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vendredi 14 mars 2014

Au Ciel sur terre...


«La liturgie, par laquelle, surtout dans le divin sacrifice de l'Eucharistie, "s'exerce l'œuvre de notre rédemption", contribue au plus haut point à ce que les fidèles, par leur vie, expriment et manifestent aux autres le mystère du Christ et la nature authentique de la véritable Eglise. Car il appartient en propre à celle-ci d'être à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l'action et occupée à la contemplation, présente dans le monde et pourtant étrangère. Mais de telle sorte qu'en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin; ce qui est visible, à l'invisible; ce qui relève de l'action, à la contemplation; et ce qui est présent, à la cité future que nous recherchons. /.../ C'est d'une façon étonnante qu'elle fortifie leurs énergies (des fidèles) pour leur faire proclamer le Christ, et ainsi elle montre l'Eglise à ceux qui sont dehors comme un signal levé devant les nations, sous lequel les enfants de Dieu dispersés se rassemblent dans l'unité jusqu'à ce qu'il y ait une seule bergerie et un seul pasteur.» 
Sacrossanctum Concilium 2

jeudi 1 décembre 2011

Avent...

"Nous attendons le Sauveur. Vraiment, elle est joyeuse l’attente des justes, de ceux qui attendent la bienheureuse espérance et la venue de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ ! "Quelle est mon espérance, dit le juste, n’est-ce pas le Seigneur ?" Puis, il se tourne vers lui et il s’écrie : "Je le sais : tu ne décevras pas mon attente" Ô Christ, attente des nations, tous ceux qui t’espèrent ne seront pas déçus ! Nos Pères t’ont espéré, tous les justes, depuis la création du monde, ont espéré en toi et ils n’ont pas été déçus. Aussi, lorsque nous avons reçu ton amour au milieu de ton temple, le chœur des hommes s’est exclamé dans un transport de joie et de louange : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !" J’espérais le Seigneur d’un grand espoir, il s’est penché vers moi. Ils ont reconnu dans la faiblesse de la chair la splendeur de la divinité et ils ont dit : "Voici notre Seigneur ; nous l’avons attendu et il nous sauvera. C’est lui notre Sauveur, nous l’avons espéré, nous exulterons et nous bondirons de joie en son salut." Heureux l’homme dont l’espérance est le nom du Seigneur..."
Guéric d'Igny

mercredi 30 novembre 2011

Il vient...

"Préparez le chemin du Seigneur. Le chemin du Seigneur, frères, qu'il nous est demandé de préparer se prépare en marchant. On y marche dans la mesure où on le prépare.
Même si vous vous êtes beaucoup avancés sur ce chemin, il vous reste toujours à le préparer, afin que, du point où vous êtes parvenus, vous soyez toujours tendus au-delà. Voilà comment, à chaque pas que vous faites, le Seigneur à qui vous préparez les voies vient au-devant de vous, toujours nouveau, toujours plus grand. Aussi est-ce avec raison que le juste prie ainsi : Enseigne-moi le chemin de tes volontés et je le chercherai toujours. On donne à ce chemin le nom de vie éternelle, peut-être parce que bien que la providence ait examiné le chemin de chacun et lui ait fixé un terme jusqu'où il puisse aller, cependant la bonté de celui vers lequel vous vous avancez n'a pas de terme."
Guerric d'Igny : Sermon V pour l'Avent

lundi 14 décembre 2009

mercredi 9 décembre 2009

Pour les marchands du Temple...


C'est bientôt Noël, on commence à le savoir. Et de recevoir jusqu'à l'overdose des souhaits de bonnes fêtes qui n'engagent que ceux qui les écoute. Las.
Chaque année, c'est la même rengaine pour soutirer au client potentiel le maximum d'euros avec toute la douceur requise, grands airs de philanthropes compris.
Et comme les chrétiens ne sont pas des vendeurs de savonnettes, il convient de redire à temps et à contre temps le message de ce Temps liturgique de l'Avent.
C'est un temps représentant la longue période d’attente qui a précédé la venue du Messie : période d’attente, période d’espérance remplie des paroles des prophètes qui appellent le sauveur promis.
- En même temps, c’est aussi une préparation au second avènement du Christ. Lorsque les temps seront accomplis, le Christ viendra de nouveau parmi les hommes.
- Ainsi, cette période liturgique a une porte qui ouvre sur le passé, l’autre sur l’avenir : d’un côté ouverture sur l’attente du Rédempteur au fil des siècles passés, de l’autre les siècles qui s’écouleront jusqu’aux fins dernières.
- L’enseignement de l’Eglise, les lectures nous décrivent l’attente messianique ou bien elles nous annoncent le jugement dernier.
Nous devons donc nous appliquer à suivre cette inspiration : revivre avec les prophètes ces temps où l’on criait vers Dieu afin qu’il envoie le Sauveur attendu ; préparer nos cœurs à recevoir sa lumière, et en même temps songer à ce dernier avènement du Christ que les premiers chrétiens attendaient dans la crainte et l’impatience que l’on sait.
- Ainsi, pendant quatre semaines, les chrétiens vivent dans l’attente du Sauveur promis, ils l’appellent de leurs vœux ; chaque jour les rapproche du terme, et lorsque le Fils de Dieu naît dans la crèche, il naît aussi dans le coeur du fidèle.

Il y a donc une triple implication dans ce temps de l’Avent : au niveau de la Foi, de l’Espérance et de la Charité.

- La Foi : C’est sur le témoignage de Dieu que nous devons croire à la venue du Messie et professer que ce Messie est Jésus.
- L’Espérance : L’assurance que le Sauveur et le salut qu’il apporte sont proches fait naître dans le cœur une espérance toujours plus grande. L’espérance, c’est cette marche en avant vers ce Dieu qu’on attend. A la certitude de la Foi qui fait adhérer notre intelligence à la vérité connue, s’ajoute la certitude de l’espérance qui fait que notre volonté met toute sa confiance en Dieu. La liturgie de l’Avent nous rappelle la fidélité de Dieu à tenir ses promesses ; elle fait aussi référence à la miséricorde de Dieu.
- La Charité : La Foi et l’Espérance nourrissent en nos cœurs le désir d’arriver à Dieu. St Thomas d’Aquin disait que « le désir est l’amour à la poursuite de son objet ». La liturgie de l’Avent développe ce désir en nous montrant la bonté sans fin de Dieu. Elle ravive de la sorte notre amour pour Dieu et son Christ.

Bonne route vers le Sauveur qui vient !

mardi 8 décembre 2009

Tout homme verra le salut de Dieu

Tout homme verra le salut de Dieu

Une galerie de portraits : Tibère l'empereur, Ponce Pilate, Hérode, Philippe, Lysinias. Des princes dans leurs costumes d'époque et des grands prêtres : Anne et Caïphe. Chaque période d'histoire est marquée par ses grands hommes, les voilà !
Un pays : la Judée, la Galilée, l'Iturée, la Trachonitide, l'Abilène. Le Jourdain coule vers la mer Morte. Des régions qui seraient perdues ou enfouies au fond des mémoires, si l'Évangile n'en parlait.

Un espace, un temps, des hommes. Ce n'est pourtant pas au milieu de l'agitation du bruit des cours princières que Dieu adresse la Parole à Jean le Baptiste à ce moment de l'histoire. La Parole retentit dans le désert, comme elle parle au cœur dans le silence.
Cette Parole fait tout bouger dans ce décor de princes et de grands prêtres. C'est un commencement. Comme la délivrance d'Égypte fut un commencement, ainsi que la sortie de Babylone qu'Isaïe annonçait.
Tout est bouleversé, même le paysage. Les ravins seront comblés. La faim sera rassasiée ; les montagnes et les collines seront abaissées comme les orgueilleux seront renversés de leur trône, les paysages tortueux deviendront droits, et les cœurs se convertiront, abandonnant les chemins pervers.
Bouleversement du paysage et changement des cœurs. Isaïe l'avait annoncé et Jean-Baptiste fait écho à son message, car « tout homme verra le salut de Dieu » : un enfant, qui lui aussi est un commencement, une libération, un salut.
« Préparez le chemin du Seigneur ». C'est au cœur d'être attentif au milieu des trépidations, des désirs éparpillés, des renversements de pouvoir. Attentif à une voix que l'on ne peut entendre qu'en allant au désert rejoindre Jean-Baptiste. Peu à peu se fera la transformation, qui est bouleversement et conversion.
Mais le paysage d'une vie en est changé. Écouter pour entendre, voir pour reconnaître la venue de celui qui doit venir, dont l'avènement se fait imminent. L'Avent est cette attente qui est attention, préparation de nous-mêmes. Car découvrir en l'enfant qui vient la grandeur de Dieu, repérer à travers les princes, les nations, les pays, le fil conducteur de l'action de Dieu, cela se prépare dans la prière et le silence.
Tu viens, aujourd'hui, Seigneur. Car tu viens quand quand le cœur est prêt pour t'accueillir. Nous te le demandons : « Ne tarde pas ! ».

dimanche 29 novembre 2009

C'est parti...

et il ne faut pas la louper... la marche !

vendredi 19 juin 2009

Solennité du Sacré Coeur


"Parole du Seigneur. J'ai aimé Israël dès son enfance" Os 11, 1

"Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé." Jn 19, 37




Christ, Collégiale de St Yrieix

samedi 11 avril 2009

Samedi Saint

"Du Vendredi Saint à Pâques s'installe ce jour "vide", à ne pas escamoter. Entre la Passion et la Résurrection, la liturgie maintient vide de tout acte liturgique ce temps où, selon le "Symbole des Apôtres", le Christ descend aux "Enfers", le séjour des morts, et récapitule l'Histoire. 
Spirituellement, c'est le moment où l'Eglise elle-même vit, après la mort de son Seigneur, sa propre passion. Au "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" prononcé par Jésus sur la croix, correspond, pour la vie de l'Eglise, ce Samedi Saint où la Croix, dévoilée, est nue, où aucune Eucharistie ne peut être célébrée. L'Eglise, en deuil, prie son Seigneur absent, avant que n'éclate dans la nuit du Samedi Saint la splendeur de la Résurrection dans le sacrement baptismal. Lier le Vendredi Saint à Pâques en supprimant ce temps intermédiaire, ce temps du silence et de l'absence du Samedi Saint, cette distance et ce vide comme disent les mystiques, c'est mal comprendre le mystère de la Passion et de la Résurrection. On mesure mieux le sérieux, la gravité, mais aussi la grandeur du salut quand on saisit comment le silence et l'absence, dans le mystère de la Rédemption, sont constitutifs du salut. Voilà pourquoi ce Samedi Saint est un jour a-liturgique."

Cardinal Jean Marie Lustiger

vendredi 10 avril 2009

Vendredi Saint...

1 - Ame du Christ, sanctifie-moi,
Corps du Christ, sauve-moi,
Sang du Christ enivre-moi,
Eau du côté du christ, lave-moi.

2 - Passion du Christ, fortifie-moi,
Ô bon Jésus, exauce-moi,
Dans tes blessures, cache-moi,
Ne permets pas que je sois séparé de Toi.

3 - De l'ennemi, défends-moi,
A ma mort, appelle-moi,
Ordonne-moi de venir à Toi,
Pour qu'avec tes saints, je Te loue,
Dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

St Ignace de Loyola

lundi 6 avril 2009

La Semaine Sainte. Les grandes étapes...

A l'entrée de la plus belle semaine du Temps Liturgique, voici quelques jalons pour un chemin de lumière...

Dimanche des Rameaux

Le nom exact de ce dimanche précédant Pâques et qui ouvre donc la semaine sainte est «Dimanche des Rameaux et de la Passion». On y lit en effet l'évangile de l'entrée de Jésus à Jérusalem (avec les foules qui agitent des branchages pour l'acclamer) et le long récit de la Passion. Les rameaux et la Passion... un couple indissociable ! 
Les rameaux sans la Passion, ce serait risquer de tomber dans la superstition en attribuant des pouvoirs quasi magiques à de simples feuillages. Ce serait surtout se méprendre sur la royauté de Jésus : Jésus n'est vraiment roi que sur la croix... lorsqu'il est dépouillé de tout et, par amour, fait le don suprême de sa vie. 
Mais la Passion sans les rameaux, ce n'est guère mieux ! Ce serait en effet se complaire de manière malsaine dans la douleur. Ce ne sont pas les souffrances du Christ qui nous sauvent, mais c'est l'amour qu'elles révèlent qui nous sauve. La croix du Christ n'est notre fierté que parce qu'il est vraiment le Seigneur Ressuscité. Son chemin, même difficile, est bonne nouvelle parce qu'il ne s'est pas arrêté au Golgotha.

Jeudi saint

Rétablie en 1955, la célébration du jeudi saint commémore la Cène du Seigneur. 
La première lecture rappelle le rituel de la pâque juive (Ex 12,1-14) et la seconde l'institution de l'eucharistie par Jésus, telle que Saint Paul la raconte (1 Co 11,23-26). La célébration s'achève par un temps d'adoration silencieuse devant le reposoir où l'on a conduit les hosties consacrées en grand nombre (pas de messe et donc de consécration au cours de la célébration du lendemain). 
Fête de l'eucharistie, fête des prêtres, le jeudi saint peut être tout autant considéré comme la fête des diacres, ne serait-ce qu'à cause de l'évangile qui est lu ce soir-là et qui nous fait revivre en effet le geste surprenant de Jésus s'agenouillant devant ses disciples pour leur laver les pieds (Jn 13,1-15). 
Ex 12,1-14
1 Cor 11,23-26
Jn 13,1-15

Messe chrismale

Du grec «chrisma» (onction). Il s'agit de la messe, célébrée pendant la Semaine Sainte, au cours de laquelle l'évêque, entouré de son presbyterium, bénit les huiles qui vont servir dans toutes les paroisses du diocèse pour les diverses célébrations de l'année à venir: l'huile des catéchumènes, le saint-chrême pour les baptêmes, confirmations et ordinations, l'huile des malades.

Vendredi saint

C'est, pour l'Église, le jour anniversaire de la mort du Christ, sur une croix, aux portes de Jérusalem, un événement que la majorité des historiens situe le 7 avril de l'an 30. 
Cette journée de deuil et de jeûne est marquée habituellement à 15 heures par un chemin de croix et en soirée par un office de la Passion. 
L'office du soir comporte quatre éléments: des lectures bibliques avec notamment le long récit de la Passion, une grande prière universelle pour l'Église et pour le monde (Jésus est mort pour sauver tous les hommes), un déplacement des fidèles invités à venir vénérer la croix (signe de cet Amour qui va jusqu'au bout, jusqu'à donner sa vie), enfin la communion (avec les hosties consacrées la veille, puisqu'on ne célèbre l'eucharistie ni le Vendredi saint ni le Samedi saint).

