mardi 27 octobre 2009

No limit...

Nos actes nous changent…

Ceci est vrai en bien comme en mal. Ils nous changent non seulement parce qu’ils sont source de mérites (ou pas) mais parce qu’ils transforment nos manières de juger. C’est pourquoi, il est assez absurde de dire « j’irai jusque là mais pas plus loin ». Ce propos a deux conséquences : il rend plus difficile ensuite la résistance et nous ne pouvons pas savoir si nous jugerons de la même manière avant ou après l’acte. Ce n’est pas tout à fait la même personne qui juge après l’acte et qui jugeait avant. C’est un mystère que cette transformation de nous même. On ne sait pas où cela va nous mener (ce qui demande une grande confiance). Un manque de générosité consenti de notre part peut marquer le point où notre vie change de sens. Et une glissade peut conduire à la chute.

D’un autre côté, notre générosité nous rendra capables de ce qui semblait hors de portée auparavant. Ce qui semblait impossible devient à notre portée. C’est pourquoi il ne faut pas s’angoisser à l’avance : "Comment ferai-je si j’étais dans de telles conditions ?" Nous ne savons pas dans quel état nous serons le jour où telle ou telle chose pourra nous être demandée.
Ce qui est utile, c’est de se préparer par la générosité quotidienne, par ce qui est la fidélité à ce qui est le devoir d’aujourd’hui.

C’est pourquoi il faut toujours garder deux dispositions :
- Pas d’inquiétude ni de recherche prématurée de ce qui nous sera demandé plus tard et que nous n’apercevons pas maintenant. Confiance sereine…
- A côté de cette confiance, il nous faut garder la disposition à répondre à tous les appels dès qu’ils seront entendus. Limiter le don par avance, c’est ne rien donner du tout. C’est ne pas s’engager. Nous pouvons nous rappeler l’exemple des apôtres : Lorsqu’ils commencent à suivre Jésus, ils voient en lui le Messie qui rétablira le royaume d’Israël. Jusqu’à la dernière cène, ils discutent entre eux pour savoir qui sera le premier dans le royaume. La Passion est pour eux la grande désillusion, mais, après un moment de désarroi, ils se reprennent. Le royaume ne s’établira pas par une voie triomphale. Ils ne se découragent pas. « Il ne vous appartient pas de connaître le temps que mon Père a fixé » leur dit le Christ. Les perspectives s’éloignent encore… Mais une fois encore, ils acceptent et, fidèles à la consigne donnée, ils se réunissent au cénacle. Là ils reçoivent l’Esprit et leur intelligence s’ouvre. Les apôtres ont été éclairés progressivement. Leur générosité première les a amenés à un point qu’ils ne prévoyaient certes pas.

Avant de s’engager dans une entreprise, il faut réfléchir, pour voir si l’on est vraiment décidé à la mener jusqu’au bout. Ici, il s’agit de savoir si nous sommes prêts à accepter les nouvelles exigences de Dieu à mesure qu’elles se révèleront…

D’où que nous venions, il n’y a pas d’approfondissement sérieux qui n’aboutisse à nous mettre en une contradiction douloureuse avec notre milieu, avec des êtres aimés. C’est la marque des âmes fortes et généreuses de ne pas refuser la lumière qui blesse au plus intime, de ne pas se rétracter pour échapper à la souffrance. C’est la marque des âmes délicates de savoir prendre sans brutalité l’attitude que dicte l’exigence de la fidélité, de garder intact l’attachement du cœur, quelle que soit par ailleurs la profondeur des divergences.
Bonne route !

NB : l'auteur remercie le Père Yves de Montcheuil S. J. pour son involontaire - mais néanmoins déterminante - collaboration...

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