lundi 20 juin 2022

Feu de la Saint Jean à Arliquet

                                          




lundi 30 mai 2022

Le but est atteint !

 Enfin, elle est retrouvée ! Et c'est en Creuse, à la Souterraine


lundi 23 mai 2022

Le mot

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes.
Tout, la haine et le deuil ! Et ne m'objectez pas
Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas.
Ecoutez bien ceci :


Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
De vos amis de coeur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.


Ce mot - que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre -
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin,
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l'homme en face dit :
« Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel. »


Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.


Victor Hugo

mardi 19 avril 2022

samedi 16 avril 2022

Homélie du Pape François pour la messe chrismale 14 avril 2022

Dans la lecture du prophète Isaïe que nous venons d'entendre, le Seigneur fait une promesse pleine d'espérance qui nous touche de près : « Vous serez appelés “Prêtres du Seigneur” ; on vous dira “Servants de notre Dieu”, [...] loyalement, je leur donnerai la récompense, je conclurai avec eux une alliance éternelle » ( Is 61, 6.8). Être prêtre, chers frères, c’est une grâce, une très grande grâce, qui n'est pas d'abord une grâce pour nous, mais pour les gens. [1] Et, pour notre peuple, c'est un grand don que le Seigneur choisisse, parmi son troupeau, quelques-uns qui s'occupent exclusivement de ses brebis, comme des pères et des pasteurs. C'est le Seigneur lui-même qui assure le salaire du prêtre : « Loyalement, je leur donnerai la récompense » ( Is 61, 8). Et il est, nous le savons, un bon payeur, bien qu'il ait ses particularités, comme celle de payer d’abord les derniers et ensuite les premiers : c’est dans son style

La lecture du livre de l'Apocalypse nous indique ce qu'est le salaire du Seigneur. C'est son Amour et le pardon inconditionnel de nos péchés au prix de son sang versé sur la Croix : « Lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père » (Ap 1, 5-6). Il n'y a pas de plus grand salaire que l'amitié avec Jésus, ne l’oublions pas. Il n'y a pas de paix plus grande que son pardon, cela, nous le savons tous. Il n'y a pas de prix plus élevé que celui de son précieux Sang dont nous ne devons pas permettre qu’il soit méprisé par une conduite indigne.

Si nous lisons avec le cœur, chers frères prêtres, ce sont des invitations du Seigneur à lui être fidèles, à être fidèles à son Alliance, à nous laisser aimer, à nous laisser pardonner ; ce sont des invitations non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour que nous puissions servir le saint peuple fidèle de Dieu avec une conscience pure. Les gens le méritent, et ils en ont besoin également. L'Évangile de Luc nous dit qu'après que Jésus ait lu le passage du prophète Isaïe devant les siens et se soit assis, « tous avaient les yeux fixés sur lui » (4, 20). L'Apocalypse nous parle encore aujourd'hui des yeux fixés sur Jésus, de l'irrésistible attraction du Seigneur crucifié et ressuscité qui nous pousse à l'adorer et à le reconnaître : « Voici qu’il vient avec les nuées, tout œil le verra, ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ; et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre. Oui ! Amen ! » (1, 7). La grâce finale, lorsque le Seigneur ressuscité reviendra, sera celle d’une reconnaissance immédiate : nous le verrons transpercé, nous reconnaîtrons qui il est et qui nous sommes, des pécheurs ; rien de plus.

“Fixer les yeux sur Jésus” est une grâce que, en tant que prêtres, nous devons cultiver. À la fin de la journée, il est bon de regarder le Seigneur, et que Lui regarde notre cœur, avec celui des personnes que nous avons rencontrées. Il ne s'agit pas de compter les péchés, mais d'une contemplation amoureuse dans laquelle nous regardons notre journée avec le regard de Jésus, et nous voyons ainsi les grâces de la journée, les dons et tout ce qu'il a fait pour nous, afin de lui rendre grâce. Et nous lui montrons aussi nos tentations, afin de les reconnaître et de les rejeter. Comme nous le voyons, il s'agit de comprendre ce qui est agréable au Seigneur et ce qu'il veut de nous ici et maintenant, dans notre histoire présente.

