Quelques notes sur le Cantique des Créatures...
« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour Messire, frère soleil...pour sœur lune et les étoiles...pour frère vent , pour l’air et les nuages et le ciel pur et tous les temps...pour sœur eau ...pour frère feu,...pour notre mère la terre »
Cette fraternité n’a rien d’une fantaisie sentimentale. C’est une fraternité qui provient de la conscience qu’à François, d’être avec toutes les créatures, créé par Dieu et sauvé par Lui.
Il les voit, comme lui-même, sanctifiés par le Fils dans l’Esprit Saint, il les voit promises à la gloire éternelle.
Il les voit, comme lui-même, sanctifiés par le Fils dans l’Esprit Saint, il les voit promises à la gloire éternelle.C’est dans l’Écriture qu’Il a puisé cette conviction.
En vérité, ce chant ne se laisse pas séparer de l’expérience dont il a jailli et dont il est l’aboutissement. Il est le chant d’un homme qui, toute sa vie, a travaillé, lutté, souffert pour qu’advienne un peu plus de fraternité entre les hommes et qu’apparaisse enfin, dans la société de son temps, l’humanité de Dieu. On était alors en plein âge d’or des marchands. Pour les hommes de cette époque, cela signifiait essor et prospérité des villes, affranchissement des communes et des rapports sociaux plus libres. Mais cela n’avait pas tardé à signifier également domination des villes par l’argent, exploitation des plus démunis par les plus riches, exclusion de certaines catégories, luttes et haines. C’est face à ce monde mercantile que s’élève le chant de François.
Le Cantique des créatures n’est pas seulement l’expression d’une fraternité avec toutes les créatures, il est aussi, une hymne de conversion. Personne ne voit naturellement dans le soleil, le vent ou le feu : un frère ; dans la lune, l’eau ou la terre : une sœur ou une mère. Il faut pour cela, avoir fait soi même l’expérience de renoncer à maîtriser le monde pour enfin s’efforcer de l’habiter.
Il s’agit vraiment d’une nouvelle vision du monde, une nouvelle façon de voir le monde. Il s’agit moins de regarder les créatures que de se laisser regarder par le Créateur « par et dans le miroir de sa création. »
Sous un aspect candide et merveilleux, ce chant est à la fois une protestation et un appel au dépassement. François et ses compagnons ont vécu ce dépassement. A la suite du Christ humble et pauvre, ils ont refusé de s’approprier le monde et ses richesses, à se placer au dessus des autres en les dominant. Ils ont cessé de regarder les autres et le monde sous l’angle de leur valeur marchande. Alors, ils ont découvert la splendeur du monde. Ils se sont émerveillés devant les réalités les plus humbles, celles là mêmes qui étaient les compagnes de leur vie de pauvres : la lumière, l’eau, le feu, le vent, la terre.
"Réunir dans le Christ toutes les créatures : celles du ciel et celles de la terre".
Tel est en vérité, le sens du Cantique des Créatures. Dès qu’il qu’il l’eût composé, François s’empressa d’envoyer ses frères de par le monde, avec mission de le chanter. Dans sa pensée, ce chant devait être une provocation et un dépassement. Quand survint le conflit entre le podestat et l’évêque d’Assise et que la petite cité fut à nouveau déchirée, François réuni les deux hommes de qui dépendait la paix et il fit chanter son Cantique devant eux ; il y avait ajouté, pour la circonstance, une strophe dans laquelle il célébrait le pardon et la paix. Elle dévoile la signification de tout le poème : la fraternité universelle que chante François n’est pas d’abord un spectacle à contempler, elle est un œuvre à réaliser, un monde à construire ; elle est le sens du monde ; et celui qui marche dans ce sens voit toutes choses concourir fraternellement à cette fin.
Belle journée !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire