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lundi 5 avril 2021

Au petit matin...

 

« Ne soyez pas effrayées !
Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ?
Il est ressuscité : il n’est pas ici.
Voici l’endroit où on l’avait déposé.
Et maintenant,
allez dire à ses disciples et à Pierre :
“Il vous précède en Galilée.
Là vous le verrez,
comme il vous l’a dit.” »
Mc 16, 6-7

jeudi 1 avril 2021

Jeudi Saint...

 Pour méditer...


Jusqu'à la fin... aimer... demeurer avec les siens... Jusqu'à la fin...
Jamais jusqu'à la fin ! La route va ! L'homme passe.
Un jour, inéluctable, sonne l'heure des adieux.
Par la mort - ou par la vie - la mère quitte son enfant, l'ami se sépare de son ami, 
le médecin s'éloigne du malade... L'homme passe.
Et l'Homme-Christ - visage, regard, voix - a passé comme les autres.
Ô Dieu, la présence de l'Amour n'est pas plutôt survenue qu'à peine sa douceur goûtée, elle se retire.
Malgré l'Amour. 
Ah ! Rester en partant ! Impossible ! Je meurs, je pars, je t'abandonne. 
Ah! Que ne suis-je Dieu !
Ô bienheureux Christ ! Bienheureux mourant ! Ce que je ne peux pas faire, Toi tu l'as fait. 
Comment ne l'aurais-tu pas fait, puisque tu aimais ?
L'éternelle Présence dans l'Absence, 
Tu l'as réalisé, Toi, Christ, l'Amour à jamais sans séparation, 
le secours à jamais sans usure dans la courant fatal du temps qui tout emporte.
A l'heure déchirante de l'adieu, tu n'as pu nous quitter, 
Tu n'as pas voulu nous être ôté comme un autre pauvre homme fuyant qui s'écoule, 
et Te voilà, pour toujours, sur notre table, dans notre pain.
Par le Christ, dans l'Eucharistie, l'Adieu, de séparation, devient union : à Dieu.
Marie Noël
in Notes intimes

Jeudi Saint

 Pour sourire...



vendredi 6 avril 2012

La croix théologienne...


