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mercredi 28 août 2019

Amour...


"… supposons qu'un fiancé donne une bague à sa fiancée ; si celle-ci préfère la bague à son fiancé, qui a fait cette bague pour elle, ne surprend-on pas, dans cet attachement au cadeau du fiancé, un cœur adultère, encore que cette jeune fille aime ce que lui a donné son fiancé ? Bien sûr, elle aime ce que lui a donné son fiancé ; pourtant, si elle disait : Cette bague me suffit ; mais lui, je ne veux plus le voir, quelle femme serait-ce là ? qui ne condamnerait cette folie ? qui ne convaincrait ce cœur d'adultère ? Tu aimes l'or au lieu de l'homme, tu aimes la bague au lieu du fiancé : si tels sont tes sentiments que tu préfères la bague au fiancé et ne veuilles plus voir ton fiancé, alors le gage qu'il t'a donné n'est plus lien d'amour, mais cause d'aversion. En te donnant ce gage, le fiancé espérait être aimé pour lui-même à travers ce gage. Si donc Dieu t'a donné toutes ces choses, aime-le, lui qui les a faites. Il veut te donner plus, je veux dire se donner, lui qui les a faites. Mais si tu aimes ces choses, même faites par Dieu, en négligeant le Créateur et en aimant le monde, ton amour ne sera-t-il pas tenu pour adultère ?"
St Augustin, Commentaire sur la 1ère Epître de Jean, Tr II, 10, 11,
Sources chrétiennes n° 75, pp. 173-175)

lundi 31 août 2015

Prière : les dix conseils de saint Augustin


1. "Adresse-toi plutôt à ton Seigneur Lui-même, frappe à la porte de cette demeure où Il repose avec sa famille, prie, supplie, insiste. Bien différent de cet ami dont il est question dans la parabole, Il se lèvera et te donnera, car Il est tout disposé à donner. Tu frappes sans avoir encore obtenu ? Frappe encore, car Il veut te donner. Et s'Il diffère de te donner ce que tu veux, c’est pour enflammer tes désirs, et pour t’empêcher d’apprécier moins ce que tu aurais obtenu plus tôt" 
(Sermon 105).

2. "Oui, Jésus est mieux disposé à nous donner que nous à recevoir ; plus disposé à faire miséricorde que nous ne le sommes à sortir de la misère" (Sermon 105).

3. "La prière qui s’élève dans sa pureté d’un cœur fidèle est comme l’encens qui monte des saints autels. Rien n’est devant Dieu plus agréable que cette odeur : qu’elle soit l’odeur de tous les fidèles" (Commentaire sur le psaume 140).

4. "La foi est la source de la prière, et si la foi manque, il n’y a plus de prière. Prions donc pour que notre foi ne vienne pas à faiblir. La foi produit la prière, et la prière à son tour obtient l'affermissement de la foi" (Catena Aurea).

5. "Si nos prières sont parfois non exaucées, c’est que nous demandons aut mali, aut male, aut mala : aut mali, en étant mauvais, et pas assez préparés pour demander ; aut male, nous demandons mal, d’une mauvaise manière, avec peu de foi ou sans persévérance, ou avec peu d’humilité ; aut mala, nous demandons des choses mauvaises, ou qui, pour une raison ou une autre, ne nous conviendront pas"
(La Cité de Dieu, 20, 22).
 
6. "Il peut paraître étonnant que Celui qui nous exhorte à prier (...) soit Celui-là même qui sait ce qui nous est nécessaire avant que nous le Lui demandions. Alors, pourquoi Dieu fait-Il cela ? Nous pourrions nous en inquiéter, si nous ne comprenions pas que le Seigneur notre Dieu n’attend certes pas que nous Lui apprenions ce que nous voulons, qu’Il ne peut ignorer. Mais Il veut que notre désir s'excite par la prière, afin que nous soyons capables d'accueillir ce qu'Il s'apprête à nous donner. Car ce que Dieu nous réserve est très grand, tandis que nous sommes petits et de pauvre capacité pour le recevoir. Voilà pourquoi il nous a été dit : Dilatez-vous" (Lettre 130, à Proba).

7. "Toujours maintenir vivant ce désir continuel de Dieu. Mais les soins et les affaires d’ici-bas attiédissent notre désir, c’est pourquoi à certaines heures et à certains temps fixés, nous prions aussi Dieu avec des paroles ; par ces paroles, nous nous avertissons nous-mêmes de reprendre nos élans, et nous empêchons que notre esprit soit attiédi et se refroidisse complètement ; il s’éteindrait même totalement, faute d’être ranimé fréquemment" (Lettre 130 à Proba).

