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lundi 28 décembre 2009

Vouloir son vrai bien...

"Aimer quelqu'un, c'est vouloir son vrai bien. Un tel amour est fondé sur la vérité. L'amour qui ne distingue pas entre le bien et le mal mais aime aveuglément, pour aimer, est de la haine plutôt que de l'amour.
L'amour aveugle est un amour égoïste, parce que son but n'est pas l'avantage de l'aimé, mais le plaisir d'aimer. Il prétend, cependant, chercher le bien de l'aimé. Mais comme il ne se soucie guère de la vérité et est très sûr de lui, c'est un amour égoïste. Il ne cherche pas le véritable bonheur de l'aimé, ni même le sien propre. Il ne s'intéresse pas à la vérité, mais à lui seul. Il se déclare satisfait d'un bien apparent : l'exercice de l'amour pour l'amour, sans considération de ses effets bons ou mauvais."

Thomas Merton, Nul n'est un île,
Editions du Seuil 1956, p 20.

jeudi 19 novembre 2009

Aimer fait pousser la vie

"L'amour devient une force transformante d'une intensité quasi mystique. Il dote ceux qui aiment de qualités et de capacités telles qu'ils n'avaient jamais pensé pouvoir les posséder. D'où viennent ces aptitudes ? De l'accroissement de la vie même, approfondie, intensifiée, exaltée et spiritualisée par l'amour. Aimer n'est pas simplement une façon particulière de vivre, c'est la perfection de la vie. Celui qui aime vit davantage, il est davantage lui-même qu'avant d'aimer."
Thomas Merton

mardi 1 juillet 2008

Chroniques de la mouette chauve 12

Aujourd’hui l’air est si dense d’humidité que même les grenouilles transpirent.
Naturalisée !
Voilà ce qu'elle est aujourd'hui notre mouette perchée !
Il ne faut pas oublier ici la plurisémie (je l'avoue, je viens de faire mon malin, il eût été préférable de dire : plusieurs sens) de certains mots.
Naturalisé peut vouloir dire : Accorder une nationalité à un étranger. (genre : t'as tes papiers ? Oui monsieur l'agent, depuis peu, je viens d'être naturalisé)
ou alors : Empaillé (genre : quel magnifique archéoptéryx ! Est-il vivant ? Non ma chère, il est empaillé !)
Si nous considérons le premier cas, force est bien de constater qu’il est réduit, peut employé – ou alors avec moult précautions – et très facilement convertible en billet simple pour l’Afrique (pays de votre choix) sur grandes lignes.
Le second cas paraît moins aléatoire quoiqu’irrémédiable. Il provoque l’immobilisme permanent – et définitif. Par contre il est une aide précieuse pour camper une attitude digne en toutes circonstances. Exemple : « ce sénateur est digne à tout moment, on dirait qu’il est empaillé ».
Alors que choisir ? Comme notre mouette, nous aspirons tous à être de quelque part, à être naturalisé dans un groupe, une communauté, un pays. Nous cherchons une reconnaissance claire, libre et franche. Notre vie a besoin du regard des autres pour trouver son relief.
Et puis d’un autre côté, nous aspirons à la tranquillité, à l’immobilisme le plus parfait. Comme c’est beau lorsque rien ne bouge ! Empaillé va !
Et si nous avions au seuil de l’été un peu de goût pour ce qui n’est pas fait d’avance, pour ce qui n’est pas coulé dans le béton, pour ce qui vit et respire, bref pour ce qui est en mouvement, ce qui bouge et évolue.
Et cela ne sert à rien de sautiller bêtement sur notre rocher, ou à singer la moule de bouchot en pleine action, dans un cas comme dans l’autre, c’est perdu d’avance.
Inutile aussi d’être aussi sombre qu’un caméléon tombé sur une soutane, la noirceur d’humeur comme d’âme n’a jamais fait rien progresser.
Et hop, c’est là qu’intervient tel Zorro à l’appel du fidèle Bernardo, la bonne citation (celle qui « va bien » selon la terminologie militaire bien connue), elle va aider à trouver une place juste (si on la met en pratique of course !), à nous situer de manière responsable. La voici « sous vos applaudissements » :
« C’est dans une solitude profonde que je trouve la patiente douceur qui doit marquer l’amour que je porte à mes frères. Plus je suis seul, plus j’ai d’affection pour eux. La solitude et le silence m’enseignent à aimer mes frères pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils disent. Il n’est plus question de leur faire l’insulte d’accepter leur fictions, de croire à l’image d’eux mêmes que leur faiblesse les oblige à composer, dans leurs tristes efforts d’extériorisation. Il est cependant vrai qu’il demeurera toujours un rapport entre les paroles et l’être profond d’un homme. » Thomas Merton in « Le signe de Jonas ».
Dont acte !

