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lundi 8 octobre 2012

Chroniques de la mouette chauve 25

Un mur, que dis-je une muraille, un rempart, une fortification. Plus d'horizon. Plus de lumière ! 
Une marée, un flux déferlant, sans fin, engloutissant tout. 
Si elle avait encore quelques cheveux, notre mouette se les serait arraché ! Changer d'océan n'est pour personne chose facile. D'autant qu'il faut faire les paquets, tout ranger en cartons (Horresco referens !) pour les voir ensuite déchargés à l'aveugle, empilés presque au hasard en emplissant tout l'espace. 
Et qu'on ne vienne pas lui bourrer le mou avec des "les déménagements permettent de faire du tri". Bernique, foutaises que tout cela ! On déplace le désordre. Point. 
Encore heureux si on retrouve chaque chose par la suite. "Mais où ai-je mis ce guide de Rome du XIX ème ?" 
Wait and see mouette infortunée... Il finira bien par être recraché par le flot carnassier de ces (censuré) de cartons ! Certes, mais s'il ne reparaissait pas ? Angoisse, détresse, désarroi ! Waterloo morne plaine...
En tous cas, ça muscle les ailes ! 
Surtout quand on décide après moult réflexions de changer de place un "département" entier de la bibliothèque... 
Et si la mouette d'un seul coup d'un seul se faisait l'apôtre de l'analphabétisme ? Plus de livres à déménager, plus de cartons à faire - où si peu... The dream intégral ! 
Impossible là aussi. La mouette virerait dépressive avec un teint de poisson échoué. Reste donc à vider les cartons comme on écope la chaloupe après le naufrage du trois mâts. 
Avant que la mer irrésistiblement n'engloutisse tout...
Sursum corda !

dimanche 23 octobre 2011

Chroniques de la mouette chauve 24

Les retours, les départs. Mouette en zig zag.
Gondoles, sentiers du Limousin, doctes paroles... Condensé de planning. Fini de se tourner les plumes, les vacances sont loin à présent. Gérer les battements d'ailes sans faire de vent. Art difficile. Exigence pour conserver ses forces et ne pas perdre son temps.
Il convient alors de prendre de la distance avec les évènements qui se succèdent, parfois avec un rythme soutenu.
Comme le dit la Prière Eucharistique IV : « Toi, le Dieu de bonté, la source de la vie, tu as fait le monde pour que toute créature soit comblée de tes bénédictions et que beaucoup se réjouissent de ta lumière » et encore : « Père très saint, nous proclamons que tu es grand et que tu as créé toutes choses avec sagesse et par amour : tu as fait l’homme à ton image et tu lui as confié l’univers afin qu’en te servant, toi son Créateur, il règne sur la création. » Dieu créé et il donne le salut : « Comme l’homme avait perdu ton amitié en se détournant de toi, tu ne l’as pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans ta miséricorde tu es venu en aide à tous les hommes pour qu’ils te cherchent et puissent te trouver. Tu as multiplié les alliances avec eux et tu les as formés, par les prophètes, dans l’espérance du salut. Tu as tellement aimé le monde Père très saint, que tu as envoyé ton propre Fils, lorsque les temps furent accomplis, pour qu’il soit notre sauveur. Conçu de l’Esprit Saint, né de la Vierge Marie, il a vécu notre condition d’homme en toute chose, excepté le péché, annonçant aux pauvres la bonne nouvelle du salut, aux captifs la délivrance, aux affligés la joie. Pour accomplir le dessein de ton amour, il s’est livré lui-même à la mort, et, par sa résurrection, il a détruit la mort et renouvelé la vie. » (Prière Eucharistique IV)
C'est sur cette double action de grâce que tout peut se fonder, solidement et durablement. C'est là que se puise l'assurance pour la route et la certitude que la fidélité de Dieu viendra suppléer à nos hésitations et à nos faiblesses. Terreau pour la confiance.
De quoi voler sereinement, sans inquiétudes superflues.
« Or sus, Monsieur, allez et faites ce que vous pourrez de votre côté, et Dieu fera le reste ! » St Vincent de Paul.

Belle journée !

lundi 11 avril 2011

chroniques de la mouette chauve 23

Le retour de la mouette par beau soleil et au son des oiseaux chanteurs. Le temps qui passe, les vols qui se succèdent et peu de branches où se poser.
Faisons avec elle un flash back où des sables oléronais en passant par les murailles de Brouage et la lumière de Conques. Il y en eu des déplacements et des vols. Des images se sont gravées. Le trajet ne fut pas effectué que physiquement...
Les vastes étendues d'eau brisées de vagues, la lumière qui décline doucement, de grands oiseaux qui s'envolent au couchant ont nourri les rêves de notre mouette itinérante. Histoire de prendre un peu de distance avec l'immédiateté, le ressenti de l'instant. Placer au loin ce qui inquiète et paisiblement se poser...


Brouage fut le temps de la nostalgie. Même par beau temps, la ville est revêtu d'un voile de brume.

Mélancolie délicieuse qui glisse sur les murs de cette ville désormais prise dans les terres, jadis port de commerce voulu par Richelieu. Le temps passe. Le fantôme d'un sanglot se fait entendre entre deux rafales de vent, c'est celui de Marie Mancini qui pleure son amour royal. Exilée au bout des terres. La brume c'est elle, en partie. Les rues de Brouage quand baisse la lumière du jour...

Aller à Conques fut pour la mouette l'occasion de contempler à nouveau le tympan roman de l'abbaye fameuse. Regarder en silence ce visage bienveillant et paisible qui considère à son tour ceux qui passent.
Il n'est pas douteux que les sculpteurs ont pensé en accomplissant leur ouvrage à tous les pèlerins qui se pressaient sous le portail. Certains des personnages de ce grouillant tympan regardent en bas, à divers endroits du parvis. Ceux qui sont sauvés et ceux qui ne le sont pas semblent interroger le passant : "Regarde ta vie, qu'y vois tu ? La lumière ou les ténèbres ? L'amour ou le replis sur toi ?"
Quoi qu'il en soit, tous ces personnages ne tiennent que grâce à celui qui, au centre, trône en majesté. Sans lui tout s'effrite, tout s'écroule. Sans ce regard, tout perd son sens. "Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle." Jn 6, 68. Rester là, sans un mot. Le portail s'éclaire progressivement en fin d'après midi. Des personnages surgissent de l'ombre : démons aux dents pointues, à la face hideuse, saints baignés de lumière. Au centre, le Christ rayonne intérieurement, le désir de Dieu perce la pierre : "Alors Jésus fixa sur lui son regard et l'aima. Et il lui dit : "Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis-moi." Mc 10, 21
What else ?
"Nothing of course" se dit la mouette rentrant en Limousin.
Belle journée !

