vendredi 25 novembre 2016

Apparition...

Alors que je m'apprêtais à faire le plein dans une sympathique station service de province, voilà qu'apparaît sur le portique du lavage automatique des voitures un message étonnant. 
Quand on fait le plein de sa voiture, il n'est pas fréquent de voir apparaître "Christ" devant soi. Croyant avoir la berlue, j'ai patiemment attendu la fin du - long - message publicitaire. Et là, plus de doute possible : il était là devant moi !
En cette fin d'année de la miséricorde, voir que le système de lavage le meilleur est celui du Christ a valeur de signe ! Les plus attentif d'entre vous auront aussi remarqué, au dessus du message lumineux, un autre non moins parlant : "Christ Genius". 
Après on dira qu'il n'y a pas de clin d'oeil...


" Voyez le figuier et tous les autres arbres.
Regardez-les :
dès qu’ils bourgeonnent,
vous savez que l’été est tout proche.
De même, vous aussi,
lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le royaume de Dieu est proche." 
Lc 21, 29 - 31

vendredi 11 novembre 2016

So long Leonard...

Un grand poète, Léonard Cohen, s'en est allé... So long...


So long Marianne 

Come over to the window, my little darling,


I'd like to try to read your palm.
I used to think I was some kind of Gypsy boy
Before I let you take me home.

Now so long, Marianne, it's time that we began
To laugh and cry and cry and laugh about it all again.

Well you know that I love to live with you,
But you make me forget so very much.
I forget to pray for the angels
And then the angels forget to pray for us.

Now so long, Marianne, it's time that we began ...

We met when we were almost young
Deep in the green lilac park.
You held on to me like I was a crucifix,
As we went kneeling through the dark.

Oh so long, Marianne, it's time that we began ...

Your letters they all say that you're beside me now.
Then why do I feel alone?
I'm standing on a ledge and your fine spider web
Is fastening my ankle to a stone.

Now so long, Marianne, it's time that we began ...

For now I need your hidden love.
I'm cold as a new razor blade.
You left when I told you I was curious,
I never said that I was brave.

Oh so long, Marianne, it's time that we began ...

Oh, you are really such a pretty one.
I see you've gone and changed your name again.
And just when I climbed this whole mountainside,
To wash my eyelids in the rain!

Oh so long, Marianne, it's time that we began ...


Viens près de la fenêtre, ma jolie
Je voudrais essayer de lire la paume de ta main
Je pensais que j'étais un genre de gitan
Avant de te laisser m'emmener chez toi

Refrain : Adieu Marianne, c'est l'heure où nous commençons

A rire et à pleurer, et à pleurer et à rire à propos de
tout à nouveau.

Tu sais que j'aime vivre avec toi
Mais tu me fais oublier tellement de choses
J'oublie de prier les anges
Et puis les anges oublient de prier pour nous

Refrain

Quand nous nous sommes rencontrés nous étions presque
jeunes
Au fond du parc aux lilas verts
Tu t'es accrochée à moi comme à un crucifix
Comme nous nous agenouillions dans les ténèbres

Refrain

Tes lettres disent que tu es à mes côtés maintenant
Alors pourquoi je me sens si seul ?
Je me tiens tout au bord et ta jolie toile d'araignée
Retient ma cheville à un rocher

Refrain

J'ai maintenant besoin de ton amour caché
Je suis froid comme une nouvelle lame de rasoir
Tu es partie quand j'ai dit que j'étais curieux
Je n'ai jamais dit que j'étais courageux

Refrain

Oh tu es vraiment si belle
Je vois que tu es partie et que tu as encore changé de nom
Juste quand j'escaladais cette montagne
Pour laver mes paupières sous l'eau de la pluie

Refrain

jeudi 3 novembre 2016

Dame des courants

Peu m’importent vos noms Dame des courants
Seules vos mains comptent
Vos sourires au bord de vos mains
Sont les oiseaux sans lendemains
Que le vent emporte
Fiancés à la dérive
Qui frappez aux portes des rives
Vos écharpes sont d’herbes et de petits papiers.