Qui pourrait encore rendre facilement compte de toutes les interprétations que contient la croix où s’achève le mystère de la Passion ?
N’y avait-il pas des milliers de manières d’être supplicié, qui auraient pu être adoptées pour que soit accomplie l’économie de sa mort en notre faveur ? Or, entre toutes, celle-ci fut fixée par celui qui s’est fixé, de lui-même selon sa puissance, sa propre passion. Le Fils de l’homme doit, dit-il en effet, et il n’a pas dit : Le Fils de l’homme souffrira ceci ou cela, comme on le dirait simplement en parlant du futur, mais le mot qu’il emploie nous enseigne, comme un dogme la nécessité absolue et issue d’un dessein indicible, lorsqu’il déclare : Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté et crucifié, puis, le troisième jour, se relever (Lc 9, 22). Comprends-moi bien le sens de ce doit par lequel on trouve que la passion qui a été annoncée ne pouvait se réaliser autrement que par la croix.
Quelle en est donc la raison ? Il revient au seul grand Paul à partir des paroles ineffables qu’il a entendues lorsqu’il a été initié dans les régions inaccessibles du paradis, d’expliquer clairement ce qui concerne ce mystère, comme il l’a fait en partie dans sa lettre aux Éphésiens quand il fait allusion à ce qui est caché en disant : Afin d’avoir la force de comprendre avec tous les saints ce qu’est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l’amour du Christ qui dépasse toute connaissance, pour que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu (Ep 3, 18-19). Car cet œil divin de l’Apôtre n’a pas médité en vain sur la forme de la croix, mais il a aussi clairement montré à travers cela qu’il avait dégagé de ses yeux toutes les écailles de l’ignorance et qu’il portait un regard pur sur la vérité des êtres : il a vu que cette forme, constituée de quatre bras partant de son centre, indiquait clairement la puissance universelle et la providence de celui qui est apparu sur elle. Aussi désigne-t-il chaque bras par un terme particulier, appelant profondeur celui qui descend du centre, hauteur celui qui se trouve au-dessus, largeur et longueur la transversale s’étendant de chacun des côtés de la jonction, de sorte qu’il appelle largeur l’un des côtés du centre et longueur l’autre. Ce texte me semble clairement signifié qu’il n’est rien au monde qui ne soit totalement soutenu par la nature divine, ni ce qui est au-dessus du ciel, ni ce qui est sous terre, ni ce qui s’étend de toute part horizontalement jusqu’aux limites des êtres. Il signifie en effet par la hauteur la partie supérieure, par la profondeur la partie souterraine, et par la longueur et la largeur, il délimite ce qui est au milieu et qui est maintenu par la puissance qui supporte tout l’univers.
Ce qui se passe dans ton âme, lorsque tu considères Dieu, t’apportera la démonstration de ces dires. Regarde en effet là-haut, vers le ciel et par ta réflexion représente-toi, en bas, les profondeurs, ouvre ton intelligence aux étendues et aux hauteurs de tout ce qui existe et réfléchis à la puissance qui embrasse cela, reliant pour ainsi dire l’univers tout entier, et tu verras alors comment la forme de la croix, par l’idée que tu te fais de la puissance divine, se gravera d’elle-même en ton esprit descendant des hauteurs jusqu’aux profondeurs et s’étendant horizontalement jusqu’aux limites extrêmes du monde.
Cette forme, le grand David la chanta lui aussi par une parole le concernant : Où aller loin de ton esprit ?dit-il, où fuir loin de ta face ? Si je monte au ciel (c’est la hauteur), si je descends aux enfers (c’est la profondeur), si je reprenais mes ailes le matin (le lever du soleil, c’est-à-dire la largeur), si je posais ma tente aux extrémités de la mer (c’est en effet ainsi qu’il nomme le coucher du soleil, c’est la longueur) (Ps 138/139,7). Vois-tu comment la forme de la croix est parfaitement décrite dans ses propos ? Tu es, dit-il, celui qui vient à travers tout et qui réunit l’univers en un lien, celui qui embrasse toutes les extrémités ; tu es en haut, tu te trouves en bas, ta main est dans ces confins, et ta droite sert de guide dans les autres.
Et c’est pourquoi, le grand Apôtre, lorsque tout a été rempli de foi et de connaissance, dit que celui qui est au-dessus de tout nom (Ph 2, 10) est adoré sous le nom de Jésus-Christ dans les cieux, sur la terre et sous terre. En cela, il répartit une nouvelle fois l’adoration du Christ selon la forme de la croix : la région céleste rend en effet toute adoration au Maître dans la partie supérieure de la croix, celle qui est terrestre dans les parties médianes, tandis que la région souterraine s’attache à ce qui est bas.
À mon avis, il en va de même du iota, qui va de paire avec le petit trait (keraia en grec), et qui est plus stable que les cieux, plus solide que la terre et plus durable que toute l’ordonnance de l’univers. Le ciel et la terre passeront (Mt 24, 35), comme l’ordre de l’univers, mais pas un iota de la Loi ni un petit trait ne passeront (Mt 5, 18). La lettre, formant une verticale descendante, se nomme iota et le signe oblique s’appelle accent (keraia), comme nous l’apprennent aussi les marins, qui désignent du terme vergue (keraia), à cause de sa forme, le bois placé en oblique sur le mât et d’où l’on déploie la voile. C’est pourquoi il me semble que la parole divine de l’Évangile s’intéresse là à ce en quoi toutes choses subsistent, qui est éternel et non pas dominé, et qui révèle, comme par énigme et en un miroir à travers la forme de la croix, sa propre puissance qui maintient tous les êtres.
Et c’est à cause de cela qu’il est dit que le Fils de l’homme doit non simplement mourir, mais être crucifié, pour que, par sa forme, la croix devienne théologienne en annonçant aux plus perspicaces le pouvoir tout-puissant de Celui qui est apparu sur elle et qui est tout en tout.

Grégoire de Nysse

mercredi 4 avril 2012

Se laisser atteindre...






"Le Christ se laisse atteindre par la lassitude de ma faiblesse. Il a pris ma tristesse pour me donner sa joie ; sur mes pas il est descendu jusqu'à l'angoisse de la mort afin que, sur ses pas, je sois rappelé à la vie."

Ambroise de Milan
Traité sur l'évangile de Luc 

mardi 8 avril 2008

Lumière...

Humeur paisible ce matin...
avec dans la tête cette belle phrase que je confie à votre méditation :
"Mystère de Pâques, simplement dit : Jésus se relève, et nous relevons de lui, et nous sommes sa relève."
Frère François Cassingena Trévedy in Etincelles II

Belle journée !

samedi 22 mars 2008

Jour de Pâques

On ne peut faire moins le jour de Pâques que de lire le message du Pape Benoît XVI..

