mercredi 15 septembre 2010


Petit texte du cardinal Henri de Lubac pour bien commencer la journée...

"L'Ecriture affirme en plusieurs passages la possibilité (ou même le fait) d'une connaissance de Dieu indépendante de la révélation historique qu'elle-même rapporte et contient. Dans l'Epitre aux Romains, Paul affirme la coexistence, chez les mêmes païens et au même moment, de la connaissance de Dieu et de sa non-connaissance. C'est là un paradoxe, consécutif au péché, paradoxe que rien, semble-t-il, ne permet d'édulcorer. Dieu se révèle à ces hommes à travers ses oeuvres, et ils sont inexcusables de ne pas le reconnaître pour l'adorer. L'Apôtre porte un jugement sur les païens, en même temps qu'il veut les faire réfléchir à leur idolâtrie afin de les ouvrir à la nouveauté du message chrétien. Il y a dans la raison de tout homme, en vertu de sa création à l'image de Dieu, un a priori que le péché même ne saurait détruire et qui lui rend possible une certaine connaissance de Dieu [hors de l'Ecriture]. L'homme écoutera fidèlement l'appel de Dieu, de quelque manière qu'il se fasse entendre, par le monde, par la conscience (enfin, par la révélation d'Israël et du Christ, en vue du salut collectif) - et ce sera ce que saint Paul appelle rendre gloire à Dieu action de grâces [Rm 1, 21], ce sera la reconnaissance du vrai Dieu."

(La Révélation divine. Cerf, extraits p. 134-137)

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