samedi 19 décembre 2009

Il neigeait...

Hier, route par temps de neige.
Waterloo, Waterloo morne plaine...
Le ciel bas frôlant les arbres déplumés,
irréelle lumière.

Impression de silence. Rien ne bouge, pas un mouvement superflu. Sur le bord de l'autoroute, des camions, des voitures abandonnées. Laissés là.

"Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche."

Je ne viens pas de franchir la Moskowa et pourtant je m'attends à voir au détour d'un virage, des chevaux morts de froid dans le fossé. Retraite de Russie. Châteaubrianesques visions.


"Le corps d'un cheval effondré par un obus avait servi de guérite à ce soldat : il y vécut en rongeant sa loge de chair ; les viandes putréfiées des morts à la portée de sa main lui tenaient lieu de charpie* pour panser ses plaies et d'amadou pour emmailloter ses os . L'effrayant remords de la gloire se traînait vers Napoléon : Napoléon ne l'attendit pas .
Le silence des soldats , hâtés du froid , de la faim et de l'ennemi , était profond ; ils songeaient qu'ils seraient bientôt semblables aux compagnons dont ils apercevaient les restes . On n'entendait dans ce reliquaire que la respiration agitée et le bruit du frisson involontaire des bataillons en retraite .Plus loin on retrouva l'abbaye de Kotloskoï transformée en hôpital ; tous les secours y manquaient : là restait encore assez de vie pour sentir la mort ."
Châteaubriand in les Mémoires d'Outre Tombe.

Vu le peu de sommeil engrangé, j'ai quelques excuses.
J'ai bien fini par arriver passant les congères avec des paroles de grognard.
Vivement la retraite...

2 commentaires:

David a dit…

rha mais ça fait du bien que Cherbourg ne soit pas si touché. Ni froid, ni neige. Juste du boulot!

BL a dit…

Dure condition des profs de séminaires inter-diocésains de rouler par des temps pareil...