Chers Frères et Sœurs,
Christus resurrexit ! - Le Christ est ressuscité !
La grande Veillée de cette nuit nous a fait revivre l’événement décisif et toujours actuel de la Résurrection, mystère central de la foi chrétienne. D’innombrables cierges de Pâques se sont allumés dans les églises pour symboliser la lumière du Christ qui, ayant vaincu à jamais les ténèbres du péché et du mal, a illuminé et illumine l’humanité. En ce jour, résonne de manière forte les paroles qui laissèrent stupéfaites les femmes arrivées, au matin du premier jour après le sabbat, près du tombeau où le corps du Christ, descendu en toute hâte de la croix, avait été déposé. Tristes et désespérées en raison de la perte de leur Maître, elles avaient trouvé la grosse pierre roulée sur le côté et, entrant dans le tombeau, elles avaient constaté que son corps n’y était plus. Tandis qu’elles restaient là, pleines d’incertitude et perdues, deux hommes en habit éblouissant les surprirent en leur disant : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24, 5-6). « Non est hic, sed resurrexit » (Lc 24, 6). Depuis ce matin-là, ces paroles ne cessent de résonner dans l’univers comme une joyeuse annonce qui traverse les siècles de manière immuable et, en même temps, chargée de significations infinies et toujours nouvelles.
« Il n’est pas ici… il est ressuscité ». Les messagers célestes communiquent avant tout que Jésus « n’est pas ici » : le Fils de Dieu n’est pas resté dans le tombeau, parce qu’il ne pouvait pas rester prisonnier de la mort (cf. Ac 2, 24), et le tombeau ne pouvait pas retenir « le Vivant » (Ap 1, 18), qui est la source même de la vie. De même que Jonas est resté dans le ventre du poisson, de même le Christ crucifié est resté englouti au cœur de la terre (cf. Mt 12, 40), le temps d’un sabbat. Ce fut « vraiment un grand jour que ce sabbat », comme l’écrit l’évangéliste Jean (19, 31) : le plus solennel de l’histoire, parce qu’avec lui le « Seigneur du sabbat » (cf. Mt 12, 8) porte à son accomplissement l’œuvre de la création (cf. Gn 2, 1-4a), élevant l’homme et le cosmos tout entier à la liberté de la gloire des fils de Dieu (cf. Rm 8, 21). Une fois cette œuvre extraordinaire accomplie, le corps sans vie a été traversé par le souffle vital de Dieu et, les barrières du tombeau ayant été rompues, il est ressuscité glorieux. C’est pourquoi les anges proclament « il n’est pas ici » : il ne peut plus se trouver dans le tombeau. Il a marché sur la terre des hommes, il a terminé son chemin dans le tombeau comme tous les hommes, mais il a vaincu la mort, et, de manière absolument nouvelle, par un acte de pur amour, il a ouvert la terre et il l’a ouverte en grand vers le Ciel.
Grâce au Baptême qui nous « incorpore » à Lui, sa résurrection devient notre résurrection. Le prophète Ézéchiel l’avait annoncé : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël » (Ez 37, 12). Le jour de Pâques, ces paroles prophétiques prennent une valeur singulière, parce que, aujourd’hui, s’accomplit la promesse du Créateur ; aujourd’hui, également à notre époque marquée par l’inquiétude et l’incertitude, nous revivons l’événement de la résurrection, qui a changé la face de notre existence, qui a changé l’histoire de l’humanité. C’est du Christ ressuscité que les personnes encore opprimées par les liens de la souffrance et de la mort attendent l’espérance, parfois aussi sans le savoir.
Que l’Esprit du Ressuscité apporte tout particulièrement réconfort et sécurité en Afrique, aux populations du Darfour, qui s’enfoncent dans une dramatique situation humanitaire qui n’est plus tolérable ; aux populations de la région des Grands Lacs, où de nombreuses plaies ne sont pas encore cicatrisées ; aux peuples de la Corne de l’Afrique, de la Côte d’Ivoire, de l’Ouganda, du Zimbabwe et d’autres nations, qui aspirent à la réconciliation, à la justice et au développement. En Irak, que sur la violence tragique qui sans pitié continue à faire des victimes prévale enfin la paix. Je souhaite aussi vivement la paix à ceux qui sont engagés dans le conflit en Terre Sainte, les invitant tous à un dialogue patient et persévérant qui surmonte les obstacles anciens et nouveaux. Que la communauté internationale, qui réaffirme le juste droit d’Israël d’exister dans la paix, aide le peuple palestinien à dépasser les conditions précaires dans lesquelles il vit et à construire son avenir, en se dirigeant vers la constitution d’un véritable État propre. Que l’Esprit du Ressuscité suscite un dynamisme renouvelé pour l’engagement des pays de l’Amérique latine, afin que les conditions de vies de millions d’habitants soient améliorées, supprimant l’abominable plaie des séquestrations de personnes et que les institutions démocratiques soient consolidées, dans un esprit de concorde et de solidarité effective. En ce qui concerne les crises internationales liées au nucléaire, puisse-t-on parvenir à un arrangement honorable pour tous, au moyen de négociations sérieuses et loyales ; et que se renforce chez les responsables des Nations et des Organisations internationales la volonté d’atteindre une convivialité pacifique entre ethnies, entre cultures et entre religions, qui éloignera la menace du terrorisme. Tel est la voie de la paix pour le bien de l’humanité entière.
Que le Seigneur ressuscité fasse ressentir partout sa force de vie, de paix et de liberté. À tous, aujourd’hui, sont adressées les paroles par lesquelles, au matin de Pâques, l’ange a rassuré le cœur apeuré des femmes : « N’ayez pas peur ! … Il n’est pas ici. Il est ressuscité » (Mt 28, 5-6). Jésus est ressuscité et il nous donne la paix ; Il est lui-même la paix. C’est pourquoi l’Église répète avec force : « Le Christ est ressuscité - Christós anésti ». Que l’humanité du troisième millénaire n’ait pas peur de Lui ouvrir son cœur. L’Évangile du Christ n’éteint pas, mais bien au contraire comble pleinement la soif de paix et de bonheur qui habite le cœur de tout homme. Le Christ est désormais vivant et marche avec nous. Immense mystère d’amour ! Christus resurrexit, quia Deus caritas est ! Alléluia !