lundi 6 décembre 2010

Chroniques de la mouette chauve 22

"Waterloo, Waterloo morne plaine" soupire la mouette chauve récitant son Victor Hugo. "Il neigeait..." Quelques flocons et tout se paralyse, quelques flocons et tout glisse, tout va à vau-l'eau.
Blancheur engourdissante, torpeur et lassitude. Pas de quoi faire du surf sur les vagues ! Et si on rajoute les décos de Noël ringardes à souhait on décroche le pompon pour remonter le moral... Foi de mouette volant au grand large, cela ne se passera pas ainsi !
Pensive, la mouette se dit qu'on vient d'entrer dans le temps liturgique de l'avent, et au bout de ce temps NOËL ! Après une pensée émue pour sa copine la dinde, notre mouette envisage l'avenir.
Une marche, une attente, une rencontre.
Dimanche, l'évangile mettait en scène Jean le Baptiste baptisé par Jésus dans les eaux du Jourdain. Chaleur, eau tiède, on se prend à rêver... En fait, se dit notre mouette tout dépend l'endroit que l'on fixe. Il est si facile de se tromper. On peut regarder Jean, ou on peut regarder Jésus et donc focaliser tout son être sur le Christ.
Nous faisons souvent l'expérience d'une extrême solitude, qui va à la limite de ce qu'on pourrait supporter. Mais cette solitude est portée par quelqu'un d'autre, qui pour moi, a le visage du Christ, car dans la tradition chrétienne, Dieu a pris chair, il a pris un visage et ce visage est important. Mais cette présence est aussi une absence. Dans les évangiles de la Résurrection, le Christ se révèle comme celui qui n'est pas là. La foi pourrait se définir comme cela : une absence qui signifie une présence. On n'arrive pas à saisir le Christ. On ne voit jamais Dieu en face, mais de dos. C'est ainsi que Moïse voit Dieu... Et pour nous, c'est pareil. La foi, c'est cette reconnaissance après coup : Dieu était là et je ne le savais pas.
Parce qu'au fond, se dit notre mouette, nous vivons cette expérience du peuple d'Israël au désert, et des récriminations contre Moïse. Et la foi suppose la traversée de ce désert. On le traverse en ne fuyant pas. Il est toujours possible de fuir mais on reste en demeurant là, simplement, sans plus, parfois seconde après seconde. Demain, se dit-on, je partirai, peut-être... Le lendemain, on se dit encore que c'est pour demain, et c'est ainsi qu'on traverse l'épreuve. La fidélité est un don de chaque seconde. Et il ne faut surtout pas regarder plus loin. Cela peut arriver plusieurs fois dans la vie et c'est la première qui est la plus difficile. Ensuite, on peut s'appuyer sur ce qui a été vécu et sur l'expérience des autres. La communauté est là, comme le signe que c'est possible. Sans rien dire, elle nous porte. C'est une expérience étonnante, décapante, mystérieuse et profondément ecclésiale. Et hop, la mouette s'envole. Et entre deux battements d'ailes, elle se prend à siffloter une citation de Thomas Merton qui lui revient à l'esprit : «Le message d'espérance que le contemplatif vous offre, frère, n'est pas, dès lors, de vous dire qu'il vous faut chercher votre voie dans la jungle du langage et des problèmes qui entourent Dieu aujourd'hui. [,..] Que vous le compreniez ou non, Dieu vous aime, il est présent en vous, il vit en vous, il demeure en vous, il vous appelle, il vous sauve et vous offre une compréhension et une lumière qui ne ressemblent à rien de ce que vous avez pu trouver dans les livres ou entendre dans les sermons. Le contemplatif n'a rien à vous dire si ce n'est, pour vous rassurer, de vous dire que si vous osez pénétrer votre propre silence et osez avancer sans crainte dans la solitude de votre propre cœur, et si vous courez le risque de partager cette solitude avec l'autre qui est seul et qui cherche Dieu à travers vous et avec vous, alors vous recouvrerez vraiment la lumière et la capacité de comprendre ce qui est au-delà des mots et au-delà des explications parce que c'est trop proche pour être expliqué: l'union intime, dans les profondeurs de votre cœur, de l'Esprit de Dieu et du tréfonds secret de votre être, de telle sorte que vous et Lui êtes en toute vérité un seul Esprit. »
Bon vol !

lundi 26 avril 2010

Chroniques de la mouette chauve 21

La mouette en tousse encore ! Ce nuage de cendre au dessus de l'Islande qui glissa sournoisement à droite et à gauche - en général les glissements ne se font que d'un côté à la fois - paralysa le ciel. Avions cloués au sol - Mon Dieu, je vais manquer mon rendez vous ! Et mes stocks options qui va les toucher ? Et mes vacances aux Caraïbes qui auraient dû commencer hier ! Bref, l'angoisse était palpable, la détresse grandissante et la médiocrité galopante !

La faim dans le monde, la vie des plus pauvres de nos semblables, la surpopulation des prisons... Mais chère amie, on s'en fout de tout ça ! L'essentiel est dans notre conscience duveuteusement enroulée sous la couette de nos égoïsmes. L'essentiel, c'est qu'on nous fiche la paix, et dans de grandes largeurs encore. Cela me rappelle les paroles impérissables prononcées au lendemain de l'importante chute de neige en décembre (nuit du 17 au 18 si ma mémoire ne me trahie pas) : "on est au XX ème siècle, en France et on ne peut pas rouler !"
C'est vrai ça, il neige comme au Moyen Age, c'est dingue tout de même ! Mais que fait la Présidence ? Je vous le demande ! On vote pour avoir la paix : pas de neige quand il faut aller au supermarché faire la provision de produits saturés en graisses de toutes origines, pas d'éruption volcanique quand je dois prendre l'avion pour Hawaii (vive Magnum !), pas de soleil lorsque je vais à la chasse aux escargots... ect... ect... Sinon, fais gaffe Sarkozy parce qu'en 2012 je vote pour euh, euh, euh, enfin tu verras !
En lissant ses plumes, notre mouette se prend à songer au bon vieux temps où on ne demandait pas son avis pour tout et n'importe quoi à la ménagère de moins de 50 ans, au jeune grand père célibataire... On avait la paix !
Et puis, comme dit Eric Cantona : "Quand les mouettes suivent le chalutier, c'est qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer !"
Et toc !
Merci Eric !

samedi 10 avril 2010

Chroniques de la mouette chauve 20

Dans cet espace temps post résurrectionnel, la mouette chauve est "rayonnante de la joie pascale" selon la formule d'une des préfaces du temps liturgique sus nommé. Il n'y a qu'à voir la tête des communautés (les prêtres en sont les premiers témoin), tout rayonne d'une allégresse palpable. Bonne humeur, rires et danses, amabilités en tous genres.
Ambiance pétillante garantie !
LOL ! Ce qui veut dire "Laughing Out Loud", mot à mot : rire à voix haute, ce qui peut se traduire par "rire à gorge déployée" - "mort de rire", le fameux mdr ! - en langage MSN.
Donc notre mouette est mdr, elle lol !
Pourtant, il n'y a pas de quoi. La crise (eh oui !), la tempête qui noya nombre d'habitations en Vendée et Charente Maritime, les rumeurs qui courent... Pas de quoi pavoiser et crier dans les embruns.
Ce n'est pourtant pas une raison pour siffler le même air que tous. Il est vrai que "les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux." Mais bon, nous ne sommes pas à la ferme célébrité et nous avons le droit de ne pas jouer les perroquets en colportant les même infos à la vérité douteuse.
Il y a ceux à qui on donne un perchoir de rapace dans une volière d'oiseaux bavards - et qui ne sont en fait que de pauvres merles se prenant pour des aigles - , il y ceux qui jouent les perruches décoratives, ceux qui ne savent où aller (cf "Un jour sur ces longs pieds, allait, je ne sais où un héron au long bec emmanché d’un long cou") et enfin ceux qui se griment d'un autre plumage que le leur.