8. "Que Dieu nous garde de la prière bavarde, mais la prière doit être continue, si la ferveur persévère. Parler beaucoup, c’est traiter dans sa prière d’une chose nécessaire en paroles superflues. Mais prier beaucoup, c’est insister auprès de Celui que nous prions, par un long et pieux désir du cœur. La plupart du temps, on traite mieux celui que nous prions par les gémissements que par les discours, plus par les larmes que par le langage" (Lettre 121 à Proba). 

9. "Fais ce que tu peux, demande ce que tu ne peux pas, et Dieu t’aidera afin que tu puisses le faire" (Sermon 43, sur la nature et la grâce).  

10. "Si tu parcours toutes les prières de l’Écriture, tu ne trouveras rien, je crois, qui ne soit contenu dans cette prière du Seigneur et n’y trouve sa conclusion (Notre Père)" (Lettre 130 à Proba). 

dimanche 17 mai 2015

Bon dimanche !

« Et maintenant, ravivez votre attention. Tout homme veut comprendre ; personne qui n’ait ce désir. Mais tous nous ne voulons pas croire. On me dit : « Je veux comprendre pour croire. » Je réponds : « Crois pour comprendre. » ; voici donc une discussion qui s’élève entre nous et qui va porter tout entière sur ce point : « Je veux comprendre avant de croire », me dit l’adversaire ; et moi je lui dis : « Crois d’abord et tu comprendras. » Pour trancher le débat, choisissons un juge. Parmi tous les hommes à qui je puis songer, je ne trouve pas de meilleur juge que l’homme que Dieu lui même a choisi pour interprète. En pareille matière et dans un débat de ce genre, l’autorité des littérateurs n’a rien à faire ; ce n’est pas au poète de juger entre nous, c’est au prophète […]. 
Tu disais : « J’ai besoin de comprendre pour croire » ; et moi : « Crois d’abord pour comprendre. » La discussion est engagée ; allons au juge ; que le prophète prononce ou plutôt que Dieu prononce par son prophète. Gardons tous deux le silence. Il a entendu nos opinions contradictoires ; « Je veux comprendre, dis-tu, pour croire » ; « Crois, ai-je dit, pour comprendre », et le prophète répond : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas. » (Is 7, 9) […] 
St Augustin

vendredi 14 mars 2014

Aimer...


« Or, qu’est ce que j’aime lorsque je vous aime ? Ce n’est ni tout ce que les lieux enferment de beau, ni tout ce que les temps nous présentent d’agréable. Ce n’est ni cet éclat de la lumière qui donne tant de plaisir à nos yeux, ni la douce harmonie de la musique, ni l’odeur des fleurs et des parfums, ni la manne, ni le miel, ni tout ce qui peut plaire dans les voluptés de la chair. Non ce n’est rien de tout cela que j’aime quand j’aime mon Dieu ; et néanmoins j’aime en Lui une certaine lumière, une certaine harmonie, une certaine odeur, une certaine nourriture, et enfin certaines caresses, et une volupté. Car cette lumière, cette harmonie, cette odeur, cette nourriture et cette volupté ne se trouvent que dans le fond de mon cœur ; dans cette partie de moi-même qui est toute intérieure, où mon âme voit briller au-dessus d’elle une lumière que le leu ne renferme point, où elle entend une harmonie que le temps ne mesure point, où elle sent une odeur que le vent ne dissipe point, où elle goûte une saveur qui en nourrissant ne diminue point ; et enfin un objet infiniment aimable, dont la jouissance ne dégoûte point. (…) Ton Dieu est la vie même de ta vie.
St Augustin
in Confessions X, VI

samedi 29 juin 2013

Il y a longtemps...