Louise de Vilmorin

Right...


mercredi 2 novembre 2016

Eloge de l’ennui et de la paresse

    A Maubeuge, à Saint-Etienne, en Lozère, en Ardèche, à Saint Chély-d’Apcher, à Loguivy-Plougras, un garçon ou une fille de vingt ans, ou de vingt-cinq, ou peut-être de quarante, vivent, à l’instant où je trace ces mots, une formidable aventure. Ils s’ennuient. Ils ont de la chance. Ils vont écrire un chef d’œuvre.
Je voudrai citer aux jeunes gens dévorés de l’envie de laisser un nom dans ce monde qu’il y a quelques chose de mieux que de voyager : c’est de ne rien faire. Il y a quelque chose de mieux que d’avoir des aventures : c’est d’en inventer. Il y a quelque chose de mieux que de s’agiter : c’est de s’ennuyer. 
       J’écrirai volontiers un éloge de la paresse et de l’ennui. La paresse, rien de plus clair, est la mère des chefs-d’œuvre. Très loin de l’abrutissement qui naît des grands postes et des grandes fonctions, l’ennui est cet état béni où l’esprit désoccupé aspire à faire sortir du néant quelque chose d’informe et déjà d’idéal qui n’existe pas encore. L’ennui est la marque en creux du talent, le tâtonnement du génie. Dieu s’ennuyait avant de créer le monde. Newton était couché dans l’herbe et bayait aux corneilles quand il a vu tomber de l’arbre sous lequel il s’ennuyait la pomme de la gravitation universelle. Les petits esprits s’énervent au milieu de foule de choses, la plupart du temps inutiles. Les grands esprits ne font rien en s’ennuient comme Descartes « enfermé seul dans un poêle en Allemagne » avant de découvrir des cieux. Chateaubriand bâillait sa vie avant d’écrire Atala, et René, et les Mémoires d’outre-tombe.
     L’essentiel est de fuir les occupations subalternes et d’éviter de se disperser dans des plaisirs ou des obligations d’emprunt, et puis de se donner tout entier à ce qui sera l’œuvre d’une vie. Proust renonce aux chroniques du snobisme et aux raouts dans le grand monde pour se claquemurer chez lui, entre ses murs couverts de liège, dans ses souvenirs et dans ses rêves d’où surgiront les miracles du Swann, d’Odette, de Françoise, d’Albertine, de la duchesse de Guermantes et du baron de Charlus. Dans un domaine très différent, Louis de Broglie sort lui aussi d’une banalité quotidienne où il ne faisait presque rien pour entrer d’un seul coup dans un rêve étoilé. Il ne passait pas pour le plus doué des siens qui avaient tous brillé dans la guerre, dans la politique, dans les lettres. Lui, c’était plus modeste : il s’occupait d’histoire, de généalogie, d’une collection de timbres-poste, il brillait au bridge et aux échecs lorsque, un beau jour, à Bruxelles, à l’occasion d’un congrès savant où l’avait entrainé son frère Maurice, il découvre par hasard la grandeur farouche d’une physique mathématique qui le mènera jusqu’à la mécanique ondulatoire. « Monsieur, lui dira plus tard Léon Blum en lui remettant l’ordre le plus élevé dans la Légion d’honneur, vous appartenez à une famille où le talent était héréditaire avant que le génie y entrât. »
      Le génie – ou quelque chose comme ça – descend aussi sur Loguivy-Plougras, sur Saint Chély-d’Apcher, sur la chambre où un garçon – ou une fille -, peut-être venu d’ailleurs, peut-être découragé, se débat contre un destin hostile qui semble ne rien promettre. Voyager n’est pas mal. Le succès, c’est très bien. Etre heureux, qui ne le souhaite ? S’ennuyer est bien mieux. C’est quand vous êtes perdu que vous commencez à être sauvé. La vie la plus banale, allumer le feu dans une cheminée, se promener dans les bois – Rousseau avait besoin de marcher pour aiguiser ses idées -, ronger son frein et son cœur parce qu’on est bon à rien, maudire le monde autour de soi, s’abandonner aux songes, ou, mieux encore ne rien faire du tout, ou, en tous cas le moins possible – avant, bien sûr de se jeter dans le travail à corps perdu -, peut mener autrement loin.    
Jean d’Ormesson