"Un paon muait : un geai prit son plumage ;
Puis après se l'accommoda ;
Puis parmi d'autres paons tout fier se panada ,
Croyant être un beau personnage.
Quelqu'un le reconnut : il se vit bafoué,
Berné, sifflé, moqué, joué,
Et par messieurs les paons plumé d'étrange sorte ;
Même vers ses pareils s'étant réfugié,
Il fut par eux mis à la porte.
Il est assez de geais à deux pieds comme lui,
Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui,
Et que l'on nomme plagiaires.
Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui :
Ce ne sont pas là mes affaires."

Alors, que faire, pauvre mouette ordinaire ?
Simplement être elle même et pas autre chose, dans la paix, celle du Christ. La paix du CHRIST n'existe qu'avec le pardon donné ou reçu ; la réconciliation avec soi-même et avec les autres. La paix du CHRIST est toujours le signe que la personne vit en Présence du CHRIST et avec le CHRIST : " Réjouissez-vous sans cesse dans le SEIGNEUR, je le dis encore, réjouissez-vous. Que votre modération soit connue de tous les hommes. Le SEIGNEUR est proche. N'entretenez aucun souci mais en tout besoin, recourez à l'oraison et à la prière, pénétrés d'action de grâce pour présenter vos requêtes à DIEU. Alors LA PAIX DE DIEU qui surpasse toute intelligence prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées dans le CHRIST. " Ph 4, 4 - 7
Alors oui, la mouette sera véritablement "rayonnante de la joie pascale" à en aveugler le célébrant.
Paf !
Et belle journée !

NB : la mouette remercie M. Jean de La Fontaine pour son involontaire collaboration.

mardi 23 juin 2009

Chroniques de la mouette chauve 19.

Après une longue absence la mouette chauve revient requinquée et pleine d'allant pour l'été qui s'annonce.
Pendant que le congrès écoute à Versailles, qu'Obama can tout (en celui qui le fortifie ?) et que Closer n'en finit pas de faire sa pub pour une nouvelle version, la mouette alla planer dans les cieux au dessus de quelques contingences immédiates afin de trouver le fameux recul nécessaire (vous savez le recul à prendre vis à vis d'une mission, d'une émotion, d'une épreuve ; ce recul qui s'échappe dans une sorte de fuite en avant lorsqu'on a besoin de lui..!).
Du recul donc. Cela est bel et bon. But how ?

Lorsque quelque chose encombre l'esprit au point d'y prendre toute la place, il faut faire sauter le siphon au fond de la baignoire ! Mais là aussi, il arrive qu'il soit difficile à atteindre. Un moyen simple consiste à distraire l'esprit en le faisant regarder ailleurs, vous savez comme pour les enfants dont les parents s'exclament d'un seul coup "Oh regarde l'avion !" afin d'éviter le flot des "j'veux une glace, j'veux une glace..."
Un centre d'intérêt, d'investissement peut jouer un rôle de catalyseur. Lorsque nous prions la Prière du Notre Père, nous demandons explicitement à Dieu de prendre toute la place dans nos vies : "Que ton nom soit sanctifié. Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel." Celui ou celle qui se tourne vers son Dieu lui demande que toute son existence soit baignée, immergée dans la vie même de Dieu. Et si nous respectons l'ordre chronologique des paroles de cette prière (dans leur exécution au coeur de notre vie), nous pouvons constater que la rancune ("comme nous pardonnons aussi"), les tentations n'ont plus le moindre espace où se sentir à l'aise puisque Dieu a toute la place. CQFD.
Mouette qui prie, paix garantie !
Elle mange un macaron glacé à votre santé (les fruits de la passion-chocolat au lait), slurp, slurp...
"Pourquoi ai je dit cela ? Serait ce parce que je ne vous aime pas ? Mais si ! Et Dieu le sait !" 2 Co 11, 11 
Belle journée !

dimanche 1 février 2009

Chroniques de la mouette chauve 18.

Faut il, parce que la parole se fait partout bruit diffus, ajouter à la cacophonie ambiante se demande la mouette chauve de retour d'un long voyage au pays de ses rêves. Faut il, parce que tout le monde donne son avis - son très petit avis - donner aussi le sien ? N'y a t il pas un risque de verser dans le genre "brève de comptoir" ? 
On parle beaucoup ces temps ci d'une levée d'excommunication qui concerne quatre évêques - dont beaucoup n'avaient jamais entendu parler jusque là. L'un d'entre eux a prononcé des paroles révélant tout son mépris de la vérité historique, tout son désir de saper la réconciliation qui tente de s'opérer. L'homme glissera lui même dans le guano qu'il aura semé ! La mouette se dit qu'il aurait parlé une autre langue (du martien par exemple), elle n'aurait pas eu l'impression de paroles plus étrangères. Le négationisme, l'anti-sémitisme : rien de cela n'est chrétien, rien de cela ne fait partie du vocabulaire et des sentiments écclésiaux. 
De belles âmes s'indignent : on ne doit pas brader le Concile Vatican II ! Et comme elles ont raison du reste ces âmes de choix ! Ce serait l'occasion de reprendre les textes, en communauté, en petits groupes, en paroisses, dans les mouvements, les aumôneries... Au moins les textes seraient lus, connus, priés. On parle souvent sans savoir et parler tient souvent lieu de savoir.
Bon. Donc ne bradons pas le Concile. C'est acquis, au moins pour la mouette qui vous parle. Ne bradons pas aussi tous ceux qui ont précédé le dernier. L'Histoire de l'Eglise ne se découpe pas en tranches, si savoureuses soient elles. 
Evidemment songe notre mouette, s'il y avait eu un peu plus de communication, les choses auraient été mieux comprises. Cela aurait évité aux moins honnêtes de ressortir tous les poncifs dont Benoît XVI est accablé (et ce, bien avant son élection comme successeur de Pierre) ; la presse des beaux esprits qui n'aiment qu'eux mêmes - et encore ! - aurait eu moins de biscuits à croquer. 
C'est aujourd'hui le dimanche de la communication dans l'Eglise. L'équipe qui avait la charge de préparer l'eucharistie avait disposé des revues, journaux servant à dire ce qui fait vivre l'Eglise : la Parole de Dieu et la Tradition de cette même Eglise. Des moyens simples, efficaces lorsqu'ils ne sont pas pervertis par un désir de pouvoir, de revanche sur qui que ce soit.
Communiquer, c'est dire à l'autre : "tu existes". C'est lui dire "je t'écoute". Avant de "balancer" un message.
Qu'avons nous à dire ? Qu'avons nous à partager ?
Des divisions, des désirs de revanche recuits au feu de notre colère et de notre rancoeur ?
Une Parole qui libère, qui fait vivre, qui fait que l'espérance est toujours présente ?
Bien sûr, il y aura des difficultés dans la communion qui est entrain de se reconstruire. Il y aura peut être des manquements à la parole donnée... Mais un pas est fait, et chaque pas est une victoire.
Puisse notre prière nous porter au delà des agitations du moment, et fixer l'éternité "sans trop cligner des yeux" comme disait François Mauriac.
Deus Caritas est.
Le reste, c'est de la roupie de sansonnet.
Cui cui.
Et belle journée !

