A quoi sont comparables l'avent et le jour de Noël, à quoi vais-je donc les comparer ?
L'avent est comparable au temps que passe un homme en attendant chez un chocolatier. Il entre dans la boutique et considère la distance qui le sépare du moment où on lui demandera : "Que désirez-vous ?" Il en a bien pour une heure et demie... Il y croit à peine. Y-arrivera-t-il ?
L'avent c'est pareil, on y entre un peu par habitude, machinalement. Tous les ans, il revient alors à quoi bon. Il faut bien le vivre. Quatre semaine, cela semble si loin à première vue, on a le temps. Alors on prend sa place dans la file.
Et puis vient le moment où la file bouge d'un mètre. Oh pas très vite, lentement, au pas de procession. Le but se rapproche. On commence à mentalement préparer sa commande : une boîte de spécialités, 200 grammes de mendiants, quelques fruits confits, un assortiment de chocolats au lait. Le bout du tunnel est proche...
Pour l'avent, l'affaire est identique. Arrivé à mi-parcours, on commence d'entrevoir la cohérence des textes proclamés aux eucharisties dominicales. Le témoignage de Jean le Baptiste, sa voix forte et insistante qui annonce Celui qui doit venir dans le désert de nos consciences en repos. "Viens derrière moi Celui qui est plus grand que moi". Lentement, une place se creuse en moi pour accueillir une Parole qui n'est pas la mienne. Il est proche Celui qui doit venir. A ma porte, ou presque.
J'entends des soupirs, des clients s'impatientent, la station debout devient pénibles aux plus anciens - et il y en a parmi les gourmands ! Les odeurs mêlées des différents chocolats font un peu tourner la tête. Les couleurs, les formes, tout danse et valse.
Arrivé près du but, l'avent se fait aussi un peu long. Alors on y arrive à Noël ? Le dernier évangile du dernier dimanche montre que nous touchons au but : La Visitation. Marie visite Elisabeth sa cousine qui elle aussi est enceinte. Jésus en attente visite Jean Baptiste sur le point d'annoncer, de crier au monde que le Sauveur vient, qu'il n'est plus temps de s'occuper des broutilles. Que le seul essentiel se fait présence. JOIE.
Une joie qui vient de ce que
« le Seigneur est en nous et nous aime tout bas » So 3, 17 ;
une joie qui vient de la Joie de Dieu en nous, de la naissance inespérée de
Dieu en nous. Joie de proximité, joie de complicité, joie de discrétion ;
joie qui court, joie qui couve : joie chrétienne.
Et puis vient enfin le moment où la file s'épuisant, on arrive à l'endroit précis où, fort courtoisement, une dame préposée à la distribution des plaisirs chocolatés demande : "Bonjour monsieur, que désirez-vous ?"
"Que désirez-vous ?" Sans nul doute, cette question, elle va retentir en creux, dans chacun de nos coeurs, durant la nuit de Noël. Cette question, le Christ nous la pose, avec douceur et fermeté. "Que désirez-vous ?"
Qu'est-ce qui habite ton coeur ? Quel est ton désir ?
Dans la faiblesse et la fragilité d'un petit enfant né sur la paille d'une étable, Dieu nous demande comme un frère aimant, un grand frère : "Que désires-tu ?"
Ne laissons pas cette question sans réponse.
Joyeux Noël à tous !

1 commentaire:
Merci pour l'excellente peinture des attentes chez un célèbre chocolatier! mais aussi et surtout pour cette méditation. Mimosa
Enregistrer un commentaire