Pâques

La fête des fêtes ! On y célèbre ce qui est au cœur de la foi chrétienne: Jésus de Nazareth, que beaucoup ont pu voir crucifié aux portes de Jérusalem en ce 7 avril de l'an 30, est ressuscité, présent à son Église jusqu'à la fin du monde (Mt 28,20). Il ouvre pour les croyants une porte que nul ne saurait fermer (Ap 3,7), les sauvant de la mort et du péché. La joie de Pâques éclate dans la nuit avec la grande et belle vigile pascale (au cours de laquelle les catéchumènes sont baptisés) et se prolonge avec le carillon des cloches. Une seule ombre à cette lumineuse festivité : pour des raisons de susceptibilité aussi mesquines que ridicules, les chrétiens d'Orient et d'Occident n'ont toujours pas réussi à accorder leurs calendriers respectifs pour fêter Pâques ensemble.
Mt 28,20
Ap 3,7

Passion

A chaque eucharistie, les chrétiens font mention du Christ et «de sa Passion qui nous sauve». La Passion du Christ désigne ici ses souffrances et le sacrifice qu'il fait de sa vie (1 P 1,10-11; Jn 10,18), mais plus encore l'amour que suppose l'acceptation de ces souffrances: passionné de Dieu et des hommes, Jésus les aima «jusqu'au bout» (Jn 13,1).
1 P 1,10-11
Jn 10,18
Jn 13,1

Résurrection

Affirmation centrale de la foi chrétienne selon laquelle Jésus de Nazareth, crucifié à Jérusalem probablement le 7 avril de l'an 30, n'est pas resté prisonnier de la mort mais s'est donné à voir, vivant, à ses disciples, au matin de Pâques puis en de multiples circonstances. St Paul dresse une liste de ces apparitions en 1 Co 15,3-8. 
La résurrection du Christ n'est pas la simple réanimation d'un cadavre (comme la résurrection de Lazare racontée en Jn 11), mais un événement unique dans l'histoire de toute l'humanité, la brèche par laquelle Jésus ouvre aux croyants les portes du Royaume éternel. Faisant éclater les catégories habituelles de l'espace et du temps, cette résurrection est irreprésentable: les évangiles ne nous montrent d'ailleurs jamais Jésus en train de ressusciter, mais nous mettent face à une parole - Christ est ressuscité ! - et à un signe en creux, le tombeau vide. 
Au sens étroit du terme, le mot «résurrection», qui évoque le passage de la position couchée à la position debout ou du sommeil au réveil, n'épuise pas l'ensemble des images par lesquelles les évangélistes tentent d'exprimer ce qui est advenu à Jésus de Nazareth: il en existe d'autres, notamment celle de l'«exaltation» ou de la «glorification» (Ac 3,13; Ph 2,6-11; 1 Tm 3,16). 
Notons enfin que si la résurrection du Christ permet à ses disciples d'espérer la leur, il ne convient pas de confondre cette perspective avec la croyance en la réincarnation empruntée à un tout autre univers culturel et religieux.
1 Co 15,3-8
Jn 11
Ac 3,13
Ph 2,6-11
1 Tm 3,16

Vigile pascale

Pendant les premières années du christianisme, toutes proches encore de l'événement, la communauté célébrait le Christ Ressuscité chaque lendemain de sabbat, appelé dès lors «dies-dominica» (di-manche), jour du Seigneur ressuscité. Elle se rassemblait de nuit et veillait jusqu'à l'aube, pensant que le Christ reviendrait comme il était ressuscité, à l'aube d'un dimanche. 
Très vite, et peut-être dès la fin du premier siècle (Paul a déjà christianisé la Pâque juive, 1 Co 5,7 sv.), la nuit de Pâques est célébrée avec plus d'éclat (la dispute pour en fixer la date remonte au milieu du 2e siècle). Saint Augustin l'appelle «la mère de toutes les veillées». 
Malheureusement, un certain sens liturgique se perdit au fil des siècles, au point qu'on en vint à certaines époques, pour des raisons de commodité ou d'obscures règles de jeûne, à célébrer cette veillée nocturne en plein jour! 
Le décret de Pie XII, du 9 février 1951, restaurant la liturgie antique de la Veillée nocturne, peut donc être considéré comme l'heureux aboutissement d'un long effort liturgique et le point de départ de la réforme conciliaire renouvelant la liturgie en son entier. 
La veillée ou vigile pascale comporte quatre qrands moments : la liturgie du feu (souvent sur le parvis de l'église) au cours de laquelle est inauguré le nouveau cierge pascal, une longue liturgie de la Parole rappelant quelques-unes des principales interventions de Dieu dans l'histoire du monde et d'Israël en particulier, la liturgie de l'eau (c'est à ce moment que les catéchumènes reçoivent le baptême et que tous les baptisés sont invités à renouveler la profession de foi de leur baptême), puis la liturgie eucharistique.

vendredi 13 mars 2009

Nobel de Théologie ?

Je reviens juste d'une rencontre avec un groupe de jeunes se préparant à la confirmation...
C'était la fin de journée, je rêvais de mon lit les yeux ouverts (la nuit avait été fort courte la veille !). 
Pourtant, il fallait être présent, bien présent. 
Ce ne fut pas trop difficile : groupe dynamique et sympathique. 
Alors que la soirée proposait une approche du sens du sacrement et des sacrements en général, nous en arrivions naturellement à expliquer les signes mis en oeuvre dans la liturgie, les gestes accomplis. 
Comme je tentais de faire exprimer la signification du geste de l'imposition des mains, un des jeunes me dit avec un peu de candeur : "ça met Dieu dedans"
Dingue non ?
Il suffisait d'y penser !
J'avoue être resté intérieurement en suspension en entendant cette sentence inattendue. En un instant, j'ai songé aux moments qui dans ma vie "avaient mis Dieu dedans". Baptême, confirmation reçues il y a déjà quelques années "ont mis Dieu dedans ma vie". Sacrement de Réconciliation, eucharistie sont venus souvent revivifier cette présence. L'ordination qui fit de moi un prêtre de l'Eglise pour ma plus grande joie mis aussi "Dieu dedans", inscrivant Sa fidélité et provoquant l'expression de la mienne jour après jour.
Alors, en même temps que je remercie ce jeune pour sa formule peu théologique mais si juste, j'invite ceux qui veulent faire un pas supplémentaire en ce temps de carême à "mettre Dieu dedans" leur vie par la réception des sacrements que l'Eglise offre.
Et sur ce,
Belle journée !

jeudi 12 mars 2009

Jeûne...

