Le retour de la mouette par beau soleil et au son des oiseaux chanteurs. Le temps qui passe, les vols qui se succèdent et peu de branches où se poser.
Faisons avec elle un flash back où des sables oléronais en passant par les murailles de Brouage et la lumière de Conques. Il y en eu des déplacements et des vols. Des images se sont gravées. Le trajet ne fut pas effectué que physiquement...
Les vastes étendues d'eau brisées de vagues, la lumière qui décline doucement, de grands oiseaux qui s'envolent au couchant ont nourri les rêves de notre mouette itinérante. Histoire de prendre un peu de distance avec l'immédiateté, le ressenti de l'instant. Placer au loin ce qui inquiète et paisiblement se poser...

Brouage fut le temps de la nostalgie. Même par beau temps, la ville est revêtu d'un voile de brume.
Mélancolie délicieuse qui glisse sur les murs de cette ville désormais prise dans les terres, jadis port de commerce voulu par Richelieu. Le temps passe. Le fantôme d'un sanglot se fait entendre entre deux rafales de vent, c'est celui de Marie Mancini qui pleure son amour royal. Exilée au bout des terres. La brume c'est elle, en partie. Les rues de Brouage quand baisse la lumière du jour...
Aller à Conques fut pour la mouette l'occasion de contempler à nouveau le tympan roman de l'abbaye fameuse. Regarder en silence ce visage bienveillant et paisible qui considère à son tour ceux qui passent.

Il n'est pas douteux que les sculpteurs ont pensé en accomplissant leur ouvrage à tous les pèlerins qui se pressaient sous le portail. Certains des personnages de ce grouillant tympan regardent en bas, à divers endroits du parvis. Ceux qui sont sauvés et ceux qui ne le sont pas semblent interroger le passant : "Regarde ta vie, qu'y vois tu ? La lumière ou les ténèbres ? L'amour ou le replis sur toi ?"
Quoi qu'il en soit, tous ces personnages ne tiennent que grâce à celui qui, au centre, trône en majesté. Sans lui tout s'effrite, tout s'écroule. Sans ce regard, tout perd son sens. "Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle." Jn 6, 68. Rester là, sans un mot. Le portail s'éclaire progressivement en fin d'après midi. Des personnages surgissent de l'ombre : démons aux dents pointues, à la face hideuse, saints baignés de lumière. Au centre, le Christ rayonne intérieurement, le désir de Dieu perce la pierre : "Alors Jésus fixa sur lui son regard et l'aima. Et il lui dit : "Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis-moi." Mc 10, 21
What else ?
"Nothing of course" se dit la mouette rentrant en Limousin.
Belle journée !

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