Et, si nous fixons son regard plein de bonté, il y aura peut-être aussi un signe de sa part pour que nous lui montrions nos idoles. Ces idoles que, comme Rachel, nous avons cachées sous les plis de notre manteau (cf. Gn 31, 34-35). Laisser le Seigneur regarder nos idoles cachées – nous en avons tous. Tous ! Et le fait de laisser le Seigneur regarder ces idoles cachées nous rend forts face à elles et leur enlève leur pouvoir.

Le regard du Seigneur nous fait voir qu'en réalité, nous nous glorifions nous-mêmes en elles, [2] parce que là, dans cet espace où nous vivons comme s'il était exclusif, le diable s'immisce en ajoutant un élément très mauvais : il fait en sorte que, non seulement nous “complaisons” nous-mêmes en donnant libre cours à une passion ou en cultivant une autre, mais il nous amène aussi à substituer par elles, par ces idoles cachées, la présence des Personnes divines, la présence du Père, du Fils et de l'Esprit, qui demeurent en nous. De fait, c'est une chose qui arrive. Même si l’on se dit à soi-même que l'on distingue parfaitement ce qu'est une idole et qui est Dieu, dans la pratique, on enlève de l'espace à la Trinité pour le donner au démon, dans une sorte d’adoration indirecte : celle de celui qui le cache, mais qui écoute continuellement ses discours et consomme ses produits, de sorte qu'à la fin il ne reste même pas un petit espace pour Dieu. Parce qu’il est comme çà, il avance lentement. Une autre fois, j’ai parlé des démons “éduqués”, ceux dont Jésus dit qu’ils sont pires que celui qui avait été chassé. Ils sont “éduqués”, ils sonnent à la porte, ils entrent et prennent peu à peu possession de la maison. Nous devons être attentifs, voilà nos idoles.

C'est que les idoles ont quelque chose - un élément - qui leur est propre. Quand nous ne les démasquons pas, quand nous ne laissons pas Jésus nous montrer que nous nous cherchons nous-mêmes en elles sans nécessité, nous laissons un espace pour que le Malin s'immisce. Nous devons nous rappeler que le démon exige que nous fassions sa volonté et que nous le servions, mais il ne demande pas toujours que nous le servions et l'adorions continuellement, non, il sait se mouvoir, c’est un grand diplomate. Recevoir l'adoration de temps en temps lui suffit pour montrer qu'il est notre vrai seigneur, et même qu'il se sent le dieu de notre vie et de notre cœur.

Ceci étant dit, je voudrais partager avec vous, en cette Messe Chrismale, trois espaces d'idolâtrie cachée dans lesquels le Malin utilise ses idoles pour nous priver de notre vocation de pasteurs et, peu à peu, nous séparer de la présence bienfaisante et aimante de Jésus, de l'Esprit et du Père.

Un premier espace d'idolâtrie cachée s'ouvre là où il y a de la mondanité spirituelle qui est « une proposition de vie, une culture, une culture de l'éphémère, une culture de l’apparence, une culture du maquillage ». [3] Son critère est le triomphalisme, un triomphalisme sans la Croix. Et Jésus prie pour que le Père nous préserve de cette culture de la mondanité. Cette tentation d'une gloire sans la Croix va à l'encontre de la personne du Seigneur, elle va contre Jésus qui s'humilie dans l'Incarnation et qui, comme signe de contradiction, est le seul remède contre toute idole. Être pauvre avec le Christ pauvre, et “parce que le Christ a choisi la pauvreté”, est la logique de l'Amour, et rien d’autre. Dans le passage de l'Évangile d'aujourd'hui, nous voyons comment le Seigneur se situe dans son humble chapelle et dans son petit village, celui de toute sa vie, pour faire la même Annonce qu'il fera à la fin de l'histoire, quand il viendra dans sa Gloire, entouré des anges. Et nos yeux doivent rester fixés sur le Christ, dans l'ici et maintenant de l'histoire de Jésus avec moi, comme ils le seront alors. La mondanité de la recherche de sa propre gloire nous vole la présence de Jésus humble et humilié, du Seigneur proche de tous, du Christ des douleurs avec tous ceux qui souffrent, adoré par notre peuple qui sait qui sont ses vrais amis. Un prêtre mondain n'est rien d'autre qu'un païen cléricalisé. Un prêtre mondain n'est rien d'autre qu'un païen cléricalisé.