Voici, pour aider à la méditation, de longs extraits du message de carême du Pape Benoît XVI :

"Nous pouvons nous demander quelle valeur et quel sens peuvent avoir pour nous, chrétiens, le fait de se priver de quelque chose qui serait bon en soi et utile pour notre subsistance. Les Saintes Écritures et toute la tradition chrétienne enseignent que le jeûne est d’un grand secours pour éviter le péché et tout ce qui conduit à lui. C’est pourquoi, dans l’histoire du salut, l’invitation à jeûner revient régulièrement. Déjà dans les premières pages de la Sainte Écriture, le Seigneur commande à l’homme de s’abstenir de manger du fruit défendu : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangera pas, car le jour où tu en mangeras, certainement tu mourras. » (Gn 2, 16-17). En commentant l’injonction divine, saint Basile observe que « le jeûne a été prescrit dans le paradis terrestre », et « ce premier précepte été donné à Adam ». Il conclut ainsi : « Cette défense – 'tu ne mangeras pas' – est une loi de jeûne et d’abstinence » (cf. Homélie sur le jeûne : PG 31, 163, 98). Parce que tous nous sommes appesantis par le péché et ses conséquences, le jeûne nous est offert comme un moyen pour renouer notre amitié avec le Seigneur. (...)
Dans le Nouveau Testament, Jésus met en lumière la raison profonde du jeûne en stigmatisant l’attitude des pharisiens qui observaient avec scrupule les prescriptions imposées par la loi, alors que leurs cœurs étaient loin de Dieu. Le vrai jeûne, redit encore en d’autre lieux le divin Maître, consiste plutôt à faire la volonté du Père céleste, lequel « voit dans le secret et te récompensera » (Mt 6,18). Lui-même en donne l’exemple en répondant à Satan, au terme des quarante jours passés dans le désert : « Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4). Le vrai jeûne a donc pour but de manger « la vraie nourriture », qui consiste à faire la volonté du Père (cf. Jn 4,34). Si donc Adam désobéit à l’ordre du Seigneur « de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal », le croyant entend par le jeûne se soumettre à Dieu avec humilité, en se confiant à sa bonté et à sa miséricorde. La pratique du jeûne est très présente dans la première communauté chrétienne (cf. Act 13,3; 14,22; 27,21; 2 Cor 6,5). Les Pères de l’Église aussi parlent de la force du jeûne, capable de mettre un frein au péché, de réprimer les désirs du « vieil homme », et d’ouvrir dans le cœur du croyant le chemin vers Dieu. Le jeûne est en outre une pratique récurrente des saints, qui le recommandent. Saint Pierre Chrysologue écrit : « Le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu’il écoute l’homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie » (Sermo 43: PL 52, 320. 332).

De nos jours, la pratique du jeûne semble avoir perdu un peu de sa valeur spirituelle et, dans une culture marquée par la recherche du bien-être matériel, elle a plutôt pris la valeur d’une pratique thérapeutique pour le soin du corps. Le jeûne est sans nul doute utile au bien-être physique, mais pour les croyants, il est en premier lieu une « thérapie » pour soigner tout ce qui les empêche de se conformer à la volonté de Dieu. Dans la Constitution apostolique Pænitemini de 1966, le Serviteur de Dieu Paul VI reconnaissait la nécessité de remettre le jeûne dans le contexte de l’appel de tout chrétien à « ne plus vivre pour soi-même, mais pour Celui qui l’a aimé et s’est donné pour lui, et… aussi à vivre pour ses frères » (cf. Ch. I). Ce Carême pourrait être l’occasion de reprendre les normes contenues dans cette Constitution apostolique, et de remettre en valeur la signification authentique et permanente de l’antique pratique pénitentielle, capable de nous aider à mortifier notre égoïsme et à ouvrir nos cœurs à l’amour de Dieu et du prochain, premier et suprême commandement de la Loi nouvelle et résumé de tout l’Évangile (cf. Mt 22,34-40).

La pratique fidèle du jeûne contribue en outre à l’unification de la personne humaine, corps et âme, en l’aidant à éviter le péché et à croître dans l’intimité du Seigneur. Saint Augustin qui connaissait bien ses inclinations négatives et les définissait comme « des nœuds tortueux et emmêlés » (Confessions, II, 10.18), écrivait dans son traité sur L’utilité du jeûne : « Je m’afflige certes un supplice, mais pour qu’Il me pardonne ; je me châtie de moi-même pour qu’Il m’aide, pour plaire à ses yeux, pour arriver à la délectation de sa douceur » (Sermon 400, 3, 3: PL 40, 708). Se priver de nourriture matérielle qui alimente le corps facilite la disposition intérieur à l’écoute du Christ et à se nourrir de sa parole de salut. Avec le jeûne et la prière, nous Lui permettons de venir rassasier une faim plus profonde que nous expérimentons au plus intime de nous : la faim et la soif de Dieu.

