dimanche 16 décembre 2012

Lorsque le soir tombe...

Le soir tombe, considère ce site nouveau, explorateur !
Ce silence à d'autres étonnant, qu'il est familier à ton coeur !
Les montagnes l'une sur l'autre se dressent sans une attention immense.
Il faut beaucoup d'espace pour que la vie commence, pour que le souffle du large soit arrêté et que les eaux en ce cirque déchiré soit recueillies !
J'écoute le bruit qu'elles font et le soupir de tous ces villages sous moi dans le sucre et dans le riz.
Ma maison que j'ai abandonnée pour toujours, je n'ai qu'à me retourner pour savoir qu'elle est là-bas.
(J'entends le vent, pendant que je lis les Psaumes, qui fait remuer les stores de la véranda).
Je sais que tout est fini derrière moi et que le retour est exclu.
Donne avec un profond tressaillement, mon âme, dans ce pays complètement inconnu !
Pourquoi tarder plus longtemps sur ce seuil préparateur ?
Viens, si le nom d'un Père a pour toi quelque douceur.
Paul Claudel
in Poèmes retrouvés, 1921

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