Un autre espace d'idolâtrie cachée prend racine là où l’on donne le primat au pragmatisme des chiffres. Ceux qui ont cette idole cachée se reconnaissent à leur amour des statistiques qui peuvent effacer toute dimension personnelle dans la discussion et donner la prééminence à la majorité, qui devient en définitive le critère de discernement ; c’est mauvais. Cela ne peut être la seule façon de procéder ni le seul critère dans l'Église du Christ. Les personnes ne peuvent pas être “numérotées”, et Dieu ne donne pas l'Esprit “avec mesure” (cf. Jn 3, 34). Dans cette fascination pour les chiffres, nous nous cherchons en fait nous-mêmes et prenons plaisir au contrôle que nous fournit cette logique qui ne s'intéresse pas aux visages et n'est pas celle de l'amour, et aime les chiffres. Une caractéristique des grands saints est qu'ils savent se mettre en retrait afin de laisser toute la place à Dieu. Ce retrait, cet oubli de soi et ce désir de se faire oublier de tous est le propre de l'Esprit qui n'a pas d'image ; l’Esprit n’a pas d’image propre simplement parce qu’il est tout Amour faisant briller l'image du Fils et, en elle, celle du Père. La substitution de sa Personne qui, déjà en soi, aime “ne pas apparaître” – parce qu’elle n’a pas d’image –, est ce que vise l'idole des chiffres, qui fait en sorte que tout “apparaisse”, bien que de manière abstraite et comptabilisée, sans incarnation.

Un troisième espace d'idolâtrie cachée, lié au précédent, est celui qui s'ouvre avec le fonctionnalisme, un milieu séduisant dans lequel beaucoup “s'enthousiasment davantage pour la feuille de route que pour le parcours”. La mentalité fonctionnaliste ne tolère pas le mystère, elle vise l'efficacité. Peu à peu, cette idole remplace la présence du Père en nous. La première idole se substitue à la présence du Fils, la deuxième à celle de l’Esprit, et celle-ci à la présence du Père. Notre Père est le Créateur, non pas quelqu’un qui fait seulement “fonctionner” les choses, mais quelqu’un qui “crée” comme un Père, avec tendresse, en prenant en charge ses créatures et en œuvrant pour que l'homme soit plus libre. Le fonctionnaliste ne sait pas se réjouir des grâces que l'Esprit répand sur son peuple, desquelles il pourrait aussi se “nourrir” comme un ouvrier qui gagne son salaire. Le prêtre à la mentalité fonctionnaliste a sa propre nourriture, qui est son ego. Dans le fonctionnalisme, nous laissons de côté l'adoration du Père dans les petites et grandes choses de nos vies et nous nous complaisons dans l'efficacité de nos programmes. Comme ce qu’a fait David lorsque, tenté par Satan, il se convainquit d’effectuer le recensement (cf. 1 Ch 21, 1). Ceux-ci sont les amoureux de plan, de l’itinéraire, non du chemin.

Dans ces deux derniers espaces d'idolâtrie cachée (pragmatisme des chiffres et fonctionnalisme), nous remplaçons l'espérance, qui est l'espace de la rencontre avec Dieu, par le résultat empirique. C'est une attitude de vaine gloire de la part du pasteur, une attitude qui désintègre l'union de son peuple avec Dieu et façonne une nouvelle idole basée sur les chiffres et les programmes : l'idole “mon pouvoir, notre pouvoir” [4], notre programme, nos chiffres, nos plans pastoraux. Cacher ces idoles (avec l'attitude de Rachel) et ne pas savoir les démasquer dans sa vie quotidienne nuit à la fidélité de notre alliance sacerdotale et attiédit notre relation personnelle avec le Seigneur. Mais que cherche cet évêque qui, au lieu de parler de Jésus, nous parle de ces idoles d’aujourd’hui ? Certains peuvent se dire cela…