En même temps, le jeûne nous aide à prendre conscience de la situation dans laquelle vivent tant de nos frères. Dans sa Première Lettre, saint Jean met en garde : « Si quelqu’un possède des richesses de ce monde et, voyant son frère dans la nécessité, lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » (3,17). Jeûner volontairement nous aide à suivre l’exemple du Bon Samaritain, qui se penche et va au secours du frère qui souffre (cf. Deus caritas est, 15). En choisissant librement de se priver de quelque chose pour aider les autres, nous montrons de manière concrète que le prochain en difficulté ne nous est pas étranger. C’est précisément pour maintenir vivante cette attitude d’accueil et d’attention à l’égard de nos frères que j’encourage les paroisses et toutes les communautés à intensifier pendant le Carême la pratique du jeûne personnel et communautaire, en cultivant aussi l’écoute de la Parole de Dieu, la prière et l’aumône. Ceci a été, dès le début, une caractéristique de la vie des communautés chrétiennes où se faisaient des collectes spéciales (cf. 2 Cor 8-9; Rm 15, 25-27), tandis que les fidèles étaient invités à donner aux pauvres ce qui, grâce au jeûne, avait été mis à part (cf. Didascalie Ap., V, 20,18). Même aujourd’hui, une telle pratique doit être redécouverte et encouragée, surtout pendant le temps liturgique du Carême.

lundi 9 mars 2009

Les joies du carême (non limitatives)...

Le carême, je ne me lasserai jamais de le redire est la période la plus joyeuse de l'année liturgique puisqu'elle conduit à Pâques. Voici donc quelques unes des joies qui sont liées à ce temps liturgique privilégié.

Il s'agit des Sacrements de l’initiation chrétienne :

Le baptême, la confirmation et l'eucharistie sont les trois sacrements dits «de l'initiation», c'est-à-dire qui rendent le chrétien adulte dans la foi.

Baptême

Trésor oecuménique qui unit tous les chrétiens, quelle que soit leur appartenance confessionnelle. Dans l'Église catholique, il peut être reçu à tout âge après une préparation du candidat lui-même (s'il s'agit d'un adulte ou d'un jeune) ou de ses parents (s'il s'agit d'un bébé). L'éthymologie du mot évoque le geste central de l'eau et cette «plongée» dans la mort et la Résurrection du Christ que ce sacrement actualise (Rm 6,3-5). Tout à la fois don de Dieu, nouvelle naissance et porte du salut (Jn 3,5; Mc 16,16), source de vie éternelle, adoption filiale par le Père (Rm 8,15-16; 1 Jn 3,1), pardon des péchés (Ac 2,38), accueil de la nouveauté du Christ Jésus (Ga 3,27), entrée dans l'Église corps du Christ et temple de l'Esprit-Saint (Jn 3,8; Ac 2,38), le baptême chrétien est conféré «au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit» (Mt 28,19). 
Quelques textes pour guider la prière...
Rm 6,3-5 / Jn 3,5 / Mc 16,16 / Rm 8,15-16
1 Jn 3,1 / Ac 2,38 / Ga 3,27
Jn 3,8 / Ac 2,38 / Mt 28,19

Confirmation

Le deuxième des sacrements de l'initiation chrétienne est très lié au baptême, au point de le suivre immédiatement dans le cas d'un baptisé adulte. Dans le cas d'un jeune, le parrain de la confirmation peut d'ailleurs être le même qu'au baptême. Conférée par le double rite de l'imposition des mains et une onction d'huile, la confirmation - que nos frères orthodoxes appellent la «chrismation» - communique la force de l'Esprit pour, comme son nom l'indique, «affermir» dans la foi les baptisés (Rm 8,14-15). Elle est à chaque baptisé ce que la Pentecôte est à toute l'Église (Ac 2,1-41). 
En Occident, c'est l'évêque qui donne habituellement ce sacrement, ce qui en souligne la dimension ecclésiale et missionnaire. En France, la confirmation est généralement proposée à des jeunes âgés de 14 ans et plus. Si donc, théologiquement, c'est Dieu qui confirme les baptisés, il n'en est pas moins vrai que, psychologiquement, les baptisés confirmés à l'âge de l'adolescence ont bien conscience de confirmer la foi de leur baptême et le choix fait à l'époque par leurs parents !
Rm 8,14-15
Ac 2,1-41

