mercredi 13 octobre 2010

Autour d'un feu...

Voici une courte méditation à partir de l'évangile de dimanche dernier, il n'y manque que le feu de bois (les initiés comprendront !)...
Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain.
Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. » Lc 17, 11 - 19

« Jésus, maître, prends pitié de nous. »
Tout est déjà contenu dans ces pauvres mots que 10 lépreux prononcent comme une supplication vers Jésus. Il y a la reconnaissance de ce qu'est Jésus : le seul Sauveur. Il y a la prise de conscience de ce qui est nécessaire au coeur de leur condition : qu'un coeur se penche sur eux. Pas de plainte qui enferment sur soi, pas de crispation sur une situation éprouvante s'il en est, mais une ouverture à ce que le Christ peut réaliser dans leur vie. « Jésus, maître, prends pitié de nous. » Ce n'est pas une rencontre au hasard, elle n'est pas désespérée. Si les lépreux adressent cette supplication à Jésus, c'est qu'ils ont conscience que le Christ marchait avec eux dès avant qu'ils le voient.

"L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix." Dilatation du coeur. Action de grâce. Dépassement du désir initial. La démarche que demande Jésus est on ne peut plus élémentaire : "va te montrer aux prêtres". D'habitude, on allait voir le prêtre pour faire constater sa guérison, il y a là un pari de Jésus sur la confiance que vont lui faire ces 10 hommes. Le Christ ne demande rien qui excède nos forces, rien qui ne soit au dessus de nos forces.
Ce lépreux guéri prend conscience que sa guérison n'est pas le but ultime de sa vie, qu'elle n'est pas le point d'arrêt de son désir de vivre, comme si rien de ce qui adviendrait par la suite ne pourrait être plus grand. Son action de grâce est la concrétisation de la brèche qui vient de s'ouvrir dans sa vie. "Merci" non pas seulement pour ce qui s'est passé mais pour ce qui va se passer...

« Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. » Le voilà debout cet ancien lépreux hier blessé en sa chair, courbé, caché aux yeux des hommes. Le voilà rétabli en se dignité, le voilà sauvé, guéri. « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. » Il est frappant de constater à quel point les paroles qui sont échangées sont simples et essentielles. Pas un mot de trop. Un cri, une démarche, une main qui relève.
Cette parole, qu'elle s'accomplisse pour chacun aujourd'hui.

Belle journée !

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