mercredi 11 septembre 2019

Cri


Mais Jésus prit la parole en disant : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. » 
Lc 19, 40

samedi 7 septembre 2019

Mystère...

Vous ne saurez jamais que votre âme voyage
Comme au fond de mon cœur un doux cœur adopté
Et que rien, ni le temps, d'autres amours, ni l'âge
N'empêcheront jamais que vous ayez été;


Que la beauté du monde a pris votre visage,
Vit de votre douceur, luit de votre clarté,
Et que le lac pensif au fond du paysage
Me redit seulement votre sérénité.


Vous ne saurez jamais que j'emporte votre âme
Comme une lampe d'or qui m'éclaire en marchant;
Qu'un peu de votre voix a passé dans mon chant.


Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme
M'instruisent des sentiers que vous avez suivis,
Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

Marguerite Yourcenar

lundi 2 septembre 2019

Cadeau !

Pour la rentrée, il est important d'avoir un planning facilement lisible : 



samedi 31 août 2019

Sur la route...

« Presque tous les jours, je m'arrange pour rentrer au presbytère par la route de Gesvres. Au haut de la côte, qu'il pleuve ou vente, je m’assois sur un tronc de peuplier oublié là on ne sait pourquoi depuis des hivers et qui commence à pourrir. La végétation parasite lui fait une sorte de gaine que je trouve hideuse et jolie tour à tour, selon l'état de mes pensées ou la couleur du temps. C'est là que m'est venue l'idée de ce journal et il me semble que je ne l'aurais eue nulle part ailleurs. Dans ce pays de bois et de pâturages coupés de haies vives, plantés de pommiers, je ne trouverais pas un autre observatoire d'où le village m'apparaisse ainsi tout entier comme ramassé dans le creux de la main. Je le regarde, et je n'ai jamais l'impression qu'il me regarde aussi. Je ne crois pas d'ailleurs non plus qu'il m'ignore. On dirait qu'il me tourne le dos et m'observe de biais, les yeux mi-clos, à la manière des chats. 

Que me veut-il ? Me veut-il même quelque chose ? À cette place tout autre que moi, un homme riche, par exemple, pourrait évaluer le prix de ces maisons de torchis, calculer l'exacte superficie de ces champs, de ces prés, rêver qu'il a déboursé la somme nécessaire, que ce village lui appartient. Moi pas.
Quoi que je fasse, lui aurais-je donné jusqu'à la dernière goutte de mon sang (et c'est vrai que parfois j'imagine qu'il m'a cloué là-haut sur une croix, qu'il me regarde au moins mourir), je ne le posséderais pas. J'ai beau le voir en ce moment si blanc, si frais (à l'occasion de la Toussaint, ils viennent de passer leurs murs au lait de chaux teinté de bleu de linge), je ne puis oublier qu'il est là depuis des siècles, son ancienneté me fait peur. Bien avant que ne fût bâtie, au XVe siècle, la petite église où je ne suis tout de même qu'un passant, il endurait ici patiemment le chaud et le froid, la pluie, le vent, le soleil, tantôt prospère, tantôt misérable, accroché à ce lambeau de sol dont il pompait les sucs et auquel il rendait ses morts. Que son expérience de la vie doit être secrète, profonde ! Il m'aura comme les autres, plus vite que les autres sûrement. »

Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne

mercredi 28 août 2019

Amour...


"… supposons qu'un fiancé donne une bague à sa fiancée ; si celle-ci préfère la bague à son fiancé, qui a fait cette bague pour elle, ne surprend-on pas, dans cet attachement au cadeau du fiancé, un cœur adultère, encore que cette jeune fille aime ce que lui a donné son fiancé ? Bien sûr, elle aime ce que lui a donné son fiancé ; pourtant, si elle disait : Cette bague me suffit ; mais lui, je ne veux plus le voir, quelle femme serait-ce là ? qui ne condamnerait cette folie ? qui ne convaincrait ce cœur d'adultère ? Tu aimes l'or au lieu de l'homme, tu aimes la bague au lieu du fiancé : si tels sont tes sentiments que tu préfères la bague au fiancé et ne veuilles plus voir ton fiancé, alors le gage qu'il t'a donné n'est plus lien d'amour, mais cause d'aversion. En te donnant ce gage, le fiancé espérait être aimé pour lui-même à travers ce gage. Si donc Dieu t'a donné toutes ces choses, aime-le, lui qui les a faites. Il veut te donner plus, je veux dire se donner, lui qui les a faites. Mais si tu aimes ces choses, même faites par Dieu, en négligeant le Créateur et en aimant le monde, ton amour ne sera-t-il pas tenu pour adultère ?"
St Augustin, Commentaire sur la 1ère Epître de Jean, Tr II, 10, 11,
Sources chrétiennes n° 75, pp. 173-175)

dimanche 18 août 2019

jeudi 8 août 2019

lundi 22 juillet 2019

Echappée libre...