Chers frères, Jésus est la voie unique pour ne pas nous tromper dans la connaissance de ce que nous ressentons, de ce à quoi notre cœur nous conduit... ; il est la voie unique pour bien discerner en nous confrontant à Lui, chaque jour, comme si aujourd'hui encore il s’asseyait dans notre église paroissiale et nous disait qu'aujourd'hui s'est accompli tout ce que nous avons entendu. Que Jésus-Christ, en étant un signe de contradiction – ce qui n'est pas toujours quelque chose de cruel ni de dur, puisque la miséricorde est un signe de contradiction et bien plus encore la tendresse – que Jésus-Christ, donc, fasse en sorte que ces idoles soient révélées, que leur présence, leurs racines et leurs rouages soient visibles, et que le Seigneur puisse ainsi les détruire, voilà la proposition : faire de la place pour que le Seigneur puisse détruire nos idoles cachées. Et nous devons nous en souvenir, être attentifs, afin que l’ivraie de ces idoles que nous avons su cacher dans les replis de notre cœur ne repoussent pas.

Et je voudrais conclure en demandant à saint Joseph, le père très chaste et sans idoles cachées, de nous libérer de toute soif de possession, car celle-ci, la soif de possession, est le terreau fertile dans lequel poussent ces idoles. Et qu'il nous obtienne aussi la grâce de ne pas baisser les bras dans la tâche ardue de discerner ces idoles que nous dissimulons ou qui se cachent si souvent. Et demandons aussi à saint Joseph que, là où nous doutons sur la manière de mieux faire, il intercède pour nous afin que l'Esprit éclaire notre jugement, comme il a éclaira le sien lorsqu'il a fut tenté de répudier Marie “en secret” ( lathra), de sorte que nous sachions, avec un cœur noble, subordonner à la charité ce que
nous avons appris par la loi [5].

 


[1] Parce que le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun. Le Seigneur a choisi certains pour « exercer officiellement la fonction sacerdotale pour les hommes au nom du Christ » (Conc. Œcum. Vat. II, Décret  Presbyterorum Ordinis, n. 2 ; cf. Constitution dogmatique  Lumen Gentium, n. 10). "Car les ministres qui sont dotés du pouvoir sacré servent leurs frères" ( Lumen Gentium, n. 18).

[2] Cf. Catéchèse de l’Audience générale, 1 er août 2018.

[3] Homélie de la messe à Sainte Marthe, 16 mai 2020.

[4] J. M. Bergoglio, Meditaciones para religiosos, Bilbao, Mensajero, 2014, 145.

[5] Cf Lett. ap. Patris corde, 4, note 18.

dimanche 10 avril 2022

Comme un âne...

Oui, comme cet animal qu’un dictionnaire biblique décrit ainsi ;

« L’âne de Palestine est très vigoureux, souffre peu de la chaleur, se nourrit de chardons ; la forme de ses sabots rend sa marche très sûre ; enfin son entretien est peu coûteux. Ses seuls défauts sont l’entêtement et la paresse. » 

J’avance comme l’âne de Jérusalem dont le Messie, un jour des Rameaux, fit une monture royale et pacifique. Je ne sais pas grand-chose mais je sais que je porte le Christ sur mon dos et j’en suis plus fier que d’être Basque. Je le porte, mais c’est lui qui me mène. Je sais qu’il me conduit vers son Royaume où je me prélasserai sans fin dans de verts pâturages.
J’avance à petits pas. Par des chemins escarpés, loin de ces autoroutes où la vitesse vous empêche de reconnaître monture et cavalier. Quand je bute contre une pierre, mon Maître doit être bien cahoté, mais il ne me reproche jamais rien. C’est merveilleux comme il est gentil et patient avec moi : il me laisse le temps de saluer la ravissante ânesse de Balaam, de rêver devant un champ de lavande, d’oublier même que je le porte.
J’avance, en silence. C’est fou comme on se comprend sans parler ; d’ailleurs, je n’entends pas trop quand il me souffle des mots à l’oreille. La seule parole de lui que j’ai comprise semblait être pour moi tout seul et je puis témoigner de sa vérité : « Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger » (Mt 11, 30).
C’est comme, foi d’animal, quand je portais allègrement sa mère vers Bethléem, un soir de Noël : « Elle pesait peu, n’étant occupée que de l’avenir en elle », c’est Jules Supervielle, le poète ami des ânes qui l’a dit.
J’avance dans la joie. Quand je veux chanter ses louanges, je fais un boucan de tous les diables,je chante faux. Lui, alors, il rit de bon cœur, d’un rire qui transforme les ornières en piste de danse et mes sabots en sandales de vent. Ces jours-là, je vous jure, on en fait du chemin ! J’avance, j’avance comme un âne qui porte le Christ sur son dos.

