Scribes
et pharisiens entouraient Jésus en grand nombre. Et voilà que des hommes
apportèrent un paralysé. Ne pouvant l’introduire par la porte, ils le montèrent
sur la terrasse et, pleins d’audace, se permirent un acte insolite. Ils ôtèrent
les tuiles du toit et firent une ouverture. Jésus laissait faire,
patiemment ; les spectateurs, eux, faisaient silence, se demandant ce qui
allait se passer, ce qu’allait dire Jésus, comment il réagirait.
Le
toit une fois ouvert, les porteurs font glisser le brancard et placent ainsi le
paralysé en plein milieu. Que fait le Seigneur ? Voyant leur foi, celle
des porteurs, et probablement aussi celle de l’infirme, il rend à ce dernier la
santé.
Quand
le Sauveur lui dit : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés »,
c’est à tout le genre humain qu’il s’adresse à travers lui. Tous ceux qui croiraient
en lui, guéris des maladies de leur âme, abandonneraient, en effet, les péchés
qu’ils avaient autrefois commis. Jésus semblait dire : « Il faut
guérir ton âme avant de guérir ton corps... Tu ne m’en as pas fait la demande,
mais moi, je suis Dieu, je connais les passions du cœur : ce sont elles, la
cause de ta maladie...
Le
paralysé, incurable, était étendu sur son lit. Après avoir épuisé l’art des
médecins, il vint, porté par les siens, vers le seul vrai Médecin, le Médecin
qui vient du ciel. Quand il fut placé devant celui qui pouvait le guérir, sa
foi mérita le regard du Seigneur. Pour bien montrer que cette foi détruisait le
péché, Jésus déclara aussitôt au malade : « Tes péchés sont
pardonnés. » On me dira peut-être : « Si cet homme voulait être
guéri de sa maladie, pourquoi le Christ lui annonce-t-il la rémission de ses
péchés ? » Pour que tu apprennes que Dieu voit le cœur de l’homme
dans le silence et sans bruit, qu’il contemple les chemins de tous les vivants.
L’homme
rentra chez lui, libéré de sa longue maladie. Du coup était démontré que le
Fils de l’homme avait le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre.
Mais
qui donc possède ce pouvoir ? Lui seul, ou nous aussi ? Nous, avec
lui. Lui, en effet, parce qu’il est le Dieu-Homme, le Seigneur de la loi, il
pardonne les péchés. Quant à nous, nous avons reçu de lui cette grâce admirable
et merveilleuse. Car il a voulu donner à l’homme ce pouvoir. Il a dit en effet
aux apôtres : « Je vous le dis, en vérité : tout ce que vous
aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. » Et encore : « Tout homme
à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui
vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » Quand
leur a-t-il dit cela ? Lorsqu’il eut foulé aux pieds la puissance de la
mort et que, ressuscité d’entre les morts, il souffla sur eux et leur
dit : « Recevez l’Esprit Saint. »
saint Cyrille d’Alexandrie

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