Il y a longtemps, mes frères, que mon âme voudrait s’épanouir avec vous dans la parole de Dieu, et vous saluer en celui qui est notre secours et notre salut. Ecoutez donc par notre intermédiaire ce que dit le Seigneur, et avec nous réjouissez-vous en lui, en sa parole, en sa vérité, en sa charité. Le Psaume dont nous voulons vous parler aujourd’hui, est en accord avec l’ardeur de vos désirs. C’est par un saint désir en effet qu’il commence ; et le chantre s’écrie : "Comme le cerf altéré brame après les sources d’eau vive, ainsi mon âme soupire après vous, ô mon Dieu ! [Ps 41, 2]. Qui donc parle ainsi ? C’est nous, si nous voulons. 
Pourquoi chercher ailleurs celui qui parle, quand tu peux être toi-même ce que tu cherches ? Toutefois, ce n’est point un seul homme, mais bien tout un corps. C’est le corps du Christ, ou l’Eglise [Col 1, 24]. Il est vrai qu’on ne trouve point le même désir chez tous ceux qui entrent dans l’Eglise : et néanmoins ceux qui ont goûté combien le Seigneur est doux, et retrouvé cette douceur dans ce cantique, ne doivent pas croire que cette faveur est pour eux seuls ; mais qu’ils se persuadent que cette semence est répandue dans le champ du Seigneur, par toute la terre, et que les chrétiens disent avec une certaine unité : "Comme le cerf altéré brame après les sources d’eau vive, ainsi mon âme soupire après vous, ô mon Dieu". On peut en effet, sans erreur, appliquer ces paroles aux catéchumènes, qui s’empressent d’arriver à la grâce du baptême. De là tient qu’on leur chante solennellement ce psaume, afin qu’ils soupirent après cette source de la rémission des péchés. "Comme le cerf brame après les fontaines d’eau vive". Qu’il en soit ainsi, et que cette interprétation, qui est vraie, qu’autorisent nos solennités, soit reçue dans l’Eglise. Toutefois, mes frères, il me semble que le baptême n’assouvit pas chez les fidèles cet ardent désir; qu’il ne sert qu’à l’attiser davantage, s’ils savent bien en quel lieu ils voyagent comme étrangers, et où leur pèlerinage doit aboutir.
St Augustin
Commentaire sur les Psaumes (Enarationes in Psalmos) : Psaume 41

lundi 14 janvier 2013

Pour l'année nouvelle...



Aimez donc la loi de Dieu et que pour vous il n'y ait pas de scandale. Nous vous en prions, nous vous en conjurons, nous vous y exhortons, soyez compatissants pour ceux qui souffrent, accueillez les malheureux ; et maintenant ; qu'on voit tant d'étrangers, tant de pauvres, tant de malades, donnez largement l'hospitalité, multipliez vos bonnes oeuvres. Que les chrétiens fassent ce que commande le Christ et les païens en blasphémant ne nuiront qu'à eux-mêmes. 
      

St Augustin
Sermon 81 sur la chute de Rome

lundi 2 juillet 2012

Fortiter !

"Qu'il t'arrive quelque bien qui te réjouisse, cela dure un jour, mais le lendemain ce bien qui faisait ta joie est passé. [...] Quel que puisse être ce bien qui fait ta joie, c'est en effet un bien qui passe. Si au contraire, tu mets en Dieu ta joie, tu entendras l'Ecriture qui te dit : "Que Dieu soit tes délices" [Ps 34,4] Ta joie sera d'autant plus solide que celui qui fait ta joie est immuable. [...] Nul ne saurait t'enlever Dieu si tu ne l'abandonnes le premier..." 
Augustin : Homélies sur les Psaumes 144, 3

samedi 11 février 2012

Chercher, trouver...


Dans le Traité sur la Trinité de saint Augustin

Ce Dieu que nous cherchons viendra lui-même à notre aide, je l’espère,
         pour nous faire tirer quelque fruit de notre labeur,
         et nous faire comprendre ce verset du Psaume :
                  Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu ;
                  cherchez le Seigneur et vous serez forts ; cherchez son visage toujours. 
S’il faut le chercher toujours, c’est semble-t-il, qu’on ne le trouve jamais ;
         mais alors, quelle joie y a-t-il pour le cœur de ceux qui le cherchent ?
Ne devraient-ils pas plutôt s’attrister de ne pouvoir trouver ce qu’ils cherchent ?
Car le Psalmiste ne dit pas : Joie pour le cœur de ceux qui trouvent,
         mais Joie pour le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur.
Et pourtant, le Prophète Isaïe l’affirme,
         on peut, si on le cherche, trouver le Seigneur :
                   Cherchez le Seigneur, et dès que vous l’aurez trouvé, invoquez-le ;
                  quand il sera près de vous,
                  que l’impie abandonne ses voies, et le méchant ses pensées.
 