Cardinal Roger Etchegaray

Il y a des mystères...

 



samedi 9 avril 2022

lundi 4 avril 2022

Par Grâce...


"Certes, notre pauvre espèce ne vaut pas cher, mais l’enfance émeut toujours ses entrailles, l’ignorance des petits lui fait baisser les yeux – ses yeux qui savent le bien et le mal, ses yeux qui ont vu tant de choses ! Mais ce n’est que l’ignorance après tout. La Vierge était l’Innocence. Rends-toi compte de ce que nous sommes pour elle, nous autres, la race humaine ? Oh ! naturellement, elle déteste le péché, mais enfin, elle n’a de lui nulle expérience, cette expérience qui n’a pas manqué aux plus grands saints, au saint d’Assise lui-même, tout séraphique qu’il est. Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et notre malheur. Oui, mon petit, pour la bien prier, il faut sentir sur soi ce regard qui n’est pas tout à fait celui de l’indulgence – car l’indulgence ne va pas sans quelque expérience amère – mais de la tendre compassion, de la surprise douloureuse, d’on ne sait quel sentiment encore, inconcevable, inexprimable, qui la fait plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue, et bien que Mère par la grâce, Mère des grâces, la cadette du genre humain."
Georges Bernanos

in Journal d'un curé de campagne

vendredi 25 mars 2022

Annonciation

 Ivanka Demchuk, née en 1990 à Lviv

lundi 21 mars 2022

Et toc !

Durant un débat animé, Lady Astor lance à Winston Churchill :
- Si j’étais votre femme, je mettrais du poison dans votre thé.
- Si j’étais votre mari, je le boirais.


Charité...

"On vous a dit, n'est-ce pas ? que mes violences écrites offensaient la charité. Je n'ai qu'un mot à répondre à votre théologien. C'est que la Justice et la Miséricorde sont identiques et consubstantielles dans leur absolu. Voilà ce que ne veulent entendre ni les sentimentaux ni les fanatiques.  


Une doctrine qui propose l'Amour de Dieu pour fin suprême, a surtout besoin d'être virile, sous peine de sanctionner toutes les illusions de l'amour-propre ou de l'amour charnel. Il est trop facile d'émasculer les âmes en ne leur enseignant que le précepte de chérir ses frères, au mépris de tous les autres préceptes qu'on leur cacherait. On obtient, de la sorte, une religion mollasse et poisseuse, plus redoutable par ses effets que le nihilisme même."
Léon Bloy - Le Désespéré

lundi 28 février 2022

Panoramique...

 

Sous le soleil, panorama de lecture...

vendredi 25 février 2022

Serein...

                           

Dans la paix du soir, un fugace passage...

vendredi 31 décembre 2021

vendredi 24 décembre 2021

jeudi 9 décembre 2021

Désinformation...

Re-re-voilà une désinformation sur le pape publiée une fois de plus par le même journal : celui qui annonçait il y a onze ans l’accueil triomphal des lefebvristes dans l’Eglise alors que Benoît XVI allait leur refermer la porte en raison de leur idéologie… Le même journal, en 2015, prétendait que François dans un avion avait accusé les familles nombreuses de se reproduire comme des lapins : en fait le pape avait dit son estime pour les familles nombreuses, tout en recommandant (comme l’Eglise l’a toujours fait) de n’avoir beaucoup d’enfants que dans la mesure où on a les moyens de les élever… En 2018, le même journal encore soutenait la tentative de putsch de Vigano contre le pape François, avant que ce coup monté par les trumpistes américains ne soit démasqué publiquement…


