"Mon Père, qu'avez vous lu cet été ?"
J'ai beau porter le prénom Bernard, je ne suis pas le pivot (ha ha ha !) de la critique littéraire... Mais bon, il est tellement agréable de parler de livres et mieux encore de livres lus de la première à la dernière page. Ouvrir un livre, c'est entrer en contact avec les plus vastes paysages qui soient.
Alors quels paysages ont reposé mes yeux cet été ?
Il y a eu d'abord quelques policiers pour déblayer le terrain encombré de la fin d'année. Un petit meurtre par ci par là, une bonne étude de caractères avec une histoire fouillée, rien de tel pour défouler intelligemment les neurones. Et là Michael Connelly est incontestablement un maître par le truchement d'un de ses personnages récurent, l'inspecteur Harry Bosh. Ce fut donc "le dernier coyote" qui m'aida à m'échouer dans les meilleures conditions sur les plages charentaises. Un inspecteur au tempérament entier, à la personnalité complexe mais attachante, des histoires qui s'imbriquent et nous avons là un des excellents ingrédients des vacances. A consommer sans modération.

Une bonne biographie ensuite. Celle de Louise de la Vallière par Jean Christian Petifils au style alerte et au propos fiable. C'est donc l'histoire de cette femme, première maîtresse officielle de Louis XIV qui quitta la cour et ses facilités pour le carmel et ainsi, allait devenir soeur Louise de la Miséricorde. Personnalité attachante, elle fut nommé par Sainte Beuve "la plus intéressante des maîtresses royales" parce que désintéressée.
Je retiendrai aussi "les Boucanières" d'Edith Warthon (son dernier roman). On pourrait parler d'un roman de la rencontre de deux mondes : la vieille aristocratie britannique et la haute bourgeoisie américaine (le tout par le biais des héritières. Bien que comportant (à mon sens) 50 pages de trop, j'ai été sensible à l'humour feutré, fleurés mouchetés inclus.
Je terminerai par un roman plus singulier qui bénéficia d'une mise en image de la part de Bertrand Tavernier avec Tomy Lee Jones dans le rôle principal. J'ai nommé "Dans la brume électrique" de James Lee Burke. Là aussi, un personnage central l'inspecteur Daves Robicheaux. Là c'est surtout l'atmosphère qui importe au travers d'un fil conducteur : les combats de la vie ne sont jamais achevés. Ah, j'oubliais, il y a aussi un raton laveur Tripod (il lui manque une patte), petit animal apprivoisé par Alifair, la fille adoptive du héros-narrateur, Dave Robicheaux, dit Belle-Mèche. Il y a des dialogues surréalistes, entre un général, combattant d’une guerre vieille de plus d’un siècle, et un ex-lieutenant de police de La Nouvelle-Orléans, qui travaille au bureau du shérif de New Iberia. Rêve ? Rêverie ? Vision provoquée par la sensibilité de Robicheaux, son don de double-vue, ou le LSD qu’une âme mal intentionnée glisse à son insu dans son verre de Dr Pepper lors d’un pot organisé par l’équipe du film. Robicheaux ancien alcoolique est aussitôt soupçonné par beaucoup d’avoir replongé. L’intensité de la vision due au LSD pousse Robicheaux à aller raconter son délire à ses compagnons des AA. Rajoutez à cela deux meurtres particulièrement odieux et une bandes de mafieux...
Je m'arrête là, la liste pourrait se prolonger un peu trop longuement, révélant ma gourmandise...
Bonnes lectures !
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