samedi 26 janvier 2008

Depuis ma fenêtre...


Par la fenêtre de mon bureau, je peux contempler tout en travaillant le clocher de l'église d'Isle. Il est ce soir baigné par une superbe lumière d'hiver. Alors que des tas de choses s'accumulent sur ma table de travail, cet instant de contemplation m'apaise.

"Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie, Dieu seul suffit" disait Ste Thérèse de Jésus (d'Avila).

Le temps passe, vite. Trop parfois, à d'autres moments pas assez.
Qu'importe. Une seule chose compte : de quoi l'habitons nous ce temps et avec qui choisissons nous de le passer ?

"Ce fut un moment de crise, d'interrogation,d'examen approfondi, mais de joie. Je concentrai mes pensées sur la grâce qui avait été soudain implantée dans mon âme, essayant d'adapter les faibles yeux de mon esprit à sa lumière inaccoutumée, tandis que ma vie entière restait suspendue au bord d'un abîme ; mais cette fois, c'était un abîme d'amour et de paix ; l'abîme était Dieu".
Thomas Merton in La Nuit privée d'étoile.
Belle journée !

mardi 30 octobre 2007

Les joies du week end

Je me souviens de cette phrase de Thomas Merton : "J'ai appris par expérience que ce qu'on attend arrive toujours de façon imprévue..." (in La nuit privée d'étoiles")
Il a bien raison le cher homme ! S'il en fallait une illustration supplémentaire, j'évoquerai bien un week end plein de soleil dans les Monts d'Ambazac. Rien que des choses simples pourtant, rien d'exceptionnel : une belle ballade en groupe, un feu dans la cheminée et tout ce que cela entraîne comme convialité de conversations, une eucharistie dans une petite église en fin d'après midi et à la lumière de deux cierges (les plombs avaient sauté !), une veillée détendue, des mots échangés, des silences aussi. La beauté de la nature et celle des autres.
Sans doute inconsciemment, j'attendais tout cela. Simplement, là aussi. Une veille de chaque jour.
Au milieu des discussions sans fin et tellement creuses qu'on y entendrait l'écho des mots prononcés, ces moments privilégiés furent une vraie cure de jouvence (je commence à me faire bien vieux !). Du coup, l'abbé sourit. Etre prêtre tout simplement, "comme un frère parmi ses frères". Voilà le cadeau du week end. Sans papier brillant ni ruban coloré, mais cadeau quand même !
Parler du Christ et en entendre parler. Vivre du Christ et en voir vivre. Partager cela en marchant...
Quand repartons nous ?
"Je sais que le Christ est mon unique Sauveur" comme dit un autre spirituel qui s'ignore...
Belle journée !

lundi 10 septembre 2007

Semper Fidelis...

Afin de bien commencer la semaine, voici quelques phrases tirées de "La Nuit Privée d'étoiles", ouvrage de Thomas Merton lu cet été.
Elles ne sont pas qu'adressées à un moine mais à chacun d'entre nous :
« Qui sait combien d’âmes comptent sur votre persévérance à votre vocation ?
Dieu a peut - être voulu que de nombreuses âmes, dans le monde, soient sauvées grâce à votre fidélité. Pensez à elles, si vous êtes tentés de partir, ce qui arrivera sans doute.
Souvenez vous de toutes ces âmes ; vous en connaissez quelques unes ; les autres, vous ne les connaîtrez peut être jamais, avant de les rencontrer au ciel.
D’ailleurs, vous n’êtes pas entré ici seul… »

Belle journée à tous !