Affichage des articles dont le libellé est Dom Robert. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dom Robert. Afficher tous les articles

mercredi 18 juillet 2007

Le portrait d'un oiseau. Dom Robert (suite...)


"Peindre d'abord une cage avec une porte ouverte,
Peindre ensuite quelque chose de joli, de simple et de beau,
Placer ensuite la toile contre un arbre ou dans un jardin.

Se cacher derrière l'arbre, silencieusement sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite, ou bien des années après,
Ne pas se décourager : attendre.

Si l'oiseau arrive, attendre que l'oiseau pénètre dans sa cage,
fermer alors tout doucement la porte avec le pinceau,
Puis effacer un à un tous les barreaux... Peindre ensuite le
vert feuillage, la fraîcheur du vent, la poussière du soleil,
le bruit des bêtes, de l'herbe dans la chaleur de l'été.

Si l'oiseau chante c'est bon signe, vous pouvez alors signer le
tableau en arrachant tout doucement une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau."

Jacques Prévert
(Paroles - Lettres à Elsa Henriquez)

mardi 17 juillet 2007

A Dieu par les canards...


Il le dit lui même Dom Robert : "Il y en a d'autres qui font différemment, des icônes, des sculptures, d'autres choses, moi pas du tout, je fais... un canard par exemple, et le canard est le chemin qui peut nous conduire, véritable prière, vers une contemplation, une louange."
Plonger ses yeux au coeur des tapisseries de ce moine est un voyage dont on revient chargé de couleurs dansantes, de végétations luxuriantes, de chevaux malins, de coqs aux regards étonnés sous une touffe de plumes ébouriffées. Et les canards ! Sous l'oeil vert et perçant d'un chat un peu filou, ils semblent donner du relief au temps, à la lumière.
Une belle basse cour pour un long chemin...
Au fur et à mesure que la contemplation s'approfondit, le spectateur (mais est-il seulement spectateur ?) discerne des choses derrière les choses, une réalité derrière la réalité. Oiseaux, chevaux et chats introduisent à un autre émerveillement. Les tapisseries de Dom Robert sont claires : elles laissent passer la lumière comme un vitrail et nous introduisent dans cette lumière.
"Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle." Jn 1, 9-10.
Il est bien là le miracle de l'art, nous faire entrevoir l'invisible à partir de ce que nous pouvons appréhender, à partir de ce qui est le plus ordinaire - quoi de plus ordinaire qu'un canard ? Par ses tapisseries, Dom Robert rejoint les spirituels qui au coeur de leur existence ont eu avec le Christ une proximité telle qu'ils avaient "les yeux dans les siens, la pensée hantée par lui, l'âme pleine de son âme, pleine de sa prière..." Non contents de faire cette expérience, ils nous la proposent comme un cadeau sans prix.
Bonne contemplation !



NB : Exposition Dom Robert au musée départemental d'Aubusson (Creuse) jusqu'à fin décembre 2007.