Eucharistie

Désigné par le dernier concile comme «source et sommet de la vie chrétienne», ce troisième grand sacrement de l'initiation chrétienne rend présente à l'Église et aux croyants la Pâque de Jésus: «Prenez, mangez, ceci est mon corps livré pour vous! (...) Faites ceci en mémoire de moi.» 
Appelée à l'origine «fraction du pain» (Ac 2,42) ou «repas du Seigneur» (1 Co 11,20), puis - beaucoup plus tardivement - «sacrement des sacrements», «Saint Sacrement» ou tout simplement «messe», l'eucharistie est célébrée et vécue, dans l'Église catholique, à la fois comme mémorial de la Passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur (Lc 22,19), accomplissement de toute l'histoire de l'Alliance (Lc 22,14-16 ; Mc 14,22-24), actualisation de l'unique sacrifice du Christ, action de grâce de l'Église (c'est le sens même du mot «eucharistie»), signe d'unité (1 Co 10,16-17), gage de vie éternelle (Jn 6,51-55), repas sacré et communion au corps et au sang du Seigneur, c'est-à-dire à la vie même du Ressuscité (1 Co 11,27-29). On ne s'étonnera donc pas du très grand respect dont l'Église catholique entoure ce sacrement et des règles qu'elle estime devoir poser pour sa réception.
Ac 2,42 / 1 Co 11,20 / Lc 22,19
Lc 22,14-16 / Mc 14,22-24 / 1 Co 10,16-17
Jn 6,51-55 / 1 Co 11,27-29

mardi 3 mars 2009

Bon Carême !


On dit souvent qu'il faut croquer la vie...
Voici quelques pistes en forme de paradoxe apparent avec le Pape Benoit XVI (Message de carême 2009)...

"Dans le Nouveau Testament, Jésus met en lumière la raison profonde du jeûne en stigmatisant l’attitude des pharisiens qui observaient avec scrupule les prescriptions imposées par la loi, alors que leurs cœurs étaient loin de Dieu. Le vrai jeûne, redit encore en d’autre lieux le divin Maître, consiste plutôt à faire la volonté du Père céleste, lequel « voit dans le secret et te récompensera » (Mt 6,18). Lui-même en donne l’exemple en répondant à Satan, au terme des quarante jours passés dans le désert : « Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4). Le vrai jeûne a donc pour but de manger « la vraie nourriture », qui consiste à faire la volonté du Père (cf. Jn 4,34). Si donc Adam désobéit à l’ordre du Seigneur « de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal », le croyant entend par le jeûne se soumettre à Dieu avec humilité, en se confiant à sa bonté et à sa miséricorde.

La pratique du jeûne est très présente dans la première communauté chrétienne (cf. Act 13,3; 14,22; 27,21; 2 Cor 6,5). Les Pères de l’Église aussi parlent de la force du jeûne, capable de mettre un frein au péché, de réprimer les désirs du « vieil homme », et d’ouvrir dans le cœur du croyant le chemin vers Dieu. Le jeûne est en outre une pratique récurrente des saints, qui le recommandent. Saint Pierre Chrysologue écrit : « Le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu’il écoute l’homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie » (Sermo 43: PL 52, 320. 332). (...)

En même temps, le jeûne nous aide à prendre conscience de la situation dans laquelle vivent tant de nos frères. Dans sa Première Lettre, saint Jean met en garde : « Si quelqu’un possède des richesses de ce monde et, voyant son frère dans la nécessité, lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » (3,17). Jeûner volontairement nous aide à suivre l’exemple du Bon Samaritain, qui se penche et va au secours du frère qui souffre (cf. Deus Caritas est, 15). En choisissant librement de se priver de quelque chose pour aider les autres, nous montrons de manière concrète que le prochain en difficulté ne nous est pas étranger. C’est précisément pour maintenir vivante cette attitude d’accueil et d’attention à l’égard de nos frères que j’encourage les paroisses et toutes les communautés à intensifier pendant le Carême la pratique du jeûne personnel et communautaire, en cultivant aussi l’écoute de la Parole de Dieu, la prière et l’aumône. Ceci a été, dès le début, une caractéristique de la vie des communautés chrétiennes où se faisaient des collectes spéciales (cf. 2 Cor 8-9; Rm 15, 25-27), tandis que les fidèles étaient invités à donner aux pauvres ce qui, grâce au jeûne, avait été mis à part (cf. Didascalie Ap., V, 20,18). Même aujourd’hui, une telle pratique doit être redécouverte et encouragée, surtout pendant le temps liturgique du Carême.

Il ressort clairement de tout ce que je viens de dire, que le jeûne représente une pratique ascétique importante, une arme spirituelle pour lutter contre tous les attachements désordonnés. Se priver volontairement du plaisir de la nourriture et d’autres biens matériels, aide le disciple du Christ à contrôler les appétits de sa nature affaiblie par la faute originelle, et dont les effets négatifs investissent entièrement la personne humaine. Une hymne antique de la liturgie du Carême exhorte avec pertinence : « Utamur ergo parcius, / verbis, cibis et potibus, / somno, iocis et arctius / perstemus in custodia – Nous utilisons plus sobrement les paroles, les nourritures, les boissons, le sommeil et les jeux, et avec plus d’attention, nous demeurons vigilants ».

Belle journée !

mercredi 25 février 2009

Les mots du carême

Le carême commence aujourd'hui. Voici quelques explications sur trois mots importants de ce temps liturgique accompagnées à chaque fois de références bibliques. 