Belle et sainte journée !

Samedi Saint

Que se passe-t-il ?
Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre,
un grand silence et une grande solitude.
Un grand silence parce que le Roi dort.
La terre a tremblé et s’est apaisée,
parce que Dieu s’est endormi dans la chair
et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles.
Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue.
Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis
dans les ténèbres et à l’ombre de la mort.
Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Eve, captive avec lui,
lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils.
Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la Croix, l’arme de sa victoire.
Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur,
s’écria vers tous les autres : « Mon Seigneur avec nous tous ! »
Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit ».
Il le prend par la main et le relève en disant :
« Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts,
et le Christ t’illuminera ».
« Je suis ton Dieu, qui pour toi suis devenu ton Fils.
Je te l’ordonne : “Lève-toi, ô toi qui dors”,
car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer.
Relève-toi d’entre les morts : moi, je suis la vie des morts.
Lève-toi, œuvre de mes mains ;
lève-toi, mon semblable qui as été créé à mon image.
Eveille-toi et sortons d’ici.
Car tu es en moi, et moi en toi.
Lève-toi, partons d’ici.
L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis ;
moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste.
Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie ;
mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi ».

ANCIENNE HOMELIE POUR LE SAMEDI SAINT

Belle journée !

vendredi 21 mars 2008

Vendredi Saint

Pour le second jour du Triduum Pascal, voici une méditation de Chiara Lubich, récemment décédée...