Qu’ai-je donc fait ? pp 112 - 114

lundi 31 octobre 2016

Les bonheurs de la vie

Alors que le jour baisse, je songe, entre le dédale encore sinueux que constituent des cartons de livres non encore déballés, aux petits bonheurs - et pourquoi pas aux grands - de l'existence.
Un inventaire à la Prévert, un bouquet de lueurs inextinguibles. 
Dans le désordre et non par ordre d'importance :
- La lumière sur l'embouchure de la Seudre à la Tremblade,
- Jean d'Ormesson parlant de Chateaubriand,
- Un petit écolier au chocolat au lait,
- Le petit Christ roman de St Michel l'Aiguille,
- Le regard des êtres aimés,
- Le souvenir de leur voix, même éteinte depuis de longues années,
- Le français de Marguerite Yourcenar, parlé ou écrit, magnifique musique,
- Le souvenir des bonheurs immenses,
- L'espérance de ceux à venir,
- Quelques pages de Bossuet ou de Massillon,
- Un certain humour anglais,
- Le souffle d'un vent léger sur un canal, à Venise,
- Un bon gros roman de 600 pages et plus (liste trop longue à reporter ici),
- Le bruit des vagues n'importe où,
- Une gelato Pistache - chocolat blanc orange à Rome, près du Panthéon,
- Une chanson de Souchon, un jour de pluie,
- Malraux,
- L'élévation durant l'eucharistie,
- La poésie,

Et tant d'autres...


dimanche 30 octobre 2016

samedi 22 octobre 2016

mercredi 12 octobre 2016

Restaurée...

... La lutte avec l'ange de Delacroix en l'église St Sulpice de Paris


mardi 4 octobre 2016

Et Splatch !

« La foi n’est pas une chose décorative, ornementale.
Vivre la foi n’est pas décorer la vie avec un peu de religion, comme si c’était un gâteau que l’on décore avec de la crème. Non, la foi n’est pas cela. 
La foi implique de choisir Dieu comme critère de base de la vie, et Dieu n’est pas vide, Dieu n’est pas neutre. Dieu est toujours positif.
Dieu est amour et l’amour est toujours positif. Depuis que Jésus est venu dans le monde, on ne peut pas faire comme si on ne connaissait pas Dieu. Comme s’Il était toujours abstrait, vide, une référence purement nominale.
Non, Dieu a un visage concret. Il a un nom : Dieu est Miséricorde, Dieu est Fidélité. Il est la Vie qui se donne à nous tous ».
Pape François
Angélus du 18 août 2013

mardi 27 septembre 2016

Les experts Miami...


... comme si on y était !

lundi 12 septembre 2016

mardi 6 septembre 2016

ça déménage !


Je dois plier bagage
Puisqu'aujourd'hui je déménage
Mes habitudes font naufrage
Puisque je déménage
Attention au carnage
Puisqu'aujourd'hui je déménage !


samedi 3 septembre 2016

Brise légère...


Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume
Poussaient au bord de nos chemins
Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains 
Et tes cheveux avec des plumes.

L'ombre était bienveillante à nos pas réunis
En leur marche, sous le feuillage ;
Une chanson d'enfant nous venait d'un village 
Et remplissait tout l'infini.

Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne
Sous la garde des longs roseaux
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux 
Sa haute et flexible couronne.

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient
Ensemble une même pensée,
Nous songions que c'était notre vie apaisée
Que ce beau soir nous dévoilait.

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête
Se parer et nous dire adieu ;
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux
Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.

vendredi 2 septembre 2016

Quelques vacheries...

... Mais elles sont lues par Catherine Deneuve. Alors...

video

jeudi 1 septembre 2016

Dévorer la littérature...

Un photographe, Charles Roux, a eu l'idée de recomposer et de photographier des festins présents dans la littérature.
Florilège. 
Bon appétit !


Alice au pays des merveilles. Lewis Carroll


Du côté de chez Swann. Marcel Proust


Jane Eyre. Charlotte Brontë


Le monde de Narnia. Clive Staples Lewis


Le Petit Chaperon Rouge. Charles Perrault


Moby Dick. Herman Melville

une seconde pour la route...


mercredi 31 août 2016

mardi 30 août 2016

Au feu !

