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lundi 25 août 2008

Potron minet...

En allant de bon matin accompagner un confrère en gare de La Rochelle, j'ai fait une pause sur le port en face des deux tours.
La lumière était douce, l'eau lisse comme un miroir, à peine troublée par une mouette en recherche de petit déjeuner.
Pas un bruit, le silence.
Tout était immobile. Les mâts des bateaux se reflétaient dans l'eau, composant une éphémère aquarelle.
Animant le tableau, un goéland vint se poser sur un poteau où il était inscrit : "Invitation au départ".
Je ne sais trop de quelle nature est ce départ auquel j'étais invité.
Quoi qu'il en soit, je me suis dit qu'à chaque fois que l'on redit oui à ce qui nous constitue dans la fidélité, le départ est nouveau, sans cesse inédit.
Cela vaut pour les attitudes, pour les relations, pour la vocation.
J'embarque !
Avec joie !

Belle journée !

vendredi 27 juin 2008

Happy Birthday !

C'est la saison !
Hier c'était mon anniversaire (d'ordination) ! Cela fait déjà 14 ans accomplis. A la fois rien et beaucoup.
Comme pour beaucoup de mes confrères, j'ai été ordonné le plus près de la date de la solennité de la St Pierre St Paul, ces deux colonnes de l'Eglise comme on aime à les nommer.
Après ces années, j'ai le sentiment profond que la grâce reçue est encore aussi fraîche qu'une source de montagne à laquelle on aime venir se désaltérer et pourquoi pas se baigner lorsque la chaleur se fait trop pesante.
J'aime à reformuler cette confiance ("prions avec beaucoup de confiance" aimait à dire un confrère en introduisant le Notre Père), à la réactiver sans cesse et quoi qu'il arrive. Ce oui prononcé il y a 14 ans, et reformulé chaque jour, continue de me porter loin et haut. "Si vous êtes fidèles au Christ, la fidélité du Christ vous porte".
Parmi ces visages croisés durant ces quatorze années, quelques uns se sont plus fortement imprimés. Ils m'ont parlé du Christ mieux que je ne pourrai le faire, ils m'ont dit Dieu, il ont été signe de cet Amour qui ne cesse de me convoquer à prendre la route, à prendre la parole, à donner la Parole, à ne pas me dérober à mes frères. Des visages, des situations, des paroles : tout cela a eu une résonance profonde, et pas seulement dans ma petite vie.
St Cyrille d'Alexandrie - dont l'Eglise célèbre la mémoire ce jour - écrivait ceci : "Jésus Christ est un, et toutefois il est décrit comme une gerbe abondante, ce qu'il est vraiment, parce qu'il contient en lui tous les fidèles dans une union spirituelle. Autrement, comment Paul pourrait il dire que "avec lui il nous a aussi ressuscités et nous a fait asseoir dans les cieux ?" Puisqu'il s'est fait l'un de nous, nous sommes devenus incorporés avec lui et nous avons reçu de lui être unis selon le corps. C'est pourquoi nous disons que tous, nous ne sommes plus qu'une seule chose avec lui. Lui même n'a-t-il pas dit à son Père : "Comme toi Père, tu es en moi et moi en toi, qu'ils soient eux aussi en nous une seule chose ? Celui qui adhère au Christ est un seul Esprit avec lui."
On ne saurait mieux dire...
Je vous laisse avec cette citation d'Irénée de Lyon, un autre Père de l'Eglise, un autre combattant de la foi : "Vous êtes manifestement une lettre du Christ écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant". St Irénée de Lyon in Adversus Aereses.
Cette lettre s'écrit en nous depuis le jour de notre baptême, elle est loin d'être finie, il y a encore de nombreuses pages à écrire...

Belle journée !

samedi 31 mai 2008

Semper Fidelis... 2

Alors que je m'accordais une petite pause café (what else ?) en milieu de matinée, je tend l'oreille vers la radio où un chef d'entreprise était interrogé.
Ledit capitaine d'industrie se livre à un raisonnement qui me stoppe net dans la dégustation d'un "Arpeggio Lungo" : En moyenne, un mariage dure sept ans et les gens restent en moyenne aussi 12 ans dans la même entreprise. Donc, on peut dire qu'on est plus fidèle à son entreprise qu'à son époux ou son épouse.
Et de poursuivre (il était si bien lancé !) : il faut donc se demander comment fidéliser des gens qui sont par essence infidèles.
Et toc. Quod erat demonstratendum.
Comme dirait quelqu'un que je connais, il vaut mieux entendre ça que d'être sourd (quoique...).
Quelqu'un s'exclamait devant le Général de Gaulle : "Mort aux c... !" Ce à quoi le Général répondit : "Vaste programme !"
Faut il entendre que nous devons nous comporter envers l'amour comme nous nous comporterions à l'égard d'un bien possédé dont nous craindrions la dévalorisation ? Saint Augustin indiquait jadis que les biens du mariages résident dans la fidélité, l'enfantement (sous toutes ses formes) et le sacrement. Situé dans le temps, le mariage se déploie dans l'histoire, la fidélité qui s'y inscrit a besoin d'une vie pour s'enraciner, se fortifier et porter du fruit. Ce n'est pas un contrat à terme plus ou mois long mais un engagement, un pari sur une aventure. Se vouloir fidèle, c'est traverser la brume des jours sans dans la certitude qu'une histoire se tisse, et non pas seulement une accumulation d'instant séparés les uns des autres. Etre fidèle, c'est reconnaître en l'autre un horizon infini, sans frontière, ouvert à tous les possibles. C'est inviter le Christ à venir habiter notre faiblesse de sa propre fidélité, c'est accueillir l'appel qu'il adresse à chacun pour construire sur du roc et non sur un sol mouvant.
Dans quelques heures, je célèbre un mariage à Isle et comme toujours, c'est une joie, c'est l'avenir qui se dessine. Je ne parlerai pas à ce couple de ce chef d'entreprise englué dans ses perspectives de rentabilité (j'aurai l'air malin de dire qu'un mariage doit être rentable !). Il me faudra leur parler du présent au coeur duquel s'enracine leur projet, de leur amour où ils invitent le Christ à faire fructifier ce qui a déjà été semé.
Belle journée !

lundi 10 septembre 2007

Semper Fidelis...

Afin de bien commencer la semaine, voici quelques phrases tirées de "La Nuit Privée d'étoiles", ouvrage de Thomas Merton lu cet été.
Elles ne sont pas qu'adressées à un moine mais à chacun d'entre nous :
« Qui sait combien d’âmes comptent sur votre persévérance à votre vocation ?
Dieu a peut - être voulu que de nombreuses âmes, dans le monde, soient sauvées grâce à votre fidélité. Pensez à elles, si vous êtes tentés de partir, ce qui arrivera sans doute.
Souvenez vous de toutes ces âmes ; vous en connaissez quelques unes ; les autres, vous ne les connaîtrez peut être jamais, avant de les rencontrer au ciel.
D’ailleurs, vous n’êtes pas entré ici seul… »

Belle journée à tous !