Si nous pouvons trouver Dieu après l’avoir cherché,
         pourquoi le Psaume dit-il Cherchez son visage toujours ?
Une fois trouvé, faudra-t-il encore le chercher ?
Oui, c’est ainsi qu’il faut rechercher ce qui dépasse notre compréhension,
         et surtout ne pas s’imaginer qu’on n’a rien trouvé,
         quand on a su découvrir combien est incompréhensible ce qu’on cherchait.
Mais alors, pourquoi chercher ainsi,
         quand on comprend à quel point ce que l’on cherche est incompréhensible ?
         sinon parce qu’il ne faut pas s’arrêter tant qu’on progresse
                  dans cette recherche elle-même de l’incompréhensible,
         et qu’on devient de jour en jour meilleur par cette quête d’un bien si grand,
         qu’on le cherche pour le trouver, et qu’on le trouve pour le chercher.
Car on le cherche pour avoir plus de douceur à le trouver,
         et on le trouve pour avoir plus d’ardeur à le chercher.
C’est en ce sens qu’on peut comprendre
         ce que le livre de l’Ecclésiastique fait dire à la Sagesse :
         Ceux qui me mangent auront encore faim
                  et ceux qui me boivent auront encore soif.

Ils mangent et boivent parce qu’ils trouvent,
         mais parce qu’ils ont faim et soif, ils cherchent encore.


St Augustin, De Trinitate XV, II, 2.

samedi 14 janvier 2012

Aimer Dieu et le prochain...



Voici que vient le Seigneur en personne, maître de charité, rempli de charité. Comme il avait été prédit de lui, il « donne brièvement sa parole sur la terre », et il montre que la Loi et les prophètes se résument dans les deux préceptes de la charité.
Rappelez-vous avec moi, mes frères, quels sont ces deux préceptes. Car ils doivent être bien connus, et ne pas venir seulement à notre esprit de temps en temps, quand nous nous en souvenons; ils ne doivent jamais s'effacer de vos cœurs. Songez toujours qu'il faut absolument aimer Dieu et le prochain : « Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton Esprit, et ton prochain comme toi-même.»
Il faut toujours y penser, le méditer, le retenir, l'accomplir. L'amour de Dieu est premier dans l'ordre des préceptes; l'amour du prochain est premier dans l'ordre de la pratique. Car celui qui t'a prescrit cet amour en deux préceptes ne t'a pas recommandé le prochain d'abord, et Dieu ensuite; mais Dieu d'abord, et le prochain ensuite.
Quant à toi, parce que tu ne vois pas encore Dieu, c'est en aimant le prochain que tu mérites de voir Dieu; en aimant le prochain, tu purifies ton regard pour voir Dieu. C'est ce que saint Jean dit de façon évidente : «Si tu n'aimes pas ton frère, que tu vois, comment pourrais-tu aimer Dieu, que tu ne vois pas? »
Voici que l'on te dit : Aime Dieu. Si tu me dis : Montre-moi celui que je dois aimer, que répondrai-je, sinon ce que dit saint Jean : « Dieu, personne ne l'a jamais vu? » Mais ne t'imagine pas que tu es absolument exclu de la vie de Dieu! Saint Jean nous dit : « Dieu est amour, et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu.» Aime donc le prochain, regarde en toi d'où te vient cet amour du prochain; là tu verras Dieu, dans la mesure où cela te sera possible.
Mets-toi donc à aimer le prochain. « Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans-abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne méprise pas ton semblable. »
En agissant ainsi, qu'obtiendras-tu? «Alors, ta lumière jaillira comme l'aurore.» La lumière, c'est ton Dieu. C'est une aurore, parce que son avènement se produira pour toi après la nuit de ce monde. Car cette lumière-là ne se lève pas, ne se couche pas : elle demeure toujours.
En aimant le prochain, en prenant soin de ton prochain, tu es en route. Où cela, si ce n'est vers le Seigneur Dieu, vers celui que tu dois aimer de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit? Car nous ne sommes pas arrivés jusqu'au Seigneur, mais nous avons le prochain avec nous. Porte donc celui avec qui tu marches, pour parvenir à celui avec qui tu désires demeurer.

St Augustin

mardi 5 juillet 2011

Etre à l'écoute...