vendredi 14 novembre 2008

Chroniques de la mouette chauve 17

Aie confiance...
La mouette chauve se souvient des paroles du serpent dans "Le livre de la jungle". Vous savez, cet énorme boa nommé Kâ, orange et blanc, avec une bonne tête de faux jeton... Celui qui vous tombe dessus lorsqu'on s'y attend le moins et qui tente de vous hypnotiser avec ses yeux animés de spirales.
Aie confiance...
Il y a ceux dont la demande de confiance endort - le serpent ! - et ceux dont la même demande réveille, tient en alerte sur l'essentiel. 
S'abandonner au regard du serpent, c'est se perdre, se livrer, se suicider à plus ou moins long terme. Dans sa bouche, l'appel à la confiance est une condamnation.
Combien en connaissons nous des serpents de tous poils (un serpent poilu !) qui tentent de nous endormir avec de plus ou moins belles paroles, qui protestent de l'amitié (l'amitié d'un serpent...) qu'ils nous témoignent afin de mieux nous tirer une balle entre les deux omoplates. Traîtres !
Et puis il y en a d'autres... et heureusement !
D'autres qui trouvent leur source, leur inspiration dans la vie même de Celui qui est l'abandon et la confiance même ; dans l'être même de Celui qui est le premier fidèle, le premier Aimant, le premier Don.


"Comme le Christ est l'illustration du Père, les saints sont l'illustration du Christ : l'on ne saurait se passer davantage de cette illustration-ci que de celle-là pour parvenir à l'Original. Il y a là, dans le christianisme, un esprit de conséquence tout à fait imparable." Frère François Cassingena Tréverdy in Etincelles II p 248.

Il est vrai et attesté que dans cette ligne l'invitation "Aie confiance..." prend une autre couleur et une autre espérance.
Un vent du large, la plus haute vague, la voile la plus gonflée...
La mouette chauve se souvient de l'Ecce Homo de Mantegna (cf le post du 16 octobre). Le visage du Christ traduisait une telle paix dans l'épreuve qu'il paraissait presque évident - toute image est subjective - que le peintre avait saisi ce sentiment profond d'abandon, et que, peut être, il en avait même une expérience directe malgré les ténèbres grondant à l'intérieur de son coeur - ténèbres figurés par les quatre insulteurs aux côtés du Christ.
En Lui sont toutes nos sources.

"Précision - Jésus Christ n'est pas un point équidistant entre Dieu et l'homme, mais, en lui même, il met au point Dieu et l'homme. Il les met en ce même point qui est lui-même, sans les superposer ni les confondre." Frère François Cassingena Tréverdy in Etincelles II p 306.

Belle journée !

samedi 25 octobre 2008

Chroniques de la mouette chauve 16

Plouf !
Brasse coulée, plongée en eaux profondes sans avoir le loisir de contempler les coraux, voici ce que fut le quotidien de la mouette chauve ces deux derniers mois.
Le temps file avec intensité et aussi beaucoup de joie.
Et si quelque chose d'essentiel échappait, et si notre mouette ne voyait que la surface des choses, leur écume pourrait on dire ?
"Les événements sont l'écume des choses, c'est la mer qui m'intéresse" disait Paul Valéry.
La mer...
... avec ses reflets d'argent,
... ses golfes clairs ?
Pas seulement.
Avec aussi ses tempêtes et ses embruns.
Avec sa profondeur aussi.
Là où tout est paisible (sauf si on croise un requin de récifs bien sûr, ces passions dormantes qui se réveillent en sursaut et vous volent à la gorge et au coeur à vous les faire éclater).
Là où tout est silence, quiétude.
Descendre lentement, non pour se noyer mais pour se trouver,
non pour se contempler mais pour Le trouver.
"Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira." Lc 11, 10.
La mouette chauve, en pleine vitesse au dessus des vagues, se dit qu'elle devrait cesser de battre des ailes, de faire du vent (il y en a assez sur la falaise !) pour pas grand chose.
Elle devrait se poser sur un beau rocher - et faire un beau silence.
Fermer à demi les yeux et contempler au dedans d'elle même - au coeur de sa vie - la présence agissante de Celui qui l'aime et qu'elle aime.
Il donne son amour, elle y répond. A la source de cet amour, elle puise le désir de donner à son tour.
"Ô seul désir pour notre foi, qu'un long regard posé sur Toi". (Hymne de l'office des Lectures, Présentation du Seigneur)
Prendre le temps, laisser infuser.
Etre patient.
Vivre le moment présent. Avant toute action, il doit y avoir l'adoration.
Contempler Celui qui donne tout.
"N'ayez pas peur du Christ ! Il n'enlève rien, il donne tout. Celui qui se donne à Lui reçoit le centuple" nous dit Benoît XVI.
Alors cette pause, on la fait ?
"Ce que j'ai désiré, je le vois ; ce que j'espérais, je le tiens ; je suis uni dans le ciel à Celui que j'aimais sur la terre." (Antienne du cantique de Zacharie. Fête de Sainte Agnès)

Belle journée !

lundi 18 août 2008

Chroniques de la mouette chauve 15

Flap, flap, flap… (vol lent et régulier)

Au dessus des vagues, la mouette se demande ce qui se trame là dessous, par delà les remous de l’onde salée. Souvent, sur son rocher, elle médite sur les agitations du large tout en guettant (elle a l’esprit pratique) le poisson passant à portée de bec. Le tourment des flots, la profondeur des abysses sont autant de mystères… (e un mistero padre, hi hi hi ! disent les religieuses romaines !)
On lui a parlé d’un peintre qui entre deux toiles aurait déclaré « Je ne cherche pas l’exaltation, la ferveur me suffit » (Georges Braque). Les vagues hautes et pleines d’écume, les tourbillons, les hauts fonds, tout cela, c’est l’écume des choses. D’autres se jouent plus en profondeur.

