lundi 13 septembre 2010

Des hommes et des Dieux. Impressions.

Autant le dire en entrée, je n'étais pas très enthousiaste à l'idée de ce film, craignant qu'une fois de plus l'essentiel soit dilué dans un discours où le mot tolérance serait revenu à chaque séquence comme un leit motiv et un révélateur du peu de profondeur de la réflexion. Craignant aussi que le trésor de la vie de ces quelques moines soit pillé par une bande de malfrats ne connaissant rien à l'expérience spirituelle.
Ces craintes étaient infondées et tant mieux !

Ce n'est pas du grand spectacle, il n'y a pas d'effets de manches, de morceaux d'éloquence creuse, de propos alléluiatiques. Juste la contemplation d'une vie simple, épurée, lavée par l'expression et le désir de vivre au quotidien une fraternité authentique qui n'est pas sans évoquer aussi le Père de Foucauld. Il convient aussi de faire la part belle aux constantes références au Christ, source de la vie des ces frères. Grâce à cette source unique et intarissable, les moines peuvent évoquer entre eux des questions aussi sensibles que l'exercice de l'autorité dans la communauté, le désir de partir ou de rester en Algérie. Et comme le Christ réconcilie tous les contraires, cela se fait dans la paix.
J'ai été aussi très touché par des images, des paroles, des scènes du film. Ainsi celle presque à la fin, du repas, le dernier que les frères partagent ensembles. Avec pudeur, la caméra se pose sur les visages, fixe un rire, une joie d'être là, des larmes car chacun pressent ce qui adviendra tôt ou tard. Et j'ai songé à la dernière Cène qui réunit le Christ et les apôtres. Il y avait comme au monastère un peu de vin sur la table, du pain. Eucharistie.
Si l'on entend que la vie chrétienne soit un itinéraire de configuration au Christ Jésus, il est aisé de toucher le coeur de cette expérience. Christ à la vie livrée, donnée pour le salut des hommes, déposée, remise dans les mains du Père. C'est bien là l'essentiel de la vie : se donner sans attendre en retour. Porter sa croix n'est pas affaire de poids à lever et à tracter péniblement, c'est affaire de don, de remise de soi. Ainsi le Christ durant sa Passion.
Beaux visages des ces frères qui nous laissent appréhender ce que peut être une vie lumineuse, ce qu'est appelée à devenir notre vie comblée de grâces : Don.
"La Vérité vous rendra libre !" Jn 8, 32

2 commentaires:

Théopaïdia a dit…

tout a fait d'accord !

Théopaïdia a dit…
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