« Aujourd’hui, chaque petit geste est régi par la révolution numérique. Pour prendre un train ou aller voir un tableau de Rembrandt, on doit passer par l’ordinateur. Et, à partir du moment où nous confions le moindre détail de notre existence à ce processeur et ce processus, on cimente la possibilité d’un imprévu. […] Or, quand on n’a pas la légitimité d’établir et d’exposer un discours critique sur ce sujet, il y a la marche. Elle offre la possibilité d’échapper au dispositif, comme dit le philosophe Giorgio Agamben. On se glisse dans un interstice et on marche, on revient à cette liberté de détails en prenant la fuite. »
Sylvain Tesson

dimanche 14 juillet 2019

vendredi 12 juillet 2019

mardi 9 juillet 2019

Jour J

Petite photo de Pontaillac en 1967...


dimanche 2 juin 2019

jeudi 30 mai 2019

Soleil de l'Ascension...

... sur le presbytère d'Aixe sur Vienne


samedi 4 mai 2019

mardi 9 avril 2019

Florilège...

Un ecclésiastique demandait à son évêque la permission de prêcher : "Je vous le permets lui répondit le prélat, mais la nature vous le défend." 

Du temps de la Régence, un janséniste fanatique eût l'audace de prêcher dans un village contre Philippe d'Orléans. Le Régent, lorsqu'on vint lui en faire part, se contenta de dire : "De quoi se mêle cet homme, je ne suis pas de sa paroisse." 

Louis XIV demanda un jour à Boileau qui était un prédicateur qu'on nommait Le Tourneux, et auquel tout le monde courait. "Sire, lui répondit le poète, Votre Majesté sait qu'on court toujours à la nouveauté ; c'est un prédicateur qui prêche l'évangile."

mercredi 27 mars 2019

Be my light


La lumière au bout de la jetée
Par delà la pénombre nuageuse...

samedi 16 mars 2019

mercredi 6 mars 2019

lundi 25 février 2019

The Sound Of Silence (Le Son Du Silence)

  Hello darkness, my old friend,
Bonsoir obscurité , ma vieille amie,
I've come to talk with you again
Je suis venu te parler de nouveau
Because a vision softly creeping,
Car une vision s'insinuant doucement en moi,
Left its seeds while I was sleeping
A semé ses graines durant mon sommeil
And the vision that was planted in my brain, still remains
Et la vision qui fut plantée dans mon cerveau, demeure encore
Within the sound of silence
Dans le son du silence

In restless dreams I walked alone,
Dans mes rêves agités j'arpentais seul,
Narrow streets of cobblestone
Des rues étroites et pavées
'Neath the halo of a street lamp,
Sous le halo d'un réverbère,
I turned my collar to the cold and damp
Je tournais mon col à cause du froid et de l'humidité
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light,
Lorsque mes yeux furent blessés par l'éclat de la lumière d'un néon,
That split the night and touched the sound of silence
Qui déchira la nuit et atteignit le son du silence

And in the naked light I saw,
Et dans cette lumière pure je vis,
Ten thousand people, maybe more
Dix mille personnes, peut être plus
People talking without speaking,
Des personnes qui discutaient sans parler,
People hearing without listening
Des personnes qui entendaient sans écouter
People writing songs that voices never share,
Des personnes qui écrivaient des chansons qu'aucune voix n'a jamais partagées ,
And no one dared disturb the sound of silence
Et personne n'osa déranger le son du silence

Fools, said I, you do not know,
Idiots, dis-je, vous ignorez,
Silence, like a cancer, grows
Que le silence, tel un cancer, évolue
Hear my words that I might teach you,
Ecoutez mes paroles que je puisse vous apprendre,
Take my arms that I might reach you
Prenez mes bras que je puisse vous atteindre
But my words, like silent raindrops fell,
Mais mes paroles tombèrent telles des gouttes de pluie silencieuses,
And echoed in the wells of silence
Et résonnèrent dans les puits du silence

And the people bowed and prayed
Et ces personnes s'inclinaient et priaient
To the neon god they made
Autour du dieu de néon qu'ils avaient créé
And the sign flashed out its warning
Et le panneau étincela en avertissements
In the words that it was forming
A travers les mots qu'il avait formés
And the sign said : the words of the prophets
Et le signe dit : les mots des prophètes
Are written on the subway walls
Sont écrits sur les murs du métro 
And tenement halls,
Et des halls d'immeubles,
And whispered in the sounds of silence
Et ils murmurent à travers les sons du silence


 

vendredi 15 février 2019

jeudi 14 février 2019

Ce qu'il en reste...