Et re-revoilà ce journal, en 2021, qui triture les propos du pape dans l’avion de retour de son voyage en Grèce, en prétendant que François a accusé l’archevêque de Paris d’immoralité dans des termes très déplacés. Alors j’invite tous les auditeurs à regarder sur KTO la vidéo de cet entretien du pape dans l’avion. Ils constateront que François, selon sa méthode habituelle avec la presse, répond aux questions sur Mgr Aupetit en posant lui-même des questions : que savez-vous de cette affaire, vous les journalistes ? apparemment rien ? alors raisonnons ensemble, leur dit-il en gros… Et le pape énonce des hypothèses, pas à pas : confrontant les “commérages” (comme il dit) aux faits tels qu’on les connaît, il réduit cette affaire médiatique à sa dimension réelle. Alors, dit-il, pourquoi Mgr Aupetit a-t-il quitté ses fonctions ? Parce que la rumeur orchestrée contre lui l’empêchait de gouverner son diocèse, et que dans ces conditions mieux valait démissionner : raison pour laquelle le pape a accepté cette démission. Et François conclut, non pas contre Mgr Aupetit, mais contre la société de la rumeur, dans laquelle nous sommes depuis plusieurs dizaines d’années.
Voilà ce qui s’est dit dans l’avion. Voilà pourquoi on peut s’indigner d’un article qui fait dire au pape le contraire de ce qu’il a dit. Et voilà pourquoi on ne peut pas continuer à admettre qu’un courant d’opinion, plus proche des méthodes Trump que du service chrétien de la vérité, utilise les avalanches médiatiques pour tenter de renverser le pape. Ou pour se venger d’un archevêque…
Prions pour le pape François et pour Mgr Aupetit.
Patrice de Plunkett

Avancer...




"L'art de s'avancer et de parvenir, c'est l'art d'offrir sa main à qui l'on voudrait donner son pied."
Duc Louis de Saint Simon

samedi 2 octobre 2021

mercredi 29 septembre 2021

Belmondo

Avec un brin de retard, voici l'homélie de Mgr Philippe Marsset, évêque auxiliaire de Paris, aux obsèques de Jean Paul Belmondo. Elle serait à comparer à celle d'un film "Itinéraire d'un enfant gâté" où le héros (joué par Belmondo) se fait passer pour mort. C'est son ami prêtre (joué par Pierre Vernier) qui prononce l'homélie des obsèques... 

« Si le grain de blé meurt, il porte beaucoup de fruits…. » Avec Paul son fils, nous avons choisi cette page d’Évangile pour vivre avec vous son enterrement, sous le regard de la Parole de Dieu. Nous avons d’abord pensé évidemment à tous ces fruits que révèlent les hommages de la France et de tous les artistes. Lui, l’homme à la gaité communicative, à la joie généreuse, à l’empathie ruisselante… Le comédien qu’il était, vivait dans sa vie ordinaire ce qu’il savait donner aux autres : la joie, la générosité, l’humour. Dans « itinéraire d’un enfant gâté », il nous dévoilait peut-être quelque chose de lui quand il disait à Richard Anconina : « ce qui intéresse les personnes, c’est que tu leur parles d’eux, pas de toi » ! Et nous savons tous comment il a su insuffler à ses personnages sa sympathie, sa bonne humeur, son charme d’homme heureux. 

Ainsi quand il a tourné « Léon Morin, prêtre » François Mauriac avait écrit dans le Figaro littéraire : « La grâce s’imite donc, me disais-je. Qu’un bon acteur comme Belmondo puisse devenir n’importe quelle créature, entrer dans toutes les peaux, je le savais. Mais ici, dans ce rôle-là il fallait devenir ce saint qui ne sait pas qu’il est saint et qu’il fût en même temps ce garçon aimé d’une jeune femme et qui sait qu’il est aimé ».
Il y avait en lui, une vraie unité de vie qui a contribué à le faire aimer. Il était aimé des gens parce qu’il aimait les gens, on l’a souvent dit et redit !

Mais cette page d’Évangile nous parle d’abord d’une autre mort symbolisée par ce grain de blé tombé en terre. C’est la manière pour Jésus-Christ de parler de sa mort et de notre mort, de sa vie et de notre vie. Oui, on ne meurt pas pour rien. La mort fait partie de notre vie. Elle n’en est pas le terme, elle est notre naissance dans le mystère de Dieu. C’est le sens de ce geste d’eau bénite que je verserai à nouveau sur son corps, comme il y a 88 ans, un autre prêtre l’a fait, le jour de son baptême.
Nous sommes tous sortis, un jour, du ventre de notre mère. Et ce jour-là, on a découvert ce qu’était une maison, un arbre, un petit frère, un chien… tout ce qu’on ne peut pas imaginer dans le sein de sa mère. On a aussi découvert notre père, notre mère, nos amis.

