jeudi 28 novembre 2019

Grimaces

Un soir que l'abbé Porquet, aumônier de Louis XV, faisait lecture de la Bible au royal auditeur, il lui arriva de s'endormir à moitié, et de lire ainsi son passage : "Dieu apparut à Jacob en singe".
Comment ! s'écria le Roi ; c'est en songe que vous voulez dire ? Eh ! Sire, répliqua vivement l'abbé, tout n'est-il pas possible à la puissance de Dieu ?
in Laffite, Mémoires de Fleury

vendredi 22 novembre 2019

lundi 18 novembre 2019

Une vague après l'autre...


Les aléas de l'existence
Et les forces de la confiance...

Ce que l'on espère...


La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas.
Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.
Grâce à la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, et donc ce qui est visible n’a pas son origine dans ce qui apparaît au regard.
He 11, 1 – 3

samedi 9 novembre 2019

"Dans Elle, ils disent qu'il faut faire un effort"...

... disait la chanson !
Avec son sens de l'investigation, la revue phare (de quoi déjà ?) se pose la question. Elle ose !
Sinon je ne suis pas candidat ! 



mercredi 6 novembre 2019

Laisser venir...

“Je voudrais vous prier, autant que je sais le faire, d’être patient en face de tout ce qui n’est pas résolu dans votre coeur. Efforcez vous d’aimer vos questions elles mêmes, chacune comme une pièce qui vous serait fermée, comme un livre écrit dans une langue étrangère. Ne cherchez pas pour le moment des réponses qui ne peuvent être apportées, parce que vous ne sauriez pas les mettre en pratique, les “vivre”. Ne vivez pour l’instant que vos questions. Peut être, simplement en les vivant, finirez vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses. Il se peut que vous portiez en vous le don de former, le don de créer, mode de vie particulièrement heureux et pur. Poursuivez en ce sens, mais surtout, confiez vous à ce qui vient. Quand ce qui vient sort d’un appel de votre être, d’une indigence quelconque, prenez le à votre compte, ne le haïssez pas.” 

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poête

Le silence... Toujours...

Je suis venu ici sans savoir si j'aurais la force de rester, je repars en sachant que je reviendrai. J'ai découvert qu'habiter le silence était une jouvence. 
J'ai appris deux ou trois choses que des gens savent sans recourir à l'enfermement. La virginité du temps est un trésor. Le défilement des heures est plus trépidant que l'abattage des kilomètres....
Plus on connait les choses, plus elles deviennent belles.
Dans les forêts de Sibérie
Sylvain Tesson

mercredi 30 octobre 2019

Silence !

"Je crois à l’infusion du paysage dans l’esprit. Je suis un enfant du paysage. C’est ma première
réponse. Je crois d’autre part que la lessiveuse urbaine dans laquelle nous vivons, l’atomisation des activités, le morcellement du temps sont les malheurs de notre modernité. J’ai l’obligation de trouver une porte de retrait, une cabane, un pigeonnier, un caveau, un tombeau, un silence, oui, un silence."
                                                       Sylvain Tesson

dimanche 20 octobre 2019

vendredi 18 octobre 2019

Vagues...


La mer est arrivée sur le seuil de ma maison
Tout est d'un calme absolu...

L'île


Solitude au vent, ô sans pays, mon Île,
Que les barques de loin entourent d’élans
Et d’appels, sous l’essor gris des goélands,
Mon Île, mon lieu sans port, ni quai, ni ville, 

Mon Île où s’élance en secret la montagne
La plus haute que Dieu heurte du talon
Et repousse… Ô Seule entre les aquilons
Qui n’a que la mer farouche pour compagne. 

Temps où se plaint l’air en éternels préludes,
Mon Île où l’Amour me héla sur le bord
D’un chemin de cieux qui descendait à mort,
Espace où les vols se brisent, Solitude. 

Solitude, Aire en émoi de Cœur immense
Qui sans cesse jette au large ses oiseaux,
Sans cesse au-dessus d’infranchissables eaux,
Sans cesse les perd, sans cesse recommence. 

Désolation royale, terre folle
Que berce l’abîme entre ses bras massifs,
Mon Île, tu tiens un Silence captif
Qu’interroge en vain la houle des paroles.

Marie Noël
Chants d'arrière saison

mercredi 16 octobre 2019

dimanche 13 octobre 2019

Désir...