"Le vendredi saint, Jésus nous donne, par sa mort, une leçon sublime, divine, héroïque sur l'amour. Il avait tout donné: sa vie auprès de Marie dans la pauvreté et l'obéissance. Trois années de prédication où il a révélé la Vérité, rendu témoignage au Père, promis l'Esprit Saint et fait toutes sortes de miracles d'amour.
Trois heures sur la croix d'où il pardonne à ses bourreaux, ouvre au larron les portes du Paradis, nous donne sa Mère et finalement son Corps et son Sang qu'il nous avait peu avant mystiquement donnés dans l'Eucharistie. Il lui restait sa divinité.
Son union avec le Père, sa très douce et ineffable union avec lui, qui l'avait rendu si puissant sur la terre en tant que Fils de Dieu et si royal sur la croix, ce sentiment de la présence de Dieu devait disparaître de son âme; l'union ne devait plus être ressentie; il devait se sentir désuni en quelque sorte de Celui avec qui il affirmait être un: "Le Père et moi nous sommes un" (Jn 10,30). En lui l'amour était anéanti. La lumière éteinte. La Sagesse se taisait.
Il s'est donc fait rien pour nous faire participer au Tout. Ver de la terre (cf. Ps 22,7) pour faire de nous des fils de Dieu. Nous étions séparés du Père.
Il était nécessaire que le Fils, en qui nous sommes tous récapitulés, éprouvât la séparation du Père. Il devait expérimenter l'abandon de Dieu pour que nous ne soyons jamais plus abandonnés. Il avait enseigné que personne n'a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis.
Lui, la Vie, donnait tout de lui-même. C'était le sommet, la plus belle expression de l'amour.
Son visage est caché derrière les multiples souffrances de nos vies qui ne sont rien d'autre que Lui. Oui, parce que Jésus abandonné est l'image du muet: il ne sait plus parler. Il est l'image de l'aveugle: il ne voit pas; du sourd: il n'entend pas. C'est l'homme épuisé qui gémit. Il est au bord du désespoir. Il est l'affamé d'union avec Dieu. C'est l'image du désenchanté, du trahi, on dirait un raté. Il représente le peureux, le timide, le désorienté. Jésus abandonné est ténèbres, mélancolie, contradiction. Il est l'image de tout ce qui est étrange, incompréhensible, de ce qui est à la limite du monstrueux, car c'est un Dieu qui crie: "Au secours!". Il est le solitaire, le délaissé... Il apparaît inutile, exclu, traumatisé...
Nous pouvons donc le reconnaître en chaque frère souffrant. Alors, en approchant ceux qui lui ressemblent, nous pouvons leur parler de Jésus abandonné.
Et pour ceux qui se voient semblables à lui et acceptent de partager son sort, il devient: pour le muet, la parole; pour l'ignorant, la réponse; pour l'aveugle, la lumière; pour le sourd, la voix; pour l'épuisé, le repos; pour le désespéré, l'espérance; pour celui qui est séparé des siens, l'unité; pour l'anxieux, la paix. Grâce à lui, les personnes se transforment et le non-sens de la souffrance acquiert un sens. Il avait crié sa question à laquelle nul n'avait répondu, afin que nous ayons une réponse à chacune de nos questions. Le problème de la vie humaine est la souffrance. Quelle que soit sa forme, aussi terrible soit-elle, nous savons que Jésus l'a prise sur lui et transforme, par une alchimie divine, la souffrance en amour. Je peux dire par expérience que dès que nous accueillons avec joie une souffrance, pour être comme lui, puis nous continuons à aimer en faisant la volonté de Dieu, la douleur, si elle est spirituelle, disparaît, et si elle est physique, son joug devient plus léger.
Notre amour pur, au contact de la souffrance, la transforme en amour; d'une certaine façon, il la divinise, comme si se poursuivait en nous si l'on peut s'exprimer ainsi la divinisation que Jésus a faite de la souffrance. Et, après chaque rencontre avec Jésus abandonné aimé ou accepté, je trouve Dieu de façon nouvelle, dans un rapport plus intime, plus ouvert, dans une unité plus pleine.
La lumière et la joie resplendissent à nouveau; et avec la joie, la paix qui est le fruit de l'Esprit. La lumière, la joie, la paix particulières, qui émanent de ceux qui étreignent la souffrance, frappent même les personnes les plus difficiles et les désarment. Cloués sur la croix, nous devenons mères et pères d'âmes. Son effet est donc une grande fécondité. Comme l'écrit Olivier Clément: "Et l'abîme un instant ouvert s'emplit du grand Souffle de la résurrection".
Les manques d'unité disparaissent, les déchirures sont recousues, la fraternité universelle resplendit, on assiste à des miracles de résurrection, un nouveau printemps naît dans l'Église et dans l'humanité."


Belle journée !

jeudi 20 mars 2008

Jeudi Saint

Pour soutenir votre méditation, voici l'hymne eucharistique Adoro te attribuée à St Thomas d'Aquin.

Je t'adore profondément, divinité cachée,
vraiment présente sous ces apparences.
À toi mon coeur se soumet tout entier
parce que, à te contempler, tout entier il défaille.

La vue, le goût, le toucher ne t'atteignent pas :
Mais par l'ouïe toute seule ma foi se rassure.
Je crois tout ce qu'a dit le vrai Fils de Dieu ;
rien de plus vrai que cette voix de la Vérité elle-même.

Sur la croix se cachait le Dieu seulement,
mais ici est caché l'Homme également :
je confesse ma foi aux deux tout ensemble,
les mots du bon larron, je te les redis.

Je n'ai pu, tel Thomas, contempler tes plaies,
je proclame pourtant : « Tu es mon Dieu ! »
Fais que de plus en plus en toi je croie,
qu'en toi j'espère, que je t'aime.

Ô mémorial de la mort du Seigneur,
Pain vivant qui donnes la vie aux hommes,
donne à mon âme de vivre de toi,
donne-lui de toujours te goûter avec douceur.


Belle journée !