"Notre vocation est d’aller enflammer le coeur des hommes, de faire ce que fit le Fils de Dieu, Lui qui vint porter le feu dans le monde pour l’enflammer de son amour. Que pouvons-nous désirer d’autre sinon qu’il brûle et consume tout ? 
Il est donc vrai que je suis envoyé non seulement pour aimer Dieu, mais pour le faire aimer.
Il ne me suffit pas d’aimer Dieu, si mon prochain ne l’aime pas de même. Je dois aimer mon prochain, fait à l’image de Dieu et objet de son amour, et tout faire, pour qu’à leur tour, les hommes aiment leur Créateur qui les reconnaît et les considère comme ses frères, qu’il a sauvés; et faire en sorte que, par la charité réciproque, ils s’aiment les uns les autres par amour de Dieu, qui les a aimés jusqu’à abandonner à la mort son propre Fils pour eux. C’est cela mon devoir.
Et bien, s’il est vrai que nous sommes appelés à porter au loin et à proximité l’amour de Dieu, que nous devons en enflammer les nations, si notre vocation est d’aller répandre ce feu divin dans le monde entier, s’il en est ainsi, dis-je, s’il en est vraiment ainsi, mes frères, combien me faut-il moi-même brûler de ce feu divin !

St Vincent de Paul
in Conférences aux prêtres de la Mission

lundi 22 août 2016

Il y a 346 ans...

Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt ! Madame est morte ! 
Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille ? Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts ; on trouve tout consterné, excepté le coeur de cette princesse. Partout on entend des cris ; partout on voit la douleur et le désespoir, et l'image de la mort. Le Roi, la Reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré ; et il me semble que je vois l'accomplissement de cette parole du prophète : le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d'étonnement.
Mais et les princes et les peuples gémissaient en vain ; en vain Monsieur, en vain le Roi même tenait Madame serrée par de si étroits embrassements. Alors ils pouvaient dire l'un et l'autre, avec saint Ambroise : Stringebam brachia, sed jam amiseram quam tenebam : « je serrais les bras ; mais j'avais déjà perdu ce que je tenais ».
Bossuet
Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans
prononcée à Saint-Denis le 21 août, 1670

mardi 9 août 2016



L'air du soir soulève le rideau
Brise légère
Traverser la brume
Accéder au plein soleil
Respirer le parfum des roses
Et ne rien dire...
Attendre
Ouvrir les mains
Saisir celle qui vient
Recommencer à sourire
Au delà de l'infinie tristesse




mardi 2 août 2016

Gravé sur le sable...

La plage est un recueil de morceaux (pas toujours) choisis... Une vaste étendue couverte de sable fin et de ci de là posés comme des hasards, des groupes de bipèdes plus ou moins avachis, plus ou moins brûlés, plus ou moins digérant les moules de midi.
une famille anglaise ayant traversé le Channel à ses risques et périls expose une blancheur laiteuse au soleil éclatant. Nul doute que bientôt le blanc va virer au rouge écrevisse... Le charmant bambin creuse (mais pourquoi creuse - t - il ? me direz vous) avec constance et une petite pelle jaune vif, il en met partout sinon ça ne serait pas drôle. Soudain on l'entend piauler : "on the other side". Oui baby chéri, your home is on the other side. I'm agree with you. En attendant, il creuse, sans doute pour permettre à Granny de s'éclafouérer et permettre ainsi à l'héritage de chuter plus vite dans l'escarcelle de Daddy qui a tellement de mérite le pauvre, pour surveiller la marmaille remuante.
Passage du maître nageur, grand et filiforme. Mais que mangent donc ces types pour être d'une telle platitude ? Des feuilles d'arbres comme les girafes ? Mystère...
Insensiblement la mer monte... Le trou de baby chéri est à présent noyé, adieu l'héritage ! Granny est sauvée jusqu'à demain !
Et en repartant, on tombe sur ça :


Des pancakes spirituels ! En quoi ces gros machins spongieux et gorgés de graisse peuvent-ils être spirituels ? Un grand saint en a-t-il fait ses délices ? Un peu comme si Thérèse d'Avila en avait becqueté un entre deux jeûnes ou Jean de la Croix entre deux chapitres de la Montée au Carmel. Ne plaisantons pas !
Mais ce n'est pas fini, sur le panneau, il y a aussi ça : 


En dehors du fait que l'orthographe laisse à désirer, je laisse à chacun l'appréciation de la profondeur du propos.
Et en bouquet final : 


Jane Birkin a dû rédiger le menu c'est une certitude ! 
Une terrible envie tout de même de gribouiller à la hâte : 

Joan of Arc is the best, saperlipopette !

samedi 30 juillet 2016

C’est moi qui gagne !