Flap, flap, flap… (vol d’allure moyenne)

Pourtant, il est tentant de ne rester qu’en surface. La souffrance, les épreuves, les déchirements de l’existence y portent. L’attente et la quête d’un bonheur plus grand, enfin durable et pour toujours enraciné sont souvent dures et éprouvantes. Lorsque le bateau tangue, souvent la question affleure : pourquoi faut-il donc que cette attente soit ceci ? Chaque minute, on croit tenir, et puis dès fois…
Savoir le froid des hivers, l’âpreté des luttes passe encore mais au moins savoir pourquoi tout cela. « Nous ne demandons pas à être éternel, mais à ne pas voir les actes et les choses tout à coup perdre leur sens » (Antoine de Saint Exupéry in Vol de Nuit). Il y a là des questions très sérieuses se dit notre mouette. Si au fond d’elle même, elle est convaincue que tout peut concourir à l’expression de la manifestation de l’amour de Dieu dans la communion des saints, certains jours, elle cale un brin.
Mais quand même, songer qu’une épreuve peut, par des moyens que seul Dieu connaît, avoir une importance pour un inconnu, lointain, c’est un sens précis et d’importance. « Dieu a peut être voulu que de nombreuses âmes, dans le monde, soient sauvées grâce à votre fidélité » disait Thomas Merton.
Semper fidelis !
A suivre !

Flap, flap, flap… (vol rapide et plein d’allant)

samedi 2 août 2008

Chroniques de la mouette chauve 14

« Des figuiers entouraient les cuisines ; un bois de sycomores se prolongeait jusqu’à des masses de verdure, où des grenades resplendissaient parmi les touffes blanches de cotonniers : des vignes, chargées de grappes, montaient dans le branchage des pins : un champ de roses s’épanouissait sous des platanes ; de place en place sur des gazons, se balançaient des lis ; un sable noir, mêlé à de la poudre de corail, parsemait les sentiers, et, au milieu, l’avenue des cyprès faisait d’un bout à l’autre comme une double colonnade d’obélisques verts. » (in Salammbô, Gustave Flaubert)
Notre mouette est en vacances. Ouf ! Respirer enfin l’air du large, flâner sur les fortifications « Vauban », lire de bons romans. Gin tonifiant !
Mais elle n’a pas levé l’ancre pour autant. Vacances ne signifie pas oubli de ceux qui font le quotidien de l’année, de ceux qui sont la respiration de l’amitié.
Vacances ne signifie pas non plus se couper de la source de l’unique espérance, celle chantée par Charles Péguy dans « Le Porche de la deuxième Vertu » :
« On se demande, on dit : mais comment que ça se fait
Que cette fontaine Espérance éternellement coule,
Qu’elle jaillit éternellement, qu’elle source éternellement,
Eternellement jeune, éternellement pure
Eternellement fraîche, éternellement courante.
Eternellement vive
- Bonnes gens dit Dieu, ça n’est pas malin…
Si c’était avec de l’eau pure qu’elle voulut faire des sources pures,
Jamais elle n’en trouverait assez, dans toute la création
Car il n’y en a pas trop.
Mais c’est justement avec les eaux mauvaises qu’elle fait ses sources d’eau pure.
Et c’est pour cela qu’elle n’en manque jamais.
Mais c’est aussi pour cela qu’elle est Espérance…
Et c’est le plus beau secret qu’il y ait dans le jardin du monde »

Dans la paix de l’été, savourer cela lentement et s’y abreuver – sans fin.
Et de s’envoler avec son contre point la chouette mauve.
Bon vol !

dimanche 20 juillet 2008

Chroniques de la mouette chauve 13


Depuis le temps qu'elle rêvait d'aller à Sydney, la mouette chauve y est !
Et en bonne compagnie !
Plein de jeunes dont un Pape ! On ne saurait trouver meilleur compagnonnage… Elle ne regrette pas ses coups d’ailes – parfois onéreux – jusqu’en Australie. Le Limousin n’est pas la porte à côté !
Depuis son arrivée, la mouette a, comme Benoît XVI, pris contact avec la réalité locale. En arrivant, elle a survolé un groupe de kangourous bondissants, repéré un échidné (qui s’allonge à volonté), fait un bout de chemin avec des oiseaux de paradis (cela s’imposait !).
Puis ce furent les choses sérieuses. Rencontres multiples (œcuméniques, interreligieuses), veillées et prières partagées – elle suivit le Saint Père pas à pas.
Cette année, les JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) sont centrées sur l’Esprit Saint. Perchée sur le dossier du siège pontifical (ah bon, vous ne l’avez pas vue ?), la mouette écoute, les yeux à demi clos afin de mieux se concentrer, de mieux entendre les paroles prononcées. Une écoute aux couleurs de prière.
« Vous savez déjà que notre témoignage de chrétien est offert à un monde qui, par beaucoup d'aspects, est fragile. L'unité de la création de Dieu est affaiblie par des blessures qui s'approfondissent quand les relations sociales se brisent ou quand l'esprit humain est presque totalement écrasé par l'exploitation ou l'abus des personnes. De fait, la société contemporaine subit un processus de fragmentation en raison d'un mode de pensée qui, par sa nature, a la vue courte, parce qu'il néglige l'horizon de la vérité - de la vérité concernant Dieu et nous concernant. En soi, le relativisme ne parvient pas à embrasser l'ensemble de la réalité. Il ignore les principes mêmes qui nous rendent capables de vivre et de grandir dans l'unité, l'ordre et l'harmonie. » Elle est bien d’accord la mouette, d’ailleurs elle opine du chef. Sur son habituel rocher, combien de fois n’a-t-elle pas fait ce constat… Le Pape poursuit en interpellant directement ses auditeurs : « En tant que témoins du Christ, quelle est notre réponse à un monde divisé et fragmenté ? Comment pouvons-nous offrir l'espérance de la paix, de la guérison et de l'harmonie à ces « stations », lieux de conflit, de souffrance et de tension, où vous avez choisi de vous arrêter avec cette Croix de la journée Mondiale de la Jeunesse ? L'unité et la réconciliation ne peuvent être atteintes par nos seuls efforts. Dieu nous a fait l'un pour l'autre (cf. Gn 2, 24) et nous ne pouvons trouver qu'en Dieu et que dans l'Église l'unité que nous cherchons. Cependant, face aux imperfections et aux désillusions aussi bien individuelles qu'institutionnelles, nous sommes parfois tentés de construire une communauté « parfaite ». Ce n'est pas là une tentation nouvelle. L'histoire de l'Église contient de multiples exemples de tentatives pour contourner et dépasser les faiblesses et les échecs humains pour créer une unité parfaite, une utopie spirituelle.
De telles tentatives pour bâtir l'unité, en fait, la minent ! Séparer l'Esprit Saint du Christ présent dans la structure institutionnelle de l'Église compromettrait l'unité de la communauté chrétienne, qui est précisément un don de l'Esprit ! Cela trahirait la nature de l'Église en tant que Temple vivant de l'Esprit Saint (cf. 1 Co 3, 16). C'est l'Esprit, en fait, qui guide l'Église sur le chemin de la pleine vérité et en assure l'unité dans la communion et le service (cf. Lumen Gentium, 4). Malheureusement, la tentation d'« aller de l'avant tout seul » persiste. Certains parlent de leur communauté locale comme d'une réalité séparée de la soi-disant Église institutionnelle, décrivant la première comme souple et ouverte à l'Esprit, et la seconde comme rigide et privée de l'Esprit. »

