mardi 30 septembre 2008

Grand écart...

Je tombe providentiellement sur cet extrait des Confessions de St Augustin...
"Ainsi, le fardeau du siècle pesait sur moi comme le doux accablement du sommeil ; et les méditations que j'élevais vers vous ressemblaient aux efforts d'un homme qui veut s'éveiller, et vaincu par la profondeur de son assoupissement, y replonge. [...] je ne doutais pas qu'il ne voulût mieux me livrer à votre amour que de m'abandonner à ma passion. Le premier parti me plaisait, il était vainqueur ; je goûtais l'autre, et j'étais vaincu. Et je ne savais que répondre à votre parole : 'Lève-toi, toi qui dort, Lève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera !' ( Ep 5, 14) Et vous m'entouriez d'évidents témoignages ; et convaincu de la vérité, je n'avais à vous opposer que ces paroles de lenteur et de somnolence : Tout à l'heure ! encore un instant ! laissez-moi un peu ! Mais ce tout à l'heure devenait jamais ; ce laissez-moi un peu durait toujours » Saint Augustin, Confessions, VIII.
L'écartèlement qui y est décrit traverse la vie de beaucoup de chrétiens sincères, le "un peu" qui dure toujours, quel confesseur ne l'a pas entendu ?
Et quel confesseur ne l'a pas vécu lui même ?
Car s'il y a une chose vraie, c'est que la faille que je vois en l'autre, elle est aussi présente chez moi, "comme une écharde dans la chair" dirait St Paul.
Loin de toute perspective complaisante et de toute culpabilisation outrancière, il convient de partir de là pour avancer. Ainsi le disait St François de Sales : "Pars de là où tu es, sinon tu risques de n'aller nulle part". Prendre cela en compte, c'est d'abord dire oui à la condition humaine, oui à la vie telle qu'elle se présente. Lumière et pénombre y sont souvent très imbriquées...
C'est aussi ouvrir un espace pour que Dieu puisse inscrire sa Parole de Salut, celle qui relève et guérit. Pas de reconnaissance de faiblesse = toute puissance et fermeture sur soi.
Dire oui à l'Autre (à l'autre), c'est envisager un ailleurs, un autre lieu où pourra s'inscrire en vérité ce que je suis, et ce, sans jugement. C'est accepter de se regarder dans la glace sans fierté disproportionnée, en vérité.
Le même St Augustin trouva d'ailleurs au coeur de la Parole de Dieu la réponse à son angoissante question qui lui faisait pointer lumière et pénombre dans son existence. Cette Parole, la voici : « C'est l'heure désormais de vous arracher au sommeil ; le salut est maintenant plus près de nous qu'au temps où nous avons cru. La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons-là les oeuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises » (Rm 13, 11 - 14). L'évangile selon St Jean nous révèle l'identité de Dieu : "Dieu est Amour".
Indépassable et apaisant. Il existe un amour qui me précède et me désire, un pardon qui vient à ma rencontre, une espérance qui m'est offerte.
Cadeau !

Belle journée !

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