«Je désire un laïcat qui ne soit pas arrogant, ni âpre dans son langage, ni prompt à la dispute, mais des personnes qui connaissent leur religion, qui pénètrent en ses profondeurs, qui savent précisément où ils sont, qui savent ce qu’ils ont et ce qu’ils n’ont pas, qui connaissent si bien leur foi qu’ils peuvent en rendre compte, qui connaissent assez leur histoire pour pouvoir la défendre»
Saint John Henry Newman
The Present position of Catholics in England, IX, 390

dimanche 29 septembre 2019

Tout arrive...

Il y a des miracles. 
Dieu nous vient en aide par notre misère. 
Youpi

jeudi 26 septembre 2019

Derrière les mots

Là derrière nos voix
Est ce que l’on voit nos cœurs
Et les tourments à l’intérieur
Ou seulement la la la ?


Entendez-vous dans les mélodies ?
Derrière les mots
Derrière nos voix
Les sentiments les pleurs les envies
Qu’on ne peut pas dire
Non, non, non


Entendez-vous l’amour caché là ?
Derrière les mots
Derrière les voix
Et puis après quand l’amour s’en va
Love you all my life
You make me see , you make me blind
It is so, so


Là derrière nos voix
Est-ce que l’on voit nos cœurs
Et les tourments à l’intérieur
Ou seulement la la la ?


La révolte et la colère parfois
Derrière les mots
Derrière les voix
Sur une guitare tout seul et tout bas
Refaire le monde


Il y a le rêve aussi de partir
Derrière les mots
Derrière nos voix
Les terres lointaines qui nous attirent
Là vers les étoiles
Rêve à hélice ou rêve à voile
S’en aller hé, hé


Là derrière nos voix
Est ce que l’on voit nos cœurs
Et les tourments à l’intérieur
Ou seulement la la la ?

(Derrière les mots)

Là derrière nos voix
Est ce que l’on voit nos cœurs
Et les tourments à l’intérieur
Ou seulement la la la ?


Est-ce que l’on voit nos cœurs
Et les tourments à l’intérieur
Ou seulement la la la ?
Derrière nos voix
Derrière les mots
Derrière nos voix
Est ce que l’on entrevoit