Là aussi d’accord à 100 %. Bien souvent elle a souffert de cette séparation ruineuse pour le quotidien de la vie de foi. Et Benoît XVI poursuit : « L'unité appartient à l'essence de l'Église (cf. Catéchisme de l'Église catholique, n. 813) ; elle est un don que nous devons reconnaître et que nous devons chérir. Ce soir, prions afin d'être résolus à faire grandir l'unité. Construisez-là ! Résistez à la tentation de vous y soustraire ! Puisque c'est précisément l'amplitude, le large horizon de notre foi - en même temps solide et ouverte, cohérente et dynamique, vraie et toujours tendue vers une connaissance plus profonde - que nous pouvons offrir à notre monde. Chers jeunes, n'est-ce pas à cause de votre foi que des amis en difficulté ou à la recherche d'un sens à leur vie se sont tournés vers vous ? Soyez vigilants ! Sachez écouter ! À travers les discordances et les divisions du monde, pouvez-vous entendre la voix unanime de l'humanité ? De l'enfant abandonné dans un camp du Darfour à l'adolescent troublé, à un parent angoissé dans une banlieue quelconque, ou peut-être, en ce moment même, des profondeurs de votre cœur, jaillit un même cri d'humanité qui aspire à une reconnaissance, à une appartenance, à une unité. Qui satisfait ce désir humain essentiel d'être un, d'être en communion, d'être enrichi, d'être conduit à la vérité ? L'Esprit Saint ! Tel est son rôle : porter à son accomplissement l'œuvre du Christ. Enrichis des dons de l'Esprit, vous aurez la force d'aller au-delà des visions partielles, de l'utopie creuse, de la précarité de l'instant, pour offrir la cohérence et la certitude du témoignage chrétien ! »
Fortifiée comme si elle avait avalé 10 tubes de vitamine C, notre mouette entend encore avant de laisser monter une douce action de râce sous le ciel étoilé : « Les dons de l'Esprit qui agissent en nous, orientent et déterminent notre témoignage. Orientés, de par leur nature, à l'unité, les dons de l'Esprit nous lient encore plus étroitement à l'ensemble du Corps du Christ (cf. Lumen gentium, 4), en nous rendant davantage capables d'édifier l'Église, pour servir ainsi le monde (cf. Ep 4, 13). Ils nous appellent à participer activement et joyeusement à la vie de l'Église : dans les paroisses et dans les mouvements ecclésiaux, dans les cours de formation religieuse, dans les associations universitaires et dans les autres organisations catholiques. Oui, l'Église doit grandir dans l'unité, elle doit s'affermir dans la sainteté, se rajeunir et se renouveler constamment (cf. Lumen gentium, 4). Mais suivant quels critères ? Ceux de l'Esprit Saint ! Adressez-vous à lui, chers jeunes, et vous découvrirez la signification véritable du renouvellement. »
Pontificalement vôtre !

mardi 1 juillet 2008

Chroniques de la mouette chauve 12

Aujourd’hui l’air est si dense d’humidité que même les grenouilles transpirent.
Naturalisée !
Voilà ce qu'elle est aujourd'hui notre mouette perchée !
Il ne faut pas oublier ici la plurisémie (je l'avoue, je viens de faire mon malin, il eût été préférable de dire : plusieurs sens) de certains mots.
Naturalisé peut vouloir dire : Accorder une nationalité à un étranger. (genre : t'as tes papiers ? Oui monsieur l'agent, depuis peu, je viens d'être naturalisé)
ou alors : Empaillé (genre : quel magnifique archéoptéryx ! Est-il vivant ? Non ma chère, il est empaillé !)
Si nous considérons le premier cas, force est bien de constater qu’il est réduit, peut employé – ou alors avec moult précautions – et très facilement convertible en billet simple pour l’Afrique (pays de votre choix) sur grandes lignes.
Le second cas paraît moins aléatoire quoiqu’irrémédiable. Il provoque l’immobilisme permanent – et définitif. Par contre il est une aide précieuse pour camper une attitude digne en toutes circonstances. Exemple : « ce sénateur est digne à tout moment, on dirait qu’il est empaillé ».
Alors que choisir ? Comme notre mouette, nous aspirons tous à être de quelque part, à être naturalisé dans un groupe, une communauté, un pays. Nous cherchons une reconnaissance claire, libre et franche. Notre vie a besoin du regard des autres pour trouver son relief.
Et puis d’un autre côté, nous aspirons à la tranquillité, à l’immobilisme le plus parfait. Comme c’est beau lorsque rien ne bouge ! Empaillé va !
Et si nous avions au seuil de l’été un peu de goût pour ce qui n’est pas fait d’avance, pour ce qui n’est pas coulé dans le béton, pour ce qui vit et respire, bref pour ce qui est en mouvement, ce qui bouge et évolue.
Et cela ne sert à rien de sautiller bêtement sur notre rocher, ou à singer la moule de bouchot en pleine action, dans un cas comme dans l’autre, c’est perdu d’avance.
Inutile aussi d’être aussi sombre qu’un caméléon tombé sur une soutane, la noirceur d’humeur comme d’âme n’a jamais fait rien progresser.
Et hop, c’est là qu’intervient tel Zorro à l’appel du fidèle Bernardo, la bonne citation (celle qui « va bien » selon la terminologie militaire bien connue), elle va aider à trouver une place juste (si on la met en pratique of course !), à nous situer de manière responsable. La voici « sous vos applaudissements » :
« C’est dans une solitude profonde que je trouve la patiente douceur qui doit marquer l’amour que je porte à mes frères. Plus je suis seul, plus j’ai d’affection pour eux. La solitude et le silence m’enseignent à aimer mes frères pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils disent. Il n’est plus question de leur faire l’insulte d’accepter leur fictions, de croire à l’image d’eux mêmes que leur faiblesse les oblige à composer, dans leurs tristes efforts d’extériorisation. Il est cependant vrai qu’il demeurera toujours un rapport entre les paroles et l’être profond d’un homme. » Thomas Merton in « Le signe de Jonas ».
Dont acte !

