"Dans la vie amoureuse, le face à face réside dans le prendre soin de l’autre. A l’intime de l’intime. Le corps de l’autre est toujours un corps étranger : il reste infiniment autre. Cela demande une attention non crispée mais soucieuse. C’est elle qui vient s’articuler à la gratuité, à l’abandon.
Si nous reprenions la métaphore des jours de la Création, les six premiers seraient ce temps fait de vigilance, de construction, de heurts avec l’altérité, qui viennent se conjuguer avec le septième, celui de l’abandon, du repos auprès de l’autre. Ce rythme-là pourrait être le nôtre, sachant qu’ici aussi, il ne s’agit pas de chronologie, mais d’un mouvement permanent en nous-même.
Des menaces de chaos et d’ébranlement resurgissent si souvent ! N’oublions pas alors que le récit met au cœur la Parole : « Dieu dit.. » C’est grâce à la Parole que non seulement le cosmos s’ordonne et l’être humain existe, mais surtout qu’ils se relient, que le monde devient monde de l’humain, pour l’homme. Dans l’intime, l’articulation entre la bonne puissance, c'est-à-dire le soin de l’autre ( et de soi), et la douceur, la gratuité, l’abandon, la contemplation, se réalise par la parole et l’écoute. La conversation amoureuse, le dialogue sur ses émotions peut nous permettre de vivre ce « pas de côté », de nous décaler. Un mot de l’autre est susceptible de nous aider à comprendre que tel geste, telle attitude de notre part n’est pas à son heure, à mieux écouter le corps mystérieux de l’autre, habité d’une histoire unique. Il devient possible, parce qu’on est mis en éveil par la parole, par la délicatesse, de se décaler de notre propre désir, y compris celui de faire le bonheur de l’autre. L’expression de l’autre surprend toujours. Elle nous amène à quitter l’illusion de la toute-puissance comme de l’auto-suffisance. Cette parole fragile réclame un climat pour être accueillie, considérée, .
Des menaces de chaos et d’ébranlement resurgissent si souvent ! N’oublions pas alors que le récit met au cœur la Parole : « Dieu dit.. » C’est grâce à la Parole que non seulement le cosmos s’ordonne et l’être humain existe, mais surtout qu’ils se relient, que le monde devient monde de l’humain, pour l’homme. Dans l’intime, l’articulation entre la bonne puissance, c'est-à-dire le soin de l’autre ( et de soi), et la douceur, la gratuité, l’abandon, la contemplation, se réalise par la parole et l’écoute. La conversation amoureuse, le dialogue sur ses émotions peut nous permettre de vivre ce « pas de côté », de nous décaler. Un mot de l’autre est susceptible de nous aider à comprendre que tel geste, telle attitude de notre part n’est pas à son heure, à mieux écouter le corps mystérieux de l’autre, habité d’une histoire unique. Il devient possible, parce qu’on est mis en éveil par la parole, par la délicatesse, de se décaler de notre propre désir, y compris celui de faire le bonheur de l’autre. L’expression de l’autre surprend toujours. Elle nous amène à quitter l’illusion de la toute-puissance comme de l’auto-suffisance. Cette parole fragile réclame un climat pour être accueillie, considérée, .Cette orientation proposée peut s’appliquer aussi bien à la relation amoureuse, à la vie fraternelle, à l’engagement éducatif, ou encore aux amis. Tenter un pas de côté, s’ordonner à la douceur, prendre soin, promouvoir, maintenir une conversation protégée…voilà qui est fondé dès que deux êtres humains engagent une relation fondamentale. Amour, amitié, filiation, fraternité…Il s’agit du même « prendre soin ». Plus on se rapproche de l’intime, notamment au sein de la relation amoureuse, conjugale, et plus le « veiller à » est à la fois beau et grave. L’intime de l’intime est plus fragile encore. Il s’agit de tenir compte de la réciprocité du lien, de l’engagement commun des libertés, sans méconnaître l’asymétrie de la prévenance. Nous ne sommes pas dans du « donnant-donnant ».
Le récit de Création n’est pas un texte, mais une parole.
Revenons à cette « chronique ». C’est bien parce qu’elle parle aujourd’hui au plus profond de nous-mêmes qu’elle est vraiment une parole et pas seulement un texte.
Car cette vieille histoire qui raconte un mythe, comme il en est tant d’autres concernant les origines, pourrait tout à fait ne pas nous concerner : un Dieu tout-puissant qui ordonne le monde…Ce pourrait être un très beau récit épique qui évoque une étrange puissance.
Or, ce texte, si loin de notre contexte de modernité, issu d’une civilisation tellement différente de la nôtre, nous parle, s’adresse à nos histoires. C’est là le signe qu’il est plus qu’un texte, traversé d’un souffle que nous ne saurions contenir.
Si ce récit ressemblait à une formulation juridique, signifiant le permis et le défendu, il n’entrerait pas en conversation avec nous. Le discours serait clos, à prendre ou à laisser, sans que nous puissions y glisser notre propre existence.
Alors qu’un mythe, un poème, est d’abord évocateur, renvoie à l’évocation de notre vie. Nous sommes en mesure de voir comment le texte dit la vérité de nos destinées."
Véronique MARGRON
in La DOUCEUR INESPEREE
2 commentaires:
http://www.eternels-eclairs.fr/images/poesie/recueils/jeu-de-poemes/l-artiste-maudit.jpg
impossible de coller l'image! il ne reste qu'aller voir
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