Affichage des articles dont le libellé est St François d'Assise. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est St François d'Assise. Afficher tous les articles

mercredi 4 octobre 2017

Poverello


Etre pauvre pour être frère...
Avoir les mains libres...
Pour une oeuvre de réconciliation

vendredi 8 janvier 2016

Etre frère universel...

François avait repris ses méditations solitaires. Dans les petits sentiers sous les pins, la lumière vive du printemps s’atténuait et se faisait extrêmement douce. Il aimait venir s’y recueillir et prier. Il ne disait rien ou presque. Sa prière n’était point faite de formules. Il écoutait surtout. Il se contentait d’être là et de prêter attention. On eût dit qu’il faisait le guet, comme un chasseur. Il vivait ainsi de longues heures d’attente, attentif au moindre mouvement des êtres et des choses qui l’entouraient, prêt à découvrir le signe d’une présence. 
Le chant d’un oiseau, le bruissement des feuilles, les acrobaties d’un écureuil et jusqu’à la lente et silencieuse poussée de la vie, tout cela ne parlait—il pas un langage mystérieux et divin ? Il fallait savoir écouter et comprendre, sans rien rejeter, sans rien troubler, humblement et dans le plus grand respect, en faisant silence en soi-même. A travers les pins, le vent soufflait doucement. Il fredonnait une belle chanson. Et François écoutait le vent lui parler. Le vent était devenu son grand ami. N’était-il pas, lui aussi, pèlerin et étranger en ce monde, sans toit, toujours errant et s’effaçant ?
Pauvre entre les pauvres, il portait dans son dénuement les riches semences de la création. Il ne gardait rien pour lui. Il semait et il passait. Sans s’inquiéter où cela pouvait tomber, sans rien savoir du fruit de son travail. Il se contentait de semer et il le faisait avec prodigalité. Attaché à rien, il était libre comme l’espace immense. Il soufflait où il voulait, à l’image de l’Esprit du Seigneur, comme il est dit dans l’Écriture. Et tandis que François écoutait la chanson du vent, il sentait grandir en lui le désir d’avoir part à l’Esprit du Seigneur et à sa sainte activité. Et ce désir, au fur et à mesure qu’il l’envahissait, le remplissait d’une paix immense. Toutes les aspirations de son âme s'apaisaient en passant dans ce suprême désir.
Eloi Leclerc
in "Sagesse d'un pauvre".

jeudi 4 octobre 2012

Qu'est-ce que la joie parfaite ?

François décrit pour frère Léon ce qu'est "la joie parfaite".
Comme Saint François allait une fois de Pérouse à Sainte-Marie des Anges avec frère Léon, au temps d'hiver et que le froid très vif le faisait beaucoup souffrir, il appelle frère Léon qui marchait un peu en avant et parla ainsi : " O frère Léon, alors même que les frères Mineurs donneraient en tout pays, un grand exemple de sainteté et de bonne édification, néanmoins, écris et note avec soin que là n'est pas la joie parfaite." 
Et Saint François allant plus loin l'appela une seconde fois : "O frère Léon, quand même le frère Mineur ferait les aveugles voir, redresserait les contrefaits, chasserait les démons, rendrait l'ouïe aux sourds, le marcher aux boîteux, la parole aux muets et, ce qui est plus grand miracle, ressusciterait des morts de quatre jours, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite." 
Marchant encore un peu Saint François s'écria d'une voix forte : "O frère Léon, si le frère Mineur savait toutes les langues et toutes les sciences et toutes les Ecritures, en sorte qu'il saurait prophétiser et révéler non seulement les choses futures mais même les secrets des consciences et des âmes, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite". Allant un peu plus loin, Saint François appela encore d'une voix forte : "O frère Léon, petite brebis de Dieu, quand bien même le frère Mineur parlerait la langue des Anges et saurait le cours des astres et les vertus des herbes, et que lui seraient révélés tous les trésors de la terre, et qu'il connaîtrait les vertus des oiseaux et des poissons, de tous les animaux et des hommes, des arbres et des pierres, des racines et des eaux, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite." 
Et faisant encore un peu de chemin, Saint François appela d'une voix forte : "O frère Léon quand même le frère Mineur saurait si bien prêcher qu'il convertirait tous les fidèles à la foi du Christ, écris qu'en cela n'est point la joie parfaite." Et comme de tels propos avaient bien duré pendant deux milles, frère Léon fort étonné l'interrogea et dit : "Père, je te prie de la part de Dieu, de me dire où est la joie parfaite". Et Saint François lui répondit : " Quand nous arriverons à Sainte Marie des Anges, ainsi trempés par la pluie et glacés par le froid, souillés de boue et tourmentés par la faim, et que nous frapperons à la porte du couvent, et que le portier viendra en colère et dira : "Qui êtes-vous ?", et que nous lui répondrons : "Nous sommes deux de vos frères", et qu'il dira : "Vous ne dites pas vrai, vous êtes même deux ribauds qui allez trompant le monde et volant les aumônes des pauvres dehors dans la neige et la pluie, avec le froid et la faim, jusqu'à la nuit", alors si nous supportons avec patience, sans trouble, sans murmurer contre lui, tant d'injures et tant de cruauté et tant de rebuffades, et si nous pensons avec humilité et charité que ce portier nous connaît véritablement et que Dieu le fait parler contre nous, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite. Et si nous persistons à frapper, et qu'il sorte en colère et qu'il nous chasse comme des vauriens importuns, avec force vilenies et soufflets en disant : "Allez-vous en d'ici, misérables petits voleurs, allez à l'hôpital, car ici vous ne mangerez ni ne logerez", si nous supportons tout cela avec patience, avec allégresse, dans un bon esprit de charité, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite. Et si nous, contraints pourtant par la faim, et par le froid, et par la nuit, nous frappons encore et appelons et le supplions pour l'amour de Dieu avec de grands gémissements de nous ouvrir et de nous faire cependant entrer, et qu'il dise, plus irrité encore : "Ceux-ci sont des vauriens importuns, et je vais les payer comme ils le méritent", et s'il sort avec un bâton noueux, et qu'il nous saisisse par le capuchon, et nous jette à terre, et nous roule dans la neige et nous frappe de tous les noeuds de ce bâton, si tout cela nous le supportons patiemment et avec allégresse, en pensant aux souffrances du Christ béni, que nous devons supporter pour son amour, ô frère Léon, écris que cela est la joie parfaite. Et enfin, écoute la conclusion, frère Léon : au dessus de toutes les grâces et dons de l'Esprit Saint que le Christ accorde à ses amis, il y a celui de se vaincre soi-même, et de supporter volontiers pour l'amour du Christ, les peines, les injures, les opprobres et les incommodités : car de tous les autres dons de Dieu nous ne pouvons nous glorifier puisqu'ils ne viennent pas de nous, mais de Dieu, selon ce que dit l'Apôtre : "Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu de Dieu ? Et si tu ne l'as reçu de lui, pourquoi t'en glorifies-tu comme si tu l'avais de toi-même ?" Mais dans la croix de la tribulation et de l'affliction, nous pouvons nous glorifier parce que cela est à nous, c'est pourquoi l'Apôtre dit : "Je ne veux point me glorifier si ce n'est dans la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ". A qui soit toujours honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen." 
St François d'Assise