Une image est restée, très forte. Je me vois arrivant à Dachau après ce voyage de désolation. Les relations humaines ne sont encore établies. C’est le premier jour de la quarantaine. Un peu de soleil brille au pied d’un mirador ; en haut du mirador, cet homme casqué, à l’insigne de mort des SS, armé de sa mitraillette, qui est devant moi. Ce type a une peur absolue d’être envoyé en Russie, et il est prêt à tout pour y échapper. D’une certaine façon, j’ai envie de lui dure : « C’est moi qui gagne ! »
L’univers de la destruction m’apparaît là dans sa violence et en même temps comme frappé d’une grande fragilité. Ce SS armé, bardé de cuir, cet ordre métallique, cette conscience falsifiée, enfin cette construction est une déconstruction. Tel que je suis là, il ne peut rien contre moi. Ils ont fait tout ce qu’ils ont pu, ils m’ont presque dépouillé de mon corps ; le reste, je le trouve intact. Je puis librement dire : « Je crois en Dieu. » Je puis librement dire : « Vive la vie ! » Tandis que lui, là-haut, est déjà détruit par sa déconstruction. Il peut abréger la vie de mon corps, mais n’importe comment elle finira, cela fait partie de ma vie humaine. Cet homme ne peut même plus me dire un mot. Il est isolé dans sa puissance, et moi je continue à penser ce que je suis et même un peu plus qu’avant.

Cette expérience est pour moi l’analogue de ce que j’essaie de décrire à longueur de vie comme l’expérience de la grâce, l’expérience du Dieu incompréhensible qui m’est donné. Je fais cette expérience, mais je suis éternellement en panne pour la décrire ! Cette expérience me suggère, je le dis humblement, lenada, de saint Jean de la Croix. En tous cas, elle fait que je le lis avec moins d’étonnement. Le Dieu « en toutes choses » de saint Ignace est du même ordre. Dieu, contraire du rien, plus immense, plus démesuré dans sa présence, est là.

Jacques Sommet, L’honneur de la liberté, Centurion, 
1987, Paris, p. 123

vendredi 29 juillet 2016

Témoignage




- "As-tu peur de mourir ?
– Non
– Pourquoi ?
– Je crois en Dieu et je sais que je serai heureuse"

jeudi 21 juillet 2016

mardi 12 juillet 2016

Pourquoi Dieu se cache-t-il ?

Pourquoi Dieu se cache-t-il ? Dans de nombreux pays du monde, Dieu est reconnu. En France Dieu se cache. Je m’en étonne : nombreux sont les femmes et les hommes qui ignorent sa présence. 

Toute la Bible est habitée par cette question : « Pourquoi es-tu un Dieu qui te cache ? » Il semble tellement évident à l’homme que si Dieu était plus visible, les gens viendraient plus vers lui et la face du monde en serait changée. Toute la Bible est habitée par cette question. Le prophète Isaïe confesse de manière sublime : « vraiment tu es un Dieu qui se cache, Dieu d’Israël Sauveur ! » Caché et Sauveur, voilà deux qualités inséparables du Dieu de la Bible. Nous vivons dans le monde du visible, et Dieu est par nature invisible.

Mais pourquoi Dieu se cache-t-il ? Ce qui change tout pour le chrétien, c’est quand il réalise que sur les 33 ans que Jésus Christ a passé sur la terre, il a vécu 30 ans caché. 30 ans caché sur 33 ans sur terre. Ça change tout ! Il est vraiment présent. Vraiment sauveur. Mais vraiment caché !

Chacun est au rendez-vous d’une décision. Une collégienne m’a exprimé sa décision de croire, précisément au moment où elle a été confrontée à la mort d’un camarade de classe en 4ème : « Allan était dans ma classe en 4ème et après les vacances de Pâques, on nous a dit qu’il avait une leucémie. Il se battait et nous on lui envoyait des mails pour l’encourager ; pour le faire rire et l’aider. Il s’est battu jusqu’à la fin. Je n’ai rien compris, mais j’ai décidé d’être heureuse tant que j’en avais la possibilité, parce qu’on n’a jamais assez de temps pour être heureux ».

Pourquoi Dieu se cache-t-il ? Afin que l’homme continue à le chercher. Il y a une tentation : ne croire que ce que je vois. Comme St Thomas ! le secret, c’est d’oser croire qu’il est présent alors je ne le vois pas. « Parce que tu as vu tu crois – dit Jésus à St Thomas – heureux celui qui croit sans voir ! »

Mgr Renauld de Dinechin

vendredi 8 juillet 2016