Alain Souchon

lundi 23 septembre 2019

À travers les vitres trempées de pluie, je voyais le parc, si noble, si calme, les courbes majestueuses des pelouses, les vieux arbres solennels… Certes, cette femme n’eût dû m’inspirer que pitié. Mais alors que d’ordinaire il m’est si facile d’accepter la faute d’autrui, d’en partager la honte, le contraste de la maison paisible et de ses affreux secrets me révoltait. Oui, la folie des hommes m’apparaissait moins que leur entêtement, leur malice, l’aide sournoise qu’ils apportent, sous le regard de Dieu, à toutes les puissances de la confusion et de la mort. Quoi ! l’ignorance, la maladie, la misère dévorent des milliers d’innocents, et lorsque la Providence, par miracle, ménage quelque asile où puisse fleurir la paix, les passions viennent s’y tapir en rampant, et sitôt dans la place, y hurlent jour et nuit comme des bêtes… « Madame, lui dis-je, prenez garde ! – Garde à qui ? à quoi ?
À vous, peut-être ? Ne dramatisons rien. Ce que vous venez d’entendre, je ne l’avais encore avoué à personne. – Pas même à votre confesseur ? – Cela ne regarde pas mon confesseur. Ce sont là des sentiments dont je ne suis pas maîtresse. Ils n’ont d’ailleurs jamais inspiré ma conduite. Ce foyer, monsieur l’abbé, est un foyer chrétien. – Chrétien ! » m’écriai-je. Le mot m’avait frappé comme en pleine poitrine, il me brûlait. « Certes, madame, vous y accueillez le Christ, mais qu’en faites-vous ? Il était aussi chez Caïphe. – Caïphe ? Êtes-vous fou ? Je ne reproche pas à mon mari, ni à ma fille de ne pas me comprendre. Certains malentendus sont irréparables. On s’y résigne. – Oui, madame, on se résigne à ne pas aimer. Le démon aura tout profané, jusqu’à la résignation des saints. – Vous raisonnez comme un homme du peuple. Chaque famille a ses secrets. Quand nous mettrions les nôtres à la fenêtre, en serions-nous plus avancés ? Trompée tant de fois, j’aurais pu être une épouse infidèle. Je n’ai rien dans mon passé dont je puisse rougir. – Bénies soient les fautes qui laissent en nous de la honte ! Plût à Dieu que vous vous méprisiez vous-même ! – Drôle de morale. – Ce n’est pas la morale du monde, en effet. Qu’importe à Dieu le prestige, la dignité, la science, si tout cela n’est qu’un suaire de soie sur un cadavre pourri. – Peut-être préféreriez-vous le scandale ? – Croyez-vous les pauvres aveugles et sourds ? Hélas ! la misère n’a que trop de clairvoyance ! Il n’est crédulité pire, madame, que celle des ventres repus. Oh ! vous pouvez bien cacher aux misérables les vices de vos maisons, ils les reconnaissent de loin, à l’odeur. On nous rebat les oreilles de l’abomination des païens, du moins n’exigeaient-ils des esclaves qu’une soumission pareille à celle des bêtes domestiques, et ils souriaient, une fois l’an, aux revanches des Saturnales. Au lieu que vous autres, abusant de la Parole divine qui enseigne au pauvre l’obéissance du cœur, vous prétendez dérober par ruse ce que vous devriez recevoir à genoux, ainsi qu’un don céleste. Il n’est pire désordre en ce monde que l’hypocrisie des puissants. – Des puissants ! Je pourrai vous nommer dix fermiers plus riches que nous. Mais, mon pauvre abbé, nous sommes de très petites gens. – On vous croit des maîtres, des seigneurs. Il n’y a d’autre fondement de la puissance que l’illusion des misérables. – C’est de la phraséologie. Les misérables se soucient bien de nos affaires de famille ! – Oh ! madame, lui dis-je, il n’y a réellement qu’une famille, la grande famille humaine dont Notre-Seigneur est le chef. Et vous autres, riches, auriez pu être ses fils privilégiés. Rappelez-vous l’Ancien Testament : les biens de la terre y sont très souvent le gage de la faveur céleste. Quoi donc ! N’était-ce pas un privilège assez précieux que de naître exempt de ces servitudes temporelles qui font de la vie des besogneux une monotone recherche du nécessaire, une lutte épuisante contre la faim, la soif, ce ventre insatiable qui réclame chaque jour son dû ? Vos maisons devraient être des maisons de paix, de prière. N’avez-vous donc jamais été émue de la fidélité des pauvres à l’image naïve qu’ils se forment de vous ? Hélas, vous parlez toujours de leur vie, sans comprendre qu’ils désirent moins vos biens que ce je ne sais quoi, qu’ils ne sauraient d’ailleurs nommer, qui enchante parfois leur solitude, un rêve de magnificence, de grandeur, un pauvre rêve, un rêve de pauvre, mais que Dieu bénit ? »
Journal d'un curé de campagne
Georges Bernanos

Orientation

"Les saints se moquent de ce qu’on pense d’eux. Ce qui les intéresse est ce que pense Dieu. Cela les fait agir d’une manière qui est souvent déconcertante. Ils passent parfois pour fous. Mais c’est qu’ils obéissent à une autre logique. Les autres donnent ce qu’ils ont. Eux donnent ce qu’ils n’ont pas."
Cardinal Jean Danièlou

mercredi 11 septembre 2019

Cri


Mais Jésus prit la parole en disant : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. » 
Lc 19, 40

samedi 7 septembre 2019

Mystère...

Vous ne saurez jamais que votre âme voyage
Comme au fond de mon cœur un doux cœur adopté
Et que rien, ni le temps, d'autres amours, ni l'âge
N'empêcheront jamais que vous ayez été;


Que la beauté du monde a pris votre visage,
Vit de votre douceur, luit de votre clarté,
Et que le lac pensif au fond du paysage
Me redit seulement votre sérénité.


Vous ne saurez jamais que j'emporte votre âme
Comme une lampe d'or qui m'éclaire en marchant;
Qu'un peu de votre voix a passé dans mon chant.


Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme
M'instruisent des sentiers que vous avez suivis,
Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

Marguerite Yourcenar

lundi 2 septembre 2019

Cadeau !

Pour la rentrée, il est important d'avoir un planning facilement lisible : 



samedi 31 août 2019

Sur la route...

