mercredi 8 octobre 2008

Florilège...

On connaît l'abbé Mugnier par son journal (qui a été hélas épuré de quelques traits d'esprit trop vifs...) édité au Mercure de France.
Né en 1853 à Lubersac, en notre beau Limousin, il se retrouva à confesser le tout Paris du boulevard St Germain et des lettres. Son érudition et son ouverture d'esprit en font un personnage particulièrement attachant.
Il avait beaucoup d'esprit - lié à une grande charité - voici un best of non limitatif...
Un soir, à un dîner chez la duchesse de Rohan, une parisienne élégante, dont la maigreur ne craignait pas de très osés décolletés, portait sur ses os un peu décharnés une grande croix ornés de très beaux diamants. Une personne sournoise, désignant la dame, dit à l'abbé : "Avez vous vu la croix ?" "Non, rétorqua l'abbé, je n'ai vu que le calvaire."
A un dîner où des dames âgées et fortes en chair avaient osé des décolletés vertigineux, on demanda à l'abbé Mugnier : "Comment considérez vous ces nudités ?" "Comme des reliques" soupira le malicieux abbé.
Célébrant le mariage religieux d'un couple dont on citait la longue liaison, l'abbé souriant, mit cette phrase dans son discours : "Enfin, vous voilà aux pieds des autels".
Alors qu'il venait de mourir à l'âge de 90 ans, sa gouvernante qui connaissait l'admiration que l'abbé nourrissait pour Chateaubriand, eut ce beau mot : "Ah, Monsieur le Chanoine va être bien heureux ! Il va pouvoir enfin faire la connaissance de Monsieur le Vicomte !"
Ite missa est !

Belle journée !

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