lundi 4 janvier 2010

En ces jours de Noël...

"En ces jours de Noël, nos rues sont bondées de personnes croulant sous le poids des cadeaux qu'ils accumulent sans trop regarder à la dépense - le contrecoup financier viendra en janvier. Et pourquoi pas ? Qui d'entre nous n'aime pas recevoir un petit cadeau ? Il n'y a pas de mal à cela. Au contraire, cela entretient l'amour et la convivialité. Dieu nous le dit : "Aimez-vous les uns les autres, comme Je vous ai aimés. C'est d'ailleurs moi qui vous ai offert vos premiers cadeaux : la vie, l'âme, le corps, la nature et la culture. Et je ne le regrette pas. Tout comme je ne regrette pas ces Mages venus d'Orient, qui se sont présentés à moi dans la crèche chargés de cadeaux : l'or, l'encens et la myrrhe. De beaux cadeaux, en vérité. En ce temps de Noël, soyons donc les uns pour les autres comme les Mages de l'Orient".

"Mais je dois tout de même vous le confier : à la crèche, j'ai surtout aimé la venue des bergers. Ceux-là n'avaient rien à me donner. Ils étaient trop pauvres. Et que m'ont-ils offert ? Ils se sont offerts eux-mêmes. Ils se sont agenouillés pour adorer l'Enfant de la crèche".

"Oui", dit Dieu, "le seul présent qui me fasse réellement plaisir est le don d'amour, le don de vos vies". Sans qu'une partie de vous-même ne se dérobe. Il en va d'ailleurs de même entre les hommes : l'or et les diamants sont précieux et permettent un moment de joie. Mais s'ils ne vont pas de pair avec le don de soi-même, cet or est plaqué et ces diamants de fantaisie. Le temps de Noël n'est pas qu'un temps pour s'échanger des cadeaux. C'est le temps du don total à l'autre, comme le fit l'Enfant de la crèche pour l'humanité.

Comme l'Enfant de la crèche continue à le faire, aujourd'hui encore, pour chacun de nous. Cet Enfant n'avait que lui-même - petit et démuni - à donner. Et Il nous en a fait le don. Et ce don de lui-même dans la crèche n'était que le début. Il offrit ensuite sa propre vie pour nous sur la croix. Entre le bois de la crèche et le bois de la croix, il n'y a qu'un pas. Le jour de Noël, Dieu était aussi impuissant que le Vendredi Saint. Il s'agit du même Mystère : celui du don de soi, intégralement et gratuitement, sans rien exiger en échange si ce n'est l'amour. L'amour, en effet, est le seul cadeau qui dure. Si nous pouvions accroître le taux de don de soi désintéressé dans notre société, nous récolterions les fruits d'une écologie intégrale. Car en matière d'amour et d'attention à l'autre, un réchauffement climatique fait du bien à l'humanité.
+ Godfried Cardinal Danneels,
Archevêque de Malines-Bruxelles,
Homélie de la Nuit de Noël

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