De la même manière, au jour de notre mort, nous sortons du ventre de notre terre et nous naissons à une réalité inimaginable. Avec au centre de tout : notre Père qui est aux Cieux. Et son Fils, grain de blé semé pour poser en nous la vie divine. Et nous découvrons notre famille humaine dans son intégralité. Jean-Paul Belmondo était baptisé, pas franchement pratiquant dans le domaine liturgique, mais il a gardé dans sa belle humanité des traces indélébiles de sa ressemblance filiale d’avec Dieu.

Dans une interview, Il disait qu’il ne craignait pas la mort : « elle est inéluctable » disait-il « et il y a longtemps que je me suis fait une raison ». Aujourd’hui, l’homme de brio rencontre le Fils du Très-Haut. Le « bien-aimé des hommes » Jean-Paul Belmondo, découvre le Bien Aimé du Père, celui que le Père des Cieux appelle son « Fils Bien Aimé : Jésus ». Le grain de blé était volontairement tombé en terre pour que nos propres vies humaines ne se terminent pas par un saut dans le vide, mais soient absorbés dans sa vie divine. Et ce sera pour lui, comme pour nous à notre heure, une divine surprise.

Dans les rares paroles qu’il a livré sur sa vie de baptisé, Jean-Paul Belmondo parlait plus d’une deuxième vie qui prolongerait, mais en mieux, les amours et les amitiés de la terre. Il avait dit qu’il retrouverait autour d’une bonne table Lino, Gabin, Audiard et tous ces autres compères. Ses parents aussi, sa fille Patricia… Sa surprise aujourd’hui c’est de découvrir que la mort n’est pas une heureuse (ou douloureuse) prolongation de la vie terrestre mais une totale transformation. Quand on est mort, on est mort. Et c’est pour la vie ! On ne se survit pas à soi-même ! S’il y a une autre vie, elle ne peut pas venir de nous. Elle vient forcément de Dieu. Et ni Dieu, ni l’éternité ne sont comme nous l’imaginons. Heureusement !

Du coup, la mort a bien deux visages. Celui d’une souffrance, pour nous qui restons sur la terre. Et une souffrance proportionnée au bien que cet homme, peu ordinaire et pourtant ordinaire a fait, une souffrance proportionnée à l’amour que chacun avait pour lui. Ce visage de la mort est peiné, même s’il est admiratif et louangeur parce qu’il est une séparation : Jean-Paul Belmondo est mort.

L’autre visage de la mort, c’est celui du mort qui découvre cet instant « D », l’instant DIEU non comme un flop, mais comme une rencontre. La mort, c’est être libéré du temps « chronos » du temps-souffrance, du temps vieillissement et entrer dans le temps « kairos », le temps de Dieu, le temps de l’Amour, le temps de l’accomplissement de notre vie devant notre Créateur et notre Sauveur

Pour nous, pour vous, sa famille charnelle et sa famille de cœur, la mort est encore un point d’interrogation. Mais en présence de Dieu, elle est un point d’exclamation ! Qui mourra, verra. La mort est un passage de l’amour en humanité à l’Amour en éternité, ce lieu où les vrais amours trouvent toute leur place dans le cœur de Dieu

« Seigneur, je ne te demande pas pourquoi tu nous as enlevé Jean-Paul Belmondo, je te remercie de nous l’avoir donné »

mardi 7 septembre 2021

Toc toc Badaboum !

L'as des as, le Magnifique, Peur sur la ville, l'héritier, le professionnel... Autant de visages, autant de rôles de cascades en coups de poings, de pirouettes en gravités retenues.

Impossible de me rappeler lequel j'ai vu en premier, mais à chaque fois détente assurée !



Salut l'artiste !

La vie profonde

Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage,
La sève universelle affluer dans ses mains !


Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l'espace !


Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre.
- S'élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.


Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau,
Et comme l'aube claire appuyée au coteau
Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...

Anna de Noailles