Crâne de St Valentin
Santa Maria in Gosmedin, Rome

Comment aimer ?

Chrétiens, apprenez de Jésus-Christ comment vous le devez aimer. Apprenez à l'aimer tendrement, à l'aimer prudemment, à l'aimer fortement. Tendrement, de peur que vous ne soyez attirés par les charmes des plaisirs sensuels. Prudemment, de peur que vous ne soyez séduits. Fortement, de peur que vous ne soyez vaincus et détournés de l'amour du Seigneur. Pour que la gloire du monde, ou les voluptés de la chair ne vous entraînent point, que la sagesse, qui est Jésus-Christ, ait pour vous des
attraits et des douceurs infiniment plus grandes. Si vous voulez n'être point séduits par l'esprit de mensonge et d'erreur, que la vérité qui est Jésus-Christ répande en vous une lumière éclatante. Pour n'être point abattus par les adversités, que la vertu de Dieu, qui est Jésus-Christ, vous fortifie. Que la charité embrase votre zèle, que la science le règle, que la constance l'affermisse. Qu'il soit exempt de tiédeur, plein de discrétion, éloigné de toute timidité. Ces trois choses ne vous ont-elles point été prescrites par la Loi, quand Dieu dit : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre coeur, de toute votre âme, et de toutes vos forces (Dt 6, 5) ? » Il me semble, si vous n'avez quelque autre sens meilleur à donner à cette triple distinction, que l'amour du cœur se rapporte au zèle d'affection, l'amour de l'âme à l'adresse ou su jugement de la raison, et l'amour des forces, à la constance ou à la rigueur de l'esprit. Aimez donc le Seigneur votre Dieu d'une affection de cœur pleine et entière; aimez-le de toute la sagesse et de toute la vigilance de la raison; aimez-le de toutes les forces de l'esprit, en sorte que vous ne craigniez pas même de mourir pour l'amour de lui, ainsi qu'il est écrit : « L'amour est fort comme la mort, et le zèle fervent, inflexible comme l'enfer (Ct 8, 6). » Que le Seigneur Jésus soit à votre coeur un objet de douceur infinie, pour détruire la douceur criminelle des charmes de la vie de la chair; qu'une douceur en surmonte une autre, comme un clou chasse un autre clou. Qu'il soit à votre entendement une lumière qui le guide, et qu'il serve de conducteur à votre raison, non seulement pour éviter les embûches que les hérétiques vous dressent malicieusement, et pour garder votre foi pure de leurs finesses et de leurs artifices, mais aussi afin que vous ayez soin d'éviter ce qu'il peut y avoir d'excessif et d'indiscret dans votre conduite. Que votre amour soit encore constant et généreux, qu'il ne cède point à la crainte, et ne succombe point au travail. Aimons donc avec tendresse, avec circonspection et avec ardeur; car il faut savoir que si l'amour affectif du cœur est doua, il est trompeur, à moins qu'il ne soit accompagné de celui de l'âme ; et que celui-ci pareillement, sans l'amour de force et de courage est sage, mais faible et fragile. 
St Bernard de Clairvaux 
Sermon sur le Cantique des Cantiques n° 20

jeudi 7 février 2019

Viens Seigneur !


Viens Seigneur !
Ne souris pas 
En disant 
Que tu es déjà avec nous. 
Il y a des millions qui ne Te connaissent pas. 
Et à quoi ça mène de te connaître ? 
A quoi sert ta venue 
Si pour les tiens 
La vie continue telle quelle ?... 


Convertis-nous. 
Ebranle-nous. 
Que ton message 
Devienne chair de notre chair, 
Sang de notre sang, 
Raison d’être de notre vie. 
Qu’il nous arrache 
A la quiétude 
De la bonne conscience ! 
Qu’il soit exigeant, 
Incommode, 
Car ce n’est qu’ainsi 
Qu’il nous apportera la paix profonde, 
La paix différente, 
Ta paix !... 