"Qu’ils écoutent, qu’ils viennent à toi, qu’ils apprennent de toi à être doux et humbles, ceux qui recherchent ta miséricorde et ta vérité, en vivant pour toi, pour toi et non pour eux. Qu’il entende cela celui qui peine et qui est chargé, qui ploie sous son fardeau jusqu’à ne point oser lever les yeux vers le ciel, le pécheur qui se frappe la poitrine et n’approche que de loin (Lc 18, 13). Qu’il entende le centurion qui n’était pas digne que tu entres sous son toit (Mt 8, 8). Qu’il entende Zachée, le chef des publicains, quand il rend au quadruple le fruit coupable de ses péchés (Lc 19, 2-8). Qu’elle entende la femme qui avait été pécheresse dans la ville et qui répandait d’autant plus de larmes à tes pieds qu’elle avait été plus éloignée de tes pas (Lc 7, 37-38). Qu’ils entendent, les femmes de mauvaise vie et les publicains qui, dans le Royaume des Cieux, précèdent les scribes et les pharisiens Mt 21, 31). Qu’ils entendent les malades de toute sorte dont on te faisait un grief d’avoir été le convive, grief de soi-disant bien portants qui ne cherchaient pas de médecin alors que tu étais venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs à la pénitence (Mt 9, 11-13). Tous ceux-là, quand ils se tournent vers toi, deviennent facilement doux et humbles devant toi, au souvenir de leur vie pleine d’iniquité et de ta miséricorde pleine de pardon, car là où le péché a abondé, la grâce a surabondé [Rm 5, 20]".
St Augustin
De la sainte virginité, XXXVI, 36 ; in Bibliothèque Augustienne III
"De l’ascétisme chrétien", p. 269).

lundi 7 février 2011

Dans la lumière...


Dieu, notre Père,
Toi qui nous invite à te prier
- et qui nous accordes ce que nous te demandons -,
puisque dès que nous t’implorons
nous vivons mieux et devenons meilleurs,
exauce-moi.

Je palpite dans ces ténèbres,
tends-moi ta main,
prête-moi ta lumière,
rappelle-moi loin de mes erreurs et guide mes pas.

Que je revienne à toi et à moi-même.
Amen.
St Augustin
Collégiale d'Uzeste

jeudi 11 novembre 2010

Soif...


« Mon âme a soif de toi.
Certains ont soif, mais non de Dieu.
Celui qui veut obtenir quelque chose brûle de désir.
Le désir, c’est la soif de l’âme.


Et voyez combien les désirs du cœur humain sont nombreux.
L’un désire l’or,
l’autre désire l’argent,
un autre désire des terres,
un autre des héritages.
Un autre veut beaucoup d’argent,
un autre beaucoup d’admiration,
un autre une grande maison,
un autre une femme,
un autre des honneurs,
un autre des enfants.
Voyez donc tous ces désirs qui remplissent le cœur humain.


Tous les êtres humains ont des désirs qui les brûlent comme un feu.
Il est rare d’en trouver un seul qui dise : Mon âme a soif de Toi.

Les êtres humains ont soif des choses de ce monde.
Ils ne comprennent pas qu’ils sont dans le désert de Juda.
Ils sont dans ce lieu où leur âme doit avoir soif de Dieu.


Donc nous devons dire : Mon âme a soif de toi,
oui, nous devons tous le dire. »
St Augustin

lundi 31 mai 2010

C'est à toi que j'adresse ma prière...

Voici une belle prière de St Augustin pour la paix de ce jour...

Dieu, qui n’a donné qu’aux cœurs purs de connaître le Vrai ;
Dieu, Père de la Vérité,

Père de la Sagesse,
Père de la Vie véritable et plénière,
Père du bonheur,
Père du bon et du beau,
Père de la lumière intelligible,
Père de notre réveil et de notre illumination…

C’est Toi que j’invoque,
Ô Dieu Vérité, Source, Principe, Auteur de la vérité de tout ce qui est vrai ;
Dieu Sagesse, Principe, Auteur de la sagesse de tout ce qui est sage ;
Dieu Vie véritable et plénière, Source, Principe, Auteur de la vie de tout ce qui vit véritablement et pleinement ;
Dieu Béatitude, Source, Principe, Auteur du bonheur de tout ce qui est heureux ;
Dieu du Bien et du Beau, Source, Principe, Auteur du Bien et du Beau dans tout ce qui est bon et beau ;
Dieu Lumière intelligible, Source, Principe, Auteur de la lumière intelligible dans tout ce qui brille de cette lumière ;
Dieu, dont le royaume est cet univers que les sens ignorent ;
Dieu, dont le royaume trace leurs lois aux royaumes de ce monde ;