mardi 4 octobre 2011

Fête de St François...

Quelques notes sur le Cantique des Créatures...
« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour Messire, frère soleil...pour sœur lune et les étoiles...pour frère vent , pour l’air et les nuages et le ciel pur et tous les temps...pour sœur eau ...pour frère feu,...pour notre mère la terre »
Cette fraternité n’a rien d’une fantaisie sentimentale. C’est une fraternité qui provient de la conscience qu’à François, d’être avec toutes les créatures, créé par Dieu et sauvé par Lui. Il les voit, comme lui-même, sanctifiés par le Fils dans l’Esprit Saint, il les voit promises à la gloire éternelle.
C’est dans l’Écriture qu’Il a puisé cette conviction.
En vérité, ce chant ne se laisse pas séparer de l’expérience dont il a jailli et dont il est l’aboutissement. Il est le chant d’un homme qui, toute sa vie, a travaillé, lutté, souffert pour qu’advienne un peu plus de fraternité entre les hommes et qu’apparaisse enfin, dans la société de son temps, l’humanité de Dieu. On était alors en plein âge d’or des marchands. Pour les hommes de cette époque, cela signifiait essor et prospérité des villes, affranchissement des communes et des rapports sociaux plus libres. Mais cela n’avait pas tardé à signifier également domination des villes par l’argent, exploitation des plus démunis par les plus riches, exclusion de certaines catégories, luttes et haines. C’est face à ce monde mercantile que s’élève le chant de François.

Le Cantique des créatures n’est pas seulement l’expression d’une fraternité avec toutes les créatures, il est aussi, une hymne de conversion. Personne ne voit naturellement dans le soleil, le vent ou le feu : un frère ; dans la lune, l’eau ou la terre : une sœur ou une mère. Il faut pour cela, avoir fait soi même l’expérience de renoncer à maîtriser le monde pour enfin s’efforcer de l’habiter.
Il s’agit vraiment d’une nouvelle vision du monde, une nouvelle façon de voir le monde. Il s’agit moins de regarder les créatures que de se laisser regarder par le Créateur « par et dans le miroir de sa création. »
Sous un aspect candide et merveilleux, ce chant est à la fois une protestation et un appel au dépassement. François et ses compagnons ont vécu ce dépassement. A la suite du Christ humble et pauvre, ils ont refusé de s’approprier le monde et ses richesses, à se placer au dessus des autres en les dominant. Ils ont cessé de regarder les autres et le monde sous l’angle de leur valeur marchande. Alors, ils ont découvert la splendeur du monde. Ils se sont émerveillés devant les réalités les plus humbles, celles là mêmes qui étaient les compagnes de leur vie de pauvres : la lumière, l’eau, le feu, le vent, la terre.
"Réunir dans le Christ toutes les créatures : celles du ciel et celles de la terre".
Tel est en vérité, le sens du Cantique des Créatures. Dès qu’il qu’il l’eût composé, François s’empressa d’envoyer ses frères de par le monde, avec mission de le chanter. Dans sa pensée, ce chant devait être une provocation et un dépassement. Quand survint le conflit entre le podestat et l’évêque d’Assise et que la petite cité fut à nouveau déchirée, François réuni les deux hommes de qui dépendait la paix et il fit chanter son Cantique devant eux ; il y avait ajouté, pour la circonstance, une strophe dans laquelle il célébrait le pardon et la paix. Elle dévoile la signification de tout le poème : la fraternité universelle que chante François n’est pas d’abord un spectacle à contempler, elle est un œuvre à réaliser, un monde à construire ; elle est le sens du monde ; et celui qui marche dans ce sens voit toutes choses concourir fraternellement à cette fin.

Belle journée !