Dom Helder Camara, 
in « Le désert est fertile »

mercredi 30 janvier 2019

jeudi 17 janvier 2019

Editorial de Mgr Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France

Cette année, je le dis et je le souhaite, ne sera ni bonne ni bénie pour les méchants. La Parole de Dieu est suffisamment limpide sur ce point : le Seigneur garde les pas de ses fidèles, MAIS Il se lève contre l’engeance des méchants (Is 31,2), Il les fait disparaître (1Sam 2,9), les retranche du pays (Pr 2,22 ; 10,3), les extirpe (Ps 37,9), met fin à leur agitation (Jb 3,17) et à leur arrogance (Is 13,11), Il brise leur bâton (Is 14,5), les fait trébucher (So 1,3) chanceler, succomber (Ps 27,2) et les écrase sur place (Jb 40,12). Ces paroles ne sont pas tendres pour un début d’année et pour des vœux. Mais elles ont le mérite d’être claires sur les vœux que le Seigneur lui-même formule pour son peuple depuis la nuit des temps.
Inutile de souhaiter à tout va « bôn’ané bôn’santé, amouréréussite, fwa en JéziKri » car nous savons bien que l’année ne sera bonne ni pour les riches, ni pour les bien-portants, ni pour ceux qui réussiront, ni même pour les amoureux ou les croyants, s’il n’y a pas, dans notre pays, davantage de fraternité, de bonté, de vérité, de pardon, de douceur, de solidarité, de guérison, sans parler du souci du Bien-Commun, de la prière, du silence, de l’écoute, de la générosité, ou encore de la chasteté, de la politesse et de la bienveillance.

Qui peut être heureux, qui peut passer une Bonne Année, quand on se sent menacé partout par la méchanceté, le mépris, l’individualisme, les complots, les propos venimeux, le mensonge, la vanité, l’orgueil, la luxure, les divisions, la violence, le vacarme … ?
Ce disant, je ne parle pas que des païens. C’est à mes frères chrétiens de toutes confessions, et en particulier aux catholiques pratiquants et engagés, que je m’adresse. Certains d’entre nous se laissent aller à des attitudes mauvaises, non seulement dans leur famille ou leur vie sociale, mais aussi au sein de l’Église ou lorsqu’ils la représentent devant d’autres. Des fidèles sont parfois capables de se montrer d’autant plus violents et méchants que leur responsabilité dans la communauté chrétienne et leur fréquentation de leur Église leur donne bonne conscience, se montrant d’autant plus arrogants qu’ils se croient légitimés par une certaine supériorité… Malheur ! Ont-ils oublié que la prière des méchants est une abomination pour le Seigneur (Pr 15,8) !?
Même s’il se trouve de « bonnes » justifications humaines pour manquer à la charité, un chrétien qui se montre violent, méprisant et distant avec ses collègues est un hypocrite : « celui qui n’aime pas son frère qu’il voit ne saurait aimer son Dieu qu’il ne voit pas » (1Jn 4,20). Une personne de l’Église qui se montre violente au cours d’un conflit de voisinage, alors qu’elle proclame la Parole de Dieu, commet un blasphème autant qu’une abomination : « tu ne prononceras pas à tort le nom de ton Dieu » (Ex 20,7). Un croyant qui, pensant être dans son bon droit, critiques sans cesse les autres et colporte des médisances et des calomnies, n’est pas quelqu’un qui craint Dieu : « ne jugez pas pour ne pas être jugés » (Mt 7,1). Un responsable D’Église qui, du haut de sa fonction, traite les autres fidèles avec mépris, est un « sépulcre blanchi » (Mt 23,27) : etc… Tous ceux-là seront jugés plus durement que les habitants de Sodome et Gomorrhe.
On peut duper un évêque, un curé ou un pasteur par une attitude mielleuse, mais on ne trompe pas Dieu ! Les baptisés qui n’imitent pas Jésus Christ ne seront pas excusés parce qu’ils prient et servent l’Église H24 : bien au contraire, cela ne rendra que plus sévère leur condamnation. Comment le Seigneur pourrait-il accorder sa grâce à ceux qui ajoutent le scandale au péché, contristent l’Esprit-Saint et empoisonnent le Corps du venin de la méchanceté ?! Je le répète : « le jugement sera sans Miséricorde pour qui n’a pas fait Miséricorde » (Jc 2,13). Travailler à faire passer aux autres une très mauvaise année 2019, c’est se préparer pour soi-même une très mauvaise éternité.
Que 2019 soit donc une année de guérison de nos méchancetés. « La cognée est à la racine » (Mt 3,10), mais il est encore temps : convertissons-nous !

mardi 1 janvier 2019

vendredi 28 décembre 2018

Maintenant que Noël est passé...

... Il est à la pêche !