« Presque tous les jours, je m'arrange pour rentrer au presbytère par la route de Gesvres. Au haut de la côte, qu'il pleuve ou vente, je m’assois sur un tronc de peuplier oublié là on ne sait pourquoi depuis des hivers et qui commence à pourrir. La végétation parasite lui fait une sorte de gaine que je trouve hideuse et jolie tour à tour, selon l'état de mes pensées ou la couleur du temps. C'est là que m'est venue l'idée de ce journal et il me semble que je ne l'aurais eue nulle part ailleurs. Dans ce pays de bois et de pâturages coupés de haies vives, plantés de pommiers, je ne trouverais pas un autre observatoire d'où le village m'apparaisse ainsi tout entier comme ramassé dans le creux de la main. Je le regarde, et je n'ai jamais l'impression qu'il me regarde aussi. Je ne crois pas d'ailleurs non plus qu'il m'ignore. On dirait qu'il me tourne le dos et m'observe de biais, les yeux mi-clos, à la manière des chats. 

Que me veut-il ? Me veut-il même quelque chose ? À cette place tout autre que moi, un homme riche, par exemple, pourrait évaluer le prix de ces maisons de torchis, calculer l'exacte superficie de ces champs, de ces prés, rêver qu'il a déboursé la somme nécessaire, que ce village lui appartient. Moi pas.
Quoi que je fasse, lui aurais-je donné jusqu'à la dernière goutte de mon sang (et c'est vrai que parfois j'imagine qu'il m'a cloué là-haut sur une croix, qu'il me regarde au moins mourir), je ne le posséderais pas. J'ai beau le voir en ce moment si blanc, si frais (à l'occasion de la Toussaint, ils viennent de passer leurs murs au lait de chaux teinté de bleu de linge), je ne puis oublier qu'il est là depuis des siècles, son ancienneté me fait peur. Bien avant que ne fût bâtie, au XVe siècle, la petite église où je ne suis tout de même qu'un passant, il endurait ici patiemment le chaud et le froid, la pluie, le vent, le soleil, tantôt prospère, tantôt misérable, accroché à ce lambeau de sol dont il pompait les sucs et auquel il rendait ses morts. Que son expérience de la vie doit être secrète, profonde ! Il m'aura comme les autres, plus vite que les autres sûrement. »

Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne

mercredi 28 août 2019

Amour...


"… supposons qu'un fiancé donne une bague à sa fiancée ; si celle-ci préfère la bague à son fiancé, qui a fait cette bague pour elle, ne surprend-on pas, dans cet attachement au cadeau du fiancé, un cœur adultère, encore que cette jeune fille aime ce que lui a donné son fiancé ? Bien sûr, elle aime ce que lui a donné son fiancé ; pourtant, si elle disait : Cette bague me suffit ; mais lui, je ne veux plus le voir, quelle femme serait-ce là ? qui ne condamnerait cette folie ? qui ne convaincrait ce cœur d'adultère ? Tu aimes l'or au lieu de l'homme, tu aimes la bague au lieu du fiancé : si tels sont tes sentiments que tu préfères la bague au fiancé et ne veuilles plus voir ton fiancé, alors le gage qu'il t'a donné n'est plus lien d'amour, mais cause d'aversion. En te donnant ce gage, le fiancé espérait être aimé pour lui-même à travers ce gage. Si donc Dieu t'a donné toutes ces choses, aime-le, lui qui les a faites. Il veut te donner plus, je veux dire se donner, lui qui les a faites. Mais si tu aimes ces choses, même faites par Dieu, en négligeant le Créateur et en aimant le monde, ton amour ne sera-t-il pas tenu pour adultère ?"
St Augustin, Commentaire sur la 1ère Epître de Jean, Tr II, 10, 11,
Sources chrétiennes n° 75, pp. 173-175)

dimanche 18 août 2019

jeudi 8 août 2019

lundi 22 juillet 2019

Echappée libre...

« Aujourd’hui, chaque petit geste est régi par la révolution numérique. Pour prendre un train ou aller voir un tableau de Rembrandt, on doit passer par l’ordinateur. Et, à partir du moment où nous confions le moindre détail de notre existence à ce processeur et ce processus, on cimente la possibilité d’un imprévu. […] Or, quand on n’a pas la légitimité d’établir et d’exposer un discours critique sur ce sujet, il y a la marche. Elle offre la possibilité d’échapper au dispositif, comme dit le philosophe Giorgio Agamben. On se glisse dans un interstice et on marche, on revient à cette liberté de détails en prenant la fuite. »
Sylvain Tesson

dimanche 14 juillet 2019

vendredi 12 juillet 2019

mardi 9 juillet 2019

Jour J

Petite photo de Pontaillac en 1967...


dimanche 2 juin 2019