Dieu, de qui on ne se détourne que pour choir,
vers qui se tourner c’est se lever de nouveau,
et en qui demeurer c’est trouver un solide appui ;
sortir de toi, c’est mourir ;
revenir à toi, c’est revivre ;
habiter en toi, c’est vivre ;
Dieu que nul ne perd s’il n’est trompé,
que nul ne cherche sans appel préalable,
que nul ne trouve s’il ne s’est purifié d’abord ;
Dieu, dont l’abandon équivaut à la mort,
la recherche à l’amour,
la vie à l’entière possession ;
Dieu, vers qui la foi nous pousse,
vers qui l’espérance nous dresse,
à qui la charité nous unit ;
Dieu, par qui nous triomphons de l’Ennemi,
C’est à Toi que j’adresse ma prière.

St Augustin

mercredi 7 avril 2010

Prière...

Dieu, notre Père,
Toi qui nous invite à te prier
- et qui nous accordes ce que nous te demandons -,
puisque dès que nous t’implorons
nous vivons mieux et devenons meilleurs,
exauce-moi.

Je palpite dans ces ténèbres,
tends-moi ta main,
prête-moi ta lumière,
rappelle-moi loin de mes erreurs et guide mes pas.

Que je revienne à toi et à moi-même.
Amen.

St Augustin
in Soliloques II, 9

jeudi 26 novembre 2009

L'amitié de raison

"L'amitié charnelle est due à la similitude des habitudes de vie, des entretiens, des conversations entre deux amis, et elle est telle que l'un est dans la tristesse lorsqu'il est quitté par l'autre, avec lequel il est habitué de s'entretenir et d'avoir commerce :
les deux se rencontrent, se promènent ensemble durant trois jours, et même alors ils ne peuvent pas se séparer. Or cette amitié est honnête, mais c'est une amitié d'habitude, non de raison, car les bestiaux eux-mêmes en ont de telles. Deux chevaux mangent ensemble, ils ont besoin l'un de l'autre jour après jour, et quand l'un part devant, l'autre se hâte derrière ; désirant - pour ainsi dire - son ami, à peine peut-il être contrôlé par son propriétaire : il se cabre avec fougue jusqu'à ce qu'il ait rattrapé l'autre. Mais il y a une amitié, supérieure, qui n'est pas d'habitude mais de raison, par laquelle nous aimons un homme au nom de la foi et de la bienveillance mutuelle en cette vie mortelle. Que l'homme commence à aimer tout ce que nous trouvons de supérieur, de divin, et il n'aimera rien en l'homme, si ce n'est Dieu."

Augustin d'Hippone, Sermon 49

lundi 2 novembre 2009

Accorde-moi de t’aimer

Accorde-moi de t’aimer

De toutes mes forces, celles que tu m’as données,
Je T’ai cherché,
Désirant voir ce que j’ai cru.
Et j’ai lutté, et j’ai souffert.

Mon Dieu,
Mon Seigneur,
Mon unique espoir,
Accorde-moi de n’être jamais las de te chercher,
Qu’avec passion sans cesse je cherche Ton visage.

Toi qui m’as donné de Te trouver,
Donne-moi le courage de te chercher
Et d’espérer Te trouver toujours davantage.

Devant Toi ma solidité : garde-la.
Devant Toi ma fragilité : guéris-la.
Devant Toi tout ce que je sais, tout ce que j’ignore.

Par là où Tu m’as ouvert, j’entre : accueille-moi.
De là où Tu m’as fermé, j’appelle : ouvre-moi.

Accorde-moi de ne pas T’oublier,
Accorde-moi de Te comprendre.
Mon Dieu,
Mon Seigneur,
Accorde-moi de T’aimer.

St Augustin d’Hippone

samedi 8 août 2009

Accorde moi de t'aimer...

"De toutes mes forces, celles que tu m’as données,
Je T’ai cherché,
Désirant voir ce que j’ai cru.
Et j’ai lutté, et j’ai souffert.

Mon Dieu,
Mon Seigneur,
Mon unique espoir,
Accorde-moi de n’être jamais las de te chercher,
Qu’avec passion sans cesse je cherche Ton visage.

Toi qui m’as donné de Te trouver,
Donne-moi le courage de te chercher
Et d’espérer Te trouver toujours davantage.

