
Il y a des choses qui se savourent : les macarons glacés de là où vous savez (cf post précédent), les nocturnes de Chopin et... le dernier roman de Pat Conroy.
"Charleston Sud", en voilà le titre. Comme à son habitude l'auteur se raconte, l'autobiographie transpire à chaque page de cette vaste fresque chargée d'émotion marquée par les lieux qui lui servent de décors.
Né à Atlanta le 26 octobre 1945 et aîné de 7 enfants, ce fils de militaire passa deux ans à Beaufort, en Caroline du sud, la ville et l'état qui figurent inlassablement dans ses romans.
Je l'ai découvert avec "The Prince oh Tides", "Le Prince des Marées" (joliment mis en image par Barbara Streisand qui interprète un des rôles principaux) où le personnage principal n’est plus en harmonie avec lui-même, car le Sud naturel dans lequel il vit (sa maison est littéralement au bord de l’océan) n’apaise plus son cœur ni sa conscience.
Dans "Charleston Sud", on retrouve bien évidemment des personnages récurrents : le narrateur Léo King (le roi lion ?) qui plante à la fois le décor et l'action, le frère trop tôt disparu, les rapports conflictuels très vifs avec les parents et l'humour très décalé des personnages qui donnent à chaque fois la possibilité de prendre de la distance avec un passé ou un présent par trop violent ou horrible. Comme dans "Le Prince des Marrées", la nature est éclatante de splendeur, baignant dans une lumière dorée. Une sorte de transfiguration s'effectue, elle est souvent là lorsque l'enfance est idéalisée par le narrateur. Et en même temps, sont exposées les raisons pour lesquelles cette enfance et l'existence qui suivit auraient pu se fracasser comme une vague sur un rocher. Le néant aurait pu naître de cela, et pourtant...
On peut aussi retenir l'omniprésence de l'amitié comme moyen privilégié de traverser l'épreuve et l'absurdité révoltante d'une succession d'événements même si elle ne permet pas de les éviter. L'incroyable solidarité dont fait preuve ce groupe éclectique - notamment lorsqu'il va chercher Trevor à San Francisco - est de celle qu'il nous faut souhaiter pour nous mêmes, de celle qu'il nous faut désirer exprimer le plus sincèrement possible.
Au delà de quelques figures un peu faciles (il faut bien faire une critique), une ode à l'espérance, page après page au fil de cette éblouissante relecture. La vie n'est pas une fatalité !
"Après la fête, nous nous rassemblons au deuxième étage de la terrasse couverte et contemplons le soleil qui illumine le port, la teinte des nuances dorées qui le font ressembler à un ciboire. Les eaux sont calmes, presque immobiles. Un grand héron bleu survole la Battery de sa majesté classique. Ike serre Betty, Molly se rapproche de Chad et Niles attire Fraser contre lui."
Je vous laisse tous les découvrir, pour ensuite relire votre propre histoire...
Belle lecture !
1 commentaire:
Pour une fois, je suis bien d'accord.
Je viens de le terminer: c'est une merveille, dansd le droit fil des deux autres.Peut-être plus fort encore.
Quelques second rôles splendides.
Et le catholicisme de Leo King est assez respectable.
Quant au Sud et à charleston, j'y pars quand vous voulez.
J'éviterai le clergé local....
Rackam, confédéré en un seul mot.
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