vendredi 15 janvier 2010

Le lieu de la prière : notre cœur

Le livre de la Genèse raconte comment Dieu a créé l’homme en lui insufflant son esprit de vie (Gn 2, 7). L’esprit de vie de Dieu est en nous la source de la prière. Ce lieu c’est le cœur pour reprendre la terminologie biblique. Dans l’Ancien Testament, le cœur désigne l’intérieur de l’homme. Le Nouveau Testament développera et perfectionnera cette notion. C’est avec le cœur qu’on désire : Dieu comble le souhait du cœur (Ps 20,3). Le cœur peut ainsi exprimer toute la personne. Le cœur peut aussi se détourner de Dieu « ce peuple m’honore des lèvres, tandis que leur cœur est loin de moi » Is 29, 13. Dieu suscite des prophètes qui vont exhorter à la conversion du cœur.
« Déchirez votre cœur et non vos vêtements » Jl 2, 12. « Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifié ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles je vous purifierai ; je vous donnerai un cœur nouveau et un esprit nouveau au dedans de vous ; le cœur de pierre, je l’arracherai de votre corps et je vous donnerai un cœur de chair. Mon Esprit, je le mettrai en vous. » Ez 36, 25 – 27.
Dieu nous donne son Esprit pour communiquer, il nous donne la Parole. « Si votre bouche confesse que Jésus est le Seigneur et que votre cœur croit que Dieu l’a relevé des morts, vous serez sauvés. » Rm 10, 9. Il est plus clair à présent que le cœur ne s’identifie pas avec l’intelligence avec laquelle nous raisonnons ; pas plus qu’avec la sensibilité par laquelle nous nous tournons vers l’autre ; ni à l’affectivité superficielle. Le cœur se situe bien plus profondément en nous, il est la racine de notre existence, ou si l’on veut son sommet, ce que les mystiques français nomment « la fine pointe de l’âme » ou « la cime de l’esprit ».
Dans la vie de tous les jours, c’est à peine si notre cœur émerge à notre conscience. Nous vivons presque tout le temps immergés dans nos sens extérieurs, nous nous perdons dans nos impressions et nos sentiments, dans tout ce qui nous attire et s’oppose à nous. Jésus nous l’a souvent reproché : nos cœurs sont endurcis, aveugles et fermés (Mc 8, 17).
Retrouver le chemin vers son cœur est la tâche la plus importante de l’homme. Chacun porte en soi « l’homme caché au fond du cœur » 1P 3, 4. Là Dieu nous rencontre et à partir de là seulement nous pouvons à notre tour rencontrer les hommes. Là Dieu nous parle et nous pouvons à notre tour parler aux hommes.
C’est une route, un chemin.

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