Ascèse

Comme l'étymologie du mot le suggère (d'un verbe grec signifiant «exercer», «pratiquer»), l'ascèse est l'entraînement, l'exercice répété et l'effort de celui qui prend au sérieux l'appel à la sainteté qui est le sien. Saint Paul aime à comparer la vie chrétienne à une épreuve d'endurance, une course qui nécessite de la part des athlètes du Christ une fameuse discipline (1 Co 9, 24-27) ! 
Dimension essentielle de la croissance spirituelle - «On ne naît pas chrétien, on le devient» écrira Tertullien au 3e siècle -, cet entraînement est d'autant plus nécessaire que la barre est fixée très haut ! Être toujours maître de soi, capable de prier en tout temps ou encore d'aimer ses ennemis, voilà par exemple des objectifs qui, pour être atteints, requièrent un entraînement certains ! 
On n'oubliera pas néanmoins que l'ascèse chrétienne, quelles que soient les formes qu'elle revête (jeûne, exercices de méditation, éducation du regard, apprentissage du silence voire de la solitude, etc...) reste toujours un moyen soumis à l'unique fin à atteindre : la charité, l'amour pour le Seigneur et pour le prochain (1 Co 13, 3). 
1 Co 9, 24-27
1 Co 13, 3

Jeûne

«Le règne de Dieu n'est pas affaire de nourriture et de boisson.» (Rm 14, 17 ; Col 2, 16) Forte de cette conviction posée jadis vigoureusement par St Paul, l'Église catholique a assoupli très considérablement sa discipline relative au jeûne et à l'abstinence, des pratiques venant pourtant d'une longue tradition remontant à la Bible elle-même. Les fidèles catholiques ne sont donc plus tenus au jeûne et à l'abstinence que le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint, au jeûne les vendredis du carême. Encore cette obligation ne concerne-t-elle que les adultes en bonne santé. 
Certains verront sûrement là un scandaleux laxisme... Mais on peut aussi se réjouir d'une règle qui, tout en maintenant un minimum de comportement communautaire, considère les baptisés comme majeurs et assez aimants pour, avec l'aide de l'Esprit-Saint, inventer eux-mêmes leurs formes de jeûne. D'autant qu'on peut penser qu'il sera plus intéressant (parce que plus libérant) pour certains de se priver ponctuellement et volontairement de tabac, d'alcool, de télévision, voire d'Internet, que d'aliments !
Rm 14, 17
Col 2, 16

Désert

Dans la Bible, ce lieu aride et austère est à la fois le lieu de l'épreuve et de la tentation (Ps 95, 8-9 ; Mt 4, 1-11), et celui du cœur à cœur avec Dieu (Os 2, 16), propice à la prière solitaire (Mc 1, 35).
Ps 95, 8-9
Mt 4, 1-11
Os 2, 16
Mc 1, 35

Belle journée !

mardi 19 février 2008

Lorsque le jour baisse...

Avant de fermer les yeux sur le vaste monde, voici une hymne de l'office de Complies en édition bilingue...

Te lucis ante terminum,
rerum Creator, poscimus
ut pro tua clementia
sis praesul et custodia.

Procul recedant somnia
et noctium phantasmata ;
hostemque nostrum comprime,
ne polluantur corpora.

Praesta, Pater piissime,
Patrique compar Unice,
cum Spiritu Paraclito
regnans per omne saeculum.
Amen.


Avant la fin de la lumière,
Nous te prions, Dieu créateur,
Pour que, fidèle à ta bonté,
Tu nous protèges, tu nous gardes.

Que loin de nous s'enfuient les songes,
Et les fantômes de la nuit.
Préserve-nous de, l'ennemi :
Que ton amour sans fin, nous garde.

Exauce-nous, Dieu, notre Père,
Par Jésus Christ, notre Seigneur,
Dans l'unité du Saint Esprit,
Régnant sans fin dans, tous les siècles.
Amen

Belle nuit !

dimanche 16 décembre 2007

Y a d'la Joie !

Vous le savez - ou pas - nous sommes aujourd'hui à mi parcours dans le temps liturgique de l'avent. C'est la dimanche de la joie (Gaudete veux dire "Réjouissez vous !" en latin).
"Gaudete" correspond à la première parole chantée ou dite dans le rituel latin de la messe de ce jour. Il s'agit du début de l'introït, tiré de l'Épître de saint Paul aux Philippiens (4, 4-6) ; la suite est le 2 ème verset du Psaume 84 :
Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; oui, je vous le répète, réjouissez-vous !
Que votre bonté soit connue de tous les hommes : le Seigneur est proche.
Ne vous inquiétez de rien, mais dans une prière fervente, faites connaître vos besoins à Dieu.
Tu as béni, Seigneur, ta terre ; tu as ramené les captifs de Jacob." (GAUDETE in Domino semper : iterum dico, gaudete ! Modestia vestra nota sit omnibus hominibus : Dominus enim prope est. Nihil solliciti estis : sed in omni oratione petitiones vestrae innotescant apud Deum. Benedixisti, Domine, terram tuam ; avertisti captivitatem Jacob.)
Ce jour, les ornements violets peuvent être remplacés par une autre couleur liturgique : le rose. Mais attention pas un "rose suidé" ni un rose bonbon mais un vieux rose dénommé aussi rose anglais. Le genre de rose non agressif, non suggestif...
Un rose contemplatif !

Belle journée !
Et belle occasion de voir la vie en... rose !