dimanche 15 juin 2008

Chroniques de la mouette chauve 11

Sera-t-elle Popeck ou Garcimore ?
Grave la mouette ce matin ! Il s’agit de faire un choix, et pas n’importe lequel. L’humeur de la journée.
Au fait vous vous souvenez : Popeck, c’est l’agité toujours grognon qui s’énerve sur l’existence en ponctuant ses diatribes de « on n’est pas des sauvages tout de même ! »
Et Garcimore ? Ce faux doux dingue qui faisait mine de rater des tours de magie entre deux éclats de rire de Denise Fabre (et son fameux kaléidoscope !). Tic Tac et Tac Tac ça ne vous dit rien ? Mais si, les deux souris qui terrorisaient la même Denise…
Que va-t-elle choisir notre mouette : râler ou être « décontrastée » comme Garcimore.
Garcimore ou Popeck ? Rire ou râler ?
That is the question my dear et ses lumières sur la question n’auraient pas pu éclairer l’intérieur d’un dé à coudre...
En fait, se dit notre volatile, il ne s’agit pas tant de faire un choix radical que de choisir un axe de vie. Il est rare que son tempérament la porte à être aussi sombre qu’un caméléon tombé sur une soutane. Notre oiseau n’est pas de cette trempe de larmoyants de naissance qui hantent l’existence des autres de leurs gémissements en boucles. Elle est plutôt entre les deux, alors que faire ?
Consultant un de ses congénères entré dans la Compagnie de Jésus, elle appris deux choses qui lui parurent à retenir (elles sont tirées des Exercices Spirituels de St Ignace de Loyola n° 230 – 231) :
- « La première est que l’amour doit se mettre dans les actes plus que dans les paroles. »
- « La seconde : l’amour consiste en une communication réciproque ; c’est à dire que celui qui aime donne et communique à celui qu’il aime ce qu’il a, ou une partie de ce qu’il a ou de ce qu’il peut ; et de même, à l’inverse, celui qui est aimé à celui qui l’aime. De manière que si l’un a de la science, il la donne a celui qui ne l’a pas ; de même pour les honneurs et les richesses. Et de la même manière l’autre donne au premier. »
Comme la mouette est toujours a se demander que faire face à telle ou telle situation, comment se situer envers des comparses sans parole, elle songe que le digne fils de St Ignace lui a communiqué des principes des plus importants.
Que vous en semble ?
Alors décontrasté ?

Belle journée !

samedi 24 mai 2008

Chroniques de la mouette chauve 10

Séquence « mouette liturgique ».
Perché sur son rocher la mouette regarde par la porte ouverte de la chapelle du promontoire la lumière tamisée qui s’en échappe. La messe vient de s’achever, personne n’est sorti. Silence à l’intérieur. Un peu de fumée d’encens (parfumé avec un rien de rose et de Benjouin comme à St Louis), quelques fleurs jaunes et blanches.
C’est la fête de l’eucharistie, le Corpus Christi (version motupropriorisée). La mouette ferme à demi les yeux afin de ne voir que l’essentiel. Une hostie ronde et blanche au cœur d’un ostensoir. C’est là où Dieu n’est rien et que pourtant il est tout. C’est là qu’il se donne et que chacun se reçoit.
Songeuse, la mouette songe à la phrase fameuse du Révérend Père de Lubac : « L’eucharistie fait l’Eglise et l’Eucharistie fait l’Eglise ». Elle est d’accord notre mouette.
L’eucharistie permet de traverser la souffrance et l’épreuve puisque le Christ dans son Incarnation nous y a précédé. L’eucharistie permet d’unifier nos joies et nos bonheurs, de faire que rien dans notre vie ne soit isolé, laissé pour compte. La communion des croyants construit le Corps du Christ, l’édifie et le fortifie. Chacun est membre du Corps entier.
On en voit des choses par une porte d’église…
La mouette est un peu triste néanmoins, elle songe à ceux et celles qui n’ont pas encore touché du cœur cette réalité fondamentale, à ceux qui pour un temps ont la vue voilée par des questions sans réponses préparées. Elle ferme les yeux. Si seulement ce qu’elle ressentait pouvait être mystérieusement partagé avec ceux évoqués précédemment.
Quelle résonance a sa prière dans l’éternité et dans le cœur des hommes ses frères ? La réponse ne lui appartient pas, la mouette le sait bien.
Mais elle sait, dans la foi, que résonance il y a, puisque rien n’est étranger au cœur de Dieu, « qu’aucune souffrance n’est perdue, que chaque larme compte, chaque goutte de sang, que le secret du monde tient dans le Deus Caritas est de St Jean : Dieu est amour ».

vendredi 2 mai 2008

Chroniques de la mouette chauve 9

Songeuse la mouette en ce jour. Ses neurones ne font pas le pont – que dis je le viaduc ! – du premier mai.
Où vais je ? Où cours je ? Dans quel état j’ère ? Voilà qui pourrait résumer ce qui agite le bocal d’une voisine de rocher où souffle une forte tempête. Elle perçoit en elle comme un bruit de haubans qui craquent, de voiles qui se déchirent au vent. Son gouvernail s’affole à force de naviguer dans les hauts fonds. Alors, bien sûr, elle remet bien des choses en questions, tout y passe, et le reste.
La mouette chauve est un peu désemparée, ses ailes soudain lui pèsent, plus envie de voler. Les questions de la voisine sont un peu les siennes. Solidarité de mouette.
Alors il faut prendre un peu de distance avec tout cela ; pour pouvoir aider, un peu. Se rappeler d’autres expériences fondatrices où enraciner ses actes et son être.
La Petite Thérèse avait connu des moments d'angoisse, de combat si dur qu’ils l’avaient mené sur le bord infini des choses, à ce point où le vertige nous saisit. Comment faisait elle pour traverser ses moments ? Help !
La mouette chauve alla donc consulter un prêtre et jouer à nouveau les perroquets de corsaire (cf chroniques 2) sur l’épaule du pasteur qui lui dit ceci :
Trois éléments pouvaient se dégager de la démarche de Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.
Accepter ce que Dieu donne tout d’abord, car il continue de parler et d’agir dans la vie de celui, de celle qui souffre (mais il n’envoie pas la souffrance bien sûr). Il donne son amour dans la tempête comme par temps calme. Elle vivait là la confrontation à la réalité de sa vie en intégrant très intimement qu’elle était aimée aussi dans sa réalité souffrante (qui n’était pas néanmoins le tout de son existence).
Deuxième élément : elle vivait cela dans la joie. Non pas une joie de façade, artificielle comme des fleurs de cimetière : une vraie joie puisée en Christ, nourrit de l’amour qu’elle avait pour Dieu et ses sœurs.
Troisième élément : elle vivait cela dans l’abandon en Dieu. Dans une grande patience, avec beaucoup de confiance. Elle avait la conviction que tout ne dépendait pas d’elle et qu’à un moment il lui fallait lâcher prise et s’en remettre à l’amour de Dieu qui permet de traverser la souffrance.
Et hop, notre mouette chauve poste cela rapidement et l’envoie à sa voisine. En espérant que cela puisse parler d’espérance durable.
Bon vol !

