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samedi 4 février 2017

Les 5 remèdes de saint Thomas d’Aquin contre la tristesse

1. Le premier remède est de s’accorder quelque chose qui nous fasse plaisir. C’est comme si ce grand théologien avait eu l’intuition, il y a sept siècles, que « le chocolat est un antidépresseur ». Personne ne niera qu’une mauvaise journée peut s’achever en beauté avec une bonne bière (même si cette remarque peut sembler quelque peu matérialiste). Et ce n’est pas la Bible qui dira le contraire. Le Seigneur lui-même prenait joyeusement part à des fêtes et à des banquets, et a apprécié les belles choses de la vie que ce soit avant ou après sa Résurrection. Un psaume dit même que le vin réjouit le cœur de l’Homme (néanmoins, la Bible condamne fermement l’ivresse).

2. La deuxième solution est de pleurer. D’après saint Thomas d’Aquin, « tout ce qui nuit, si on le garde pour soi, est plus affligeant parce que l’attention de l’âme s’y concentre davantage ; au contraire, lorsqu’on l’extériorise, l’attention de l’âme se trouve en quelque sorte dispersée au-dehors et la douleur intérieure en est diminuée » (I-II q. 38 a. 2). Notre mélancolie est accentuée si nous n’avons pas moyen de laisser libre cours à notre tristesse. Le fait de pleurer permet à l’âme d’évacuer une peine qui pourrait sinon nous paralyser. Jésus a pleuré, lui aussi. Et le pape François a déclaré que « certaines vérités dans la vie ne peuvent être vues qu’avec des yeux lavés par les larmes. J’invite chacun à s’interroger : ai-je appris à pleurer ? »  

3. La troisième solution est de partager sa peine avec un ami. J’ai ici en tête l’ami de Renzo dans le grand roman de Manzoni, Les Fiancés. Alors qu’il se retrouve seul dans sa maison vide ravagée par la peste et qu’il pleure sur le terrible sort de sa famille, il dit à Renzo : « Ce qui s’est passé est épouvantable, c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé voir de mon vivant. Cela suffit à ôter toute joie à une personne pour le restant de ses jours. Mais parler de ces choses à un ami est d’une grande aide. » Il faut en faire l’expérience pour le comprendre. Quand nous sommes tristes, nous avons tendance à voir tout en gris. Dans ces cas-là, ouvrir son cœur à un ami est un vrai remède. Parfois un petit message ou un coup de fil suffisent à nous redonner des perspectives lumineuses.

4. Le quatrième remède contre la tristesse est de contempler la vérité. Contempler la « fulgor veritatis» dont parle saint Augustin, la splendeur de la vérité dans la nature, dans une œuvre d’art ou dans un morceau de musique peut être un vrai baume contre la tristesse. Quelques jours après le décès d’un ami qui lui était cher, un critique littéraire devait tenir une conférence au sujet de « l’aventure dans l’œuvre de Tolkien ». Il commença par dire : « Parler de belles choses à des personnes que cela intéresse est pour moi une vraie consolation… ».

5. Le cinquième remède proposé par saint Thomas d’Aquin peut sembler surprenant de la part d’un penseur de l’époque médiévale. En effet, pour lutter contre la tristesse, le théologien conseille de prendre un bain et de dormir. C’est une perspective profondément chrétienne de considérer que parfois, pour soulager une souffrance morale, on a parfois besoin d’avoir recours à des remèdes corporels. Depuis que Dieu s’est fait Homme et qu’il s’est donc incarné, la séparation entre matière et esprit n’a plus lieu d’être pour la condition humaine.

jeudi 20 mars 2008

Jeudi Saint

Pour soutenir votre méditation, voici l'hymne eucharistique Adoro te attribuée à St Thomas d'Aquin.

Je t'adore profondément, divinité cachée,
vraiment présente sous ces apparences.
À toi mon coeur se soumet tout entier
parce que, à te contempler, tout entier il défaille.

La vue, le goût, le toucher ne t'atteignent pas :
Mais par l'ouïe toute seule ma foi se rassure.
Je crois tout ce qu'a dit le vrai Fils de Dieu ;
rien de plus vrai que cette voix de la Vérité elle-même.

Sur la croix se cachait le Dieu seulement,
mais ici est caché l'Homme également :
je confesse ma foi aux deux tout ensemble,
les mots du bon larron, je te les redis.

Je n'ai pu, tel Thomas, contempler tes plaies,
je proclame pourtant : « Tu es mon Dieu ! »
Fais que de plus en plus en toi je croie,
qu'en toi j'espère, que je t'aime.

Ô mémorial de la mort du Seigneur,
Pain vivant qui donnes la vie aux hommes,
donne à mon âme de vivre de toi,
donne-lui de toujours te goûter avec douceur.


Belle journée !