Devant Toi ma solidité : garde-la.
Devant Toi ma fragilité : guéris-la.
Devant Toi tout ce que je sais, tout ce que j’ignore.

Par là où Tu m’as ouvert, j’entre : accueille-moi.
De là où Tu m’as fermé, j’appelle : ouvre-moi.

Accorde-moi de ne pas T’oublier,
Accorde-moi de Te comprendre.
Mon Dieu,
Mon Seigneur,
Accorde-moi de T’aimer."
St Augustin

vendredi 29 mai 2009

Etre avec Dieu...

"Grâces soient donc rendues à Dieu qui daigne enfin faire de vous mon ami. C'est maintenant qu'il y a entre vous et moi une douce et affectueuse conformité de sentiments sur les choses divines et humaines, en Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui devient le fondement de notre véritable paix, et qui a renfermé en deux préceptes tous les divins enseignements, lorsqu'il a dit: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme et de tout ton esprit; et tu aimeras ton prochain comme toi-même. Dans ces deux commandements sont compris toute la loi et tous les prophètes.» Le premier commandement forme le doux et affectueux accord sur les choses divines; le second établit le parfait accord sur les choses humaines. Si nous nous attachons fortement à ces deux commandements, notre amitié sera véritable et éternelle; elle ne nous unira pas seulement l'un à l'autre, mais encore elle nous unira à Dieu."

Saint Augustin, Lettre 258.

mardi 30 septembre 2008

Grand écart...

Je tombe providentiellement sur cet extrait des Confessions de St Augustin...
"Ainsi, le fardeau du siècle pesait sur moi comme le doux accablement du sommeil ; et les méditations que j'élevais vers vous ressemblaient aux efforts d'un homme qui veut s'éveiller, et vaincu par la profondeur de son assoupissement, y replonge. [...] je ne doutais pas qu'il ne voulût mieux me livrer à votre amour que de m'abandonner à ma passion. Le premier parti me plaisait, il était vainqueur ; je goûtais l'autre, et j'étais vaincu. Et je ne savais que répondre à votre parole : 'Lève-toi, toi qui dort, Lève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera !' ( Ep 5, 14) Et vous m'entouriez d'évidents témoignages ; et convaincu de la vérité, je n'avais à vous opposer que ces paroles de lenteur et de somnolence : Tout à l'heure ! encore un instant ! laissez-moi un peu ! Mais ce tout à l'heure devenait jamais ; ce laissez-moi un peu durait toujours » Saint Augustin, Confessions, VIII.
L'écartèlement qui y est décrit traverse la vie de beaucoup de chrétiens sincères, le "un peu" qui dure toujours, quel confesseur ne l'a pas entendu ?
Et quel confesseur ne l'a pas vécu lui même ?
Car s'il y a une chose vraie, c'est que la faille que je vois en l'autre, elle est aussi présente chez moi, "comme une écharde dans la chair" dirait St Paul.
Loin de toute perspective complaisante et de toute culpabilisation outrancière, il convient de partir de là pour avancer. Ainsi le disait St François de Sales : "Pars de là où tu es, sinon tu risques de n'aller nulle part". Prendre cela en compte, c'est d'abord dire oui à la condition humaine, oui à la vie telle qu'elle se présente. Lumière et pénombre y sont souvent très imbriquées...
C'est aussi ouvrir un espace pour que Dieu puisse inscrire sa Parole de Salut, celle qui relève et guérit. Pas de reconnaissance de faiblesse = toute puissance et fermeture sur soi.
Dire oui à l'Autre (à l'autre), c'est envisager un ailleurs, un autre lieu où pourra s'inscrire en vérité ce que je suis, et ce, sans jugement. C'est accepter de se regarder dans la glace sans fierté disproportionnée, en vérité.
Le même St Augustin trouva d'ailleurs au coeur de la Parole de Dieu la réponse à son angoissante question qui lui faisait pointer lumière et pénombre dans son existence. Cette Parole, la voici : « C'est l'heure désormais de vous arracher au sommeil ; le salut est maintenant plus près de nous qu'au temps où nous avons cru. La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons-là les oeuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises » (Rm 13, 11 - 14). L'évangile selon St Jean nous révèle l'identité de Dieu : "Dieu est Amour".
Indépassable et apaisant. Il existe un amour qui me précède et me désire, un pardon qui vient à ma rencontre, une espérance qui m'est offerte.
Cadeau !

Belle journée !