vendredi 18 avril 2008

Chroniques de la mouette chauve 8

Changer de rocher, d'air ; aller voir plus loin si la mer est plus belle, plus bleue.
Ce matin, la mouette sujette à des langueurs se laissent aller à des illusions... Vivre ce qui lui est donné à vivre lui semble petit, dérisoire, sans importance. Son rocher ne lui suffit plus, les algues sont ternes et le ciel trop bas. La mouette se prend pour un aigle. Elle ne se sent plus voler. Les hauteurs vertigineuses sont pour elle, point de doute possible.
Et pourtant, elle les connaît ses ailes, leur force et leurs limites. Elle sait sa capacité à voler un certain temps, à une hauteur moyenne. Elle n’arrive pas à l’accepter, alors elle rêve. Elle rêve que sa voix, ses plumes vont ouvrir des routes, que ses actions vont faire jaillir les villes des sables ; elle se berce de tout cela.
La médiocrité – la sienne surtout – lui donne des hauts le cœur. Elle ne s’aime guère. Elle croît qu’on ne peut l’aimer comme elle est. Alors elle s’invente une gloire « écran de fumée » couleur « brouillard sur la Tamise ».
On lui a dit pourtant : le premier pas sur cette route est de se reconnaître aimée – des autres bien sûr, elle en a de multiples signes ; et de Dieu au delà de tout cela.
Eh oui pauvre mouette ébouriffée par les vents (tout le monde a compris ici que cette mouette est une allégorie !), tu es aimée de Dieu, il t’aime avec tes défauts récurrents, ton vol parfois bas et lourd, avec tes rêves et ton ardent désir d’avancer. Il t’aime avec et grâce à ce que tu es. Alors qu’attends - tu pour te jeter avec confiance dans les airs, il te porte ! Fais cet acte de foi une fois pour toute ! Dis oui à cet amour qui te précède ! Risque toi ! Après tu pourras te poser les grandes questions de l’existence, ces grandes questions qui ne trouvent jamais de réponse satisfaisante lorsque nous les confrontons avec notre pauvre raison.
Une fois cet acte de foi posé, tu seras en mesure de comprendre que le secret du monde et de ta vie – et ce quoiqu’il t’arrive – tient dans le « Dieu est amour » de l’évangile selon St Jean.
Tu pourras aller ensuite rayonnante de la joie pascale, dans la paix.
Belle journée !

lundi 31 mars 2008

Chroniques de la mouette chauve 7

La mouette songe. Face au vent du large chargé d’embruns, elle se prend à penser aux contrées lointaines. Tous ces pays dont on parle dans les journaux, elle en a vu les images gorgées de soleil, les paysages paradisiaques, les sites de rêve. Elle a vu aussi quelques reportages plus dérangeants : des images de conflits, de guerres, de sang. Ces clichés l’ont fait frémir et puis, ils ont été remplacés par d’autres. Les exigences de l’actualité qui font qu’un pion pousse l’autre…
Elle se dit aussi que ce n’est pas parce que les médias ne parlent plus d’un conflit qu’il a cessé. Ainsi, qui parle encore des chrétiens d’Irak, du sort de ces mêmes chrétiens au Soudan ? Le Darfour ? Disparu derrière le bal de la rose.
« Il n’est de richesse que d’homme » disait Jean Baudin au XVI ème siècle, cela au moins n’a pas dû trop varier. Que ce soit au Tibet, en Irak, au Soudan ou en Colombie les valeurs valent pour tous, il n’y a point d’êtres humains de second ordre qui seraient affranchies d’une dignité que l’on reconnaît sans grands problèmes à leurs confrères européens.
On peut aussi se demander si parler des uns ne seraient pas valorisant (le Tibet) alors que parler des autres serait au mieux une perte de temps (les chrétiens d’Irak). Il est étrange se dit notre perspicace mouette, que l’assassinat d’un archevêque après son enlèvement en Irak ne produise pas plus de remous que cela. Et désapprouver ne suffit pas. Il faut aussi agir. Le terrorisme ne peut pas vaincre l’esprit et l’espérance !
« Nous nous sommes sentis semblables à Jésus quand il entre à Jérusalem, sachant que la conséquence de son amour pour les hommes sera la croix » disait un jeune prêtre irakien après l’événement tragique.
Et la mouette se dit que le secret est là : faire un avec le Christ pour rejoindre chaque homme et ne pas l’oublier dans les remous de l’événementiel. L’action est liée à cela.
Mouette sensibilisée, monde amélioré !

Belle journée !

dimanche 16 mars 2008

Chroniques de la mouette chauve 6

Les grands rassemblements émeuvent toujours la mouette chauve. Aujourd’hui, dans les églises limousines, il n’y avait plus assez de place même pour faire entrer le plus petit des coquillages.
Tout le monde porte de curieux bouquets de buis, quelques uns ornés de meringues. Comme la mouette a déjà fait connaissance avec un prêtre à l’entrée du carême (cf chronique n°2), elle alla se percher à proximité du saint homme afin de capter quelques explications complémentaires, son caté est bien loin..!
Elle l’entendit lire un texte tiré de l’évangile (Mt 21, 1-11) qui racontait l’entrée du Christ à Jérusalem baigné par la joie et les acclamations de la foule. Le prêtre a béni les rameaux avec force eau ce qui fit sourire les enfants. Au moment où elle l’entendit expliquer le sens du geste, une chose retint son attention. Cette bénédiction des rameaux était pour manifester que Dieu venait rejoindre chacun, qu’il redisait inlassablement son amour.
Presque aussitôt après, il y eu la grande lecture de la Passion dans l’évangile selon St Matthieu (Mt 26, 14 – 27, 66). Elle a bien senti la mouette que les lecteurs de ce grand texte étaient saisis, émus, touchés. La foule demeurait silencieuse, attentive.
Le Christ entre dans Jérusalem sous les acclamations de la foule, puis est rejeté par tous. C’est à ne rien y comprendre se dit notre volatile. A bien y songer, voilà une expérience fréquente, les sentiments sont tellement variables et les cœurs si peu enracinés…
Comme pour bien faire comprendre, le prêtre a répété durant l’homélie que Dieu bénissait chacun, que les rameaux déposés dans les maisons, sur les tombes des défunts, apportés à des malades, à d’autres qui n’ont pu venir étaient le signe de cet amour de chaque instant, de la présence de Dieu au cœur de la vie des hommes.
Non loin de l’autel, la mouette vit une vieille dame aux yeux humides qui pensait à son mari, mort depuis quelques années. Son regard se porta sur la croix drapée de rouge. Des enfants pensaient en souriant à leurs copains, une jeune femme à son époux. De rapides prières montaient de leur cœur.
Dans le silence du recueillement, la mouette vit comme une aurore de Pâques !

Belle journée !