On connaît bien les phrases recuites que nous serinent à longueur de discours ceux qui veulent faire avaler une camelote imbuvable. "C'est facile", "Ce n'est pas grand chose" et autres sentences qui n'endorment qu'eux.
Ainsi, on voudrait nous faire croire que la traversée de l'existence ne serait qu'une légère émotion brève et sans importance dont la difficulté n'excéderait pas la résolution d'une addition du type 1 + 1 = 2 (eh oui j'y arrive les doigts dans le nez ! Trop fort !).
Et ceux qui ont le malheur de donner quelque crédit à cette foutaise sont bien surpris - et dépités - devant les difficultés qui ne manquent pas de joncher leur parcours. Sont ils si nuls que ça ? "J'ai pourtant acheté tout ce qu'on m'a dit, je devrai être heureux." "J'ai pourtant suivi à la lettre les conseils de soeurs X, se mettre à genoux, joindre les mains, se taire... Et rien pas de miracle." Trop dur la vie !
Il faut pourtant le redire l'existence n'est pas un long fleuve tranquille (vous connaissez plus ennuyeux vous, qu'un long fleuve tranquille ?), il y a des creux, des vagues porteuses, des cascades, des tronçons paisibles et tout et tout. Et c'est bien ainsi. Cela évite de nous changer trop vite en ectoplasmes, en marshmallows trop sucrés, en ersatzs humains tout juste bons à cautionner le dernier qui a parlé.
L'affrontement à la difficulté ou plus généralement le fait de se frotter à ce qui résiste un peu à notre volonté toute puissante c'est à la fois l'exercice de notre liberté et la mise en oeuvre de notre responsabilité d'être humain.
Alors "Plus belle la vie" ?
Belle journée !

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