Abraham répond : « ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent » (v. 29). Et devant l’objection formulée par le riche, il ajoute : « Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus » (v.31).
Ainsi se manifeste le vrai problème du riche : la racine de ses maux réside dans le fait de ne pas écouter la Parole de Dieu ; ceci l’a amené à ne plus aimer Dieu et donc à mépriser le prochain. La Parole de Dieu est une force vivante, capable de susciter la conversion dans le cœur des hommes et d’orienter à nouveau la personne vers Dieu. Fermer son cœur au don de Dieu qui nous parle a pour conséquence la fermeture de notre cœur au don du frère.
Chers frères et sœurs, le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain. Le Seigneur qui – au cours des quarante jours passés dans le désert a vaincu les pièges du Tentateur – nous montre le chemin à suivre. Que l’Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiés du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin. J’encourage tous les fidèles à manifester ce renouvellement spirituel en participant également aux campagnes de Carême promues par de nombreux organismes ecclésiaux visant à faire grandir la culture de la rencontre au sein de l’unique famille humaine. Prions les uns pour les autres afin que participant à la victoire du Christ nous sachions ouvrir nos portes aux faibles et aux pauvres. Ainsi nous pourrons vivre et témoigner en plénitude de la joie pascale. »

jeudi 23 février 2017

Chut !

“La sagesse humaine apprend beaucoup, si elle apprend à se taire.” 
Bossuet

samedi 4 février 2017

Les 5 remèdes de saint Thomas d’Aquin contre la tristesse

1. Le premier remède est de s’accorder quelque chose qui nous fasse plaisir. C’est comme si ce grand théologien avait eu l’intuition, il y a sept siècles, que « le chocolat est un antidépresseur ». Personne ne niera qu’une mauvaise journée peut s’achever en beauté avec une bonne bière (même si cette remarque peut sembler quelque peu matérialiste). Et ce n’est pas la Bible qui dira le contraire. Le Seigneur lui-même prenait joyeusement part à des fêtes et à des banquets, et a apprécié les belles choses de la vie que ce soit avant ou après sa Résurrection. Un psaume dit même que le vin réjouit le cœur de l’Homme (néanmoins, la Bible condamne fermement l’ivresse).

2. La deuxième solution est de pleurer. D’après saint Thomas d’Aquin, « tout ce qui nuit, si on le garde pour soi, est plus affligeant parce que l’attention de l’âme s’y concentre davantage ; au contraire, lorsqu’on l’extériorise, l’attention de l’âme se trouve en quelque sorte dispersée au-dehors et la douleur intérieure en est diminuée » (I-II q. 38 a. 2). Notre mélancolie est accentuée si nous n’avons pas moyen de laisser libre cours à notre tristesse. Le fait de pleurer permet à l’âme d’évacuer une peine qui pourrait sinon nous paralyser. Jésus a pleuré, lui aussi. Et le pape François a déclaré que « certaines vérités dans la vie ne peuvent être vues qu’avec des yeux lavés par les larmes. J’invite chacun à s’interroger : ai-je appris à pleurer ? »  

3. La troisième solution est de partager sa peine avec un ami. J’ai ici en tête l’ami de Renzo dans le grand roman de Manzoni, Les Fiancés. Alors qu’il se retrouve seul dans sa maison vide ravagée par la peste et qu’il pleure sur le terrible sort de sa famille, il dit à Renzo : « Ce qui s’est passé est épouvantable, c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé voir de mon vivant. Cela suffit à ôter toute joie à une personne pour le restant de ses jours. Mais parler de ces choses à un ami est d’une grande aide. » Il faut en faire l’expérience pour le comprendre. Quand nous sommes tristes, nous avons tendance à voir tout en gris. Dans ces cas-là, ouvrir son cœur à un ami est un vrai remède. Parfois un petit message ou un coup de fil suffisent à nous redonner des perspectives lumineuses.

4. Le quatrième remède contre la tristesse est de contempler la vérité. Contempler la « fulgor veritatis» dont parle saint Augustin, la splendeur de la vérité dans la nature, dans une œuvre d’art ou dans un morceau de musique peut être un vrai baume contre la tristesse. Quelques jours après le décès d’un ami qui lui était cher, un critique littéraire devait tenir une conférence au sujet de « l’aventure dans l’œuvre de Tolkien ». Il commença par dire : « Parler de belles choses à des personnes que cela intéresse est pour moi une vraie consolation… ».

5. Le cinquième remède proposé par saint Thomas d’Aquin peut sembler surprenant de la part d’un penseur de l’époque médiévale. En effet, pour lutter contre la tristesse, le théologien conseille de prendre un bain et de dormir. C’est une perspective profondément chrétienne de considérer que parfois, pour soulager une souffrance morale, on a parfois besoin d’avoir recours à des remèdes corporels. Depuis que Dieu s’est fait Homme et qu’il s’est donc incarné, la séparation entre matière et esprit n’a plus lieu d’être pour la condition humaine.

mardi 24 janvier 2017

Le retour...

video

Avec tout ce qu'il faut, là où il faut !

lundi 23 janvier 2017

Larguez les amarres !

Le Christ passe dans notre vie et nous crie : « viens suis-moi » ! Laisser ses filets pour suivre le Christ est synonyme de remettre sa vie entre les mains du Père. Lui déposer dans le creux de ses mains le sens de notre vie, la fécondité de notre action, de nos relations, de ce que nous vivons à chaque instant. Et c’est l’Esprit Saint qui nous fait découvrir qu’il nous est bon de lâcher prise, de ne rien retenir à nous car il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. Oui, chaque baptisé est appelé à laisser ses filets et à quitter les amarres de ses certitudes trop ancrées pour le grand large du don de soi, à la suite du Christ.

lundi 9 janvier 2017

Pour l'année nouvelle... avec Ste Thérèse de l'Enfant Jésus.

Ne pas compter sur nos mérites, mais espérer en Dieu qui est notre soutien.
Ne pas s’étonner des faiblesses des autres, mais s’édifier de leurs qualités.
Ne pas désespérer des échecs, mais supporter nos imperfections.
Ne pas s’appuyer sur nos propres forces, mais prendre l’ascenseur de l’amour.
Ne pas vouloir tout faire avec effort, mais laisser faire Jésus humblement.
Ne pas rechercher ce qui brille, mais rester caché entre les bras de Jésus.
Ne pas privilégier ce qui est extraordinaire, mais prendre les moyens ordinaires.
Ne pas penser aux peurs qui paralysent, mais s’abandonner au Père.
Ne pas comptabiliser les œuvres, mais étancher la soif de Jésus.
Ne pas s’attribuer les progrès, mais reconnaître que tout vient de Dieu.
Ne pas se décourager, mais croire qu’on est digne d’être aimé.

Ne pas se complaire dans la souffrance, mais fixer le regard sur Jésus.